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A genoux, Michael Connelly

27 janvier 2012

A genoux Alors qu’il écoutait tranquillement un disque de jazz chez lui, l’inspecteur Harry Bosch, fraîchement débarqué à la section Homicide Special du Los Angeles Police Department (LAPD), est appelé sur les lieux d’un crime. Le cadavre d’un médecin gît sur un belvédère surplombant le barrage de Mulholland, avec deux balles dans la nuque.

L’affaire d’homicide prend presque immédiatement un tournant politique : le médecin assassiné avait retiré de l’hôpital où il travaillait une quantité importante de césium, une matière radioactive pouvant servir à la fabrication de bombes. Bosch va devoir composer avec la Tactical Intelligence Unit du FBI, et plus précisément avec l’agent spécial Rachel Walling, qui n’est autre que… son ex.

 A 56 ans, Harry Bosch a toujours autant de mal avec la hiérarchie, ce que peine à comprendre son nouveau coéquipier, Ignacio Ferras, qui a vingt ans de moins que lui. Il n’apprécie guère, non plus, que le FBI vienne piétiner ses plates-bandes. Qu’ils pourchassent leurs terroristes et le césium, ce que veut Bosch, c’est avant tout trouver le meurtrier du docteur.

Dans A genoux, Michael Connelly nous entraîne dans une enquête musclée et rapide, qui prend une tournure inattendue. Evidemment, les fans de Connelly seront un peu déçus par la brièveté du roman, d’autant plus que plusieurs thèmes chers à l’auteur reviennent sur le tapis, comme si ce dernier ne parvenait pas à trouver un nouveau souffle. Cependant, lorsque l’on est attaché à Harry Bosch, on est toujours impatient de le suivre dans ses pérégrinations, aussi courtes soient-elles, et je n’ai pas boudé mon plaisir !

Ed. Points, mai 2009, 277 p.

Un été ardent, Andrea Camilleri

23 janvier 2012

Un ete ardent Se plonger dans un polar de Camilleri, c’est mettre un pied en vacances. Non seulement son commissaire Montalbano exerce dans une petite ville de Sicile, mais en plus, l’auteur a inventé une langue qui lui est propre, mêlant italien, sicilien, et un “italien sicialianisé”, régionalisme difficile à traduire… D’ailleurs, ici, deux traducteurs ont travaillé sur la version française : Serge Quadruppani et Maruzza Loria.

L’histoire se déroule en plein été. Une chaleur écrasante s’abat sur les habitants de Vigàta. Le commissaire Montalbano attend ses vacances avec impatience. En ce moment, c’est plutôt calme. Ce qui l’occupe, c’est de trouver une maison de location de dernière minute pour un couple d’amis. Dans la région, à cette époque de l’année, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais il finit par trouver une villa perchée sur une colline surplombant la mer.

Las, quelques jours après leur installation, un incident se produit. L’enfant du couple installé dans la villégiature disparaît. Après plusieurs heures de recherches, on le retrouve effrayé mais bien vivant dans un tunnel sableux situé à quelques mètres de la maison. Mais en creusant autour de la galerie pour aller récupérer l’enfant, les pompiers mettent à jour une annexe d’habitation complètement enterrée. Et c’est dans l’appartement secret que le commissaire Montalbano découvre, par hasard, le cadavre à demi momifié d’une jeune femme.

L’enquête est inhabituelle et tout à fait passionnante. Entre l’ancien propriétaire – un Allemand aujourd’hui disparu –, le promoteur immobilier véreux, et le voisin peu coopératif, nombreuses sont les pistes que doit suivre le policier. Mais cadavre ou pas, il n’oublie jamais de se sustenter, et le pauvre lecteur n’a que ses babines à lécher devant les descriptions odorantes et colorées qui mettent l’eau à la bouche ! S’ajoutent pour le commissaire quelques bouffées de chaleur dues à une rencontre féminine imprévue… Ah, quel bonheur que ces petites évasions camilleriennes !

Ed. Fleuve Noir, janvier 2009, 220 p. (et Pocket en 2010)

L’Oiseau de mauvais augure, Camilla Läckberg

2 janvier 2012

oiseau mauvais augure Un fort vent médiatique souffle sur Tanumshede où vit l’écrivain Erica Falk : une émission de téléréalité débarque dans la petite ville de la côte suédoise. Six jeunes adultes réunis dans le foyer communal vont s’insérer dans la vie économique locale… et défrayer la chronique par leurs frasques alcoolisées. Erica n’a guère le temps de s’y intéresser : elle doit s’occuper de son bébé, mais aussi de sa sœur Anna, dépressive après le drame familial qui l’a anéantie (cf. Le Tailleur de pierre), des deux enfants de celle-ci, et surtout, elle doit préparer son mariage qui aura lieu dans six semaines à peine ! Son mari, Patrick Hedström, n’a guère le temps de l’aider : inspecteur de police, il doit accueillir une nouvelle collègue et s’occuper d’un accident de la route mortel qui lui paraît étrange : la conductrice avait un taux d’alcool astronomique dans le sang, alors qu’elle était réputée abstinente. Mais son enquête tourne court lorsque Leif La Poubelle, l’éboueur, trouve un cadavre dans une benne à ordures… qui s’avère être celui d’une des candidates de la téléréalité. Sous la pression médiatique, le commissariat est en ébullition pour trouver le meurtrier de la jeune femme.

Ce quatrième volet des aventures d’Erica et Patrick Hedström est le meilleur, à mes yeux. Selon un procédé relativement courant en littérature policière, les chapitres sont entrecoupés d’un court texte en italique, dont le narrateur anonyme paraît malsain et que l’on en peut que soupçonner être  l’auteur de l’une des morts dont il est question. Même si j’ai deviné avant la page 100 l’une des clés de l’énigme, j’ai trouvé le cheminement des enquêtes palpitant, ainsi que les liens sociaux entre les différents protagonistes de l’histoire : entre les jeunes sous les projecteurs et leur public, leurs relations avec leur psychiatre, la coopération entre différents postes de police, la délicate mission des flics qui se rendent chez les familles des victimes, qui sont aussi des suspects, sans oublier les sentiments complexes entre les sœurs Falk. Comme à son habitude, Camilla Läckberg attache autant d’importance aux investigations policières qu’à la vie de famille, ce qui contribue largement à l’attachement des lecteurs à ses personnages. On pourra retrouver ceux-ci dans L’Enfant allemand, lequel attend sagement son tour dans ma PAL !

PS : je profite de ce premier billet de l’année pour te souhaiter, cher lecteur, une merveilleuse année 2012, pleine de ********, de ¤¤¤¤¤¤¤¤ et bien sûr de ^^^^^^ (remplace chaque signe par ce qui te fait le plus plaisir).

Ed. Actes Sud, mai 2010, 366 p.

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