L’ancre des rêves, Gaëlle Nohant
Quatrième de couverture (extrait) :
Dans un petit village de la côte bretonne, chaque nuit, les enfants Guérindel, Benoît, Lunaire, Guinoux et le petit Samson, sont en proie à des cauchemars terrifiants qu'ils taisent à leurs parents… Enogat, leur mère, a toujours interdit à ses quatre fils d'approcher le bord de l'eau. Est-ce seulement pour les protéger des dangers de la nature ? Ou d'une autre menace qui ne dit pas son nom ? Entre conte fantastique et roman d'initiation, L'Ancre des rêves sonde le mystère des peurs d'enfant.
Je voulais lire ce livre depuis longtemps. Et une fois qu'il s'est trouvé entre mes mains, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire de ces quatre frères bretons sujets aux cauchemars. D'une part, parce que les rêves que font chacun d'eux ont une force empreinte de réalité qui m'a déconcertée (je suis une fille plutôt rationnelle, les pieds sur terre, et lis très peu de littérature fantastique en dehors de Stefen King), et d'autre part, parce que l'auteur prend le temps d'installer ses personnages, le contexte, les lieux qui vont composer ce récit (et que je suis plutôt pressée !).
Mais ayant lu les nombreux avis positifs de la blogosphère, je me suis dit qu'il était impensable d'interrompre ma lecture… Grand bien m'en pris ! Après une centaine de pages, j'étais scotchée aux aventures nocturnes de la famille Guérindel. Sur fond d'histoires de marins, de guerres, de rencontres chocs du passé, ce livre parle de l'ambiguïté des sentiments fraternels, des secrets de famille et des troubles du sommeil qui peuvent mener jusqu'à la Mort… Le récit se vit comme une enquête policière (ah, me voilà dans mon élément !) entremêlée d'échappées lyriques. Les derniers chapitres m'ont émue…
C'est un premier roman original et profondément dépaysant pour une lectrice telle que moi, et j'ai adoré être dérangée ainsi dans mon confort de lecture habituel (les pieds sur l'eau, ça change !). Gaëlle Nohant a une plume fort agréable, au vocabulaire très imagé et son roman est riche en références culturelles et historiques qui servent le récit. Elle a su créer des personnages auxquels le lecteur ne peut que s'attacher, et fait vivre des objets et des fantômes pour vous donner des frissons dans le dos…
Un beau roman que je conseille à tous, y compris les réfractaires au Fantastique comme moi ! ![]()
Extrait (p.141) :
"Un soir bleu tombait lentement sur le jardin. Guinoux observait à la fenêtre une longue branche de noyer déjà creusée d'ombres. A cette heure ce n'était qu'une bête branche, mais, la nuit venue, elle se métarmophoserait en une créature hybride ; son extrémité s'étirerait tel un bec d'oiseau de proie prolongé par un corps de brochet, des pattes de lézard, et lorsque le vent l'enverrait cogner la vitre, son oeil de corbeau scruterait l'obscurité de la chambre à la recherche du garçon tapi sous les draps."
Les avis de : Fashion victim (merci pour le prêt !), Flo, Lilly, Choupynette, Yueyin, Livrovore, Laure, Clarabel, Florinette, Thom, Bellesahi et Emeraude
Le blog de l'auteur : Café littéraire de Gaëlle

L’histoire est simple, et vous la connaissez : la Terre va mal. Les Humains épuisent sans vergogne (ou si peu) ses réserves, aspirant le pétrole, polluant l’air, ratissant ses forêts. Comme si cela ne leur suffisait pas, les Hommes n’ont de cesse de se battre pour des raisons politico-géographico-religieuses.

