tamaculture

L’ancre des rêves, Gaëlle Nohant

6 mars 2008

Quatrième de couverture (extrait) :

Dans un petit village de la côte bretonne, chaque nuit, les enfants Guérindel, Benoît, Lunaire, Guinoux et le petit Samson, sont en proie à des cauchemars terrifiants qu'ils taisent à leurs parents… Enogat, leur mère, a toujours interdit à ses quatre fils d'approcher le bord de l'eau. Est-ce seulement pour les protéger des dangers de la nature ? Ou d'une autre menace qui ne dit pas son nom ? Entre conte fantastique et roman d'initiation, L'Ancre des rêves sonde le mystère des peurs d'enfant.

Je voulais lire ce livre depuis longtemps. Et une fois qu'il s'est trouvé entre mes mains, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire de ces quatre frères bretons sujets aux cauchemars. D'une part, parce que les rêves que font chacun d'eux ont une force empreinte de réalité qui m'a déconcertée (je suis une fille plutôt rationnelle, les pieds sur terre, et lis très peu de littérature fantastique en dehors de Stefen King), et d'autre part, parce que l'auteur prend le temps d'installer ses personnages, le contexte, les lieux qui vont composer ce récit (et que je suis plutôt pressée !).

Mais ayant lu les nombreux avis positifs de la blogosphère, je me suis dit qu'il était impensable d'interrompre ma lecture… Grand bien m'en pris ! Après une centaine de pages, j'étais scotchée aux aventures nocturnes de la famille Guérindel. Sur fond d'histoires de marins, de guerres, de rencontres chocs du passé, ce livre parle de l'ambiguïté des sentiments fraternels, des secrets de famille et des troubles du sommeil qui peuvent mener jusqu'à la Mort… Le récit se vit comme une enquête policière (ah, me voilà dans mon élément !) entremêlée d'échappées lyriques. Les derniers chapitres m'ont émue…

C'est un premier roman original et profondément dépaysant pour une lectrice telle que moi, et j'ai adoré être dérangée ainsi dans mon confort de lecture habituel (les pieds sur l'eau, ça change !). Gaëlle Nohant a une plume fort agréable, au vocabulaire très imagé et son roman est riche en références culturelles et historiques qui servent le récit. Elle a su créer des personnages auxquels le lecteur ne peut que s'attacher, et fait vivre des objets et des fantômes pour vous donner des frissons dans le dos…

Un beau roman que je conseille à tous, y compris les réfractaires au Fantastique comme moi ! Wink

Extrait (p.141) :

"Un soir bleu tombait lentement sur le jardin. Guinoux observait à la fenêtre une longue branche de noyer déjà creusée d'ombres. A cette heure ce n'était qu'une bête branche, mais, la nuit venue, elle se métarmophoserait en une créature hybride ; son extrémité s'étirerait tel un bec d'oiseau de proie prolongé par un corps de brochet, des pattes de lézard, et lorsque le vent l'enverrait cogner la vitre, son oeil de corbeau scruterait l'obscurité de la chambre à la recherche du garçon tapi sous les draps." 

Les avis de : Fashion victim (merci pour le prêt !), Flo, Lilly, Choupynette, Yueyin, Livrovore, Laure, Clarabel, Florinette, Thom, Bellesahi et Emeraude

Le blog de l'auteur : Café littéraire de Gaëlle

L’amour, vous connaissez ? Isaac Asimov

2 avril 2007

Une fois n'est pas coutume, voilà un peu de SF… mais attention, il s'agit là d'un maître du genre, Isaac Asimov, et dans un format que j'affectionne particulièrement : les nouvelles.

Dans l'amour, vous connaissez ? il n'est pas question d'extraterrestres verts ou de robots intelligents… Enfin, pas seulement !

Ces nouvelles ont paru d'abord dans des revues de science-fiction américaines dans les années 50 et 60. Dans cette édition denoël (1970 rééditée en 1986), chacune d'elle est précédée d'une préface de l'auteur qui explique le contexte de l'écriture de l'histoire, et c'est plutôt intéressant…

Dans Vide-C, on attaque directement par ce qu'on pourrait appeler "un cliché SF" : plusieurs Terriens sont dans un vaisseau qui les ramènent sur Terre après qu'ils aient passé un certain temps sur une autre planète. Ils ne se connaissent pas mais vont être amenés à coopérer quand leur vaisseau est attaqué par les Kloros, en guerre avec la Terre… Ce n'est pas tant l'originalité du scénario que la psychologie des personnages qui est intéressante dans cette nouvelle. Il sera démontré que le courage n'est pas forcément l'apanage des individus les plus baraqués ou beaux parleurs…

La seconde nouvelle, En une juste cause, m'a presque fait renoncer à finir le recueil… Et c'eût été dommage parce que la suite en valait la peine ! En fait, c'est davantage une nouvelle politique (rappelons le contexte de la guerre froide entre les Etats-Unis et le bloc soviétique) qui m'a rappelé Georges Orwell (dont je n'ai, hélas, jamais fini le célèbre 1984…).

Dans Et si…, un jeune couple a l'opportunité d'apercevoir, dans un curieux miroir, ce qui se serait passé si la demoiselle n'avait pas été projeté accidentellement sur le monsieur dans un métro… se seraient-ils mariés ? Attention, ce petit jeu du conditionnel peut rapidement tourner au cauchemar si l'on n'y prend garde…

Sally vous fera sans doute penser, comme moi, à Christine… Je ne parle pas de jeunes filles mais de voitures intelligentes ! (Stephen King pour la seconde).

Quelle belle journée vous fera apprécier nos modes de transports actuels : quand un jour le petit Richard souhaite se rendre à l'école à pied, sa maman doit faire appel à un psychiatre

Enfin, on retrouve plus précisément le thème de l'amour dans Personne ici, sauf… (et l'éternel espoir de rendre les machines humaines) et dans la nouvelle qui donne le titre au recueil : j'ai bien ri quand les extraterrestres tentent de faire se reproduire deux humains prélevés au hasard dans la population terrienne ;-)

Plus qu'un auteur de science-fiction, Isaac Asimov est avant-tout un observateur de ses contemporains. Ses portraits humains ou extra-terrestres sont particulièrement savoureux et non dénués d'humour. Un auteur à découvrir si ce n'est déjà fait, pour les amateurs de SF et tous les autres lecteurs !

Bernard Werber (nous) présente… Le Papillon des Etoiles

18 septembre 2006
  • Pas pis
Comme je l’ai raconté précédemment, j’ai pu découvrir avant sa sortie le nouveau bouquin werberien, “épreuve non corrigée” estampillée sur la couverture encore blanche. Ce livre est avant tout, dixit Bernard, un “livre de poésie”.
L’histoire est simple, et vous la connaissez : la Terre va mal. Les Humains épuisent sans vergogne (ou si peu) ses réserves, aspirant le pétrole, polluant l’air, ratissant ses forêts. Comme si cela ne leur suffisait pas, les Hommes n’ont de cesse de se battre pour des raisons politico-géographico-religieuses.
Devant un tel désastre, l’ingénieur en aéronautique Yves pense que “le dernier espoir, c’est la fuite“. Ainsi, lâché par ses supérieurs et le programme aérospacial américain, mais épaulé par un milliardaire farfelu et une navigatrice déboussolée (!), Yves lance son improbable projet de tenter de reconstruire une société meilleure ailleurs. Les embûches sont nombreuses car le vaisseau une fois déployé dans l’espace tel un gigantesque papillon au milieu des étoiles, devra atteindre la taille d’un petit continent et embarquer 144 000 représentants de l’Humanité triés sur le volet. Un jour, enfin, le Papillon prend son envol
Contrairement à l’éditrice (grrr ! trop bavarde !) de B.W., je ne vous en dirai pas plus sur l’intrigue sinon vous allez en deviner la fin.
Ce qui m’a plu dans ce livre, c’est l’histoire de la mise en route du projet (1ère partie), et le début de la vie à bord du vaisseau (2ème partie). La complexité des rapports humains y est bien représentée. Par ailleurs, j’aime assez le style de B. Werber, les courts chapitres dont le titre résume le contenu.
En revanche, la fin (3ème partie) m’a laissé un petit goût de déception sur les lèvres… Au départ, ce livre était une nouvelle, et je crains que cela ne s’en ressente, en ce sens que des siècles entiers sont rapidement brossés pour qu’on arrive à la fin du voyage et “qu’on en finisse”. La fin, d’ailleurs, est incroyable (au sens propre, on a vraiment du mal à faire semblant d’y croire). L’auteur a déclaré ne pas vouloir faire “un gros pavé” ou une trilogie comme pour les Fourmis… Personnellement, j’aurais préféré ! Pour finir, je n’ai pas réellement perçu la poésie du livre, je trouve au contraire qu’il véhicule un certain pessimisme (sans doute justifié, hélas) sur la capacité humaine à apprendre de ses erreurs et à ne pas gâcher ce qui lui est offert…
Je conseillerais donc ce livre aux fans de Bernard Werber et à mon chat (il adore les papillons !), les autres lecteurs peuvent passer tranquillement leur chemin.

A lire… En atttendant l’orage de Graham Joyce

23 août 2006
  • Psychomystère

J’ai acheté ce livre parce que Frisette avait conseillé L’enfer du Rêve, de Graham Joyce. Pour moi, c’est un illustre inconnu, mais en fait, bien qu’illustre, il est finalement parfaitement connu. En effet, c’est un grand écrivain anglais contemporain qui a reçu plusieurs grands prix (de l’Imaginaire, 4 British Fantasy Awards, j’en passent et caetera…). Rassurée sur ce point, je fonce chercher L’enfer du Rêve (comme toi, F. je fais beaucoup de rêves) mais stupeur (sans tremblements, faut pas exagérer), il n’est pas en rayon… Désappointée, je jette un œil sur les autres titres de cet auteur, et voilà que je suis séduite par “En attendant l’orage” (d’autant qu’il n’y a pas trop à l’attendre ces temps-ci à Paris…).

On retrouve une famille anglaise : James, son épouse française Sabine et leurs deux fillettes en vacances en Dordogne. Trois de leurs “amis” anglais ont été conviés à se joindre à eux. Je mets “amis” entre guillemets car on va découvrir peu à peu que des tensions existent au sein de ce groupe a priori sympathique, mais qui ressemble plutôt à un nid de frelons ! En fait, tout tourne autour de la fille aînée, Jessie, 11 ans, qui reçoit des leçons d’un mystérieux Professeur, qui serait (semble-t-il) l’un des vacanciers… Et Jessie est sujette à de spectaculaires crises, qui la conduisent à des comportements incongrus…

Ce livre est intrigant, fluide, dérangeant, à la limite du fantastique… On essaie de tirer partie du moindre indice que daigne nous lâcher l’auteur… et bien sûr, comme ils vont dans des directions opposées, on n’est pas plus avancé. Ce qui est le plus flagrant, c’est le soin apporté à décrire le caractère de chaque personnage. On voit l’histoire du point de vue de chacun d’entre eux, et l’on est à même de comprendre ce que chacun ressent.

Mon petit bémol : on ne peut pas dire qu’il se passe beaucoup de choses dans ce roman… Ce sont plutôt les petits événements quotidiens et l’aspect psychologique qui font l’histoire.

Cependant, le fait que les chapitres soient courts (quelques pages) et entrecoupés de chapitres météorologiques (d’un paragraphe) permet au lecteur de ne pas se lasser et de poursuivre sa propre enquête sur le Professeur… Le suspense, s’il n’est pas intenable, est tout de même bien présent et c’est agaçant de ne pas trouver la clé ! Mais maintenant… JE SAIS, hahahahahhahah (rire sadique).

NB : quelques critiques presse figurent en dos de couverture et en rajoutent une couche :

“Un livre ensorceleur” Le Monde

“Une oeuvre fantastique, charnelle et dérangeante” Télérama

Un roman fascinant sur les secrets de l’âme humaine, du mensonge au refoulement, et que la presse britannique a comparé à D.H. Lawrence et P.D. James pour son suspense et la qualité du traitement psychologique. L’éditeur

29 mai 2006
  • Spécial cinéphiles ! Hollywood Blues de Kim Newman

Dans un monde où l’industrie du rêve est l’un des premiers loisirs, un criminel endurci s’échappe en se créant un rêve parallèle à base de films noirs, ces polars américains en noir et blanc. Un privé et une rêveuse professionnelle sont envoyés dans le rêve du truand pour l’en dénicher et se retrouvent à mener l’enquête en pseudo-Humphrey Bogart/Marlowe et pseudo-Lauren Bacall/Slim.

Après un début un peu lourdingue où l’auteur nous montre qu’il connaît tous les acteurs de la période, le livre prend une tournure entièrement jouissive lorsque les deux héros se voient contraints de détourner à leur profit tous les clichés du film noir pour capturer le plus grand scélérat que le rêve ait jamais connu. Parfois maladroit, les cent dernières pages valent tout l’or du monde. Je rêve (héhé) de le voir adapté au cinéma…

Auteur de ce post : mjazz

La Tour Sombre (tome 7, le dernier), de Stephen King

12 mars 2006
  • La clôture d’une longue quête

Cela fait quand même quelque chose, d’achever la lecture d’un récit commencé il y a une quinzaine d’années ! J’en suis d’autant plus admirative de l’écrivain. Bien qu’il soit controversé - sa plume n’est en effet pas des plus légères - j’ai accroché dès le début de ma rencontre avec cet auteur, et j’ai dévoré tous ses bouquins dans mon adolescence. Puis, je m’en suis un peu éloignée, mais en me jetant sans attendre et avec plaisir sur chaque tome de la Tour Sombre qui sortait (trop lentement à mon goût). Ce dernier volet est à la hauteur de mes attentes… La fin, au choix, est à la fois inattendue et évidente (une fois qu’on y a réfléchi…). L’histoire est vraiment intéressante, dépaysante, dans un monde à la fois irréel et où l’impossible nous paraît réalisable. S.King est, à mon avis, particulièrement doué pour inventer des univers fantastiques, dans lesquels les personnages vivent l’Histoire de façon parfaitement coordonnée et où le lecteur plonge sans aucune réticence.

Mes livres préférés de Stephen King : Ca (l’effrayant clown, vous l’avez peut-être vu en téléfilm, mais rien ne vaut le bouquin original, c’est bien plus effrayant !) et Marche ou Crève (sous le pseudonyme de Richard Bachman).

Sky sponsored by Aviva Web Directory