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La tristesse de l’abandon

29 octobre 2009

Histoire de Lisey Moi, Tamara, fan de Stephen King depuis des années, suis au regret de vous faire part de mon abandon d’un de ses romans : L’histoire de Lisey.

Je ne sais pas pourquoi, à peine engouffrée dans les premiers chapitres, la sauce n’a pas pris.

Cette histoire de veuve d’écrivain célèbre qui, deux ans après la mort de son mari, se met à ranger ses affaires, ne m’a pas séduite du tout. Une sœur un peu fofolle vient s’immiscer dans le tableau, l’allusion répétée à un mystérieux long corps tigré, bof, ça m’a fait l’effet d’une auto-parodie de S. King, et ce, au bout de 40 pages à peine !

Bien entendu, j’en étais fort marrie quand je me suis souvenue (HA ! Ma mémoire serait-elle en train de se régénérer ?!) que Cuné avait parlé de sa déception, il y a quelques mois, à la lecture d’un S. King. Après vérification, il s’agit bien du même !

J’ai donc décidé de m’épargner une désillusion totale et je laisse planer sur l’un de mes vieux auteurs favoris le doute d’un roman "moins réussi". Sans regret, parce que c’était un livre emprunté à la médiathèque !

Voici la présentation de l’éditeur, pour faire bonne mesure :

Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration. Â sa mort, désemparée, Lisey s’immerge dans les papiers laissés par Scott, s’enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu’il fréquentait… Histoire de Lisey est le roman le plus personnel et le plus puissant de Stephen King. Une histoire troublante, obsessionnelle, bouleversante, mais aussi une réflexion fascinante sur les sources de la création, la tentation de la folie et le langage secret de l’amour. Un chef-d’œuvre.

Ed. Albin Michel, août 2007, 566 p. (et Livre de Poche en sept. 2009).

Dracula L’Immortel, Dacre Stoker et Ian Holt

15 octobre 2009

Dracula l'immortel Aujourd’hui est un jour spécial pour les vampires Vampire Bat: c’est la sortie mondiale, pas moins, de la suite officielle de Dracula (comprenez : autorisée par les descendants) , co-écrite par le petit-neveu de Bram Stoker (l’auteur du roman original) et par un spécialiste du personnage de Dracula : Ian Holt.

Et pour moi aussi, c’est un jour spécial : me voilà contrainte de reconnaître que j’ai dévoré ce roman alors que :

 a) je n’aime pas les vampires (pour preuve, je n’ai lu aucun roman de Stephenie Meyer)

b) je n’ai jamais vu Entretien avec un Vampire ni aucun film contenant le moindre suceur de sang et

c) je n’ai carrément jamais lu Dracula tout court ! Devil

En réalité, de nombreux atouts jalonnent ce roman :

Voilà le premier : ça se lit comme un polar. Il y a des meurtres, un inspecteur de Scotland Yard, Cotford, des “détectives” amateurs : le groupe des héros du premier Dracula, qui réapparaissent 25 ans plus tard lorsque des indices leur laissent penser que leur pire ennemi, qu’ils étaient persuadés d’avoir vaincu dans son château de Transylvanie, n’est en réalité pas mort.

Autant dire que j’ai vite été dans mon élément : j’adore les romans policiers.  

Mais ce n’est pas uniquement cela qui m’a plu. Bien que n’ayant pas lu le roman de Bram Stoker, je n’ai absolument pas été perdue dans le dédale des personnages et des lieux. Tout commence à Paris, où Quincey, le fils de Mina et Jonathan Harker (deux des pourfendeurs du comte Dracula) étudie. Il délaisse cependant la Sorbonne pour faire du théâtre de rue et admire les grands acteurs contemporains comme Basarab, qu’il va être amené à rencontrer. La suite du roman se déroule à Londres, à Exeter (où demeurent Mina et Jonathan) et à l’abbaye de Carfax à Whitby.

Pour ne pas dévoiler trop d’éléments, je ne vais pas m’étaler davantage dans l’intrigue, que j’ai trouvée très bien construite, avec un suspense haletant, mêlant éléments du passé et explications afin de permettre à tous les lecteurs (qu’ils aient lus ou non Dracula) d’avoir toutes les clés en main… et de frissonner à maintes reprises devant d’atroces scènes !

Il faut à présent que j’avoue découvrir que les vampires ne sont pas forcément ces immondes créatures buveuses de sang que j’imaginais. Devil Ils ont des pouvoirs surnaturels fort pratiques, à commencer par l’immortalité. Mais ils peuvent également se déplacer extrêmement vite, dans les airs, possèdent une force surhumaine, se métamorphoser en diverses créatures, et ils possèdent de surcroît des facultés de télépathie. Enfin, ils peuvent avoir un certain charme, voire provoquer une attirance folle pour certaines… (là, je dois avoir l’air naïve car tout le monde était sûrement déjà au courant, pardonnez mon innocence ! Open-mouthed )

Rassurez-vous, je ne suis pas tombée amoureuse d’un vampire. Car ce roman nous présente un spécimen de la pire espèce (que l’on découvre dans les premiers chapitres) : la comtesse Báthory. Son plaisir est simple : elle sélectionne de jeunes et jolies femmes, les torture, boit et se baigne dans leur sang. Tout cela avec une cruauté inimaginable. Et elle va être un adversaire bien plus redoutable que Dracula pour les héros vieillissants du précédent volume !

Enfin, et ce n’est pas rien, j’ai trouvé ce roman bien écrit, jonglant avec talent entre les lieux, les personnages, les époques et même avec la réalité, puisque des événements se sont réellement produits en 1912, lorsque se déroule cette histoire (c’est ainsi que Bram Stoker lui-même est un personnage important de ce roman !). Par ailleurs, la fin de l’ouvrage contient des explications historiques, notamment sur les véritables Prince Vlad Dracula et Elizabeth Báthory, mais aussi des notes de Bram Stoker qui laissaient à penser qu’il envisageait une suite à son roman. Son petit-neveu et Ian Holt racontent également à la fin du livre leur rencontre et leurs choix pour l’écriture de cette suite. Ils ont tout fait pour respecter l’esprit et les personnages de l’original (par exemple, le policier Cotford était un personnage imaginé par Bram Stoker mais non utilisé à l’époque dans Dracula). J’ai donc appris une foule de choses intéressantes sur le sujet, j’en suis fort aise ! Nerd Evidemment, je meurs d’envie de me plonger dans Dracula maintenant… affaire à suivre.

Pour les fans : sachez que Dacre Stoker et Ian Holt seront demain, vendredi 16 octobre à partir de 18h30 au Virgin des Champs-Elysées pour parler de leur travail et bien sûr, saigner des dédicaces !

Ed. Michel Lafon, oct. 2009, 510 p.

 

Tout est fatal, Stephen King

27 mars 2009

Ça vous dirait de vivre votre propre autopsie ? De rencontrer le Diable ? De vous suicider de désespoir dans les plaines enneigées du Minnesota ? De fuir la police en compagnie de Dillinger ? De devenir assassin via Internet ou de trouver la petite pièce porte-bonheur qui vous fera décrocher le jackpot ? (dixit l'éditeur)

Après avoir dévoré les bouquins du King de la SF durant mon adolescence, après avoir été tenue en haleine durant plusieurs années avec la longue et époustouflante saga de La Tour Sombre, j'avais quelque peu ignoré mon ex-compagnon de vacances d'été. En tombant sur Tout est fatal à la médiathèque, je me suis dit qu'une petite cure de jouvence ne me ferait pas de mal…

Comme Minuit 2 et Minuit 4, il s'agit d'un recueil de nouvelles fantastiques, effrayantes et donnant le loisir à notre imagination de galoper à tombeau ouvert ! Certaines nouvelles avaient un petit goût de "déjà-vu" (c'est d'ailleurs le titre d'une nouvelle), comme L'Auto-virus dont le procédé avait été utilisé précédemment par l'auteur (un tableau vivant). Ce que j'aime, c'est la diversité des personnages. On y trouve des bandits (La mort solitaire de Jack Hamilton), une femme de ménage dans un hôtel casino (Petite Chansseuse), un couple en instance de divorce (Déjeuner Au Gotham Café), un prisonnier politique (La Salle d'Exécution).

Ma nouvelle préférée est sans conteste Les Petites Soeurs d'Elurie, dans laquelle on retrouve Jack le pistolero (cf. La Tour sombre) qui est sauvé des morts-vivants par des nonnes, les Petites Soeurs d'Elurie… qui ne sont pas tout à fait ce qu'on pourrait croire… Ahhh, j'aurais aimé qu'elle continue sur un roman entier parce que j'y ai retrouvé le style et la magie de la plume de Stephen King comme dans ses meilleurs livres (mes préférés sont Ca et Marche ou crève).

Ici, les nouvelles sont précédés ou suivies d'un commentaire de l'auteur qui explique le contexte de l'écriture ou la naissance de l'idée développée dans la nouvelle. Pas inintéressant, ma foi ! De toutes façons, si j'aime Stephen King c'est parce que son imagination et la mienne sont sur la même longueur d'ondes : ce qu'il écrit me fai(sai)t peur et j'aime ça !

A lire le soir, avant de s'endormir, dans une maison sombre et isolée pour plus d'effet !

Expéron, Hélène Cruciani

31 décembre 2008

Ca y est, j'ai enfin lu mon premier roman de la maison d'édition Griffe d'Encre ! Comme leurs publications sont de l'ordre de l'imaginaire (fantastique, fantasy, SF), ce n'était pas gagné pour moi… Mais ce roman a des atouts qui m'ont aidée à aller jusqu'au bout.

Expéron se déroule dans les années cinquante… 2050 (sinon, on ne serait plus dans la SF, si vous m'avez bien suivie). Le Dr Sollow est un célèbre neurologue qui a développé des objets novateurs comme les fulguimas (des systèmes d'images qui permettent d'apprendre tout ce que l'on veut en quelques instants). Il est marié à Annabel, une jolie femme dont le plus cher désir est d'avoir un enfant. Hélas, elle n'a pas encore obtenu son AAE (diplôme d'Aptitude Auprès des Enfants), indispensable pour avoir l'autorisation d'élever un bébé.

Un jour, une femme désespérée amène son fils Ange, âgé d'une dizaine d'années, dans le centre de recherches du Dr Sollow. Son fils ne communique pas avec le monde qui l'entoure : il ne sait ni lire ni écrire et ne parle pas. Aidé de son invention, le fulguima, le Dr Sollow pense pouvoir aider ce petit garçon…

On entre assez facilement dans le monde inventé par Hélène Cruciani. L'histoire se passe à Lyon, dans un environnement qui ressemble à notre planète actuelle, sauf qu'il y a des évolutions technologiques et des avancées scientifiques qui ont fait évoluer certains domaines tels que l'éducation. Le lecteur débutant ou rebuté par la SF n'est donc pas complètement perdu.

L'intrigue se développe rapidement. D'une part, il y a la vie privée du Dr Sollow et de sa femme : l'une veut un enfant à tout prix, quitte à le rendre hors-la-loi, et l'autre préfère reporter le projet et privilégier l'obtention du diplôme nécessaire. Bien sûr, on n'arrête pas une femme de 38 ans avec de la paperasse… D'un autre côté, la guérison d'Ange prend une tournure inattendue et des enjeux importants vont mettre le Dr Sollow dans une position délicate.

Dans un style clair et agréable, agrémenté d'innovations intéressantes, le récit déroule sa trame en jonglant avec humour et moments dramatiques. Un roman qui m'a changée de mes lectures habituelles mais peut-être trop "soft" pour les amateurs de SF (si vous en êtes et que vous l'avez lu, n'hésitez pas à donner votre avis !).

L’ancre des rêves, Gaëlle Nohant

6 mars 2008

Quatrième de couverture (extrait) :

Dans un petit village de la côte bretonne, chaque nuit, les enfants Guérindel, Benoît, Lunaire, Guinoux et le petit Samson, sont en proie à des cauchemars terrifiants qu'ils taisent à leurs parents… Enogat, leur mère, a toujours interdit à ses quatre fils d'approcher le bord de l'eau. Est-ce seulement pour les protéger des dangers de la nature ? Ou d'une autre menace qui ne dit pas son nom ? Entre conte fantastique et roman d'initiation, L'Ancre des rêves sonde le mystère des peurs d'enfant.

Je voulais lire ce livre depuis longtemps. Et une fois qu'il s'est trouvé entre mes mains, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire de ces quatre frères bretons sujets aux cauchemars. D'une part, parce que les rêves que font chacun d'eux ont une force empreinte de réalité qui m'a déconcertée (je suis une fille plutôt rationnelle, les pieds sur terre, et lis très peu de littérature fantastique en dehors de Stefen King), et d'autre part, parce que l'auteur prend le temps d'installer ses personnages, le contexte, les lieux qui vont composer ce récit (et que je suis plutôt pressée !).

Mais ayant lu les nombreux avis positifs de la blogosphère, je me suis dit qu'il était impensable d'interrompre ma lecture… Grand bien m'en pris ! Après une centaine de pages, j'étais scotchée aux aventures nocturnes de la famille Guérindel. Sur fond d'histoires de marins, de guerres, de rencontres chocs du passé, ce livre parle de l'ambiguïté des sentiments fraternels, des secrets de famille et des troubles du sommeil qui peuvent mener jusqu'à la Mort… Le récit se vit comme une enquête policière (ah, me voilà dans mon élément !) entremêlée d'échappées lyriques. Les derniers chapitres m'ont émue…

C'est un premier roman original et profondément dépaysant pour une lectrice telle que moi, et j'ai adoré être dérangée ainsi dans mon confort de lecture habituel (les pieds sur l'eau, ça change !). Gaëlle Nohant a une plume fort agréable, au vocabulaire très imagé et son roman est riche en références culturelles et historiques qui servent le récit. Elle a su créer des personnages auxquels le lecteur ne peut que s'attacher, et fait vivre des objets et des fantômes pour vous donner des frissons dans le dos…

Un beau roman que je conseille à tous, y compris les réfractaires au Fantastique comme moi ! Wink

Extrait (p.141) :

"Un soir bleu tombait lentement sur le jardin. Guinoux observait à la fenêtre une longue branche de noyer déjà creusée d'ombres. A cette heure ce n'était qu'une bête branche, mais, la nuit venue, elle se métarmophoserait en une créature hybride ; son extrémité s'étirerait tel un bec d'oiseau de proie prolongé par un corps de brochet, des pattes de lézard, et lorsque le vent l'enverrait cogner la vitre, son oeil de corbeau scruterait l'obscurité de la chambre à la recherche du garçon tapi sous les draps." 

Les avis de : Fashion victim (merci pour le prêt !), Flo, Lilly, Choupynette, Yueyin, Livrovore, Laure, Clarabel, Florinette, Thom, Bellesahi et Emeraude

Le blog de l'auteur : Café littéraire de Gaëlle

L’amour, vous connaissez ? Isaac Asimov

2 avril 2007

Une fois n'est pas coutume, voilà un peu de SF… mais attention, il s'agit là d'un maître du genre, Isaac Asimov, et dans un format que j'affectionne particulièrement : les nouvelles.

Dans l'amour, vous connaissez ? il n'est pas question d'extraterrestres verts ou de robots intelligents… Enfin, pas seulement !

Ces nouvelles ont paru d'abord dans des revues de science-fiction américaines dans les années 50 et 60. Dans cette édition denoël (1970 rééditée en 1986), chacune d'elle est précédée d'une préface de l'auteur qui explique le contexte de l'écriture de l'histoire, et c'est plutôt intéressant…

Dans Vide-C, on attaque directement par ce qu'on pourrait appeler "un cliché SF" : plusieurs Terriens sont dans un vaisseau qui les ramènent sur Terre après qu'ils aient passé un certain temps sur une autre planète. Ils ne se connaissent pas mais vont être amenés à coopérer quand leur vaisseau est attaqué par les Kloros, en guerre avec la Terre… Ce n'est pas tant l'originalité du scénario que la psychologie des personnages qui est intéressante dans cette nouvelle. Il sera démontré que le courage n'est pas forcément l'apanage des individus les plus baraqués ou beaux parleurs…

La seconde nouvelle, En une juste cause, m'a presque fait renoncer à finir le recueil… Et c'eût été dommage parce que la suite en valait la peine ! En fait, c'est davantage une nouvelle politique (rappelons le contexte de la guerre froide entre les Etats-Unis et le bloc soviétique) qui m'a rappelé Georges Orwell (dont je n'ai, hélas, jamais fini le célèbre 1984…).

Dans Et si…, un jeune couple a l'opportunité d'apercevoir, dans un curieux miroir, ce qui se serait passé si la demoiselle n'avait pas été projeté accidentellement sur le monsieur dans un métro… se seraient-ils mariés ? Attention, ce petit jeu du conditionnel peut rapidement tourner au cauchemar si l'on n'y prend garde…

Sally vous fera sans doute penser, comme moi, à Christine… Je ne parle pas de jeunes filles mais de voitures intelligentes ! (Stephen King pour la seconde).

Quelle belle journée vous fera apprécier nos modes de transports actuels : quand un jour le petit Richard souhaite se rendre à l'école à pied, sa maman doit faire appel à un psychiatre

Enfin, on retrouve plus précisément le thème de l'amour dans Personne ici, sauf… (et l'éternel espoir de rendre les machines humaines) et dans la nouvelle qui donne le titre au recueil : j'ai bien ri quand les extraterrestres tentent de faire se reproduire deux humains prélevés au hasard dans la population terrienne ;-)

Plus qu'un auteur de science-fiction, Isaac Asimov est avant-tout un observateur de ses contemporains. Ses portraits humains ou extra-terrestres sont particulièrement savoureux et non dénués d'humour. Un auteur à découvrir si ce n'est déjà fait, pour les amateurs de SF et tous les autres lecteurs !

Bernard Werber (nous) présente… Le Papillon des Etoiles

18 septembre 2006
  • Pas pis
Comme je l’ai raconté précédemment, j’ai pu découvrir avant sa sortie le nouveau bouquin werberien, « épreuve non corrigée » estampillée sur la couverture encore blanche. Ce livre est avant tout, dixit Bernard, un « livre de poésie ».
L’histoire est simple, et vous la connaissez : la Terre va mal. Les Humains épuisent sans vergogne (ou si peu) ses réserves, aspirant le pétrole, polluant l’air, ratissant ses forêts. Comme si cela ne leur suffisait pas, les Hommes n’ont de cesse de se battre pour des raisons politico-géographico-religieuses.
Devant un tel désastre, l’ingénieur en aéronautique Yves pense que « le dernier espoir, c’est la fuite« . Ainsi, lâché par ses supérieurs et le programme aérospacial américain, mais épaulé par un milliardaire farfelu et une navigatrice déboussolée (!), Yves lance son improbable projet de tenter de reconstruire une société meilleure ailleurs. Les embûches sont nombreuses car le vaisseau une fois déployé dans l’espace tel un gigantesque papillon au milieu des étoiles, devra atteindre la taille d’un petit continent et embarquer 144 000 représentants de l’Humanité triés sur le volet. Un jour, enfin, le Papillon prend son envol
Contrairement à l’éditrice (grrr ! trop bavarde !) de B.W., je ne vous en dirai pas plus sur l’intrigue sinon vous allez en deviner la fin.
Ce qui m’a plu dans ce livre, c’est l’histoire de la mise en route du projet (1ère partie), et le début de la vie à bord du vaisseau (2ème partie). La complexité des rapports humains y est bien représentée. Par ailleurs, j’aime assez le style de B. Werber, les courts chapitres dont le titre résume le contenu.
En revanche, la fin (3ème partie) m’a laissé un petit goût de déception sur les lèvres… Au départ, ce livre était une nouvelle, et je crains que cela ne s’en ressente, en ce sens que des siècles entiers sont rapidement brossés pour qu’on arrive à la fin du voyage et « qu’on en finisse ». La fin, d’ailleurs, est incroyable (au sens propre, on a vraiment du mal à faire semblant d’y croire). L’auteur a déclaré ne pas vouloir faire « un gros pavé » ou une trilogie comme pour les Fourmis… Personnellement, j’aurais préféré ! Pour finir, je n’ai pas réellement perçu la poésie du livre, je trouve au contraire qu’il véhicule un certain pessimisme (sans doute justifié, hélas) sur la capacité humaine à apprendre de ses erreurs et à ne pas gâcher ce qui lui est offert…
Je conseillerais donc ce livre aux fans de Bernard Werber et à mon chat (il adore les papillons !), les autres lecteurs peuvent passer tranquillement leur chemin.

A lire… En atttendant l’orage de Graham Joyce

23 août 2006
  • Psychomystère

J’ai acheté ce livre parce que Frisette avait conseillé L’enfer du Rêve, de Graham Joyce. Pour moi, c’est un illustre inconnu, mais en fait, bien qu’illustre, il est finalement parfaitement connu. En effet, c’est un grand écrivain anglais contemporain qui a reçu plusieurs grands prix (de l’Imaginaire, 4 British Fantasy Awards, j’en passent et caetera…). Rassurée sur ce point, je fonce chercher L’enfer du Rêve (comme toi, F. je fais beaucoup de rêves) mais stupeur (sans tremblements, faut pas exagérer), il n’est pas en rayon… Désappointée, je jette un œil sur les autres titres de cet auteur, et voilà que je suis séduite par « En attendant l’orage » (d’autant qu’il n’y a pas trop à l’attendre ces temps-ci à Paris…).

On retrouve une famille anglaise : James, son épouse française Sabine et leurs deux fillettes en vacances en Dordogne. Trois de leurs « amis » anglais ont été conviés à se joindre à eux. Je mets « amis » entre guillemets car on va découvrir peu à peu que des tensions existent au sein de ce groupe a priori sympathique, mais qui ressemble plutôt à un nid de frelons ! En fait, tout tourne autour de la fille aînée, Jessie, 11 ans, qui reçoit des leçons d’un mystérieux Professeur, qui serait (semble-t-il) l’un des vacanciers… Et Jessie est sujette à de spectaculaires crises, qui la conduisent à des comportements incongrus…

Ce livre est intrigant, fluide, dérangeant, à la limite du fantastique… On essaie de tirer partie du moindre indice que daigne nous lâcher l’auteur… et bien sûr, comme ils vont dans des directions opposées, on n’est pas plus avancé. Ce qui est le plus flagrant, c’est le soin apporté à décrire le caractère de chaque personnage. On voit l’histoire du point de vue de chacun d’entre eux, et l’on est à même de comprendre ce que chacun ressent.

Mon petit bémol : on ne peut pas dire qu’il se passe beaucoup de choses dans ce roman… Ce sont plutôt les petits événements quotidiens et l’aspect psychologique qui font l’histoire.

Cependant, le fait que les chapitres soient courts (quelques pages) et entrecoupés de chapitres météorologiques (d’un paragraphe) permet au lecteur de ne pas se lasser et de poursuivre sa propre enquête sur le Professeur… Le suspense, s’il n’est pas intenable, est tout de même bien présent et c’est agaçant de ne pas trouver la clé ! Mais maintenant… JE SAIS, hahahahahhahah (rire sadique).

NB : quelques critiques presse figurent en dos de couverture et en rajoutent une couche :

« Un livre ensorceleur » Le Monde

« Une oeuvre fantastique, charnelle et dérangeante » Télérama

Un roman fascinant sur les secrets de l’âme humaine, du mensonge au refoulement, et que la presse britannique a comparé à D.H. Lawrence et P.D. James pour son suspense et la qualité du traitement psychologique. L’éditeur

29 mai 2006
  • Spécial cinéphiles ! Hollywood Blues de Kim Newman

Dans un monde où l’industrie du rêve est l’un des premiers loisirs, un criminel endurci s’échappe en se créant un rêve parallèle à base de films noirs, ces polars américains en noir et blanc. Un privé et une rêveuse professionnelle sont envoyés dans le rêve du truand pour l’en dénicher et se retrouvent à mener l’enquête en pseudo-Humphrey Bogart/Marlowe et pseudo-Lauren Bacall/Slim.

Après un début un peu lourdingue où l’auteur nous montre qu’il connaît tous les acteurs de la période, le livre prend une tournure entièrement jouissive lorsque les deux héros se voient contraints de détourner à leur profit tous les clichés du film noir pour capturer le plus grand scélérat que le rêve ait jamais connu. Parfois maladroit, les cent dernières pages valent tout l’or du monde. Je rêve (héhé) de le voir adapté au cinéma…

Auteur de ce post : mjazz

La Tour Sombre (tome 7, le dernier), de Stephen King

12 mars 2006
  • La clôture d’une longue quête

Cela fait quand même quelque chose, d’achever la lecture d’un récit commencé il y a une quinzaine d’années ! J’en suis d’autant plus admirative de l’écrivain. Bien qu’il soit controversé – sa plume n’est en effet pas des plus légères – j’ai accroché dès le début de ma rencontre avec cet auteur, et j’ai dévoré tous ses bouquins dans mon adolescence. Puis, je m’en suis un peu éloignée, mais en me jetant sans attendre et avec plaisir sur chaque tome de la Tour Sombre qui sortait (trop lentement à mon goût). Ce dernier volet est à la hauteur de mes attentes… La fin, au choix, est à la fois inattendue et évidente (une fois qu’on y a réfléchi…). L’histoire est vraiment intéressante, dépaysante, dans un monde à la fois irréel et où l’impossible nous paraît réalisable. S.King est, à mon avis, particulièrement doué pour inventer des univers fantastiques, dans lesquels les personnages vivent l’Histoire de façon parfaitement coordonnée et où le lecteur plonge sans aucune réticence.

Mes livres préférés de Stephen King : Ca (l’effrayant clown, vous l’avez peut-être vu en téléfilm, mais rien ne vaut le bouquin original, c’est bien plus effrayant !) et Marche ou Crève (sous le pseudonyme de Richard Bachman).

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