Anansi boys, Neil Gaiman
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Parfois, les circonstances nous obligent à lire des œuvres qui ne correspond pas à nos inclinaisons naturelles. Ainsi, les lois familiales m’ayant autorisée à glisser dans la valise des vacances un seul broché, je me trouvais fort dépourvue quand la dernière page fut venue. Force fut de me rabattre sur un bouquin estampillé Fantasy de Mister T., bien que la couverture entièrement occupée par une araignée ne m’attirât guère.
Gros Charlie est un Américain tout à fait respectable, émigré à Londres et fiancé à Rosie, qui n’a d’autre défaut qu’une mère acariâtre. Alors qu’il n’envisageait pas une seconde d’inviter son père à son mariage – il lui a toujours fait honte dans son enfance – sa promise l’oblige à le faire, prétextant qu’une union est l’occasion idéale de renouer des liens familiaux. C’est alors que Gros Charlie tombe sur un os : son père vient de décéder, il a tout juste le temps de sauter dans un avion pour assister aux funérailles (en réalité, il se trompe d’enterrement et n’a plus qu’à donner les dernières pelletés de terre sur le cercueil de son paternel). Il retrouve ensuite les vieilles voisines de son enfance, qui lui révèlent sans ménagement que son père n’était autre que le dieu Anansi, et qu’il a un frère qui a hérité des pouvoirs de leur géniteur. Pour faire venir ce dernier, Gros Charlie n’aura qu’à transmettre son message à une araignée. Quelques temps plus tard, après une soirée londonienne bien arrosée, l’incrédule demande à l’une de ces arachnides qu’il aimerait que son fameux frère – s’il existe – lui rende visite. Et lorsque qu’un être qui pourrait être lui mais en plus mince, plus beau, l’air plus assuré, répondant au nom improbable de Mygal, frappe à sa porte, il n’a d’autre choix que d’accepter la réalité, qui va d’ailleurs rapidement s’apparenter à un cauchemar.
Il faut le reconnaître, Neil Gaiman est un conteur hors pair (il est aussi le narrateur omniscient qui intervient de temps à autre). Son récit coule naturellement, quelque invraisemblable soit son contenu. Je me suis laissée emporter, toute réticence envolée, par les aventures rocambolesques de Gros Charlie et de son frère, j’ai volé par monts et par vaux, jusqu’au pays des dieux-animaux, et de la même manière que “Tout commence, ainsi que la plupart des choses, par une chanson”, tout s’achève en chansons.
Comme quoi, la panne de lecture, cela a parfois du bon.
Ed. J’ai Lu, mai 2008, 379 p.
