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Recherche un homme, un vrai, C. Alexander & Cie

2 août 2011

Logo mardi chez Stephie Bon, puisque le premier mardi du mois, Stephie nous incite à parler de lectures inavouables, je me suis lancée – à titre purement scientifique, naturellement – dans la lecture d’un “Passion intense” chaudement recommandé par des lectrices intensément passionnées de ma connaissance. Recherche un homme, un vrai (rien que le titre fait pouffer de rire, non ?), est un recueil de quatre nouvelles (Etoile d’un jour, Sex Therapy, Action Man et Le repos du guerrier : tout un programme !) écrites respectivement par Carrie Alexander, Pamela Britton, Susan Donovan et Lora Leigh. Mais franchement, ce pourrait tout aussi bien être le même auteur, vu que la même recette est appliquée à chaque fois, seule la sauce variant un peu (si j’ose dire) :

 

1. Prenez une belle jeune femme au prénom improbable.
Ex : Estrella, Breanna, Winifred ou Raven.

2. Mettez-là en présence d’un beau mâle bronzé aux “abdominaux tellement fermes qu’il aurait pu arrêter une voiture”, au “biceps aussi gros qu’un jambon”, et toujours extrêmement bien doté par la Nature à tous points de vue.
Ex : un ouvrier de chantier, un chef d’entreprise en bâtiment, un voisin montagnard espion professionnel ou un militaire spécialisé en missions secrètes et dangereuses.

3. Choisissez un prétexte fallacieux pour les faire coucher ensemble, ou presque.
Ex : oups, on s’est baigné nus dans la piscine de la résidence ; comment oublier le viol d’un ex-mari ? en couchant avec son meilleur ami d’enfance, pardi ! ; pfiouf, je n’arrive pas à écrire ce scénarion de film… oh, quelle chance, mon agent m’envoie dans son chalet de montagne où tout tombe mystérieusement en panne… par chance, le voisin est trèèèès serviable ; ou encore… tiens, le dernier prétexte était tellement tiré par les cheveux qu’il m’a échappé !

4. Trouvez l’excuse la plus idiote possible qui empêche la fille de finir son casse-croûte (ou de remettre le couvert).
Ex : désolée, j’ai piscine (ah non, celui-là est trop commun ! Faites tout de même un effort minimum d’imagination)
Ex corrigé : désolée, j’ai piscine et il faut que je me lave les cheveux avant (copyright : elle se reconnaîtra)
Et c’est peut-être là que se joue la différence entre vous et les vrais auteurs de Passion Intense. La preuve, leurs excuses sont inimitables :
Ex : désolée, je ne peux pas, j’ai la phobie des tatouages (oui, tu en as trois, mais je ne les avais pas bien vu avant, parce qu’on était dans la piscine, bon ok, tu étais nu, mais l’eau ruisselait sur ton corps, tu comprends…) => fallait la trouver, celle-là, non ?
Ex : désolée, je ne peux pas, mon ex-mari m’a violée, donc je voulais t’utiliser comme thérapie mais finalement c’est au-dessus de mes forces (sauf si tu m’attaches) => là, l’auteur introduit une forte teneur en psychologie, ça ne m’étonnerait pas qu’elle soit diplômée dans cette matière, pas étonnant qu’on ne puisse pas rivaliser.
Ex : bon, la troisième veut bien finir son casse-croûte, vu qu’il lui sert de muse pour écrire son scénario de film…
Ex : désolée, tu es le meilleur ami de mon frère, et en plus, tu es le frère de ma meilleure amie, ça embrouille mes deux neurones.

recherche 5. Saupoudrez d’une forte dose de scènes très piquantes (facile, vu la taille des dards), n’hésitez pas à pimenter le tout de bonnes grosses métaphores. Ah, et nous ne sommes pas des animaux, tout de même, n’oubliez pas les baisers fougueux et les mots doux (ou crûs, je ne connais pas vos goûts). N’oubliez pas de préciser qui met le préservatif (il ne faudrait pas oublier l’aspect moral et pratique).

6. Achevez le récit par un marshmallow bien grillé (autrement dit, le happy end Flag) : il lui dit “je t’aime” (variante : elle lui dit “je t’aime”), finalement tout est possible (variante : finalement, rien n’est impossible), et si nous vivions heureux et longtemps ? (variante : et si on déménageait au Pays des Bisounours ?).

Cette lecture fut finalement très instructive sur le plan de la comparaison littéraire des moyens et des fins, même si c’est moyennement fin, ça se mange sans faim (je conseille tout de même de picorer au lieu de tout ingurgiter d’un coup, on est vite rassasié !).

NB : la copine qui m’a prêté cet objet de curiosité il y a quelques mois osera-t-elle se manifester pour que je le lui rende ? Je ne sais plus du tout qui a fait preuve de tant de générosité à mon égard ! Open-mouthed

Ed. J’ai Lu, fév. 2010, 281 p.

Dieu merci, je suis amoureuse, Rosita Celentano

22 juin 2011

dieu merci je suis amoureuse HA, HA, HA. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri. Qu’une femme, trompée par un homme, veuille exorciser la douleur en racontant son histoire dans un livre, c’est tout à fait respectable. Qu’elle aligne clichés (“La souffrance épouvante (p. 81)) et idées préconçues, passe encore. Qu’elle mêle Dieu à tout ça (le pauvre, il n’en demandait pas tant), je peux le comprendre : elle est italienne et fortement imprégnée de catholicisme. Mais que son introspection la conduise à conclure que si un homme trompe sa femme (ou assimilée), c’est de la faute de toutes ces sal**es qui l’ont allumé, lui, pauvre victime de ses hormones, c’est le Lion d’or du ridicule !

Et quel style, chers amis, quel style !Jouer au dur donne l’impression d’être dur. Et pis encore, de faire voir au monde entier qu’on est intransigeant et dur. Montrer qu’on est capable de punir pour se faire respecter… mais c’est quoi, cette attitude à la con ? Ca mène où en réalité ?”) (p. 32)

Je ne sais pas si le message vous paraît clair : nous, notre vie de couple, nos relations sentimentales, sommes exactement ce que n’Etait PAS le fer à repasser de notre grand-mère… nous sommes précaires et provisoires !” (p. 42)

(Si, si, Rosita, tu es très claire, nous sommes des fers à repasser jetables ! Mais pourquoi ce E majuscule suivi d’un PAS ? Tes mystères sont impénétrables…)

Moi, à quarante-quatre ans, j’ai déjà vu passer deux fers à repasser […] et c’est un phénomène dont je souffre. Moi aussi, je veux arriver jusqu’aux noces d’or… il faudra vivre plus longtemps, mais si je trouve l’homme qu’il me faut, on pourra essayer !”

(et toi, Chère Lectrice, combien de fers à repasser as-tu vus passer ? (attention, le fer de Barbie ne compte pas))

Et comme je sais que vous en redemandez, quelques morceaux choisis (je ne m’en lasse pas !), en espérant que vous me pardonnerez ce billet qui ressemble à un mauvais commentaire de texte (que voulez-vous, c’est de saison !) :

D’ailleurs, si nous sommes, nous les femmes, hystériques avant notre cycle, les hommes perdent les pédales s’ils ne peuvent pas “évacuer”… Donc, on peut dire qu’eux aussi ont leur “cycle”. (p. 24)

(n’est-ce pas merveilleux, chères bloggeuses, d’apprendre grâce à Rosita Celentano que nous sommes régulièrement hystériques ? Personnellement, je ne m’en étais jamais aperçue ! Grognon ou migraineuse, oui, mais hystérique ! voilà qui m’ouvre de nouvelles perspectives !)

La vérité, c’est que les hommes se “consument” à force de coucher à tort et à travers, et malheureusement, de nos jours, beaucoup de femmes en font autant. En ce qui me concerne, ce ne sont pas des femmes, mais plutôt des “femelles”…” (p. 25)

(si c’est la vérité, alors… Résumons : les femmes qui ont des aventures fréquentes sont donc des femelles hystériques !)

Les nouvelles femmes sont froides, cyniques, calculatrices, mesurées, dénuées de personnalité et de chaleur maternelle ; elles s’habillent comme les hommes et cette habitude d’être toujours en pantalon me fait l’effet d’une manière de refuser les gestes et les postures qui nous sont propres.” (p. 28)

(AU SECOURS ! Mais, les filles, nous sommes donc des monstres ! Faites un effort, merde, mettez-vous en jupe demain, telles nos ancêtres les Gauloises, acceptez donc les “postures qui nous sont propres” !)

J’ai bien peur que les mères des années 1960 ne soient un peu responsables de cet état de choses” (p. 29)

(OUF ! C’est la faute de nos (grands)-mères !)

Dorénavant, je veux un homme qui me protège du monde, comme je le protégerais”.

(Rosita, il ne faut pas rester dans cet état, je t’envoie de ce pas par mail perso les 06 de Superman, Wolverine et Casimir)

ATTENTION, petit passage philosophique : “Je ne suis presque jamais “contre” quoi ou qui que ce soit, au départ, je suis toujours favorable : je crois dur comme fer qu’il vaut mieux “prévenir” que “guérir” !” (p. 43)

(si quelqu’un a compris le rapport entre les deux parties de la phrase, qu’il développe son analyse dans un commentaire, merci pour le commun des mortels)

Si les cornes surviennent quelques mois après le début d’une relation, il s’agit d’un cas pathologique. Au contraire, si c’est après quelques années de vie commune, peut-être s’agit-il d’une période de tension particulière, pour des raisons professionnelles, ou bien d’un coup de mou dans les relations, dans ce cas ça peut aller”.

(merci, Docteur, je vous dois combien ?)

Je me rappelle qu’à force d’éplucher les petits journaux porno et d’écouter les premiers récits d’expériences sexuelles, j’ai commencé à me faire une idée de plus en plus claire de ce que devait être la femme idéale pour un homme : avant tout, elle devait être FEMME.” (p. 70)

(AH ! Enfin une vraie solution au problème. Si notre homme nous trompe, c’est parce qu’en réalité, on n’est pas une femme. CQFD.)

J’imagine bien que vous pataugez, à présent, pour tenter d’assimiler le concept” (p. 70)

(euh… comment te dire, Rosita ? Ta pensée est trop profonde pour moi, je n’arrive plus à te suivre dans les méandres de ton cerveau de FEMME).

Donc, s’ils gardent toujours ce côté marmot, c’est comme quand leur maman les trouve avec les doigts dans le pot de confiture ; si nous les femmes/mamans, nous ne la cachons pas bien cette foutue confiture, ils sauront toujours la trouver, ils seront incapables de résister et ils succomberont. […] Voilà, vous avez compris que pour les hommes le plumard, c’est la confiture.” (p. 76)

(Femmes, cachons nos lits, sinon l’appel de la couette sera plus fort !)

Et comme j’ai déjà eu l’occasion de l’affirmer, je n’ai aucune estime pour les femmes modernes, faciles à culbuter et superficielles, justement parce qu’elles ont perdu leur sentiment maternel, leur faculté de se maîtriser et leur loyauté”. (p. 77)

(Bienvenue à Clichéland. Et vive le féminisme !).

Toutes les bonnes choses ont une fin, les amis… j’achèverai par conséquent ce billet par une Vérité Vraie de Rosita (peut-être la seule que je lui reconnaisse sans hésiter) : “Maintenant que me voici arrivée au bout de mes quelques pages de gribouillis…” (p. 111).

Voilà, Rosita, tu le dis toi-même : était-il vraiment nécessaire de publier ton journal intime ? De traiter de sal**es les jeunes femmes qui ont des aventures avec des hommes mariés, ces pauvres agneaux innocents ? De fustiger les femmes qui portent des pantalons, peut-être par goût personnel, ou bien parce qu’elles ont des complexes qui trouvent probablement leur origine dans les dictats de la mode (ou parce qu’aucun magasin ne propose des fuc*in jeans en longueur 36) ? (et petite coquine, même si tu as l’air bien sage sur la couverture de ton livre, il suffit de te googleliser pour te voir en string ou en décolleté plongeant… mais bien sûr, rien à voir avec ces vilaines filles qui allument les mecs !).

Personnellement, je ne pense pas. Mais merci de m’avoir fait rire, ça m’a fait le plus grand bien !

Bonus : la couverture de ce même ouvrage publié en Italie, sous le titre Grâce à Dieu, j’ai été cocue !… No comment.

version italienne

Ed. Pascal Galodé, mai 2011, 118 p.

Mini-Accro du shopping, Sophie Kinsella

12 juin 2011

Mini accro du shopping Il y a bien longtemps que je n’avais lu un roman de chick-litt. Il était temps de remédier à cet état de fait, je ne voudrais pas que l’on croit que je ne lis que de la littérature sérieuse (des polars et des BD). Il y a trois ans (quand je vous disais que je me déchickenais !), j’avais laissé Becky dans les préparatifs de l’arrivée de son bébé (L’accro du shopping attend un bébé).

Eh bien, la mini-miss est arrivée : elle s’appelle Minnie et elle est à présent dans cette merveilleuse période que les parents connaissent bien : les “terrible two”. Bien que sa mère trouve qu’elle est une enfant parfaite, Luke, son papa, fait gentiment remarquer qu’elle est un peu capricieuse et désobéissante, et il lance l’idée d’avoir recours à une super nanny pour dévier au plus vite sa petite fille d’une mauvaise trajectoire. La confrontation de Becky et des nounous se révèle assez drôle… Egalement au programme de ce nouvel épisode de la vie agitée de la désormais célèbre accro du shopping : DE-ME-NA-GER ! Cela va faire deux ans que la petite famille vit chez les parents de Becky, et franchement, la maison commence à devenir étroite… pour les tenues et chaussures que Becky ne peut s’empêcher d’accumuler à chaque nouvelle collection. Mais plus important, dans cette période de crise économique dans laquelle vient d’entrer le Royaume-Uni, Becky a décidé d’organiser une fête d’anniversaire surprise pour son mari. Ce sera l’occasion pour elle de découvrir les magasins de discount et leurs merveilleux trésors (inutiles), de se faire une nouvelle amie (Bonnie, la respectable et efficace secrétaire de Luke, dont la réputation va en prendre un coup), et même de renouer avec son horrible belle-mère, Elinor…

Si j’ai commencé ce roman avec un certain scepticisme (le début est vraiment caricatural), j’ai vite repris goût à l’humour de Sophie Kinsella, à son sens du rythme et ses situations truculentes, toujours exagérées, bien sûr, mais avec un fond de vérité qui nous permet toujours une certaine identification (“mais je suis bien moins pire, heureusement !”, se dit-on en déculpabilisant), et aux surprises qu’elle concocte, aussi bien à ses personnages qu’à ses lecteurs… Becky, maintenant âgée de vingt-neuf ans, est toujours aussi écervelée et dépensière, mais heureusement, elle a un cœur en or et peut compter sur un mari formidable, des amis indéfectibles, beaucoup de chance… N’hésitez donc pas à embarquer ce bouquin dans vos valises (il se lit indépendamment des précédents), c’est garanti 100 % détente !

Ed. Belfond, mai 2011, 464 p.

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