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Lettre à mon fils, Michèle Fitoussi

5 mars 2008
Dans cette Lettre à mon fils et à tous les petits garçons qui un jour deviendront des hommes, Michèle Fitoussi livre ses impressions de mère à la projection de son fils dans vingt ans. Elle s'inquiète de savoir comment il pourra s'épanouir dans un monde où il faut se battre pour travailler, être toujours le meilleur, et dans lequel les femmes ont pris une importance certaine, peut-être au détriment des hommes…

Cette mère met son coeur dans ces lignes, cela se ressent, d'ailleurs elle s'adresse directement à son enfant, le lecteur n'est qu'un tiers presque indiscret qui capte ses propos. Elle parle avec franchise et sa réflexion est intéressante, même si je ne partage pas tous ses points de vue (à mes yeux, les femmes ont encore du chemin à faire dans le monde moderne, ne serait-ce que sur le plan du travail et des salaires, hum !).

L'auteur développe également le sentiment particulier qui la lie à son fils, différent des relations qu'elle a avec sa fille aînée. Après l'hommage au père d'Annie Ernaux, voici l'hommage au fils de Michèle Fitoussi ! Son écriture est cependant beaucoup moins romancée, elle est plus terre à terre, plus pratique. Voilà 14 ans que ce témoignage d'amour a été écrit : je me demande ce qu'en pense le fiston, à présent qu'il est un jeune adulte…

Special thanks : à Magali !

 

Quatrième de couverture
« J’écris pour réparer une injustice. Parce que l'éducations des petits garçons est négligée aujourd'hui. Après des siècles d'indifférence et trois décennies de féminisme, les petites filles tiennent le haut du pavé. Nous les mères, nous nous occupons trop d'elles et les garçons sont à la traîne. Une fois adultes, vous restez petit.
A travers toi, c'est à tous tes contemporains que je m'adresse, ceux qui, comme toi, seront des hommes au siècle prochain.
Je t'écris pour essayer de t'apprendre à grandir.
Je t'écris pour t'aider à surnager dans une époque difficile pour toi.
J'ai cru, comme beaucoup, à l'émergence d'un monde triompherait l'égalité des sexes. La réalité est tout autre. Après deux millénaires de patriarcat, tu risques d'être un homme, un père, un amant, dans un siècle de féminité triomphante. Comment va-tu t’en arranger ? » 

Naissances (nouvelles, collectif)

8 août 2007

Mot de l'éditeur :

Drôles, impudiques, vraies. Huit romancières en liberté évoquent le mystère de la naissance : émerveillement, sérénité, partage, mais aussi violence, incompréhension, désarroi. De la conception originelle à la troublante délivrance, loin des clichés, des tranches de vie pleines d'émotion, de douleur et de tendresse.

Comme en ce moment, il "pleut" des bébés dans mon entourage (je suis de la génération qui atteint ses 30 ans cette année), j'essaie de m'instruire un peu sur la question, histoire de briller en société de futures ou déjà mamans ! ;-)

Ce recueil est bien fait : l'éditeur a recueilli les témoignages de 8 mamans-auteurs, sous la forme de récits ou de nouvelles. Chacune apporte sa vision de la grossesse, de l'accouchement, de l'étrange mystère de la naissance. Chaque histoire est précédée d'une courte biographie de l'auteur, ce qui est particulièrement appréciable lorsque l'on a aimé une nouvelle et que l'on souhaite découvrir d'autres oeuvres de son auteur.

Marie Darrieussecq : Encore là

Une nouvelle toute en digressions qui cachent une réelle souffrance, pas à cause du bébé, non… mais ce sont les kilos en trop qui rongent cette nouvelle maman…

Hélèna Villovitch : Mon lapin

En voilà une approche originale, où la maman accouche d'un lapin violet ! J'ai particulièrement apprécié l'humour de ce récit romancé.

Agnès Desarthe : Les mois, les heures et les minutes

Une mise en abîme avec l'usage du pronom "tu" de la narratrice pour parler d'elle-même… Un récit tout en longueur : le temps s'étire et s'étiole… Mais cela en valait la peine !

Marie Desplechin : Maya

Encore une approche différente, avec une intéressante réflexion sur le choix d'être mère ou auteur… Mais faut-il nécessairement choisir ?

Camille Laurens : Abandonnés

C'est peut-être le témoignage le plus réel, le moins romancé, où l'auteur nous fait partager ses sensations, ses interrogations, ses propres réponses autour de l'acte de naître et de donner la vie. Une belle histoire, avec des mots qui sonnent justes et qui vous touchent au plus profond.

Geneviève Brisac : Délivrance

Sous la forme d'une petite pièce de théâtre en cinq actes, qui s'étalent sur 20 ans, de la naissance de son fils à son départ de la maison. Le ton mélange tristesse et humour, et surtout, beaucoup d'amour…

Catherine Cusset : "Vous ne pourrez jamais avoir de bébé, vous !"

Ici aussi, il s'agit davantage d'un témoignage, avec la particularité que la future maman est aux Etats-Unis… Où il peut être utile de savoir dire "péridurale" en anglais !

Michèle Fitoussi : Le Cordon

Une nouvelle très touchante qui parle du douloureux moment où les petits quittent le nid… Mais que voulez-vous, il faut bien les laisser voler de leurs propres ailes !

Enfin, René Frydman, auteur de la postface, père du premier bébé-éprouvette français.

Le témoignage d'un papa médecin, pour couronner ce joli livre. Où l'on comprend que chaque naissance est unique, pour chaque femme, à chaque fois…

Clarabel, judicieusement conseillée par Laure a déjà fort bien défendu ce livre ici ! Et elle connaissait les auteurs, contrairement à moi… mais j'ai bien envie de mieux connaître G. Brisac et H. Villovitch, vous avez peut-être des titres à me conseiller ?

PS : au fait, j'ai appris un mot, récurrent dans chacun des récits : ça veut dire future mère et ça commence par un "p" mais j'ai déjà oublié le mot… je ne suis pas encore au point ! :-(

NO KID, Corinne Maier

29 juin 2007

Je lis très rarement ce genre littéraire, par manque d'intérêt, mais une fois n'est pas coutume, je vous présente ici un essai. Vous connaissez sans doute Corinne Maier, au moins de nom, car elle a publié Bonjour Paresse et cela avait fait du bruit (notamment chez son employeur qui l'avait en travers de la gorge : une collaboratrice qui clame haut et fort être (grassement) payée à ne rien faire !).

Ici, l'auteur-qui-n'a-pas-la-langue-dans-sa-poche s'attaque aux enfants. Enfin, plus exactement au non-désir d'enfant. Vous me suivez ? Dans No Kid, dont le sous-titre "40 raisons de ne pas avoir d'enfant" est particulièrement explicite, Corinne Maier dissèque un tabou qui a survécu à la Libération de la Femme, à la Parité et à l'Egalité des sexes…

J'ai donc lu pour vous les 40 courts chapitres qui vous convaincront (ou pas) de ne pas commettre l'Erreur Fatale. Voici quelques-uns des titres qui vous feront sourire ou frémir, c'est selon : "L'accouchement, une torture"… "Evitez de devenir un biberon ambulant"…"Gardez vos amis"… "N'apprenez pas la langue idiote qui permet de s'adresser aux enfants"… "Il sonne le glas du couple"… "Un enfant c'est trop cher"… "Un allié objectif du capitalisme"… "Vous serez forcément déçu par votre enfant"… "Devenir une merdeuf quelle horreur"… "Materner ou réussir il faut choisir"… "Pourquoi se décarcasser pour un futur exclu" ?

Mon verdict ? Eh bien, je suis assez abasourdie car Corinne Maier a deux enfants, mais elle assume parfaitement ses propos. Si c'était à refaire, elle ne succomberait peut-être pas à l'appel de ses hormones qui l'ont trahi à l'époque où elle a procréé. Désormais, elle lance un appel aux femmes : assumez votre non-désir d'enfant ! Refusez de vous reproduire pour faire plaisir à la société !

Ces 40 raisons ne sont pas des révélations, la plupart sont connues et pourtant, la France bat des records européens de taux de fécondité (2,1 enfants par femme). J'avoue qu'à les lire d'affilée, cela ne donne effectivement pas envie de s'y mettre ! D'ailleurs, l'auteur cite des romans antérieurs qui abondent en son sens : Un heureux événement d'Eliette Abécassis, Michel Houellebecq qui dit dans La possibilité d'une île :"l'enfant est un nain vicieux, d'une cruauté innée", et Marie Darrieussecq (Le bébé), parmi tant d'autres…

Heureusement, j'ai dans ma PAL un livre qui devrait contrebalancer cet opus n°40… du moins, je l'espère !!! Et puis, il paraît qu'on supporte mieux ses enfants que ceux des autres (surtout durant les longs trajets en train… je me comprends).

Extrait du dos de couverture : "livre de salubrité publique, NO KID réjouira également ces millions de pères et mères qui craignent de reconnaître publiquement que "l'enfer, c'est les enfants!". Pour la première quelqu'un ose écrire ce que la plupart des parents pensent tout bas…quand leur progéniture est enfin couchée."

Editions Michalon

Un heureux événement, Eliette Abecassis

25 mai 2007

L'un d'entre vous (Clarabel ?) a lu ce livre il y a quelques temps et les commentaires convergeaient pour déconseiller de lire ce roman aux jeunes femmes qui n'ont pas encore d'enfants… J'avais décidé de suivre ce judicieux conseil. Et puis, SWAP faisant (il a bon dos), je me suis retrouvée dans une librairie et une main baladeuse a mis ce poche dans la mienne (rassurez-vous, je l'ai tout de même payé à la caisse ;-).

J'ai fait la connaissance de Barbara et Nicolas, un couple de trentenaires modernes, beaux, sportifs et aimant par-dessus voyager aux quatre coins du monde. Un soir de vacances à la Havane, un soleil couchant, une ambiance particulière, la chaleur les amènent à un coup de tête (mais oui) : Barbara et Nicolas font un enfant.

Cela n'était pas du tout dans leurs projets et les circonstances qui ont mené à cet "heureux événement" marquent le début de la fin, ou plutôt des fins. Barbara n'est plus femme, elle est mère. Elle n'est plus amante, elle est nourricière. Elle ne vit plus pour elle mais au rythme de son bébé. Esclave consentante de son enfant, c'est ainsi qu'elle se voit.

Incapable de résoudre les problèmes domestiques et financiers qui s'accumulent, les deux amoureux s'éloignent progressivement, l'une transférant son amour sur son nourrisson, l'autre se réfugiant dans le travail, jusqu'à la rupture inéluctable

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce livre ne donne pas du tout envie d'avoir des enfants !!! Que de problèmes ! Qui aurait envie :

- de traîner en vieux jogging ou T-shirt taché, pas coiffée ni maquillée,

- d'être sans cesse épuisée pour cause de manque de sommeil,

- d'être alourdie de quelques kilos et sans énergie pour tenter de les perdre,

- de ne plus aimer, moralement et physiquement, son compagnon ?

Je n'arrive pas à déterminer si cette femme est heureuse ou non d'avoir ce bébé. Cette histoire est une complainte de la femme enceinte et de la jeune maman. Il semble qu'aucun couple avec enfant ne puisse s'aimer sur la durée - d'aucun d'entre vous démentiront cette affirmation - qu'ils divorcent soit dans l'année suivant la naissance, soit au bout de 7 ans (?) soit quand les enfants ont quitté le cocon familial.

Pourtant, le livre m'a intéressée car le propos sort de l'ordinaire, je n'ai pas eu envie d'abandonner la lecture mais au contraire, de voir jusqu'où l'auteur irait dans l'anticonformisme et le dénigrement de la maternité comme état de grâce. L'humour vire bien souvent au cynisme, l'espoir n'est pas permis, même si la relation mère-enfant se crée réellement… En tout cas, on comprend parfaitement quels sont tous les inconvénients à avoir un enfant !

Conclusion : à mon tour, je déconseille ce roman (pure fiction, je l'espère !) aux potentielles ou futures mamans… Ce n'était pas une bonne idée !

L'avis de l'insatiable lectrice

Comme personne, Denis Lachaud

21 novembre 2006
  • La preuve est faite

 Oui, à tous ceux qui clament qu’un homme ne peut pas décrire aussi bien qu’une femme les sentiments et émotions de la gente féminine, je réponds : lisez donc Denis Lachaud ! (Petit aparté : hum, en espérant que ledit Denis ne soit pas le pseudonyme d’une Denise, je me suis déjà lamentablement fait avoir avec J.T. Leroy…).

D’emblée, j’ai été séduite par l’écriture de ce roman. On entre simplement et indiscrètement dans la vie d’Estelle, 35 ans, au moment où elle rencontre l’Homme de sa Vie, William, un homme plus âgé avec des tempes grisonnantes et quelques bourrelets qui sont à son goût. Quelques flash backs permettent de situer les personnages, et puis on entre dans la routine de la vie commune, les projets et les classements “sans suite” de ces derniers…

William a un fils d’un précédent mariage, Walter, qu’il ne voyait guère mais qui a bien accroché avec sa jeune nouvelle belle-mère et passe de plus en plus de week-ends chez son paternel. Estelle aime bien ce garçon et une affection émergera de leur rencontre improbable.

Saut dans le temps. 4 ans plus tard, la même famille, et des sentiments bien différents. Estelle, qui a laissé tomber son boulot de traductrice sous l’influence de son mari, est maman d’une petite Wanda. Mais elle se rend compte subitement que sa vie est loin de ce qu’elle avait imaginé, qu’elle s’est éloignée de son mari, bref, elle décide de le quitter sans plus attendre. Ainsi :

On ne prend pas assez au sérieux ces épisodes où l’autre nous irrite. Parce qu’on l’aime. On continue à avaler, c’est ainsi que va la vie, se dit-on, tout ne peut pas être parfait. Et le jour où quelque chose se bloque en travers du courant, on évite de noter que plus rien ne s’écoule.”

Dans la dernière partie de ce roman, on retrouvera Estelle dans la nouvelle vie de célibataire qu’elle a construite, entourée de sa meilleure amie Viviane et du gentil Vincent.

Ce roman aborde avec une sensibilité et une justesse de ton remarquable un éventail de sentiments que peut ressentir une femme au sein d’un couple : la perte de sa propre personnalité face à celle, plus affirmée, de son conjoint, le doute, la perte de confiance en soi, la culpabilisation lorsqu’on pense à reprendre un travail au lieu de s’occuper de son/ses enfants, etc. D’ailleurs, peut-être est-ce là l’explication du titre : Estelle doit être considérée comme une personne à part entière, et pas uniquement comme la moitié d’un couple… Mais chacun peut trouver une interprétation !

Même si la fin est moins forte que le reste de ce livre, j’ai été particulièrement touchée par la lecture de cette tranche de vie, très bien racontée, drôle et dans laquelle chacune (chacun ?) peut se retrouver. Un grand merci à Anne, l’insatiable lectrice grâce à qui j’ai découvert cet auteur.

Stéphanie Janicot affirme que “Non, ma mère n’est pas un problème” !

11 octobre 2006
  • Ah, Bonne Mère !

Etes-vous satisfait de votre prénom ? Si oui, estimez-vous heureux… Sinon, je vois que vous avez pris un pseudo ! Aaron-Pierre, lui, fait partie de la seconde catégorie. Fils d’une mère juive et d’un père bourgeois et catholique, il a été coupé en deux par prénoms interposés. Le voilà donc, quarante ans plus tard, sur le divan d’un psychiatre pour parler de sa vie, de ses difficultés avec les femmes, mais surtout pas de sa mère : pourquoi en parlerait-il, d’ailleurs ? C’est à peine s’il se souvient d’elle. Non pas qu’elle soit décédée alors qu’il était jeune. Simplement, elle était trop accaparée par ses études et se sentait en difficulté dans son rôle de jeune maman au foyer.

Elle nous l’explique d’ailleurs elle-même puisque ce roman est construit par alternance du récit d’Aaron-Pierre à son psy dans le présent et du récit de sa mère, dans les années soixante, alors qu’Aaron était enfant. Cette confrontation de points de vue nous permet d’en savoir davantage sur la situation. Ainsi, on comprend qu’Aaron (je laisse tomber le Pierre) ne se souvient pas d’avoir été câliné par ses parents, son avocat de père rentrant très tard le soir, et sa jeune mère se sentant désemparée et seule face aux problèmes quotidiens. Pour sa décharge, cette dernière était réellement peu aidée, entre un mari absent et une famille très critique à son égard. Pourtant, elle a l’impression d’avoir fait le maximum pour que son fils soit heureux…

Ce sont donc les relations familiales qui sont décortiquées, mais aussi les conséquences qu’elles peuvent avoir sur les relations amoureuses des enfants devenus aldultes. Le dénouement inattendu apporte encore une touche particulière à la relation mère-fils dont il est question tout au long de ce roman.
Stéphanie Janicot a écrit ce livre avant “La constante de Hubble” dont j’ai lu de bonnes critiques chez les uns ou les autres. Même si “Non, ma mère n’est pas un problème” est agréable à lire, avec ton jouant sur les cordes humoristique, cynique et drôle, j’avoue que j’avais hâte de le finir, m’étant un peu lassée de ce fils hypocondriaque et de cette femme sans réaction face à une situation qui ne lui convenait absolument pas. A mon avis, il en serait tout autrement de nos jours !

Le Petit Corps de Corinne Solliec

29 septembre 2006
  • Démon, quand tu nous tiens

Depuis quelques années, la mode est à la minceur, voire à la maigreur. De plus en plus tôt, les adolescentes, parfois encore dans l’enfance, se mettent “au régime”. Et bien souvent, cela tourne mal.

Dans Le petit corps, la souffrance d’une de ces jeunes filles est décortiquée. Estelle a vingt ans et (on le devine) à peine le double de kilos. Son problème n’est pas la nourriture, non, son problème, c’est Alexandre. Voilà deux ans, jeunes amoureux transis à l’avenir prometteur (il travaille, elle entre en fac) emménagent ensemble. Estelle a un “léger” problème : elle a des crises qui l’obligent à se goinfrer de quantités astronomiques de “bouffe”, et à se faire vomir juste après. Rusée, elle parvient à cacher sa maladie à son petit ami durant de longs mois. Mais le jour où il comprend qu’elle se détruit à petit feu, il s’énerve, se fâche, pleure, supplie… rien n’y fait, Estelle et sa boulimie sont indissociables. Il pose alors un ultimatum : ils se séparent et il ne “la reprendra” que lorsqu’elle sera guérie. Estelle parviendra-t-elle à surmonter son démon ?

Ce livre m’a touchée car Estelle parle avec des mots crus et réalistes de sa maladie, qu’elle hait et pourtant sans laquelle elle n’arrive pas à vivre. Elle se nomme en s’appelant “le petit corps”, comme si ce n’était pas vraiment elle qui vivait mais cette entité indépendante qu’elle ne maîtrise pas. C’est vraiment émouvant, plein de sensibilité et de violence. Une belle découverte.

NB : hier encore, j’ai croisé dans le métro une jeune femme si maigre que ses joues étaient creuses et ses pommettes saillantes, ses bras squelettiques parvenant à peine à porter son sac à main. C’est effrayant et cela mérite que l’on se pose des questions sur les origines des maux qui conduisent de jolies filles à se détruire.

Gabrielle Ciam et Celui d’en face

27 septembre 2006
  • Un autre regard

Le train de 5h50 m’ayant embarqué dans un beau voyage au pays de Gabrielle Ciam, je me suis précipitée (enfin, avec toute la PALitude dont je suis capable) sur son nouveau roman, paru en août : Celui d’en face. Le personnage principal (et on ne peut pas dire qu’il y en ait beaucoup d’autres !) est ici encore une femme. Il faut dire que la plume de G.Ciam leur va bien.

Cette femme vit seule au 3ème étage de son appartement parisien. Durant plusieurs années, elle a passé toutes ses nuits avec un homme, très souvent de passage et plus rarement, avec le même compagnon pour quelques temps. Mais elle s’est lassée de ce défilé masculin et aujourd’hui, c’est sûr, elle “arrête le sexe”. Fini les aventures sans lendemain, stop aux complications amoureuses, la voilà débarrassée de tout cela. Désormais, elle va vivre en solitaire ses nuits comme ses jours et son choix, puisque c’en est un, sera assumé et satisfaisant… A moins que… un regard l’accroche, par là-haut, dans l’immeuble d’en face, alors qu’elle se balade nue (et innocemment) dans son salon (canicule oblige !)… Troublée, va-t-elle renoncer à son désir de solitude ou bien, au contraire, laisser ses sens reprendre le dessus et se laisser aller sans dessous ? A vous de voir en entrant dans l’intimité de Celui d’en face.

Le personnage féminin est parfaitement maîtrisé par l’auteur, la description de ses sentiments et de ses frémissements charnels ont le parfum de l’authenticité… mais je crois que j’ai tout de même préféré Le Train de 5h50… Peut-être qu’il manque un peu de rebondissements dans ce livre qui se lit très vite ? Ou bien j’ai le syndrome du “premier lu, préféré” ? Car je viens d’avoir la même impression pour le second livre lu de D. Foenkinos alors que la découverte du premier m’avait enchantée ! L’attrait de la nouveauté y est certainement pour quelque chose, mais est-ce une règle absolue ? J’espère que ce n’est pas le cas, sinon je suis condamnée à ne lire qu’un ouvrage de chaque auteur !

Annie Duperey lève Le Voile Noir sur son enfance

28 août 2006
  • L’enfance de l’art…iste

Comment une petite fille de 8 ans est-elle supposée réagir lorsqu’elle découvre ses parents morts (par accident) dans la salle de bain familiale ? Et que la seule autre personne du foyer est un bébé ? Ce drame n’est pas une histoire inventée par Annie Duperey mais bel et bien l’histoire de son enfance. C’est une toute autre personne que la joyeuse comédienne aux yeux rieurs et au sourire communicatif qui nous apparaît dans ce livre. Comme quoi, les apparences sont trompeuses, et la pudeur empêche parfois de dévoiler ses états d’âme à autrui. Pour une fois, Annie Duperey a décidé de se livrer “brute” - de lever le voile, donc - et sa sincérité est réellement poignante au travers de ces pages.

En partant de phographies prises par son père (dont c’était le métier), l’actrice nous fait partager le combat intérieur qu’elle mène depuis 50 ans, depuis la disparition tragique de ses parents alors qu’elle était enfant. Bizarrement, elle ne souvient absolument pas d’eux et tente d’expliquer pourquoi son esprit fait un blocage sur ce sujet, malgré le temps écoulé. Ce livre n’est pourtant pas mélodramatique et l’appitoiement sur soi-même n’est pas de mise. Au contraire, les 250 pages s’écoulent assez rapidement, elles sont fluides et intéressantes, et les photos (en noir et blanc, bien entendu, pour l’époque) sont vraiment jolies. Une vraie bouffée d’émotions, que je conseille pour sa simplicité et pour sa générosité.

Lire aussi la critique de Frisette.

Ce livre a été publié en 1993 mais il vient de ressortir en Poche en mars dernier.

P.S : si quelqu’un a lu le dernier livre de la comédienne “Une soirée”, ça m’intéresse d’avoir son avis !

Gabrielle Ciam : Le train de 5h50

17 août 2006
  • Le train-train quotidien révisité Vous avez seulement cinq euros en poche et envie de voyager ?
  •  Envie de réveiller vos sens en douceur ?

Pas de panique, voilà le remède ! Ce livre est sorti en Poche en avril dernier et mérite qu’on s’y intéresse… C’est une pause sensuelle et appaisante entre la lecture de gros pavés (moins de 100 pages).

Au départ : un quai de gare, une femme et ses petites habitudes quotiennes, notamment son choix de place dans son train du matin. Un jour, un “intrus” se trouve en face d’elle dans “son” compartiment. Son premier geste d’agacement passé, notre héroïne commence à observer discrètement cet homme et réalise qu’il est loin de lui déplaire… et l’attirance semble réciproque. Petit à petit, par un jeu de frôlement de jambes et de regards, le désir s’attise entre ces deux êtres, pourtant totalement étrangers l’un à l’autre.

Gabrielle Ciam nous fait entrer dans ce train avec légèreté et décrit tout en nuances l’attente du plaisir de la rencontre et la déception face à l’absence…

Merci à la personne dont le blog m’a permis de découvrir ce livre ! Hélas, je n’ai pas retrouvé de qui il s’agissait (si tu te reconnais, manifestes-toi !)… (voilà qui est fait : merci à Yansor !).

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