Arles… euh, qu’un !
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Comme beaucoup, j'ai succombé au challenge de l'été concoctés par Fashion et Chiffonnette : les Harlequinades 2009 (logo signé In Cold Blog).
Après une course à travers Paris dans pas moins de 3 Monop' (certains manquent franchement de culture), j'ai enfin pu découvrir l'étonnante gamme XXL d'Harlequin qui s'offrait à moi.
Ne sachant quelle couverture était la plus affreuse, j'ai fini par choisir celle qui me paraissait la plus cliché, dans la collection Audace, vu qu'il en faut une sacrée dose pour se lancer dans une pareille aventure littéraire.
A moi l'immense privilège (même s'il y a une coquille dès la première demi-page) de présenter ici : Nuits complices.
Où l'on apprend que la nuit Harlequin coûte 2,40 €
Je préfère vous le dire tout de suite, le "s" de nuits se justifie par l'évocation de deux nuits, pas une de plus (pour 4,80 €, faut pas non plus abuser de la générosité de l'auteur). Mais commençons par faire la connaissance de trois copines : Dana, Amy et Kelly (remarquez au passage la consonnance très "Beverley Hills 90210" des prénoms). Toutes trois ont débarqué de leur provinces natales respectives à New-York il y a quelques années, rêvant de faire partie du "show business" (ce terme me replonge directement dans les années 80, pas vous ? O-ô ). Par malchance (what else ?), nos trois gourdes héroines ont toutes échoué : Amy et Kelly travaillent à la Réception d'un hôtel de luxe, tandis que Dana est coatch sportive et a des clients dans ce même hôtel, ce qui permet aux trois copines de prendre des cafés matinaux en échangeant des potins.
Où l'on découvre la différence de taille parfaite pour s'embrasser
Ce matin, Dana, vingt-sept ans, 1,75 m, longue crinière blonde – et pardonnez-moi, j'ai oublié la couleur de ses yeux, mais ils sont magnifiques et un peu mystérieux, cela va de soi – une jeune femme aux longues jambes de gazelle mais qui ne se doute pas une seconde de l'effet qu'elle fait aux hommes (toute ressemblance avec un autre Harlequin est forfuite), Dana, donc, a rendez-vous avec un nouveau client. Il s'appelle Chase Culver (prononcez "Tchéze Keulveur" sinon ça fait "chat-ze cul vert" et l'effet sexy tombe complètement à l'eau), il a l'air d'un beau et riche Texan et il est brun, 1,82 m (je n'avais pas mesuré l'importance du nombre de centimètres de chaque personne jusqu'à ce que Dana me fasse remarquer que Chase et elle avait la différence de taille idéale pour s'embrasser… AH BON !!!). Bref, Dana et Chase courent dans Central Park, et elle bien qu'elle ait pour principe de ne jamais sortir avec ses clients, Dana accepte l'invitation à dîner de Chase (parce que vraiment, il est trop beau et elle se sent fondre comme du chocolat et trembler comme de la gelée anglaise en sa présence).
Où des révélations fracassantes étourdissent la lectrice
Mais en réalité, Chase n'est pas ce que l'on croit. Il s'agit en fait d'un policier qui a reçu une balle (pas bien cicatrisé, nous en sauront plus au prochain paragraphe) et dont l'IGS étudie le cas, alors il a accepté une mission privée : découvrir qui est l'auteur des nombreux vols qui ont lieu dans l'hôtel de luxe susmentionné depuis deux mois. Dana est sur sa liste de suspects, mais il tombe à la fois dans son propre piège et amoureux d'elle, il a donc des scrupules à lui mentir, d'autant qu'il lui fait croire qu'il est producteur et que cela fait renaître l'espoir de carrière artistique à la belle échaudée.
Où l'on spoile sur les nuits complices (interdit au – de 16 ans)
La première fois que Dana et Chase se font un gros câlin (oui, j'ai repéré quelques jeunes yeux qui n'ont pas tenu compte de l'avertissement ci-dessus) dans la chambre d'hôtel de Chase, Dana ne veut pas qu'il lui fasse un poutou intime réservé au moins au dixième ou quinzième rendez-vous. Mais lors de la deuxième rencontre charnelle qui se déroule dans la baignoire-jaccuzi attenante, elle accepte, ce qui les rend tous les deux fous de joie, à se demander s'ils n'ont pas inondé le sol et fait déborder la baignoire sans penser à la technicienne de surface qui va se taper le sale boulot le lendemain matin.
NB : pas si godiche que ça, Dana s'aperçoit que son mâle texan a une vilaine cicatrice boursoufflée ("on dirait une blessure par balle ?" devant et encore une autre derrière ("on dirait un coup de couteau ?"). Heureusement, elle est assez naïve pour croire les explications douteuses fournies par ledit beau mâle. (OK, elle est godiche.)
Où l'on se demande si la collection Audace mérite son slogan "Sexy.Impertinent.Osé."
Sexy ? D'accord, les personnages sont beaux et attirants. Cependant, les dialogues sont ponctués de "Seigneur !", de "Bon sang !" et de "se morigéna-t-elle" qui enlèvent la dernière once de glamour et de crédibilité qu'il aurait pu y avoir dans les échanges entre les différents protagonistes de cette histoire !
Osé ? Je vous laisse juger sur pièce, pour ma part, je suis plutôt morte de rire : "Un coin de sa bouche se releva, et il inclina la tête vers la baignoire-jaccuzi. – Ce serait une honte d'ignorer cette baignoire. – Rigolo, je pensais la même chose. – Ah oui ? dit-il en passant les doigts sous l'élastique de son string. – Tu peux me croire, cow-boy, repartit-elle avec un sourire. Il fut si rapide qu'elle ne comprit même pas qu'il avait fait glisser le tissu le long de ses jambes, mais elle se retrouva avec le slip autour des chevilles. Elle donna un coup de pied, il atterrit sous le lavabo, et ils se remirent à rire. Tout cela était dingue." (extrait p. 167)
Impertinent ? Là encore, le style incroyable de Debbi Rawlins me laisse pantoise, tout comme les pensées intérieures de haute volée de nos héros :
(Dana) "L'idée que Kelly s'en aille lui faisait horreur. Bêtement, elle n'avait jamais pensé que leur trio puisse un jour se séparer, le concept était dur à avaler." (p. 32)
(Chase) "D'accord, elle avait des jambes qui devaient s'enrouler joliment autour de la taille d'un homme et un petit derrière ravissant, mais elle était toujours sur la liste des suspects. Tout comme les autres personnes qui y figuraient. Il ferait donc mieux de penser à garder sa braguette fermée." (p. 35)
En résumé, c'est un faux polar (on saura tout de même qui a perpétré les vols, car Chase a eu le temps entre deux activités sportives de s'occuper de son enquête) avec Ken et Barbie qui tombent amoureux, s'exilent en province, trouvent des postes stables et rassurants et avec une fin ouverte au suspense implacable : "Si jamais elle était enceinte, cela ne la dérangerait pas du tout."
Mais finalement, ma déception est logique : d'après ce test Harlequin, je suis une Aventurière, et c'est dans la collection Black & Rose qui est faite pour moi ! Ca tombe bien, j'en avais choisi un pour le mois d'aôut, précisément dans cette collection : il saura sûrement me rendre pleinement heureuse.
A noter, pour ces Messieurs qui ne trouveraient pas la force de plonger dans un Harlequin :
le Challenge Chick Litt for Men court toujours chez Calepin !

Oui, à tous ceux qui clament qu’un homme ne peut pas décrire aussi bien qu’une femme les sentiments et émotions de la gente féminine, je réponds : lisez donc Denis Lachaud ! (Petit aparté : hum, en espérant que ledit Denis ne soit pas le pseudonyme d’une Denise, je me suis déjà lamentablement fait avoir avec
Etes-vous satisfait de votre prénom ? Si oui, estimez-vous heureux… Sinon, je vois que vous avez pris un pseudo ! Aaron-Pierre, lui, fait partie de la seconde catégorie. Fils d’une mère juive et d’un père bourgeois et catholique, il a été coupé en deux par prénoms interposés. Le voilà donc, quarante ans plus tard, sur le divan d’un psychiatre pour parler de sa vie, de ses difficultés avec les femmes, mais surtout pas de sa mère : pourquoi en parlerait-il, d’ailleurs ? C’est à peine s’il se souvient d’elle. Non pas qu’elle soit décédée alors qu’il était jeune. Simplement, elle était trop accaparée par ses études et se sentait en difficulté dans son rôle de jeune maman au foyer.
Depuis quelques années, la mode est à la minceur, voire à la maigreur. De plus en plus tôt, les adolescentes, parfois encore dans l’enfance, se mettent « au régime ». Et bien souvent, cela tourne mal. 