Comme vous le savez peut-être déjà, j'avais accepté (tout en portant mon badge "Fashion Victim m'a forcée" !) de lire la série des "Angélique", la saga d'Anne et Serge Golon - encore un peu et c'était Jeanne et Serge ! - durant cet été. Du coup, un challenge "saga de l'été" fut lancé, et de nombreux participants ont relevé ce défi, chacun choisissant la saga de son choix !
La première difficulté à laquelle je me suis trouvée confrontée fut de dénicher le tome 1, Angélique, Marquise des Anges. Après avoir arpenté moultes librairies, je me suis rendue à l'évidence : ce livre est épuisé ! J'ai donc visité deux bibliothèques parisiennes avant de dénicher cette édition Hachette J.C. Lattès de 1995, des bouquins de 400 pages dont l'impression n'est vraiment pas terrible (les boucles des "e" sont pleines d'encre par exemple).
Tout cela pour vous montrer quel mérite
j'ai eu à me lancer dans cette série guimauve historique, qui vraiment n'avait rien pour m'emballer. D'ailleurs, j'ai lu "à reculons" les premiers chapitres. Voyez plutôt le feuilleton qu'il en sort :
Première partie
En 164. , dans un château frôlant l'état de ruines de la campagne poitevine, le Baron de Sancé de Monteloup élève tant bien que mal sa tribu composée, en plus de son épouse, de tantes et de domestiques, d'une ribambelle d'enfants. Parmi eux, une petite fille aux longs cheveux blonds prénommée Angélique. Plutôt garçon manqué, Angélique a pour compagnon de jeux Nicolas, le fils d'un métayer. Curieuse, elle s'intéresse un peu aux affaires de son père, notamment lorsque celui-ci, bien que noble, se lance dans un élevage de mulets avec son intendant Molines. La curiosité d'Angélique la met parfois dans des situations dangereuses : un soir, dans le château de son oncle, elle surprend un complot politique : le Prince de Condé reçoit un coffret contenant un poison destiné au Roi Louis XIII et jure fidélité à Monseigneur Fouquet, "ministr-aître"… Téméraire, Angélique parvient à s'emparer de ce coffret qu'elle devine d'une importance capitale, et va le cacher dans une colonne du château.
Deuxième partie
Puis viennent les années de couvent, à Poitiers, la fuite du frère aîné en Amérique, le décès d'une jeune soeur, et enfin, à 17 ans, Angélique devenue jeune fille et maîtresse de maison accomplie, rentre au château de Monteloup. Et là, quelle n'est pas sa surprise de découvrir que l'intendant Molines et son père lui ont arrangé son mariage : elle doit épouser le Comte Joffrey de Peyrac, le plus riche propriétaire de la région toulousaine. Angélique se soumet à la volonté paternelle, bien que ce mariage ne l'enchante guère, d'autant qu'elle n'a jamais rencontré son futur époux. Et d'ailleurs, tant mieux, car il s'agit en fait d'un homme qui a une bonne douzaine d'années de plus qu'elle, laid et boîteux (les mauvaises langues l'appellent d'ailleurs "le Grand Boîteux du Languedoc").
[ce fût un grand choc pour moi car Fashion Victim et d'autres se pâmaient au seul nom de Joffrey, et à ce stade, je vous laisse imaginer ma déception devant la description dudit héros !]
Angélique, farouche, ne se donne pas immédiatement à son mari. Celui-ci, intelligent et compréhensif, parvient finalement à la séduire avec ses qualités cérébrales, de coeur, ses yeux et sa voix (comme quoi…).
C'est alors une époque fastueuse et merveilleuse que vit Angélique, entre les réceptions au château, l'amour de son mari, désormais partagé, et la naissance de son premier enfant, Florimond. Cerise sur le gâteau, le jeune roi Louis XIV en personne, pas encore marié, passe par leur château toulousain.
Troisième partie
Après le beau temps, la pluie, c'est bien connu ! Après avoir découvert un espion parmi leurs domestiques, les époux de Peyrac sont sur leurs gardes. Quelqu'un leur veut-il du mal ? Le jour où Joffrey de Peyrac disparaît mystérieusement, Angélique doit affronter l'angoisse et les questions sans réponses se bousculent dans sa tête. Comme elle l'avait prévu, elle part pour Paris où son mari possède un hôtel particulier (dans l'actuel Marais). Chemin faisant, son carosse est attaqué et la belle Angélique échappe de peu à la mort. Une mauvaise surprise l'attend à Paris : l'hôtel et tous les biens de son mari sont mis sous scellés par le Roi et Joffrey est accusé de sorcellerie !
Angélique se réfugie avec son fils Florimond chez sa soeur aînée Hortense, qui l'accueille de mauvaise grâce pour quelques jours. Elle trouve un avocat, Me Desgrez, un étrange personnage qui n'a pas l'aspect conventionnel pour un homme de loi mais dont le flair et le talent sont indiscutables. Les événements se succèdent : un meurtre de fidèle servante, un viol et une audience tendue devant le Roi plus tard, Angélique est toujours vaillante et prête à aller jusqu'au bout pour défendre les intérêts de son époux et le faire sortir de la prison de la Bastille, où il est en fait enfermé depuis plusieurs mois.
Quatrième partie
Angélique, sans le sou, retrouve son frère Raymond, devenu jésuite, qui la fait entrer dans le quartier du Temple, où elle trouve refuge dans une pension : les Trois Maillets. Le procès a lieu, Angélique manque défaillir en voyant l'état de Joffrey. Hélas, les témoins à charge sont trop nombreux et surtout le témoin de la défense trop assassiné pour que Joffrey s'en sorte. Il est condamné à mort.
Coïncidence, le fils de la propriétaire des Trois Maillets s'appelle Cordaucou : il est l'assistant du bourreau. Angélique va le voir et le paye pour qu'il étrangle son mari juste avant qu'il ne soit pendu… c'est tellement moins cruel ! Ce premier tome s'achève avec la naissance de Cantor, le second fils d'Angélique (conçu au temps des jours heureux), et le bûcher qui flambe autour de Joffrey de Peyrac.
Ce que j'en dis :
Après des débuts difficiles, j'avoue avoir été aspirée malgré moi dans cette saga. Cela s'explique de plusieurs façons.
En premier lieu, le style est fluide et le récit retrace très bien le siècle de Louis XIV (le 17ème, donc !) au travers de sa politique mais aussi du mode de vie de l'époque. Les nobles "pauvres", les riches bourgeois et commerçants, les bandits… toutes les couches sociales nous sont détaillées puisqu'Angélique appartiendra successivement à ces différentes classes.
Ensuite, je me suis facilement attachée aux personnages : Angélique, son ami d'enfance Nicolas, et même à Joffrey (si, si, je vous assure !).
Enfin, et je crois que c'est surtout ce qui m'a séduite, ce roman foisonne d'aventures et d'horribles événements, il nous faut savoir comment tout cela va se finir ! On ne s'ennuie pas du tout à la lecture. Le meutre au poison ou au poignard était d'une banalité déconcertante ! Sans parler des viols, des pillages, des vols des gamins des rues… Les intrigues politiques en plus haut lieu sont intéressantes, c'est à qui trahira l'autre le premier !
Tout cela pour vous dire que c'est sans rechigner que je suis allée emprunter le tome 2 à la médiathèque… Je vous rassure, mes prochains billets seront moins longs ! Il me semblait judicieux de planter le décor et de camper les personnages principaux afin que vous puissiez suivre la saga dans les prochains épisodes.