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Indomptable Angélique, Anne & Serge Golon

3 août 2010

indomptable angelique Ca y est, je suis revenue de vacances ! Nan, c’te blague. C’est juste que j’ai laissé moisir mon blog pendant dix jours parce que j’avais une grosse flemme en voyant partir successivement les collègues en vacances, alors que moi, je dois encore attendre l’ami Hou !

A présent, rembobinez vos souvenirs jusqu’en juin 2007 (ah, je sais, on était jeunes, beaux et innocents, à l’époque !). Fashion lançait alors la Saga de l’été : autrement dit, l’ancêtre des Harlequinades. Le principe : lire une saga de son choix (ô Bloggocratie, où es-tu donc passée ?!) durant l’été. J’avais choisi la série des Angélique, marquise des anges, parce qu’on m’avait soufflé dans l’oreillette que c’était plein d’amour, d’aventures, de moments torrides et de drames épouvantables (voire dramatiques !), et bien sûr, de sexy men.

Et, je dois l’avouer, je me suis prise au jeu et j’en ai lu trois d’affilée. Il a fallu trois ans à mon petit cœur de beurre pour se remettre à palpiter à un rythme normal, et le moment est enfin venu : je viens de finir le tome 4 de la saga : Indomptable Angélique.

Dans cet opus, la belle marquise réussi à échapper à la vigilance de la police parisienne (Louis XIV lui ayant interdit de sortir de la ville, pour des raisons expliquées dans le tome 3 (voyez comme je m’auto-linke impunément !)), et elle parvient à Marseille où elle séduit un homme qui l’embarque sur sa galère, en direction de Candie (ne me demandez pas à quelle île de Méditerranée cela correspond, vous seriez bien aimables), dans l’espoir de retrouver la trace de son premier mari, Joffrey de Peyrac (celui qui a péri sur le bûcher à la fin du tome 1). Pour une galère, c’en fût une, vu qu’elle se fait alpaguer par des pirates, qu’elle échoue sur une île, qu’elle se fait sauver et embarque dans un plus petit bateau, qu’elle atterrit à nouveau chez des esclavagistes qui l’engraissent et surtout, lui lavent les cheveux gâtés par l’eau de mer (spéciale dédicace à Erzébeth).

- Attention, spoilers dans le paragraphe suivant entre crochets (qui ont en fait pour but de me servir de mémoire lorsque je m’attaquerai au tome 5 dans quelques années) –

[Après cela, Angélique passe de mains en mains, le Rescator, cet énigmatique (!) pirate masqué qui sillonne les mers sans faire commerce d’esclaves, mais uniquement de métaux précieux, la rachète pour 35.000 piastres (soit le prix de 2 vaisseaux et leur équipage), mais la sauvage Angélique s’échappe (c’est un peu sa spécialité dans ce tome 4), se retrouve prisonnière dans un harem, où elle s’empiffre de pâtisseries marocaines en attendant d’être présentée à son futur mari, le tyrannique et cruel souverain, Moulay Ismaël. Mais là, un nouveau retournement de situation totalement inattendu se produit (allez, tous en chœur) : Angélique s’… !]

Bref, ce quatrième roman de la saga tient largement ses promesses : de l’aventure, en veux-tu, en voilà, des sexy men (je pose cependant un bémol : ils sont pour la plupart sales, puants, grossiers et bourrés de cicatrices, mais bon, finalement, il y n’y a guère de différence avec Louis XIV !) qu’Angélique manipule à sa guise (mais parce qu’elle est en quête de son Grand Amour !), des évasions plus ou moins réussies, d’horribles massacres, des tortures, des sentiments et des loukoums.

De quoi faire palpiter de nouveau mon cœur de midinette jusqu’à l’été prochain ! Et pour finir, ce que vous attendez toutes (ne niez pas, Mesdames !) :

La minute Harlequin (extrait p. 95)

“A cet amant de passage, Angélique sut dispenser toute sa science. Elle s’était juré de se l’attacher et le gentilhomme, viveur blasé, n’était pas de ceux qu’une étreinte passive eût contenté. Tour à tour câline, rieuse et soudain comme inquiète, un peu farouche, elle s’abandonnait, puis devant une exigence nouvelle, se dérobait, et il devait la supplier tout bas, la convaincre, mourant d’impatience.
- Est-ce sage ? disait-elle.
- Pourquoi serions-nous sages ?
- Je ne sais pas… Nous ne nous connaissions pas hier… à peine.”

Quelle coquinette, cette Angélique, tout de même !

Special thanks : à Caro[line], qui m’a prêté son exemplaire de Prisunic à 34,20 Frs (un exemplaire historique !).

Ed. J’ai Lu, sept. 1976 (nombreuses rééditions), 718 p.

Les derniers jours de Stefan Zweig, Laurent Seksik

18 juin 2010

derniers jours de sz Cet ouvrage présente une double facette : c’est à la fois un roman et un morceau choisi de la biographie de Stefan Zweig, qui se concentre sur les six derniers mois de la vie de l’auteur.

Pour une fois, je peux raconter la fin ! Stefan Zweig se donne la mort avec sa seconde épouse, Lotte, par un beau dimanche de la fin février 1942. Ils s’étaient rencontrés en Angleterre, tous deux ayant fui le régime nazi. Zweig était alors marié depuis de longues années à Friderike et Lotte était sa secrétaire (bah, on ne peut pas être tout le temps original !). Devenant indésirables à Londres, le couple s’enfuit pour New-York, mais l’air ne convenait pas à l’asthmatique jeune femme. Ils mirent alors cap sur le Brésil, avec le faible espoir qu’ils pourraient démarrer une autre vie, là-bas, loin de la guerre.

Ce roman inspiré de faits réels propose un récit des derniers mois du grand auteur autrichien, torturé par l’actualité et plus encore par son impuissance et sa “lâcheté”. Je me suis sentie proche de cet auteur dont j’admire la plume mais dont je connais mal la vie personnelle. Cela m’a amusée d’apprendre que cela l’agaçait de ne pas parvenir à se débarrasser des fameux récits enchâssés qui truffent ses écrits ! (En)Chassez le naturel…

Quel sentiment cette lecture m’a-t-elle inspirée, me direz-vous ? “Quel dommage qu’un homme de si grand talent, intelligent et cultivé, n’ait pas trouvé la force de surmonter ses démons et la culpabilité de son impuissance qui le torturait !” vous répondrai-je. Mais c’était un homme si profondément attaché à son pays, l’Autriche, qui avait vécu tant de bons moments à Vienne, qu’il ne pouvait être que désespéré en la quittant, en la voyant sous l’emprise nazie, en apprenant tour à tour la mort de tel ou tel de ses amis écrivains…

Logo Stefan Zweig

 

Laurent Seksik a entièrement mis sa plume au service de son sujet, favorisant ainsi le rapprochement du lecteur à Zweig – l’homme, plus que l’écrivain. Ce récit imagé, documenté et vivant est réellement intéressant, tant pour la petite histoire que pour la grande.

Livre lu dans le cadre du Challenge Ich Liebe Zweig organisé par Caro[line] et Karine. NB : c’est ma lecture de mai, je suis un peu en retard !

Ed. Flammarion, jan. 2010, 187 p.

La marque de Winfield, Ken Follett

21 mai 2009

Le thème du Club des Théières de ce mois-ci étant le roman historique, j'ai sauté sur l'occasion pour éviter au  livre piqué sur les étagères de Lilly le mois dernier de prendre la poussière…

En 1866, plusieurs élèves du collège de Winfield sont les témoins d’un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment un accident ? Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d’Edward, riche héritier d’une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d’un richissime sud-américain. Autour d’eux, des dizaines d’autres figures s’agitent dans cette société où les affaires de pouvoir et d’argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité.

J'étais curieuse de voir comment Ken Follett s'en sortirait dans un roman victorien, vu qu'il m'avait déjà séduite avec Les Piliers de la Terre (en général, je n'aime pas les fresques historiques et j'ai adoré) et un thriller ma foi fort réussi : Peur blanche. Eh bien, une fois encore, cet auteur aussi éclectique que doué m'a complètement happée dans son roman.

De 1866 à 1892, nous suivons les déboires et succès des membres d'une famille de banquiers, les Pilaster, dont certains sont fortunés mais d'autres non : Hugh, notamment, est le fils de Toby, un Pilaster qui avait retiré ses capitaux de la banque familiale pour créer sa société et avait fini par se suicider après une faillite… Hugh n'aura de cesse de prendre sa revanche et tiendra tête à sa tante Augusta, personnage fier et autoritaire, belle et malfaisante durant les décennies que dureront son régne sur la famille. Son fils Edward s'est acoquiné au collège avec un expatrié sud-américain, Micky Miranda, un autre personnage bien horrible et séduisant, qui fréquente les bordels aussi bien que les femmes de la haute bourgeoisie.

J'ai trouvé ce roman très prenant et n'avait de cesse de pouvoir lire la suite des aventures des personnalités très marquées qu'il met en scène. On est vraiment plongé au coeur de l'Angleterre de la fin du XIXème siècle, avec les femmes aux belles toilettes, les hommes d'affaires et les filles du peuple qui tentent de s'en sortir d'une manière ou d'une autre (le plus souvent en s'attirant les bonnes grâces de jeunes gens fortunés). Mais les bas-fonds sont là, rôdant dans les âmes corrompues de certains hommes et femmes sans scrupules… Sur un fond de thriller, d'affaires financières internationales et d'histoires d'amour impossibles, avec un sens remarquable de la narration, Ken Follett prend le lecteur dans ce roman comme une araignée prend une mouche dans sa toile… A vous de voir si vous voulez vous laisser attraper !

Ed. Le livre de poche, 1996, 626 p.

Siddhartha, Hermann Hesse

18 février 2008

J'ai choisi ce livre pour le Club des Théières de février, dont le thème était le roman historique… Bon, j'avoue, je suis légèrement hors sujet, puisqu'il s'agit d'un roman initiatique, mais c'était le livre de ma PAL le plus proche du thème ! Et c'est un livre du Lotobook, merci à Céline !

Quatrième de couverture :

"Profession de foi individualiste, rejet de toutes les doctrines, condamnation du monde de la puissance et de l'argent, éloge de la vie contemplative dans le cadre d'une Inde recréée à merveille, Siddhartha est un roman initiatique devenu au fil du temps un texte "sacré"".

Hermann Hesse, auteur allemand de nombreux romans et poète, a écrit ce livre en 1922. Pourtant, il n'a pas pris une ride… D'ailleurs, aucune époque n'est mentionnée. L'histoire se passe en Inde. Siddhartha est un jeune homme aimé de tous, qui dégage une force de caractère particulière. Son père est brahmane (religieux). Un jour, Siddhartha décide de partir en quête de l'Eveil, de la Vérité, des fondements de la Vie, de la Sagesse. A regrets, son père le laisse partir. Godiva, son meilleur ami, l'accompagne. On suit les deux hommes durant de longues années, durant lesquelles ils méditent et font des rencontres enrichissantes. Un jour, ils croisent la route de …, encore appelé Bouddha. Si Godiva est convaincu par la parole de Bouddha, Siddhartha, lui, trouve qu'il ne boucle pas un cercle parfait et décide de poursuivre seul son chemin…

A travers un périple géographique, c'est le cheminement spirituel d'un homme qui nous est conté. De samana (homme qui ne possède rien à part une ceinture pour se vêtir et qui vit de méditation, de jeûne et de mendicité) à commerçant dévergondé et amateur de chair et d'argent, Siddhartha passe par de nombreuses étapes avant de trouver ce qu'il a toujours cherché, le Om

J'avoue avoir craint me trouver devant un roman empreint de religiosité sans réussir à en percer le sens. Mais peu à peu, je me suis laissée prendre dans les aventures de Siddhartha et j'ai trouvé un rythme de croisière apaisant dans ma lecture. C'est là qu'on se dit qu'on devrait prendre le temps de méditer, nous aussi ! Ce n'est pas le style de roman vers lequel j'irais naturellement, mais celui-ci n'est pas trop long et le sujet m'a intéressée, d'autant qu'il est bien écrit.

Par ailleurs, je trouve cela assez extraordinaire que ce soit un écrivain allemand du XXème s. qui raconte cette histoire… J'imagine le travail de recherches qu'il y a derrière ces 158 pages, Monsieur Hesse, je vous tire mon chapeau !

Bonus : le récit est précédé d'une préface très intéressante et très complète sur l'auteur.

158 p. – édition Le Livre de Poche.

Angélique et le Roy, Anne et Serge Golon

9 octobre 2007

Vous avez suivi les épisodes 1 et 2 de la saga Angélique, marquise des Anges ? Vous pouvez donc poursuivre l'aventure historico-romanesque dans ce volume 3, que j'ai fini in extremis à la bibliothèque, sous l'oeil sévère de la maîtresse des lieux qui voulaient fermer ses portes à 19h00 précises (j'ai donc survolé les 3 derniers chapitres, qui contenaient tout de même quelques informations capitales !).

La saga Angélique a été publiée dans le monde entier. Vous trouverez ci-dessous quelques éditions étrangères : Royaume-Uni, Estonie et Etats-Unis.

Crédits : site officiel d'Anne et Serge Golon où vous en trouverez bien d'autres… C'est amusant de voir comment chaque pays adapte "son" Angélique !

Comme son nom le laisse soupçonner, Angélique et le Roy se déroule essentiellement à Versailles (avec de nombreux aller-retour à Paris, Saint-Germain, et autres résidences royales…). Ce tome se présente en trois parties :

Edition Royaume-UniPremière partie : la Cour

Pour être honnête, j'ai failli arrêter dès le premier chapitre. Cette greluche d'Angélique (bien que marquise, Angélique fait parfois sa greluche, surtout lorsqu'elle ne veut pas entendre les cris d'alarmes de son entourage) devait ab-so-lu-ment se présenter à la Cour, puisque Louis XIV avait souhaité sa présence à la chasse, mais voilà qu'elle se fait enlever de nuit par le valet de son mari, le marquis de Plessis-Bellière (qui la déteste cordialement et souhaite à tout prix sa disgrâce). Elle aurait pourtant dû se méfier ! Mais bon, je me suis dis qu'il était dommage de s'arrêter en si bon chemin, et j'ai fait fi de mes ressentiments.

Angélique s'échapppe du couvent où elle était retenue prisonnière et va, in extremis, se présenter devant le Roi.

Et là commence toute l'ambigüité de la relation entre Angélique et Louis XIV. Selon ses agissements, elle obtient soit la faveur du Roi, soit sa désapprobation qui se traduit par des non-invitation à des bals ou autres cérémonies importantes. Par ailleurs, Angélique démontre son intelligence à plusieurs occasions, et contrairement à son habitude, le roi prend en considération l'avis d'une femme dans la politique de son royaume.

Le mari d'Angélique la déteste, jusqu'au jour où elle lui annonce qu'elle attend un enfant de lui. Dès lors, Philippe lui accorde une trève dans leur bataille maritale, et Angélique peut profiter de quelques instants de rapprochement avec ce bel époux. Parallèlement, Angélique obtient la charge de Consul de France à Candie (la Crète).

Edition EstonieDeuxième partie : Philippe ou la guerre en dentelles

A la naissance du petit Charles-Henri, Phillipe du Plessis-Bellière accepte qu'Angélique vienne habiter dans sa demeure de famille. Mais voilà que le Roi est jaloux. Bien qu'il ait délaissé sa favorite (Madame de la Vallière) au profit de la flamboyante Athanais de Montespan, Louis XIV est tombé amoureux d'Angélique (ils tombent tous comme des mouches, d'ailleurs). Et comme c'est bien pratique d'être roi, ce dernier envoi le mari d'Angélique à la guerre… Après s'être avoué vaincu auprès d'Angélique (il a fini par succomber à sa douceur et à son amour), Philippe devra s'avouer vaincu tout court, par un boulet qui lui emporte la tête sur un champ de bataille (fin tragique du second mari, au suivant !). Peu de temps auparavant, Angélique avait déjà perdu son cadet, Cantor, parti dès l'âge de huit ans avec son maître de musique sur un navire qui a fait naufrage…

Edition USATroisième partie

Angélique porte le deuil de son fils et de son mari, obtient un tabouret (faveur extrêmement enviable) qui l'autorise à s'asseoir en présence du roi, et elle est sollicitée par Colbert et le roi pour amadouer le prince persan Bachtiari bey, qui n'est pas satisfait des conditions dans lesquelles il est reçu en France. Usant (honnêtement) de ses charmes, Angélique parvient à ses fins, et le traité avec la Perse sera signé grâce à elle. Petit détail : le prince persan croit que le Roi de France lui a offert Angélique en présent, et exige d'emmener cette dernière dans son pays… Et dans les toutes dernières pages, le Roy avoue à Angélique que son premier mari, Joffrey de Peyrac, n'est pas mort guillotiné car on l'a remplacé au dernier moment par un autre condamné, mais il est mort noyé en tentant d'échapper aux gardes après cet événement (tu parles d'une consolation !)…

Comme d'habitude, ce tome finit sur un suspense insoutenable qui donne envie de lire la suite !

Un extrait (p. 341 de l'édition Hachette JC Lattès) :

Déclaration d'amour du Roi Louis XIV à Angélique : (Messieurs, prenez-en de la graine !)

"Vos craintes sont folles, ma beauté… Vous ne connaissez de moi qu'une apparence. Pour quelle femme aurais-je pu me montrer indulgent ? Les tendres sont geignardes et sottes. Les ambitieuses ont besoin de sentir la férule pour ne pas tout dévorer. Mais vous… Vous êtes née pour être sultane-bachi, comme disait ce sombre prince qui voulait vous enlever. Celle qui domine les rois… Et déjà j'en accepte le titre. Je m'incline. Je vous aime de cent façons. Pour votre faiblesse, pour votre tristesse que je voudrais rassurer, pour votre splendeur que je voudrais posséder, pour votre intelligence qui me révolte et me confond, mais qui m'est devenue nécessaire comme ces objets précieux d'or ou de marbre, presque trop beaux dans leur perfection que l'on a besoin d'avoir, là, près de soi, en gage de richesse et de force. Vous m'avez inspiré un sentiment inconnu : la confiance."

Ah, comment ne pas tomber en pâmoison ?! La tête m'en tourne ! C'est qu'on savait faire la cour, à l'époque ! Wink

J'arrête là cette spectaculaire série des Angélique en ce qui concerne la saga de l'été (l'hiver approchant…), mais je me réserve le droit de continuer (!) d'ici quelques semaines ou mois les volumes 4, 5 et 6… Eh oui, j'ai été conquise par cette série ! Merci à Fashion victim de m'avoir communiqué son bel enthousiasme !

Saga de l’été 2007 : Angélique, le chemin de Versailles (Anne et Serge Golon)

28 septembre 2007

Après Angélique, Marquise des Anges vient Angélique, le chemin de Versailles, publié pour la première fois en 1958.

Ce qui m'a interpellée d'abord, c'est cette phrase en quatrième de couverture concernant la série des "Angélique" : "traduite dans le monde entier, lue par plus de 100 millions d'hommes et de femmes".

Je me demande bien si des hommes ont réellement lu Angélique ! Si c'est le cas, merci de vous manifester sur ce blog, je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.

Pour en revenir à notre marquise, sachez que nous l'avions laissée à la fin du premier tome dans la plus sombre misère.

Dans la première partie de ce tome (qui en comporte deux, alors que le premier tome en comportait quatre), on suit les mésaventures d'Angélique au moment où elle touche le fond, ou plutôt les bas-fonds de Paris. Lors d'une bataille nocturne de gueux dans les charniers des Saints-Innoncents, Angélique tombe au pouvoir de Calembredaine, un vilain homme chef d'un clan de pauvres hères, voleurs et assassins. Il la ramène à la Tour de Nesle, son repaire, et enlève son "déguisement" : Angélique reconnaît alors Nicolas, son ami-domestique d'enfance… Angélique entame alors une vie de gueuserie, et elle est pourchassée par son ancien avocat, Desgrez, devenu policier. Au milieu de cette épreuve, Angélique apprend que sa soeur, à qui elle avait confié ses enfants, a mis ces derniers en nourrice, sans toutefois payer pour leur garde. Angélique se précipite dans les faubourgs pour récupérer ses petits, mais Florimond a été vendu à Jean Pourri, marchand d'enfants, et le bébé Cantor est emporté par des bohémiens. Après un passage en prison, où elle est condamnée au fouet mais y échappe en accordant une nuit au chef de la prison du Grand-Châtelet… Avec son aide, elle finit par récupérer ses enfants, méconnaissables : ils sont amaigris et surtout traumatisés.

A force de volonté, de courage, de débrouillardise et d'intelligence, Angélique s'associe avec un rôtisseur, Me Bourjus, et redore le blason de la boutique qu'elle transforme en taverne du Masque Rouge. C'est le début du succès, et la fin de la misère d'Angélique.

Dans la seconde partie du roman, Angélique décide de se lancer dans le chocolat, boisson qu'a amené à la Cour la Reine Marie-Thérèse (infante d'Espagne) et qui commence à être à la mode. Elle doit ruser pour obtenir la patente (autorisation et exclusivité de fabriquer ce produit). Parallèlement, elle reçoit une demande en mariage (d'un maître d'hôtel) et devient la maîtresse du Poète Crotté, seul parolier et chansonnier qui ose dire la vérité sur la société et la royauté (il est naturellement recherché par la police). Ce dernier dénonce d'ailleurs un drame qui s'est produit à la Taverne du Masque Rouge : des nobles s'y sont rendus, masqués, pour une orgie qui s'est terminée par le meurtre d'un petit marchand d'oublies… Angélique se fera fort de le venger. Et puis un jour, un charcutier de la place de Genève, où a été pendu Joffrey de Peyrac (le mari d'Angélique), fait d'étranges confidences sur les circonstances de cette pendaison… Mais Angélique étouffe l'espoir qu'il fait naître. Le Prince de Condé lui demande d'être sa maîtresse : elle risque sa fortune et sa vertu dans une partie de hoca… Et sur les conseils de son frère Raymond, elle décide de séduire son cousin, le superbe Philippe du Plessis, afin de retrouver un titre de noblesse qui lui ouvrira les portes de Versailles. Au contraire, toutes les femmes de son entourage lui déconseille d'épouser Philippe, qui a la réputation d'être aussi dur que beau et de maltraiter ses maîtresses, moralement comme physiquement. N'en faisant qu'à sa tête, Angélique retourne en Poitou et épouse Philippe du Plessis, dans le château où, enfant, elle avait surpris le complot contre le Louis XIII. Dès leur premier jour ensemble, Philippe se montre brutal avec les enfants d'Angélique et la nuit de noces est affreuse. Angélique laisse ses enfants à ses parents, et prend le chemin de Versailles.

En résumé : ce tome m'a plu parce qu'on y découvre la vie des miséreux de Paris, la ville telle qu'elle était à l'époque (un véritable coupe-gorge, d'une saleté innommable !), et qu'Angélique connaît une période très difficile mais déploie tout son courage pour sortir de cette condition. Et ma foi, elle ne se débrouille pas mal du tout ! Mais alors, quelle idée d'épouser un horrible personnage !! Je pense lire encore un tome sans toutefois être certaine de l'avoir fini pour la "dead line" de la saga de l'été (le 1er Octobre), parce que je lis d'autres choses en parallèle (le bouquin est trop gros pour mon sac à main !).

Bonus : l'incroyable vie de Serge Golon (j'étais loin de me douter qu'Angélique avait été co-écrit par un docteur en sciences chercheur d'or ! Source : Wikipedia) :

Vsevolod Sergeïvitch Goloubinoff en 1903 à Bukhara, fils de diplomate du Tsar. Jeunesse mouvementée en Perse et en Russie dans la Révolution russe. Réfugié en France avec sa famille dans la région de Nancy, devient plus jeune docteur ès Sciences -chimio-minéralogie- de France. Vit ensuite en Afrique, en Indochine une vie aventureuse de prospecteur et découvreur de mines. Pendant la guerre, rallie le Général de Gaulle à Brazaville, est condamné par contumace par Vichy. En 1947 écrit en collaboration avec un auteur pour la jeunesse un souvenir d'adolecence "Le Cadeau de Riza Khan", sous le pseudo de Serge Golon. Marié à Pointe-Noire avec Simone Changeux, reporter et écrivain (pseudo Joëlle Danterne), future Anne Golon.

Ecrit avec elle certains souvenirs Les Géants du Lac, le Cœur des Bêtes Sauvages. Assiste sa femme dans ses premières recherches de documentation pour "Angélique". Le pseudo de Serge Golon est imposé par l'agence O.P. comme co-auteur dans l'édition française en 1957.

Devient peintre en 1961, inventeur de vernis et couleurs. Première exposition à Montana-Crans en 1968. Meurt à Québec en juillet 1972 où il était venu préparer une exposition et signer un contrat sur ses découvertes de couleurs pour peintres, accompagnant Anne Golon venue se documenter pour le futur livre d'Angélique se passant dans la ville de Québec.

Saga de l’été 2007 : Angélique, Marquise des Anges (Anne et Serge Golon)

8 septembre 2007

Comme vous le savez peut-être déjà, j'avais accepté (tout en portant mon badge "Fashion Victim m'a forcée" !) de lire la série des "Angélique", la saga d'Anne et Serge Golon – encore un peu et c'était Jeanne et Serge ! - durant cet été. Du coup, un challenge "saga de l'été" fut lancé, et de nombreux participants ont relevé ce défi, chacun choisissant la saga de son choix !

La première difficulté à laquelle je me suis trouvée confrontée fut de dénicher le tome 1, Angélique, Marquise des Anges. Après avoir arpenté moultes librairies, je me suis rendue à l'évidence : ce livre est épuisé ! J'ai donc visité deux bibliothèques parisiennes avant de dénicher cette édition Hachette J.C. Lattès de 1995, des bouquins de 400 pages dont l'impression n'est vraiment pas terrible (les boucles des "e" sont pleines d'encre par exemple).

Tout cela pour vous montrer quel mérite Innocentj'ai eu à me lancer dans cette série guimauve historique, qui vraiment n'avait rien pour m'emballer. D'ailleurs, j'ai lu "à reculons" les premiers chapitres. Voyez plutôt le feuilleton qu'il en sort :

Première partie

En 164. , dans un château frôlant l'état de ruines de la campagne poitevine, le Baron de Sancé de Monteloup élève tant bien que mal sa tribu composée, en plus de son épouse, de tantes et de domestiques, d'une ribambelle d'enfants. Parmi eux, une petite fille aux longs cheveux blonds prénommée Angélique. Plutôt garçon manqué, Angélique a pour compagnon de jeux Nicolas, le fils d'un métayer. Curieuse, elle s'intéresse un peu aux affaires de son père, notamment lorsque celui-ci, bien que noble, se lance dans un élevage de mulets avec son intendant Molines. La curiosité d'Angélique la met parfois dans des situations dangereuses : un soir, dans le château de son oncle, elle surprend un complot politique : le Prince de Condé reçoit un coffret contenant un poison destiné au Roi Louis XIII et jure fidélité à Monseigneur Fouquet, "ministr-aître"… Téméraire, Angélique parvient à s'emparer de ce coffret qu'elle devine d'une importance capitale, et va le cacher dans une colonne du château.

Deuxième partie 

Puis viennent les années de couvent, à Poitiers, la fuite du frère aîné en Amérique, le décès d'une jeune soeur, et enfin, à 17 ans, Angélique devenue jeune fille et maîtresse de maison accomplie, rentre au château de Monteloup. Et là, quelle n'est pas sa surprise de découvrir que l'intendant Molines et son père lui ont arrangé son mariage : elle doit épouser le Comte Joffrey de Peyrac, le plus riche propriétaire de la région toulousaine. Angélique se soumet à la volonté paternelle, bien que ce mariage ne l'enchante guère, d'autant qu'elle n'a jamais rencontré son futur époux. Et d'ailleurs, tant mieux, car il s'agit en fait d'un homme qui a une bonne douzaine d'années de plus qu'elle, laid et boîteux (les mauvaises langues l'appellent d'ailleurs "le Grand Boîteux du Languedoc").

[ce fût un grand choc pour moi car Fashion Victim et d'autres se pâmaient au seul nom de Joffrey, et à ce stade, je vous laisse imaginer ma déception devant la description dudit héros !]

Angélique, farouche, ne se donne pas immédiatement à son mari. Celui-ci, intelligent et compréhensif, parvient finalement à la séduire avec ses qualités cérébrales, de coeur, ses yeux et sa voix (comme quoi…).

C'est alors une époque fastueuse et merveilleuse que vit Angélique, entre les réceptions au château, l'amour de son mari, désormais partagé, et la naissance de son premier enfant, Florimond. Cerise sur le gâteau, le jeune roi Louis XIV en personne, pas encore marié, passe par leur château toulousain.

Troisième partie

Après le beau temps, la pluie, c'est bien connu ! Après avoir découvert un espion parmi leurs domestiques, les époux de Peyrac sont sur leurs gardes. Quelqu'un leur veut-il du mal ? Le jour où Joffrey de Peyrac disparaît mystérieusement, Angélique doit affronter l'angoisse et les questions sans réponses se bousculent dans sa tête. Comme elle l'avait prévu, elle part pour Paris où son mari possède un hôtel particulier (dans l'actuel Marais). Chemin faisant, son carosse est attaqué et la belle Angélique échappe de peu à la mort. Une mauvaise surprise l'attend à Paris : l'hôtel et tous les biens de son mari sont mis sous scellés par le Roi et Joffrey est accusé de sorcellerie !

Angélique se réfugie avec son fils Florimond chez sa soeur aînée Hortense, qui l'accueille de mauvaise grâce pour quelques jours. Elle trouve un avocat, Me Desgrez, un étrange personnage qui n'a pas l'aspect conventionnel pour un homme de loi mais dont le flair et le talent sont indiscutables. Les événements se succèdent : un meurtre de fidèle servante, un viol et une audience tendue devant le Roi plus tard, Angélique est toujours vaillante et prête à aller jusqu'au bout pour défendre les intérêts de son époux et le faire sortir de la prison de la Bastille, où il est en fait enfermé depuis plusieurs mois.

Quatrième partie

Angélique, sans le sou, retrouve son frère Raymond, devenu jésuite, qui la fait entrer dans le quartier du Temple, où elle trouve refuge dans une pension : les Trois Maillets. Le procès a lieu, Angélique manque défaillir en voyant l'état de Joffrey. Hélas, les témoins à charge sont trop nombreux et surtout le témoin de la défense trop assassiné pour que Joffrey s'en sorte. Il est condamné à mort.

Coïncidence, le fils de la propriétaire des Trois Maillets s'appelle Cordaucou : il est l'assistant du bourreau. Angélique va le voir et le paye pour qu'il étrangle son mari juste avant qu'il ne soit pendu… c'est tellement moins cruel ! Ce premier tome s'achève avec la naissance de Cantor, le second fils d'Angélique (conçu au temps des jours heureux), et le bûcher qui flambe autour de Joffrey de Peyrac.

 

Ce que j'en dis :

Après des débuts difficiles, j'avoue avoir été aspirée malgré moi dans cette saga. Cela s'explique de plusieurs façons.

En premier lieu, le style est fluide et le récit retrace très bien le siècle de Louis XIV (le 17ème, donc !) au travers de sa politique mais aussi du mode de vie de l'époque. Les nobles "pauvres", les riches bourgeois et commerçants, les bandits… toutes les couches sociales nous sont détaillées puisqu'Angélique appartiendra successivement à ces différentes classes.

Ensuite, je me suis facilement attachée aux personnages : Angélique, son ami d'enfance Nicolas, et même à Joffrey (si, si, je vous assure !).

Enfin, et je crois que c'est surtout ce qui m'a séduite, ce roman foisonne d'aventures et d'horribles événements, il nous faut savoir comment tout cela va se finir ! On ne s'ennuie pas du tout à la lecture. Le meutre au poison ou au poignard était d'une banalité déconcertante ! Sans parler des viols, des pillages, des vols des gamins des rues… Les intrigues politiques en plus haut lieu sont intéressantes, c'est à qui trahira l'autre le premier !

Tout cela pour vous dire que c'est sans rechigner que je suis allée emprunter le tome 2 à la médiathèque… Je vous rassure, mes prochains billets seront moins longs ! Il me semblait judicieux de planter le décor et de camper les personnages principaux afin que vous puissiez suivre la saga dans les prochains épisodes.Bye

Elle s’appelait Sarah, Tatiana de Rosnay

13 avril 2007

"Un récit bouleversant et un devoir de mémoire", voilà comment on pourrait résumer ce roman.

J'ai attendu quelques jours pour pouvoir parler "à émotions reposées" de cette lecture qui m'a beaucoup touchée.

C'est l'histoire d'une petite fille de dix ans comme les autres… sauf qu'elle est juive et qu'on est en 1942. Ses parents, d'origine polonaise, ne sont pas riches mais son frère et elle sont heureux et en bonne santé. Un jour de juillet, des pas lourds se font entendre dans les escaliers de leur immeuble rue de Saintonge (dans le Marais, quartier parisien à cheval sur les 3° et 4° arrondissements)… Seraient-ce des soldats allemands ? Non, ouf, ce sont des gendarmes français. Mais alors, pourquoi demandent-ils à toute la famille de venir avec eux ? Cela doit être une erreur… Heureusement, la petite fille a eu le temps de cacher Michel, son petit frère de 4 ans, dans un placard secret de leur chambre, il est à l'abri en attendant le retour de sa famille. Mais le drame, c'est qu'ils ne reviendront pas de cette rafle du Vélodrome d'Hiver qui a mis un terme à la vie de milliers de juifs français (ou vivant en France depuis de longues années). A tout jamais, le 16 juillet 1942 restera gravé dans la mémoire de leurs proches ou des rares survivants.

Soixante ans plus tard, c'est Julia, journaliste américaine qui vit à Paris depuis vingt-cinq ans et mariée à un Français, qui écrit un article sur ce drame de la guerre, dont trop peu de gens se souviennent. Elle-même n'a jamais entendu parler du "Vél d'Hiv" et en éprouve un fort sentiment de honte et de révolte. Elle va mener une enquête qui la conduira à s'interroger sur le passé de sa belle-famille, levant le voile sur de douloureux secrets. Dès lors, rien ne sera plus comme avant, certains liens se ressereront alors que d'autres se briseront nets sans retour en arrière possible.

Ce livre est à la fois passionnant et dérangeant.

Passionnant parce que tous les personnages principaux sont attachants, on retient son souffle quand la petite fille tente de s'échapper du camp où sont parqués les familles juives dans la campagne française, on s'émeut avec Julia lorsqu'elle visite ce même camp bien des années après, on espère vaguement que tout cela va bien se terminer alors qu'on sait pertinamment que ce ne sera pas le cas… à moins d'un miracle…

C'est un roman dérangeant parce qu'on regrette de ne pas penser plus souvent à tous ces malheureux qui ont péri sans raison dans d'aussi horribles conditions. Bien qu'ayant vu de terribles images en cours d'histoire (des films en noir et blanc mais insoutenables) et visité un camp de concentration, je ne me souviens pas avoir entendu parler de cette rafle des juifs parisiens en particulier. Ayant habité quatre ans à quelques rues de celle des héros de ce roman, je ne me suis jamais doutée de ce qui s'y était passé (dire qu'une de mes librairies favorites se trouve au 27 rue de Saintonge – Comme un roman – j'ai dû passer des centaines de fois devant la maison du drame).

Heureusement, l'alternance des récits de la petite fille et de la journaliste permet au lecteur de respirer et de pouvoir poursuivre la lecture sans se mettre dans tous ses états. Au contraire, je quittais l'une avec peine pour retrouver l'autre avec plaisir et je n'ai jamais envisagé d'abandonner ce formidable récit qui rend hommage à la mémoire des victimes de la barbarie nazie sans oublier le triste rôle de l'administration française de l'époque.

Et bien évidemment, on s'interroge sur ce qu'aurait été notre propre attitude dans de telles circonstances. Aurais-je eu le courage de tenter de m'évader ? Aurais-je aider des familles juives à se cacher ? Aurais-je participé dès la première heure à la Résistance ? Je ne puis que l'espérer de tout  mon coeur. Mais ce ne sont pas les drames actuels qui manquent, par exemple la guerre civile au Darfour et que faisons-nous ? Je me sens bien impuissante, j'en profite donc pour hurler mon désarroi face à la bêtise humaine. Le passé ne sert-il pas de leçon ?

Pour finir, j'ai trouvé un minuscule défaut à ce roman (simplement pour que mon impartialité ne soit pas mise en doute !) : Zoë, la fille de Julia, a parfois des paroles un peu trop matures pour 11 ans ("j'étais tellement excitée que je n'ai pas pu tenir ma langue" me paraît être plutôt une parole d'adulte – mais en même temps, je n'ai pas d'enfant, alors…).

(ah ! et il manque un "c" p.226 que je restitue ici : ;-) )

Vous aurez compris que je recommande vivement la lecture d'Elle s'appelait Sarah, quant à moi, ayant beaucoup apprécié le style de l'auteur, je vais m'empresser de découvrir Spirales et autres rosnayries… 

P.S : une pensée pour Tatiana de Rosnay : ce livre n'a pas dû être facile à écrire… (Julia m'a fait penser à vous).

Un secret (bien gardé) par Phillipe Grimbert

31 octobre 2006
  • Ah, si j’avais un frère…

… j’aurais moins de misères,
Je serais protégée
Dans la cour de récré.

(merci de ne pas huer l’auteur, elle fait ce qu’elle peut !)

C’est vrai, quoi, ça doit être sympa d’avoir un frère. Un frère pour vous défendre contre le reste du monde. Un frère avec qui partager ses secrets.
D’ailleurs, le narrateur de cette histoire, adolescent mal dans sa peau, a décidé qu’il en avait un , de frère. C’est un frère plus grand que lui, plus beau, plus intelligent et surtout de constitution physique forte, qui ne fasse pas honte à ses parents.

Lorsque quelque chose ne va pas, il s’adresse à son frère imaginaire, et cela l’aide à se sentir mieux. En effet, ses parents, Maxime et Tania, sont tous deux de grands sportifs à au physique robuste et gracieux, qui fait l’admiration de leur fils tout en le rendant invisible à leurs yeux (selon lui).

Notre jeune héros se rend souvent chez la voisine masseuse, Louise, amie de ses parents de longue date. Le jour de ses quinze ans, Louise va lui révéler un terrible secret…

Et de là part toute l’histoire de la famille, lourde de secrets et de regards chargés de non-dits, ainsi que l’Histoire qui jailli au milieu de ces révélations : l’Holocauste, la disparition de plusieurs membres de cette famille juive (bien qu’elle ait transformé son nom), le cruel destin qui a fini par réunir Maxime et Tania.

Ce récit est atrocement fabuleux, il nous prend aux tripes et nous bouleverse par ses mots, simples, justes, effrayants par l’horreur de la situation et tout en pudeur.

C’est aussi une belle histoire d’amour, la rencontre de deux jeunes gens modestes dont les chemins étaient parallèles mais qui ont fini par se croiser (je sais, c’est mathématiquement impossible !).

Jusqu’à présent, aucune des personnes ayant lu ce livre n’a été déçue. Les 183 pages se dévorent d’une traite. Vous ne regretterez donc pas les quelques euros (en poche) que vous aurez dépensés pour découvrir Un Secret.

NB : ce roman a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens et le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle.

La jeune fille à la perle de Vermeer…euh non, Tracy Chevalier

24 octobre 2006
  • Le destin imaginaire du modèle de Vermeer

Avez-vous le film de Peter Webber sorti en 2004 ? Pas moi ! Je n’étais donc pas influencée autrement que par un blog littéraire (c’était, hélas, avant que je note les noms des bloggeurs correspondant à mes achats !) pour lire le livre de Tracy Chevalier.

Pour resituer l’histoire, et pour les novices en peinture hollandaise du XVIIe siècle (dont je suis !), je vous présente le tableau de la Jeune Fille à la Perle et au Turban (cf. un peu plus bas).

Ce tableau a été peint vers 1665 par Vermeer, mais on ne sait rien du modèle qui a posé pour ce tableau.

Tracy Chevalier nous présente le destin imaginaire de cette jeune fille. Griet est issue d’une famille pauvre d’artisans faïenciers. Hélas, son père a eu un accident et il ne peut plus travailler. Griet est donc placée comme servante et son maître sera le peintre Vermeer.

Griet est à la fois déchirée de quitter ses parents, ses frère et soeur, et intriguée par son maître. Elle doit quitter son quartier catholique pour se rendre dans le quartier protestant de Vermeer.

Nouvelle arrivée dans une grande famille composée du peintre, de son épouse (le plus souvent enceinte), de sa belle-mère, de la servante de celle-ci et des six enfants de la maisonnée, Griet n’a pas la tâche facile, prise en grippe de part et d’autres. De plus, la famille ne roule pas sur l’or et Griet n’économise ni ses mains ni son énergie pour venir à bout de la lessive et autres tâches ingrates qui lui sont demandées.

Mais heureusement, il lui reste quelques plaisirs : faire le ménage dans l’atelier de Vermeer, prérogative qui lui attire bon nombre de jalousies, et retrouver sa famille le dimanche.

Un jour, un client du peintre lui suggère de peindre le portrait de sa jeune employée aux grands yeux

Cette histoire nous plonge dans le quotidien d’une petite ville hollandaise du XIIe siècle et au coeur de l’univers de la peinture à cette époque. La fabrication des couleurs, l’utilisation avec parcimonie de chaque ingrédient, la difficulté à s’en procurer (chez l’apothicaire !), tout est retranscris avec précision, on s’y croirait presque ! De même pour la vie des personnages, tout est dans le détail (le marché de l’époque nous paraît affreusement anti-hygiénique !).

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui se lit facilement et avec une forte envie de connaître enfin la naissance de ce célèbre tableau (dans l’imagination de l’auteur, tout du moins !). La fin du roman est, seule, un peu décevante parce qu’on aurait aimé une destinée plus grandiose ou plus tragique pour la Jeune Fille à la Perle. Mais chut, je n’en dis pas plus et vous laisse le plaisir de découvrir ce beau roman.

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