Dans les pas d’Ariane, Françoise Bourdin
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Il y a quelques mois de cela, je vous parlais du Testament d’Ariane. La seconde partie de ce récit vient de paraître. Dans les pas d’Ariane, nous retrouvons Anne Nogaro affairée à remettre en état la vieille demeure landaise dont elle a hérité de sa feue tante Ariane. Son plus jeune frère, Jérôme, le “mauvais garçon” de la fratrie, l’aide pour les plus gros travaux. Ils ont pour projet de transformer la bâtisse en chambres d’hôtes, sous l’œil réprobateur du reste de la famille.
Il faut dire qu’ils ne sont guère rigolos, les Nogaro. Le père d’Anne subit à la fois sa retraite de fonctionnaire et sa femme, une ancienne institutrice qui n’a pas l’air de porter sa fille cadette dans son cœur. Lily, la sœur aînée, meuble ses journées de femme au foyer de virées shopping et met un peu de piment dans sa vie désœuvrée en s’accordant quelques aventures extra-conjugales de-ci de-là. Seuls Valère, photographe de profession, et sa femme japonaise Suki, qui tient une boutique de fleurs, montrent leur affection à Anne l’encouragent dans ses projets. Cette dernière est très affairée, entre la maison à retaper, son activité de comptable (qu’elle conserve pour faire rentrer un peu d’argent) et ses préoccupations personnelles. Paul, son mari, l’a quittée, les résultats scolaires de leur fils Léo sont en baisse, et le journal intime de sa défunte tante Ariane contiennent des secrets de famille qui la bouleversent… Heureusement qu’Anne peut compter sur le soutien de Julien, le meilleur ami de son mari, qui se retrouve avec la clinique vétérinaire qu’ils dirigeaient ensemble sur les bras, puisque Paul a quitté les Landes du jour au lendemain.
A ce stade, vous vous demandez sans doute si cette suite tient ses promesses. Dans l’ensemble, je suis plutôt affirmative. L’histoire tient la route, on a notre content de petits événements, de tensions et de romance. On retrouve avec plaisir tous les personnages du Testament d’Ariane (à l’exception de l’agent immobilier dragueur), même si je trouve que Léo est beaucoup moins présent et qu’on ne sait pas à quel degré la séparation de ses parents l’affecte.
Quant aux défauts de ce récit, ils sont redondants avec ceux du premier tome. Trop de redites à mon goût, ou d’analyse de sentiments que le lecteur avait déjà compris. Quelques détails ne sont pas crédibles, à mon sens, comme le fait qu’Anne ne lise le journal de sa tante qu’à raison d’une page toute les quatre semaines (j’exagère à peine), sous prétexte qu’elle veut le faire durer et digérer les révélations qu’elle y trouve… Au contraire, si je tombais sur un journal intime contenant des secrets de famille, je suis certaine que je lirais tout d’une traite, qui à faire une nuit blanche !
De même, certains dialogues sonnent faux à mes oreilles, en raison de l’utilisation d’un vocabulaire démodé, pour ne pas dire périmé… Par exemple, quand Anne dit à son frère Jérôme, en parlant de Léo : “Pourquoi l’asticotes-tu ?” (expression qui me semble peu naturelle dans la bouche d’une trentenaire, surtout sous cette forme interrogative) ou que le petit ami de Jérôme parle de ses parents : “Quand les miens ont compris que j’étais gay, ils m’ont flanqué dehors” (j’aurais mis “fichu” ou “foutu”… “flanqué” est vraiment trop désuet pour être employé).
Hormis es quelques réserves, Dans les pas d’Ariane se lit facilement et satisfera le petit côté fleur bleue qui couve en chaque lectrice (si, si, même toi, là, cherche bien !).
Ed. Belfond, oct. 2011, 325 p.
