Hotaru, le poids des secrets (5/5), Aki Shimazaki
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“Ho… ho… hotaru koï…” chante la grand-mère de Tsubaki. Cette chanson populaire japonaise signifie que les lucioles doivent se méfier et ne pas tomber dans l’eau sucrée…
Ce cinquième et dernier tome se déroule dans la famille de Yukio. Il est marié et a trois grands enfants qui ont quitté le foyer parental pour aller étudier à Tokyo. Mais sa plus jeune fille, Tsubaki, revient le week-end pour aider ses parents à s’occuper de la grand-mère, Mariko. On retrouve ainsi les personnages qui ont été, chacun à leur tour, les personnages principaux des précédents tomes.
Cette fois, le récit est axé sur la relation entre la petite-fille et sa grand-mère. Cette dernière est très âgée, son mari est mort dix ans plus tôt, et elle va bientôt le rejoindre dans l’au-delà. Elle divague un peu, se remémore des bribes du passé, a même parfois des hallucinations. Un jour, peut-être sans en être parfaitement consciente, elle livre enfin à Tsubaki le lourd secret qu’elle avait enfoui au plus profond de son cœur le jour du bombardement de la bombe atomique sur Nagasaki, voilà plus de cinquante ans… En écoutant l’histoire de sa grand-mère, la jeune fille est amenée à réfléchir à sa propre situation. Et comme le lui a conseillé son aïeule, elle va tâcher de ne pas tomber trop facilement du côté de l’eau sucrée… Une métaphore pour parler de ces jeunes filles, souvent trop naïves, qui s’amourachent d’hommes mariés qui profitent de leur innocence en leur promettant monts et merveilles, et qui, bien entendu, ne quittent jamais leur épouse légitime.
J’ai beaucoup aimé retrouver la douceur de l’écriture d’Aki Shimazaki (auteur d’origine japonaise, elle vit au Canada et écrit en français). La vie s’écoule, tranquille, et cependant, des révélations fracassantes viennent éclairer le lecteur sur l’histoire de cette famille sur trois générations.
Tout arrive. La preuve, j’avais commencé Le Poids des secrets, qui est le nom de cette pentalogie, en mai 2007. Je suis tombée par hasard à la médiathèque sur ce cinquième tome, mais hélas, le quatrième n’y était pas. Tant pis ! Je pense avoir saisi l’essentiel, et je le lirai quand l’occasion se présentera.
Idéalement, il faut lire dans l’ordre :
Tsubaki (Camélia)
Hamaguri (Palourde japonaise)
Tsubame (Hirondelle)
Wasurenagusa (Myosotis)
Hotaru (Luciole)
Ed. Actes Sud, 2004 et coll. Babel en août 2009, 135 p.
