tamaculture

Une parfaite chambre de malade, Yoko Ogawa

12 juillet 2009

Ce recueil est composé de deux nouvelles.

Dans la première – qui donne son titre au livre – une jeune femme, mariée et sans enfant, voit arriver dans l'hôpital où elle exerce son métier d'infirmière un homme qu'elle reconnaît, hélas : il s'agit de son jeune frère, attaqué par un cancer. Mis à l'abri dans une chambre épurée, blanche comme la neige et dépourvue d'objets personnels inutiles, le jeune homme reçoit la visite régulière et souvent silencieuse de sa soeur. Cette dernière apprécie tout particulièrement l'ambiance de cette chambre d'hôpital, tranchant radicalement avec l'appartement où vivait leur mère : à moitié folle, elle vivait parmi les détritus et les ordures en décomposition…

Certes, le sujet n'est pas gai. Cependant, le personnage de la jeune femme est intéressant. Elle est complètement obnibulée par la recherche de la propreté, de l'immaculé. Son mari n'est qu'une façade presque factice, et elle recherche plutôt le soutien d'un médecin de l'hôpital, qui la réconforte comme il peut. Elle essaie de retenir son frère à la vie grâce à des grains de raisin. Mais qu'adviendra-t-il d'elle lorsqu'il aura disparu ? Retournera-t-elle à son fade quotidien ? Chacun peut donner libre cours à son imagination.

La désagrégation du papillon, seconde nouvelle du recueil, est une métaphore qui désigne le recroquevillement du corps et l'anéantissement de l'esprit d'une vieille dame. Sa petite-fille, qui a toujours vécu avec elle, doit se résoudre à l'emmener dans une maison spécialisée, et cela l'amène à divaguer se poser beaucoup de questions.

Disons-le clairement : je n'ai pas du tout aimé ce second texte, non qu'il soit mal écrit, mais sa construction n'est pas aussi réussie que d'habitude et son intérêt n'est pas flagrant…

J'ai été globalement déçue par ce recueil car Yoko Ogawa m'a habituée à mieux… et c'est après coup que je me suis aperçue que ces nouvelles avaient presque vingt ans ! Elles sont donc antérieures aux autres récits que j'ai lu d'elle et qui m'ont davantage emballée : La petite pièce hexagonale ; Le réfectoire sous la pluie… et L'annulaire.

Ed. Actes Sud (Babel), sept. 2005, 153 p.

Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

29 mai 2009

Lorsque l'on ouvre un roman de Murakami, on sait d'avance que notre monde quotidien va se tranformer en un univers onirique à multiples entrées. Ce n'est pas immédiat, pourtant. Au départ, on est simplement transporté au Japon, par exemple à Nakano, un quartier de Tokyo. Et puis, petit à petit, des faits inhabituels se produisent. Nakata, un vieil homme à l'ombre légère parle aux chats… et ceux-ci lui répondent. Un jeune homme de quinze ans organise sa fugue, laissant derrière lui un père détesté… qui lui a jeté une malédiction.

Et là-bas, après avoir traversé l'immense pont conduisant à l'une des îles de l'archipel japonais, une bibliothèque privée ouverte au public contient non seulement de précieux ouvrages, mais en plus deux personnages extraordinaires : Mlle Saeki, la responsable de la bibliothèque et Oshima, son assistant, un jeune homme étrange et distingué. A deux bonnes heures de route, dans une clairière, sur les bords d'une forêt profonde et inexplorée, se dresse une cabane où l'on vient se ressourcer.

Tous ces lieux et ces personnages (et d'autres encore) s'entremêlent d'une joyeuse et habile manière pour donner un récit initiatique conté d'une part par Kafka (le jeune fugueur) et par un narrateur omniscient, d'autre part. A la recherche d'une mère et d'une soeur perdues, de la pierre de l'entrée, ou d'un passé inoubliable, les personnages de ce roman sont tous atypiques et exercent sur le lecteur une fascination certaine, servie par la plume magique et poétique de cet auteur japonais inimitable.

C'est fluide, c'est beau : un grand Murakami.

Ed. 10/18, juin 2007, 638 p.

Le faste des morts, Kenzaburô Ôé

22 mars 2009
Les trois nouvelles qui composent Le faste des morts appartiennent à la première période littéraire de Kenzaburô Ôé. Il avait alors une vingtaine d'années, et était à peine plus âgé que les personnages qu'il met en scène. Ces jeunes, et moins jeunes, antihéros, confrontés à une situation extrême, réelle ou métaphorique, subissent la violence sous ses diverses formes : la mort, la nausée, la mauvaise foi, la manipulation, la culpabilité. Dans une morgue, une maison de redressement, une famille en décomposition, un lycée ou un groupuscule d'extrême droite, les rapports de force, l'humiliation, la fascination et la domination sexuelle et politique règnent et brouillent l'univers mental des jeunes antihéros. (présentation de l'éditeur)

Autant le dire d'emblée : je n'ai pas aimé ces nouvelles ! Autant j'ai bien retrouvé le style d'écriture japonaise que j'apprécie, autant le sujet abordé dans ce recueil m'a laissé de glace. C'est d'ailleurs le cas de le dire, puisque la première nouvelle se déroule dans la morgue d'une université de médecine. Mêlant détails peu râgoutants et ambiance glauque au possible, ce récit met en avant deux jeunes gens, un garçon et une fille, qui pour des raisons d'argent viennent aider le responsable de la morgue à trimbaler des cadavres d'une cuve à une autre. Pouah ! L'ambiance est oppressante et je n'avais qu'une envie : en sortir !

Hélas, la seconde nouvelle ne pas donné envie de poursuivre : dans une maison de redressement, les jeunes détenus s'adonnent à des perversions entre eux et sur les animaux. Tout pour me faire fuir, là encore !

Enfin, j'ai survolé le dernier récit qui décrit le désespoir d'un adolescent malheureux au sein de sa famille (laquelle ne pense même pas à lui souhaiter son anniversaire). Petit à petit, il va trouver refuge dans un groupe politique d'extrême droite… Je n'ai pu aller au bout, tant les attitudes et faits décrits m'exaspéraient !

Fait rare mais pas inexistant : j'ai fait un total rejet d'un livre de littérature japonaise ! Pas contre l'auteur, que je découvrai, mais en raison du thème de la jeunesse désespérée au mental troublé qui agit de façon plus que déraisonnée.
C'est un livre reçu lors du Lotobook (merci à Lamia qui n'est pas responsable de mon rejet de ces nouvelles !)

Les amants du Spoutnik, Haruki Murakami

3 mars 2009

Présentation de l'éditeur :

"[Le narrateur] est amoureux de Sumire, mais celle-ci n'a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravite sur l'orbite de la solitude. Jusqu'au jour où Sumire disparaît… Les Amants du Spoutnik bascule alors dans une atmosphère proprement fantastique où l'extrême concision de Murakami cisèle, de façon toujours plus profonde, le mystère insondable de l'amour.  

Ceux qui n'ont jamais lu cet auteur-culte au Japon découvriront une langue limpide, fluide, presque éthérée, une manière diaphane de raconter une histoire en semblant effleurer les choses et les êtres. Jusqu'à ce qu'un incident, un souffle, brouille la surface et nous entraîne vers les profondeurs indéterminées de l'onirisme." Pierre Sorgue, Télérama

Mon avis :

Cela m'a fait grandement plaisir de lire à nouveau ce fantastique (au sens propre comme au figuré) auteur japonais. D'autant que la littérature et l'écriture tiennent une grande place dans ce roman, puisque Sumire, la jeune fille dont le narrateur est amoureux tout en étant son meilleur ami, a cessé ses études à la fac pour écrire. Elle noircit des pages entières mais le tout donne un fil décousu qui passe à la corbeille. Un jour, cependant, tout va changer : elle tombe amoureuse d'une femme mariée qui lui offre un emploi de secrétaire.

Il me semble que c'est le premier Murakami que je lis qui ne se déroule pas entièrement au Japon. Les Amants du Spoutnik nous offrent un voyage d'affaires en Italie et en France, avant de s'achever en Grèce, dans une île peu touristique qui donne envie de s'y réfugier immédiatement, ne serait-ce le mystère qui y rôde…

Je suis très admirative de l'art avec lequel Haruki Murakami construit ses récits : d'une situation ordinaire, il nous fait basculer sans que l'on s'en rende compte dans un univers parallèle propre à ses personnages. Son écriture est fluide et envoûtante, ses mots précis et percutants, ses idées très originales, son monde empreint de poésie et de fantastique. C'est tout simplement un délice, que l'on peut déguster sans hésiter pour découvrir cet auteur.

Extraits de la prose de Sumire :

"A travers l'écriture, je renouvelle quotidiennement l'affirmation de mon existence."

"La compréhension n'est jamais que la somme des malentendus."

NB : c'est un livre Lotobook (merci à Camille) !

Ed. 10-18, 2004, 271 p.

L’annulaire, Yôko Ogawa

16 décembre 2008

"A la suite d'un léger accident de travail, la narratrice de ce récit a quitté son usine et trouvé un emploi d'assistante et réceptionniste auprès de M. Deshimaru, directeur d'un laboratoire de spécimens.

Dans ce lieu étrange, ancien foyer de jeunes filles pratiquement désert, elle reçoit la clientèle avant que M. Deshimaru [...] recueille, analyse et enferme à jamais les blessures et les souvenirs de ceux qui désirent échapper à leur mémoire. Sans vraiment comprendre ce qui se joue sous ses yeux, la jeune fille tombe peu à peu sous la coupe de cet homme…" (quatrième de couverture).

Ce récit ne déroge pas à la règle : il m'a beaucoup plu ! Je suis attirée par l'univers étrange de Yôko Ogawa. On fait la connaissance de personnages ordinaires qui travaillent dans un lieu qui l'est un peu moins. Au fil des pages, de plus en plus d'éléments deviennent particuliers, intrigants, fascinants. L'univers de l'auteur est instauré : le mystère et une légère odeur malsaine planent. Le lecteur veut découvrir l'autre côté de l'histoire, laquelle est comme une succession de tableaux regorgeant de détails comme des cacahuètes enrobées de chocolat ou des souliers parfaits symboles de l'attachement d'une jeune fille à son maître…

L'écriture est pensée, précise, imagée et frappante : elle donne une force incroyable au récit !

Comme le dit avec justesse l'éditeur : "Avec ce récit, Yôko Ogawa pénètre davantage encore dans le territoire de l'envoûtement et de l'étrange, et révèle, au coeur du suspense, l'empreinte d'une douleur qui va jusqu'au fétichisme."

C'est un roman que je recommande fortement aux lecteurs qui souhaiteraient découvrir Yôko Ogawa… Quant à ses fans, ils l'ont sans doute déjà lu (sinon, à rajouter d'urgence sur les listes de Noël) !

Du même auteur, j'ai lu et aimé : Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie et La petite pièce hexagonale

Ed. Babel (jolie couverture, non ?!), juin 2005, 94 p.

Soleil couchant, Osamu Dazai

24 septembre 2008

Ce mois-ci, le thème du Club des Théières nous conviait à lire un roman / une BD / un manga dont le titre comporte un phénomène météo. Ni une, ni deux, me voilà plongée dans ma PAL pour trouver un livre approprié… Et ouf ! J'ai déniché un livre issu du Lotobook (ou comment faire d'une pierre deux coups) avec Soleil couchant d'Osamu Dazai (merci à Celia).

Pour cette édition du Club, personne n'a triché sur le thème ni lu qu'à moitié son bouquin (il faut dire que nous étions en équipe réduite) et c'était assez éclectique. Stéphanie nous a par exemple parlé de poésie (entre autres !!!) avec un minuscule recueil mais qu'elle a compensé par un manga (tous deux lus dans les transports en commun la menant au Club, si ce n'est pas faire ses devoirs "à l'arrache", je ne m'y connais pas ;-) ). Et Bébé Books a été sage comme les images du livre qu'il a présenté Noir sur Blanc, un super livre pour les nouveaux-nés.

J'avoue que ce que j'ai préféré, dans le roman que j'ai présenté, c'est la biographie de l'auteur qui précède le premier chapitre (cf. au pied de ce billet) !

"Les gens du Soleil couchant" est une expression inventée par Osamu Dazai pour désigner l'aristocratie japonaise sur le déclin, et elle a été reprise jusque dans les dictionnaires.

Voici l'histoire : "une femme de l'aristocratie nippone doit quitter pendant la guerre son hôtel particulier de Tokyo pour aller vivre modestement dans un petit chalet de montagne". Elle vit avec sa fille, Kazuko, une jeune femme de vingt-neuf ans, divorcée pour cause d'adultère… qu'elle a commis avec un artiste. Le frère de Kazuko, Naoji a combattu dans le Pacifique et a fini opiomane. Lorsqu'il revient dans la maison de sa mère, celle-ci est mourante et lui ne pense qu'à courir les femmes et à se saoûler, en puisant dans les dernières ressources de la famille.

Pourtant, la mère n'en veut pas à ses enfants, elle reste exemplaire de dignité dans la maladie et une mère aimante au pardon facile. C'est la dernière grande dame de la famille, pense Kazuko. L'intérêt de ce récit réside dans l'étude de la société japonaise juste après la Seconde Guerre Mondiale. En plein bouleversement, les repères sont perdus et les moeurs évoluent brusquement…

J'ai trouvé dans ce roman des détails intéressants sur la vie de la haute classe japonaise à cette époque. En revanche, l'histoire n'est pas vraiment passionnante, il s'agit de la photographie d'une famille et non d'une saga familiale à rebondissements. En quelques semaines à peine, on entre dans cette famille puis on se retire à pas feutrés lorsque prend fin la vie de la mère.

Un détail qui m'a marqué : l'emploi répété du verbe "sourdre"… à remettre au goût du jour pour briller en soirée !

Biographie d'Osamu Dazai :

"Né en 1909 dans une riche et puissante famille du Japon, Osamu Dazai a mené jusqu'à sa mort une vie folle et desespérée. Morphinomane, tuberculeux et alcoolique, il tenta plusieurs fois de se suicider. Auteur d'une excellente nouvelle, La femme de Villon, parue en 1947, puis de ses deux romans principaux, Soleil couchant et Le disqualifié, il avait commencé un autre roman à épisodes sous le titre anglais de Good Bye. En 1948, il réussit enfin à se tuer en se jetant dans les eaux débordantes du barrage Tamagawa, à Tokyo."

Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie, Yôko Ogawa

15 février 2008

Actes Sud a eu la bonne idée de sortir un poche ce recueil de deux textes, parus à l'origine séparément au Japon en 1990 et 1991, et traduits en 1998 en français.

Difficile de résumer Le Réfectoire un soir et une piscine sous la pluie, car il s'agit d'un récit d'une courte tranche de vie, de quelques tableaux esquissés sous la forme d'une recontre. D'un côté, une future mariée et son chien Juju. Elle aime observer la pluie. De l'autre côté, un homme et son très jeune fils. Il aime observer le réfectoire où s'agitent les dames de la cantine. Lorsque ces personnages se croisent, de quoi peuvent-ils bien parler ? D'une piscine sous la pluie, peut-être…

Un autre texte suit ce récit : Un thé qui ne refroidit pas. Une jeune femme se rend aux funérailles d'un ancien camarade de classe. Elle y rencontre K, un autre de ses anciens camarades. Ce dernier l'invite chez lui et lui présente son épouse, qui n'est autre que l'ancienne bibliothécaire du collège. De façon étrange, l'héroïne va se sentir heureuse dans ce foyer, si différent du sien… Un foyer où le thé ne refroidit pas.

J'ai énormément aimé ce recueil, empreint de la douceur, de la nostalgie et de la poésie qui caractérisent si souvent la littérature japonaise, et notamment les récits de Yôko Ogawa (cf. aussi La petite pièce hexagonale). Je n'ai pas envie d'en extirper l'essence ni les sens et préfère laisser agir l'effet de cette écriture sublime sur mes émotions.

Je vous recommande chaudement ce livre : à lire, pourquoi pas, un jour de pluie…

L'avis de : Lune de Pluie et la très belle critique de Lou.

Tsubame, le poids des secrets (3/5), Aki Shimazaki

18 janvier 2008

Enfin ! Le tome 3 de la pentalogie Le poids des secrets vient de paraître dans la collection de poche Babel, et elle est dotée d'une jolie hirondelle en couverture !

J'aurais dû relire mes billets des tome 1 (Tsubaki) et tome 2 (Hamaguri) parce que j'ai eu un peu de mal à resituer le personnage principal… Ma pauvre mémoire défaillante ! ;-)

Dans Tsubame, une petite fille d'origine coréenne, Yonhi Kim, commence par subir bien des catastrophes : lors du terrible tremblement de terre qui a détruit une partie du Japon en 1923, elle perd les seuls membres de sa famille : sa maman et son oncle. Recueillie par un prêtre catholique surnommé Monsieur Tsubame (= Monsieur Hirondelle), la jeune fille grandit en silence, car elle ne doit pas dévoiler son accent coréen à une époque où les Japonais, après avoir colonisé la Corée, traquent et tuent encore les exilés coréens dont beaucoup avaient participé au mouvement d'indépendance de la Corée.

Une fois encore, j'ai été sous le charme de l'écriture tout à la fois poétique et poignante d'Aki Shimazaki, et happée par le récit passionnant de Yohni. Malgré les terribles épreuves qu'elle a dû traverser au cours de sa vie, elle garde force et courage, et la fin de sa vie sera plus douce… Et le dénouement du récit nous dévoile de quel personnage il s'agit* (car on la connaissait dans les précédents romans sous son nom japonais, donné par le prêtre). Entre faits historiques et romancés, l'auteur trouve le juste ton et l'émotion prend le lecteur à la gorge.

* Warning : je déconseille, une fois de plus, de lire la 4ème de couverture, elle révèle ce point capital !

Ce livre charnière (puisqu'au "mi-yeux" de la pentalogie !) m'a beaucoup plu… Ma seule angoisse : combien de temps devrais-je encore patienter pour lire les tomes 4 et 5 ?!

Les avis de : Papillon ; Jules ; Katell (qui a lu la pentalogie)
 

Le dernier souper et autres nouvelles, Shûsaku Endô

15 décembre 2007

Toujours à l'affût de nouvelles découvertes en littérature japonaise, je me suis jetée sur ce Folio à 2 € pour découvrir Shûsaku Endô. Ce recueil est composé de trois nouvelles.

La première, Les ombres, raconte l'histoire d'un homme japonais qui se remémore son enfance et particulièrement le rôle qu'a joué un prêtre occidental dans sa vie et dans celle de sa mère. C'est long (46 pages), c'est ennuyeux, et je n'ai trouvé aucun intérêt à cette histoire.

La seconde nouvelle, Le retour, commençait bien parce qu'elle aborde la cas d'un chien battu et maltraité par son maître alcoolique (ce n'est pas ça qui m'a plu, attendez !), et que la voisine de ce monstre décide d'appeler son frère pour que tous deux aillent sauver ce chien de son triste sort. Hélas, la fin ne m'a pas plu !

Je me suis dit : "au point où j'en suis, autant finir le recueil" (admirez ma ténacité ! ;-) )… Et heureusement, Le dernier souper m'a réconcilié avec l'auteur : Tsukaka, alcoolique avéré, rencontre un médecin psychiatre dans un restaurant japonais. Ce dernier comprend que le malheureux porte un lui un très lourd secret, lequel est à l'origine de son goût pour l'alcool. Dès lors, avec beaucoup de patience, le médecin va amener son patient à se confier peu à peu à lui… Cette nouvelle m'a séduite par l'humanité, la sensibilité et la force qui s'en dégagent. Enfin une chute valable pour une de ces nouvelles !

Finalement, 2 € pour une bonne nouvelle, ce n'est pas si mal ! Mais chat échaudé craint l'eau froide et je ne suis pas sûre d'acheter d'autres livres de cet auteur (il a pourtant reçu de nombreux et prestigieux prix littéraires au Japon), je me contenterai de les emprunter à la médiathèque si je retente ma chance !

La petite pièce hexagonale, Yôko Ogawa

17 août 2007

Ce livre m'attendait depuis un bon bout de temps… Entre deux pages de ma saga de l'été, ce fut une bouffée rafraîchissante et chlorée !

D'abord, cette collection Babel (Actes Sud) est très agréable, cela me change du pavé des années 90 mal imprimé et poussiéreux…

Ensuite, j'aime la littérature japonaise en général : on est rarement déçu, c'est bien écrit et poétique. Ce court roman ne fait pas exception à la règle. 

Enfin, la quatrième de couverture est intrigante :

"Dans les vestiaires d'une piscine, une jeune femme est soudain attirée par une inconnue pourtant banale, effacée et silencieuse. Quelques jours plus tard, elle croise à nouveau l'inconnue qui marche dans la rue accompagnée d'une vieille dame et, fascinée, elle les suit à travers la ville jusqu'à une loge de gardien au milieu d'un parc. A l'intérieur, les deux femmes sont assises sur des chaises, elles semblent attendre leur tour. La plus âgée se lève, entre dans une haute armoire hexagonale [...]".

Je "sucre" la fin du résumé, il y a quelques mots de trop !

J'avoue avoir échaffaudé plusieurs hypothèses abracadabrantes au cours de ma lecture : la narratrice va-t-elle tomber amoureuse de la femme de la piscine malgré sa ressemblance avec un sac à patates ? La pièce hexagonale sert-elle d'abri à une secte où de sanglants sacrifices ont lieu ?

Que nenni, et peut-être attendais-je trop de cette mystérieuse petite pièce… J'ai donc été un peu déçue par l'histoire, tournée davantage vers "l'introspection, [...] la confession et [...] la psychanalyse". (mot de l'éditeur).

Pour ma défense, rappelez-vous que je suis parallèlement enfermée depuis quelques semaines dans le monde d'Angélique, Marquise des Anges, un roman d'aventures rocambolesques s'il en est ! Mon imagination n'a plus de limites !

En tous cas, je suis certaine que ce récit pourra plaire à beaucoup de lecteurs, qui seront séduits par son rythme mesuré et sa saveur mystérieuse. Il se lit vite parce qu'on a très envie de découvrir le secret de la pièce hexagonale !!!

(Qui l'a lu, que je rajoute des liens ?! comment ça, j'exagère de ne pas chercher ?!)

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