Une parfaite chambre de malade, Yoko Ogawa
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Ce recueil est composé de deux nouvelles.
Dans la première – qui donne son titre au livre – une jeune femme, mariée et sans enfant, voit arriver dans l'hôpital où elle exerce son métier d'infirmière un homme qu'elle reconnaît, hélas : il s'agit de son jeune frère, attaqué par un cancer. Mis à l'abri dans une chambre épurée, blanche comme la neige et dépourvue d'objets personnels inutiles, le jeune homme reçoit la visite régulière et souvent silencieuse de sa soeur. Cette dernière apprécie tout particulièrement l'ambiance de cette chambre d'hôpital, tranchant radicalement avec l'appartement où vivait leur mère : à moitié folle, elle vivait parmi les détritus et les ordures en décomposition…
Certes, le sujet n'est pas gai. Cependant, le personnage de la jeune femme est intéressant. Elle est complètement obnibulée par la recherche de la propreté, de l'immaculé. Son mari n'est qu'une façade presque factice, et elle recherche plutôt le soutien d'un médecin de l'hôpital, qui la réconforte comme il peut. Elle essaie de retenir son frère à la vie grâce à des grains de raisin. Mais qu'adviendra-t-il d'elle lorsqu'il aura disparu ? Retournera-t-elle à son fade quotidien ? Chacun peut donner libre cours à son imagination.
La désagrégation du papillon, seconde nouvelle du recueil, est une métaphore qui désigne le recroquevillement du corps et l'anéantissement de l'esprit d'une vieille dame. Sa petite-fille, qui a toujours vécu avec elle, doit se résoudre à l'emmener dans une maison spécialisée, et cela l'amène à divaguer se poser beaucoup de questions.
Disons-le clairement : je n'ai pas du tout aimé ce second texte, non qu'il soit mal écrit, mais sa construction n'est pas aussi réussie que d'habitude et son intérêt n'est pas flagrant…
J'ai été globalement déçue par ce recueil car Yoko Ogawa m'a habituée à mieux… et c'est après coup que je me suis aperçue que ces nouvelles avaient presque vingt ans ! Elles sont donc antérieures aux autres récits que j'ai lu d'elle et qui m'ont davantage emballée : La petite pièce hexagonale ; Le réfectoire sous la pluie… et L'annulaire.
Ed. Actes Sud (Babel), sept. 2005, 153 p.
