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La vie qui m’entoure par Ellen Foster, Kaye Gibbons

8 mars 2010

La vie qui m entoure ellen foster Bon. La situation est grave, mais pas désespérée. Je n’ai pas trouvé le temps ou le courage d’écrire ici depuis une douzaine de jours… il s’ensuit donc une PAP (Pile à Rédiger) de cinq livres qui me lancent des regards courroucés : eh dis, moi aussi je mérite qu’on parle de moi !

Soit. Je vais donc m’atteler (avec plaisir, tout de même, bien sûr !) à la tâche, mais j’annonce la couleur : les prochains billets seront condensés (de toutes façons, ma mémoire ne restituera que ce qu’elle a conservé… ha ha, je sens qu’on va rire…).

Si vous connaissez Ellen Foster, jeune héroïne vivant dans une province du sud des Etats-Unis, vous pouvez lire la suite. Sinon, mieux que vous commenciez par découvrir cette jeune personne par ici.

Après avoir subi bien des misères dans ses jeunes années, Ellen Foster est accueillie dans le foyer de Laura, qui a déjà deux jeunes filles à la maison. Le roman raconte le quotidien d’Ellen, alors dans sa seizième année. Son objectif est d’entrer à Harvard (elle est surdouée, et malgré son effroyable enfance, elle a réussi à avoir une scolarité remarquable) : la lettre qu’elle écrit au directeur de cette prestigieuse université en guise de chapitre introductif est délectable !

Cependant, je me suis un peu ennuyée dans la suite de l’histoire. Il ne se passe pas grand-chose, à part une intrigue lié à l’héritage spolié d’Ellen, le tout prend plutôt l’air d’un long fleuve tranquille, surtout si l’on compare ce récit au premier roman, bien plus fort en émotions et tragédies, que j’avais énormément apprécié. J’ai eu le plaisir de retrouver certains personnages, comme Stuart et Starletta, les amis d’Ellen, et celle-ci est toujours aussi attachante, brillante et pleine d’auto-dérision. Le ton de la narration, très particulier à cette héroïne, est l’élément qui m’a poussée à poursuivre ma lecture jusqu’au bout, mais la lecture de cette suite est loin d’être indispensable !

Ed. Christian Bourgeois, sept. 2006, 202 p.

Conte crépusculaire & Brûlant secret, Stefan Zweig

22 février 2010

Stefan Zweig romans et nouvelles Nous célébrons aujourd’hui un triste anniversaire, celui de la disparition prématurée de ce grand auteur viennois que fut Stefan Zweig. Comme je suis en admiration devant sa plume depuis que je l’ai découvert, je me suis empressée de m’inscrire au Challenge Ich liebe Zweig lancé par Caro[line] et Karine, et je profite de ce jour particulier pour éditer mon premier billet de l’année (NB : j’aurais dû publier ce billet ce matin si j’avais eu le temps de l’écrire durant le week-end, but nobody’s perfect!).

J’ai choisi deux nouvelles qui abordent un thème cher à Zweig : le moment où l’on quitte le monde de l’enfance pour entrer dans celui bien plus terrible des adultes.

Dans Conte crépusculaire, le narrateur se trouve dans une pièce assombrie par l’arrivée prochaine de la nuit. Il se remémore une histoire. Un beau jeune homme de quinze ans portant (hélas) le prénom de Bob dîne parmi de nombreux convives dans un château en Ecosse. L’air est empesé et Bob décide d’aller s’aérer un peu et de profiter du superbe clair de lune de cette nuit d’été. Brusquement, il aperçoit une sorte de feu follet dans le sous-bois. La forme blanche l’enserre, lui caresse les cheveux et l’embrasse passionnément. Lorsque Bob reprend ses esprits, l’inconnue est déjà loin… Naturellement, son cœur s’emballe et il décide de retourner sur les lieux de l’incident le lendemain soir, et surtout d’éclaircir le mystère de l’identité de cette amoureuse nocturne. Au château séjournent entre autres trois de ses cousines…

Outre le style formidable de Stefan Zweig - sur lequel je ne reviendrai pas, puisqu’il écrit remarquablement bien, c’est un fait ! – cette nouvelle publiée en 1911 se caractérise par deux procédés : il s’agit d’un récit enchâssé (que l’auteur utilisera souvent), et il a ajouté ici un effet de zoom qui permet au lecteur de visualiser la scène comme au cinéma. Evidemment, les émotions sont exacerbées puisqu’il s’agit d’un premier amour et de la fin de l’adolescence d’un jeune homme. Voyez comme l’écriture est troublante :

Quelques jours encore, et le voici qui marche seul, avec peine cependant ; il se rend pour la dernière fois cette année, sous le berceau multicolore des arbres qui se balancent dans le vent et parlent d’une voix plus forte et plus rude que pendant ces trois tièdes nuits d’été. Tristement, l’adolescent s’y achemine. Il lui semblre qu’un mur sombre se dresse, invisible, en cet endroit ; derrière ce mur, déjà noyée dans le crépuscule se trouve son enfance et devant lui un pays inconnu et dangereux.” Red heart

Zweig jeune  Brûlant secret aborde le même thème de l’enfance qui s’envole mais de façon différente. Edgar, un jeune garçon de douze ans, est en voyage de santé dans une station des Alpes autrichiennes, avec sa mère, une femme de belle allure mais à l’air distant. Edgar fait la connaissance d’un baron séducteur qui s’ennuie et décide de séduire la mère en devenant l’ami du fils. Quand ce dernier s’aperçoit de la tromperie de l’adulte, ses illusions d’enfant se brisent en mille morceaux, il n’a plus confiance en personne.

Cette nouvelle est divisée en quinze chapitres dynamiques et très intenses : les scènes se succèdent à un rythme soutenu et le changement de point de vue y contribue largement. En découvrant le mensonge des adultes qu’il admirait et aimait, le jeune garçon est complètement bouleversé et se révolte. Cette crise marque la fin de son enfance… Mais Zweig aborde également d’autres sujets à travers ce récit : le sadisme de l’homme, la passion du jeu (comme dans Vingt-Quatre Heures de la vie d’une femme), et même l’homosexualité (thème qui sera développé dans La Confusion des Sentiments).

Logo Stefan Zweig

Encore une fois, Zweig m’a emportée dans son univers littéraire incroyable avec ces deux nouvelles, publiées en 1911 dans un recueil avec deux autres sous le nom de Première Expérience (Erstes Erlebnis).

Rendez-vous le mois prochain pour la suite de ma chevauchée zweigigantesque !

 

Déjà lus, dans l’ordre de mes découvertes :

Le joueur d’échecs

La Confusion des sentiments

Le recueil Amok contenant La lettre d’une inconnue et La Ruelle au clair de lune

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

Destruction d’un cœur

La Pitié Dangereuse

Ed. Le livre de poche, coll. La Pochothèque, 2001.

 

Instructions pour sauver le monde, Rosa Montero

12 février 2010

instructions pour sauver le monde Dans certains livres, l’ambiance est glauque, les personnages antipathiques et le lecteur, plombé, n’a qu’une envie : fuir.

Ici, l’univers est loin d’être joyeux : on est dans la banlieue d’une grande ville espagnole, et on traîne souvent dans un bar d’habitués situé en face d’un club de prostitution. Alternativement, on suit la vie de deux personnages principaux, l’un, Matias, chauffeur de taxi, est dévasté et immensément seul, après le décès de sa femme, et l’autre, Daniel, est malheureux en ménage et son boulot de médecin urgentiste le laisse aigri et désabusé, il s’évade en se créant un avatar dans Second Life, un monde virtuel.

Eh bien, malgré tout, ce roman est formidable ! Cela tient d’abord au ton qui colle véritablement à la peau des personnages et à l’écriture, qui m’a tout de suite plu. Ensuite, l’approche psychologique des deux hommes présentés ci-dessus est particulièrement fouillée : on éprouve d’emblée de l’empathie envers Matias, l’envie de l’aider à sortir de sa dépression, alors que Daniel ne provoque que du dégoût tellement il est pathétique. Les destins de ces deux êtres malheureux vont se croiser autour de celui de deux femmes : Fatma, une belle et jeune prostituée à l’enfance tragique, qui a un lézard pour gri-gri, et Cerveau, une vieille femme alcoolique, ancienne professeur, qui traîne dans le bar où se réfugie Matias lors de ses nuits de travail. Ce personnage m’a d’ailleurs particulièrement touchée.

J’ai aimé le fait que des fils s’entrecroisent et constituent le riche écheveau de ce récit, j’ai aimé que l’auteur dévoile négligemment l’avenir de personnages très secondaires (le lecteur aime tout savoir !), j’ai aimé la façon dont Rosa Montero raconte une histoire : avec intelligence, souci du détail et de la symétrie, compassion pour des laissés pour compte, et un goût pour éparpiller de lueurs d’espoir ici et là. Un roman plein d’”humanitude” que je recommande chaudement !

Un grand merci à Keisha pour le prêt de ce livre voyageur, j’ai bien envie de lire les précédents romans de Rosa Montero, maintenant, c’est malin ! Wink

Ed. Métailié, jan. 2010, 269 p.

Chroniques de Mudfog, Charles Dickens

30 décembre 2009

Chroniques de Mudfog C'est à une véritable pantomime de la vie quotidienne de la petite ville de Mudfog que nous convie Dickens, dans un ouvrage où le grotesque des situations le dispute au comique le plus ébouriffant : des avatars de la destinée de M. Tulrumble qui, d'humble charpentier devenu maire, se prend pour le nombril de l'univers ; des préparatifs de la réunion de Mudfog pour l'avancement du monde à son ordre du jour : faut-il créer des maternelles pour les puces laborieuses ? Ne devrait-on pas remplacer les membres de la force publique et les magistrats par des automates ?… (présentation de l’éditeur)

Ce que j’en dis : la passion de Cuné pour le grand Charles, soutenue par l’amour ancien que lui porte Fashion, a réveillé en moi l’envie de lire d’autres romans du fameux écrivain britannique que Le Petit Chose (veuillez excuser l'effet des bulles de champagne !) David Copperfield lu au collège et dont je garde un vague souvenir de noirceur et de tristesse, et évidemment Le drôle de Noël de Scrooge que j’ai lu il y a quelques années remis au goût du jour par la sortie du film de Disney.

Je suis tombée par hasard chez Gibert sur Les Chroniques de Mudfog qui ont une couverture rigolote et l’avantage d’être peu épaisses ! (J’ai parfois de drôles de critères pour choisir des livres). Ces quelques chroniques m’ont permis de retrouver l’humour si savoureux de Dickens, mais quelques redondances dans les récits m’ont quelques peu gâché mon plaisir (je recommande donc de ne pas lire ces histoires d’une traite) et les “Quelques commentaires relatifs à un lion” m’ont laissée dubitative. Cela dit, doté d’une préface de Pierre Gripari fort intéressante, ce petit recueil reste un apéritif agréable avant d’attaquer les plats de romans plus consistants de l’écrivain !

Ed. Privat / Le Rocher, 2006, 193 p.

Petite Anglaise, Catherine Sanderson

28 décembre 2009

Petite Anglaise Lorsqu’elle était jeune fille, Catherine rêvait déjà de vivre en France. Ses études la conduisent à Paris, où elle rencontre Mr. Frog, un jeune Français qui va devenir son mari. Quelques années plus tard, Catherine est prise dans la routine de son boulot de secrétaire, des allers-retours chez la nounou pour récupérer Tadpole (“Têtard”, sa fille de 2 ans) et une vie de couple qui bat de l’aile pour diverses raisons. Un jour, au bureau, elle découvre l’existence des blogs et de façon impulsive, crée le sien. Elle commence à publier des articles sur ce qu’elle voit et petit à petit, sur sa vie. Bientôt, elle rencontre un certain succès qui l’amènera à faire des rencontres, lesquelles bouleverseront sa vie.

J’avoue m’être ennuyée durant les 70 premières pages, pour une simple raison : la vie de cette jeune femme me rappelait la mienne (métro-nounou-boulot-et inversement) et comme par-dessus le marché, je vis à Paris et que j’ai un blog, aucun élément ne me paraissait bien exotique dans cette histoire ! Au cours du roman, lorsque Catherine analyse sa passion pour l’univers des blogs et sa culpabilité (légère) à parler d’elle à des inconnus (qui le sont de moins en moins), cela devient un peu plus intéressant. Et puis, lors d’une rencontre de bloggeurs, elle est charmée par un certain Jim de Rennes…

Au final, j’ai été agacée par des répétitions (et notamment le Petite Anglaise* apparaissant dix fois par page en italique avec son astérisque) et le style est vraiment celui d’un journal intime, sans recherche et parfois parlé. Je n’ai donc pas été entièrement convaincue par cet ouvrage, mi-roman, mi-témoignage, et conseille de le réserver aux personnes pour lesquelles l’univers des blogs est inconnu, cela leur permettra de s’initier facilement à ce monde de fous ! Oh go on

Ed. Calmann-Lévy, novembre 2009, 356 p.

 

Les vies privées de Pippa Lee, Rebecca Miller

16 décembre 2009

Pippa Lee Dur, dur, le mois de décembre ! On court partout, il fait un froid de canard laqué, la nuit – cette traîtresse ! - nous accueille au lever et s’abat sur nous alors qu’on n’est même pas sorti du bureau… Bon, il est temps de trouver des solutions :

a) si vous avez une cheminée : allumez un bon feu, enfouissez-vous dans votre vieux fauteuil avec un plaid et un thé brûlant, et passez au c)

b) si vous n’avez pas de cheminée : remplissez une bouillotte, sautez sous votre couette, calez deux bons gros oreillers et passez au c)

c) dans tous les cas, lisez ce roman :

Pippa Lee est une femme encore d’énergie, la cinquantaine épanouie et une parfaite épouse qui prend soin du foyer et de son époux (leurs deux enfants étant adultes, ils ont quitté le nid). Celui-ci, Herb, a trente ans de plus qu’elle, et il décide qu’il est temps que le couple vende ses actifs mobiliers et immobiliers pour aller s’installer dans un de ces villages ensoleillés pour 4ème âge où l’on trouve tout sur place : centre commercial, coiffeur, et bien sûr, médecins…

Les voilà donc dans leur nouvelle maison de Marigold Village Seniors (sic). Herb n’abandonne pas encore tout à fait son métier d’éditeur (de renom) et se rend chaque jour dans un petit local aménagé en bureau. Pippa s’ennuie et ce nouvel environnement la perturbe plus qu’elle ne veut bien l’avouer : elle fait des crises de somnambulisme plutôt étranges. L’une d’elle l’amène à faire la connaissance du fils paumé de sa plus proche voisine et une certaine attirance les amène à se raconter leur vie. On découvre alors le passé plutôt chaotique et trouble de Pippa, qui sous ses airs de mère et femme parfaite, cache bien des secrets.

Si je vous conseille ce roman, c’est parce qu’il recèle une bonne dose de chaleur humaine tout en évitant un sentimentalisme à l’eau de rose. Au contraire, cette Pippa donne la pêche et son parcours plein d’embûches et de retournements de situations permet d’expliquer ce qu’elle est devenue et sa relation difficile avec sa fille. L’auteur analyse avec une légèreté apparente teintée d’humour certains vices de la société américaine : le culte de la femme parfaite et de la réussite professionnelle, notamment. C’est l’histoire d’une femme très attachante qui permet à bon nombre d’entre nous de vivre pendant quelques heures une autre vie par procuration !

NB : n’ayant pas vu l’adaptation cinématographique de ce roman sortie il y a quelques semaines, je ne m’avancerai pas sur le sujet !

L’avis de : Cathulu

Ed. Seuil, octobre 2009, 290 p.

 

La pitié dangereuse, Stefan Zweig

27 octobre 2009

Pitie dangereuse A la veille de la Première Guerre mondiale, le lieutenant Anton Hofmiller, jeune officier pauvre, en garnison dans une petite ville autrichienne, est pris de pitié pour une jeune infirme riche, Edith de Kekesfalva. Il lui rend visite pratiquement tous les jours, pour la distraire, bien que la vue de ses pauvres jambes paralysées et le bruit de ses béquilles le rendent mal à l’aise. Le père de la jeune fille lui est tellement reconnaissant de donner quelques instants de bonheur à sa fille unique que le lieutenant se sent presque obligé de venir au domaine de Kekesfalva. Pourtant, il se sent mal à l’aise vis-à-vis de ses camarades militaires, qui le raillent sur ses absences et ne comprennent pas qu’il s’intéresse à une jeune fille handicapée.

Pris entre ses bons sentiments et son dégoût, le jeune officier s’enfonce dans le mensonge et va jusqu’à faire croire, avec la complicité du médecin de la famille, qu’Edith pourra peut-être remarcher un jour en suivant un nouveau traitement à l’étranger.

Hélas, il ne s’aperçoit pas que sa pitié l’a conduit à faire naître chez la jeune fille deux émotions difficilement contrôlables : l’espoir et l’amour.

Avec une habileté psychologique rare et un sens aigu de la narration, Stefan Zweig analyse aussi bien les sentiments confus d’un jeune homme obéissant soucieux du qu’en dira-t-on que l’âme d’une jeune fille amoureuse qui sait qu’elle ne peut être aimer en retour à cause de son infirmité, et qui cache son mal-être par une autodérision d’adulte ou des crises de mauvaise humeur enfantines.

L’histoire se déroule peu de temps avant l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et l’auteur dénonce à travers son récit les défauts de la société autrichienne de l’époque : militarisme, antisémitisme et forte inclinaison à suivre les préceptes sociaux bien établis. Coïncidence ? La Pitié Dangereuse a été publié pour la première fois en 1939…

Un roman fort, psychologiquement subtil et (est-ce utile de le préciser ?) très bien écrit. Tout simplement incontournable.

Ed. Grasset, 2002, 383 p.

L’Histoire de Pi, Yann Martel

19 octobre 2009

Histoire de Pi Ce livre s’est vendu à plus de 4 millions d’exemplaires à travers le monde depuis sa sortie en 2001 et a obtenue le Prix 30 Millions d’Amis en 2004. Et jusqu’au fameux Lotobook que j’ai gagné voilà deux ans (gloups, déjà ?), je n’en n’avais jamais entendu parler ! Mo, l’expéditrice de ce titre, avait pris soin de l’entourer d’une couverture en papier pour m’empêcher d’avoir la tentation de lire la quatrième de couverture et de voir l’image de couverture, afin de préserver toute la magie de ce roman !

Me voilà donc bien embêtée, je ne voudrais pas gâcher à d’autres les surprises que réserve ce livre… mais je dois tout de même en dire quelque chose ! Alors je vous laisse décider si vous voulez poursuivre votre lecture, je n’en dirais pas trop, promis.

Tout d’abord, je n’ai pas aimé le début de ce livre. Il commence par le récit d’un jeune homme habitant à Toronto (Canada) : il parle de ses études religieuses (ça ne me passionne guère) et de son enfance en Inde, lorsque son père était directeur du plus grand zoo de Pondichéry. Il justifie l’existence de zoos et certaines coutumes qui s’y pratiquent. Là, cela commençait à m’intéresser car si je déteste voir des animaux en cage, j’ai appris plusieurs choses qui m’ont donné à réfléchir.

Et puis un jour (raconte le narrateur adulte), le jeune garçon apprend que son père a décidé de changer totalement de vie en emmenant toute sa famille vivre au Canada… Ils embarquent tous sur un vieux cargo, et c’est le début de l’Aventure… surtout que le cargo fait naufrage.

A partir de là, j’ai été complètement emballée par le récit. Leçon de courage, incroyable aventure des mers semée d’embûches, regorgeant de détails impressionnants, avec beaucoup de notes de désespoir et quelques petits bonheurs magiques, une île extraordinaire… C’est véritablement un voyage intrépide qui nous est conté avec un grand talent.

J’ai appris, en outre, beaucoup de choses fort utiles (dont j’espère ne jamais avoir à me servir) en cas de naufrage. Par exemple : (extraits p. 235 – 236)

- Ne buvez pas d’urine. Ni d’eau de mer. Ni de sang d’oiseau.
- Ne mangez pas de méduse. Ou de poisson à piquants.
- Presser les yeux d’un poisson le paralyse.
- Reposez vos pieds en hauteur au moins 5 minutes toutes les heures.
- L’eau verte est moins profonde que l’eau bleue.
- Mettez-vous à l’abri. L’exposition aux éléments peut tuer plus vite que la soif ou la faim.
- Aussi longtemps qu’il n’y a pas de perte excessive d’eau par la transpiration, le corps peut survivre jusqu’à 14 jours sans eau. Si vous avez soif, sucez un bouton.
- Les tortues sont faciles à attraper et offrent un succulent repas.

Mis à part un début un peu barbant, c’est donc une lecture qui m’a fortement impressionnée, dépaysée, et effarée !

Un livre Lotobook, merci Morwenna ! Smile

Ed. Folio, nov. 2005, 435 p.

 

Harry Potter et les Reliques de la Mort, J.K. Rowling

23 septembre 2009

Harry Potter 7 Je me souviens de la frénésie qui s’était emparée de millions de lecteurs à travers le monde lors de la sortie de ce septième et dernier volume d’Harry Potter, voilà deux ans. A minuit, le jour de sa sortie, des files d’attente s’allongeaient devant les librairies ouvertes en nocturne pour l’occasion et les jours suivants, dans le métro, au moins trois ou quatre personnes par rame avaient les yeux rivés dans leur exemplaire chèrement acquis (des yeux déjà cernés d’avoir lu une partie de la nuit !).

L’avantage d’attendre deux ans, c’est qu’on est peinard, pas de pression pour connaître avant tout le monde la fin de la saga, et même, là, je ne vais même pas présenter le roman, vu que tout le monde l’a lu !

Mais voici le revers de la médaille : j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cet épais volume car ma mémoire n’était pas à la hauteur pour que je me souvienne des tomes précédents ou des innombrables personnages. A part Harry, Ron, Hermione et quelques autres incontournables, les noms voguaient devant mes yeux, arrivaient à mon esprit qui se torturait : “ça me dit quelque chose, mais qui c’est, déjà, celui-là ?!”…

Bref, quelques centaines de pages plus loin, enfin dans le bain, j’ai davantage apprécié les nouvelles aventures des sorciers (et autres dérivés). Plus matures, et par conséquent, avec plus de doutes, les héros de J.K. Rowling décident de mener jusqu’au bout leur combat contre Voldemort.

La fin est plutôt convenue même si elle nous sert quelques sacrifices en évitant ainsi l’”happy end” à l’américaine… J’avoue que j’avais espérée un combat final d’Harry Potter contre Vous-savez-qui plus spectaculaire !

Harry Potter, Tome 7, voilà, ça c’est fait.

Special thanks : à Delphine qui m’a gentiment prêté son exemplaire (que je n’ai pas trimbalé dans le métro !) et bien sûr, une pensée pour Erzébeth qui cale sa table de nuit avec les 7 volumes d’Harry Potter (et du coup, elle est bancale. La table de nuit, pas Erzébeth). Feeling beat upOh go on

Ed. Gallimard Jeunesse, oct. 2007; 809 p.

Toujours prêt, Jeeves ? P.G. Wodehouse

7 septembre 2009

J'avais lu une ou deux des aventures de Bertram Wooster dans ma vie "d'avant-blog" et c'est avec joie que je l'ai retrouvé dans cet opus. Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que ce gentleman anglais est célibataire, qu'il attire systématiquement et malgré lui une certaine intellectuelle quand elle est entre deux amours (et manque de peu de convoler en justes noces), et bien qu'il ne fasse rien de spécial dans la vie à part en profiter et fréquenter des clubs de gentlemen, il lui arrive toutes sortes de mésaventures. Heureusement, Jeeves, son fidèle majordome à la cervelle herculepoirotesque, est là pour le sortir d'affaire…

C'est étrange : les intrigues qui s'entrecroisent sontt plutôt minces (un fiancé jaloux, une tante qui doit absolument vendre son magazine à un vieux raseur…) mais l'exploitation parfaite de l'humour british et la galerie de personnages hauts en couleurs (tout est dans les détails : le fiancé à la tête de citrouille, la tante qui balance des Agatha Christie dès qu'elle s'énerve ou angoisse…) font de cette aventure pseudo-policière une lecture jubilatoire et très divertissante. J'adore l'ambiance très anglaise qu'on y retrouve dès qu'on plonge dedans, et j'aimerais beaucoup goûter au fameux "cocktail spécial" de Jeeves !

A tester d'urgence si vous ne connaissez pas !

Merci à Alinéa de m'avoir offert ce divertissement lors du Lotobook !

Ed. 10-18, 2007, 246 p.

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