Il y a longtemps que je t’aime, Philippe Claudel
Une jeune femme trentenaire vient chercher sa soeur aînée à l'aéroport de Nancy. Elles ne se sont pas vues depuis plus de quinze ans. Renouer des liens va prendre du temps… Et justement, le film de Philippe Claudel s'en accorde, du temps.
Il y a longtemps que je t'aime est un film qui ressemble à l'écrivain Philippe Claudel. C'est un film sur une famille brisée par un drame, dans laquel non-dits et fausses vérités ont envenimé la situation, au point que la soeur aînée, Juliette, a été presque complètement effacée de l'existence de Léa, sa jeune soeur. En dépit de sa dureté, l'histoire est terriblement humaine et belle.
Comme dans Le Café de l'Excelsior, on y trouve un grand-père aimé. Comme dans La Petite Fille de Monsieur Linh*, de très jolies petites filles vietnamiennes. L'aînée a des répliques enfantines percutantes ! Comme dans Le Rapport de Brodeck, on sait qu'il s'est passé quelque chose de terrible, mais les éléments ne seront donnés qu'au compte-goutte au spectateur. Il faut prendre le temps de savourer chaque moment avant de comprendre toute l'ampleur du drame qui s'est joué quinze ans plus tôt. Et bien sûr, les livres sont omniprésents tout au long de l'histoire, remparts contre l'extérieur, amis lorsque l'on ne peut plus parler. Dommage que l'on ne voit pas les titres (à part Sylvie) !
L'interprétation de Kristin Scott Thomas (Juliette) et d'Elsa Zylberstein (Léa) est formidable, et les autres acteurs ne sont pas en reste. Ils desservent le film avec une justesse et une intensité remarquables, au point que l'on n'a pas envie de les quitter à la fin du film, tellement on s'y est attaché. J'ai bien aimé les yeux bruns de chien battu du capitaine Fauré (Frédéric Pierrot)…
Et les musiques qui accompagnent les 1h55 de l'histoire sont très bien choisies, émouvantes sans être envahissantes. Le générique de fin de Jean-Louis Aubert a ma préférence.
Au cas où vous ne l'auriez pas encore compris, il faut vous précipiter dans la salle de cinéma la plus proche et voir ce film, surtout si vous aimez l'auteur Philippe Claudel : le réalisateur ne vous décevra pas, son film est une réussite.
Monsieur Philippe Claudel, ON VOUS AIME ! ![]()
Signé : Fashion victim, Stéphanie, Emeraude et moi
(je ne dirai pas qui a pleuré comme une madeleine à la fin, d'autant qu'une deuxième madeleine n'était pas loin derrière ! Moi je n'ai pas pleuré. En tout cas, pas au cinéma. C'est à peine si quelques larmes ont réussi à s'échapper lorsque je suis arrivée chez moi… Aaah, quel beau film !).
* critique à venir, puisque le hasard a fait que j'ai justement lu ce roman hier… Ahhh, quel livre ! Quel auteur ! ![]()
