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Crimes exemplaires, Max Aub

16 mars 2011

crimes exemplaires Né à Paris en 1903, Max Aub déménage en Espagne à l’âge de onze ans. Après la guerre civile, il se réfugie au Mexique, où il meurt en 1972. Pendant près de vingt ans, cet “agitateur culturel”,  grande figure du mouvement surréaliste, récolte les confidences de criminels de différentes nationalités. Ce sont ces confessions que l’on trouve rassemblées dans Crimes exemplaires, sous la forme de courts textes, parfois d’une simple phrase ; de véritables concentrés de meurtres.

Des extraits parleront d’eux-mêmes :

“Je l’ai fendue de haut en bas, comme une bête, parce qu’elle comptait les mouches au plafond pendant que je lui faisais l’amour”. (p. 30)

“Il tua sa petite sœur la nuit des Rois parce que tous les jouets étaient pour elle”. (p. 41)

“Il avait oublié. Comme ça : il avait oublié. C’était une chose importante mais tout de même pas une question de vie ou de mort. Ce fut pourtant le cas pour lui.
- Ami, j’ai oublié.
Il avait oublié ! Maintenant il n’oubliera plus.” (p. 67)

“Elle sentait l’ail. Elle reconnaissait elle-même qu’il n’y avait rien à faire…” (p. 107)

Pas de noms, pas de circonstances, la plupart du temps, pas d’excuses ni de regrets. Des crimes anonymes, parfois pour des raisons abracadabrantes, mais c’est ce qui en fait le piment.

A réserver aux amateurs d’humour noir, et à picorer, sous peine de mal digérer !

Ed. Phébus, fév. 2011, 121 p.

Osez… les rencontres sur Internet, Maïa Mazaurette

15 janvier 2011

osez les rencontres sur internet Peut-être avez-vous remarqué ces petits livres qui fleurissent sur les étagères des librairies et dans les rayons virtuels de leurs concurrents du Net. Si tel n’est pas le cas, voilà de quoi satisfaire votre curiosité. Avec les copines, on s’est dit qu’il fallait étudier cette collection de façon à juger de leur qualité littéraire et informative. Nous nous sommes dévouées pour la bonne cause, et il va sans dire que des livres ont circulé sous le manteau, des pages ont été tournées sous couverture discrète dans le métro, et bon nombre de fous rires ont fait fuir nos voisins dans les cafés où nous nous donnions rendez-vous pour faire le point sur nos lectures.

L’auteur d’Osez les rencontres sur Internet commence par faire “le tour d’horizon des sites de rencontre”. Elle classe les sites par catégories : sites généraux ou spécialisés (certains sont, euh, comment dire ? spéciaux ! A tel point qu’on se demande s’il y a beaucoup d’inscrits sur le “site de rencontre pour ceux qui élèvent des chèvres angora dans le Larzac” *!), sites géographiques, sites payants ou gratuits, sites VIP… J’avoue avoir été étonnée du nombre de sites fleurissant à cette heure sur la toile ! L’auteur juge leur interface, leur design, leur public, et donne franchement son avis, ce qui est plutôt agréable.

* dans un souci de préservation de vie privée de chacun, certains noms ont été volontairement modifiés par l’auteur de ce billet.

Maïa Mazaurette donne ensuite des conseils sur la rédaction de votre annonce (conseils qui peuvent paraître superflus, tel que “ne publiez jamais votre nom de famille”, mais visiblement, ça n’est pas évident pour ceux qui débutent sur Internet), ainsi que sur le choix de la photo (j’ai été estomaquée par le “ne mettez jamais votre visage et vos organes génitaux sur une même photo”. Certes. J’ajouterai : votre visage suffit amplement, hein, inutile de faire du zèle.)

Logiquement, viennent ensuite les suggestions pour échanger des messages avec les autres inscrits : comment reconnaître les dragueurs à la chaîne, attirer l’attention, éconduire les importuns… Jusqu’à la première rencontre, une fois le poisson attrapé. Là encore, des conseils sur la façon de procéder (j’ai aimé le “Hannibal Lecter au Starbucks” !), et sur les astuces à prévoir si la sauce ne prend pas du tout. La dernière partie est consacrée aux mises en garde diverses et variées (le renouvellement automatique de l’abonnement, la revente de votre adresse email à des sites marchands, les candidat(e)s au mariage blanc…).

Ce petit guide est assez ludique, drôle et probablement utile à ceux qui se lancent dans l’aventure de la rencontre sur internet. Il est appuyé par des témoignages d’utilisateurs, qui partagent leurs bonnes et mauvaises expériences. Il faut être conscient des risques encourus (qui ne sont pas plus grands que dans la vie réelle, si l’on prend les précautions d’usage) et savoir ce que l’on recherche véritablement. Enfin, soyons réalistes : il n’existe pas de recette miracle pour trouver l’Amour, il vaut mieux ne pas mettre trop d’espoir dans ces rencontres virtuelles, afin d’éviter de trop grosses déceptions !

A vous de jouer !

Si ce guide vous tente, ou l’un de ceux présentés par les copines : Chiffonnette, Fashion, Stéphanie et Stephie, vous pouvez participer à un jeu concours en partenariat avec l’éditeur La Musardine, qui vous permettra de gagner l’un des “Osez…” (envoi sous pli discret, Open-mouthed !). Pour cela, répondez par email (cliquez sur “Contact” sous ma bannière) ou dans les commentaires à la question suivante (les trois gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses) :

Quel est le mot québécois utilisé pour “tchat” (au moins dans cet ouvrage !) ?

Vous avez jusqu’au jeudi 20 janvier pour participer, les noms des gagnants seront annoncés le 22 janvier. 3 titres sont à gagner : Osez faire l’amour ailleurs que dans son lit, Osez les secrets d’une experte du sexe pour rendre un homme fou de plaisir, et Osez les jeux érotiques. Bonne chance ! Good luck

Ed. La Musardine, jan. 2010, 128 p.

Le Grand Livre du Futur, Emmanuel Vincenot & Emmanuel Prelle

6 novembre 2010

grand livre du futur Deux ans après leur désopilante Anticyclopédie Universelle, Emmanuel Vincenot et Emmanuel Prelle revienne nous titiller les zygomatiques avec Le Grand Livre du Futur.

« Maman, y a des images, dans ton livre ! » a dit Bébé Books, tout étonné. Eh oui ! Pour une fois, Maman a enfin un vrai livre entre les mains, généreusement illustré et coloré, pas un de ces trucs insipides qui alignent des milliers de petites fourmis noires sans queue ni tête !!!

Sur la forme, donc, tout est très réjouissant. Des illustrations, de vieilles photos jaunis, des cartes de géographie, des dessins, des menus, des gravures, des photomontages, des icones, des polices de toutes les couleurs : moi, j’aime qu’on colore ma vie comme ça ! Quel plaisir de voir nos yeux s’agrandir d’émerveillement et lifter ainsi notre visage fatigué par la lecture de gros pavés soporifiques (police 8 en italique, qui plus est) !

Poules Sur le fond, en revanche… attendez-vous encore une fois à ternir votre respectabilité ou votre sexytude : vous aller probablement ressembler à un gallinacé en train de glousser bêtement dans le métro. L’avant-propos m’a transformé en poule, et je n’ai pu retrouver mon aspect humain qu’après avoir tourné la dernière page. Un phénomène scientifique non expliqué jusqu’à ce jour, mais qui le sera très probablement dans le Futur (ce livre tient donc ses promesses, c’est un objet pas encore inventé).

Comme leur précédent ouvrage (je ne veux pas dire par là que les Auteurs manquent d’imagination… Simplement, ils sont carrés et aiment les choses organisées, nuance !), ce livre est divisé en chapitres thématiques. L’African Technology, Que fera la Police ?, Les films du futur, Un Pygmée à l’Elysée, Ailleurs, c’est encore pire… sont quelques-un des chapitres que vous pourrez picorer en toute confiance (garantis sans OGM ni paraben).

Evidemment, tout n’est pas hyper drôle. Les Auteurs tiennent à leurs Lecteurs, il faut donc leur ménager des pauses entre leurs séances d’abdo-zygo. Je vous recommande de faire des pauses régulières entre les chapitres, de bien vous hydrater, et d’y revenir quelques heures ou jours plus tard (je n’ai évidemment pas suivi cette notice d’utilisation, car comme chacun sait, les conseils que l’on prodigue ne sont bons que pour autrui). Mais chassez le naturel, il revient au galop. Et vlan, prend ce jeu de mot hilarant dans le bec, poulette ! Et ce mot mordant ! Et inspire cette belle auto-dérision, ça te fera les pattes !

Mister T. (prononcez “ti” comme tyrannosaure !) ,qui l’a lu aussi, commente ainsi de manière plus virile   : « Mais ça ne veut rien dire ! Ils se lâchent, ça fait plaisir ! ».

Sous ses airs ludiques, cet ouvrage cache naturellement une critique notre société actuelle, et nous pousse à méditer sur ce que l’on pourrait faire pour éviter le pire et léguer à nos descendants autre chose qu’une poubelle peuplée d’égoïstes querelleurs…

C’est donc un OVNI (Objet Vaillant Nettement Indispensable) au ton impertinent et ne ménageant ni la chèvre ni le chou qu’il vous faut absolument acquérir dans les plus brefs délais si vous avez envie de vous remettre au sport (sans quitter votre canapé) ou d’une transformation physique non irrémédiable (poule, dindon, autruche, qui sait ce qui peut se produire ?). Si vous êtes fauchés, comptez sur le Père Noël, qui saura se montrer généreux cette année, vu que vous avez été sages comme les images qui illustrent ce livre !

Petite fille Allez, quelques extraits parmi mes préférés :

Photo ci-contre : L’Effrayante Petite Fille qui hante plusieurs pages : “Ecoutez mes problèmes, ou je vous étrangle !” (p. 87, crédit photo : Photothèque Hachette).

Dans le Futur : “ »Votre troisième testicule a une taille tout à fait normale », nous rassure notre médecin.”” (p. 7)

Collège : « Les profileurs de la police mexicaine sont formels : c’est souvent au collège que se manifestent les premiers symptômes de comportements déviants, comme les réveils difficiles ou l’acné. [...] » (p. 46)

Les trois choses que les Français aiment le moins : – Le changement – La routine – Croiser d’autres Français lorsqu’ils sont à l’étranger” (p. 80)

La Corée : « En 1950, suite à une dispute pendant un match de ping-pong, le pays s’est retrouvé divisé en deux entités : à l’Est, la Corée du Nord, et à l’Ouest, la Corée du Sud. »  (p. 100)

La Corée du Sud : « Devise nationale : « Un bon teckel est un teckel mort«  ». (p. 101)

Mille mercis et bravos à Emmanuel Vincenot et à Emmanuel Prelle pour leur humour irrévérencieux !

L’avis de : Cathulu

Ed. Mille et une nuits, sept. 2010, 128 p.

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