Deux ans après leur désopilante Anticyclopédie Universelle, Emmanuel Vincenot et Emmanuel Prelle revienne nous titiller les zygomatiques avec Le Grand Livre du Futur.
« Maman, y a des images, dans ton livre ! » a dit Bébé Books, tout étonné. Eh oui ! Pour une fois, Maman a enfin un vrai livre entre les mains, généreusement illustré et coloré, pas un de ces trucs insipides qui alignent des milliers de petites fourmis noires sans queue ni tête !!!
Sur la forme, donc, tout est très réjouissant. Des illustrations, de vieilles photos jaunis, des cartes de géographie, des dessins, des menus, des gravures, des photomontages, des icones, des polices de toutes les couleurs : moi, j’aime qu’on colore ma vie comme ça ! Quel plaisir de voir nos yeux s’agrandir d’émerveillement et lifter ainsi notre visage fatigué par la lecture de gros pavés soporifiques (police 8 en italique, qui plus est) !
Sur le fond, en revanche… attendez-vous encore une fois à ternir votre respectabilité ou votre sexytude : vous aller probablement ressembler à un gallinacé en train de glousser bêtement dans le métro. L’avant-propos m’a transformé en poule, et je n’ai pu retrouver mon aspect humain qu’après avoir tourné la dernière page. Un phénomène scientifique non expliqué jusqu’à ce jour, mais qui le sera très probablement dans le Futur (ce livre tient donc ses promesses, c’est un objet pas encore inventé).
Comme leur précédent ouvrage (je ne veux pas dire par là que les Auteurs manquent d’imagination… Simplement, ils sont carrés et aiment les choses organisées, nuance !), ce livre est divisé en chapitres thématiques. L’African Technology, Que fera la Police ?, Les films du futur, Un Pygmée à l’Elysée, Ailleurs, c’est encore pire… sont quelques-un des chapitres que vous pourrez picorer en toute confiance (garantis sans OGM ni paraben).
Evidemment, tout n’est pas hyper drôle. Les Auteurs tiennent à leurs Lecteurs, il faut donc leur ménager des pauses entre leurs séances d’abdo-zygo. Je vous recommande de faire des pauses régulières entre les chapitres, de bien vous hydrater, et d’y revenir quelques heures ou jours plus tard (je n’ai évidemment pas suivi cette notice d’utilisation, car comme chacun sait, les conseils que l’on prodigue ne sont bons que pour autrui). Mais chassez le naturel, il revient au galop. Et vlan, prend ce jeu de mot hilarant dans le bec, poulette ! Et ce mot mordant ! Et inspire cette belle auto-dérision, ça te fera les pattes !
Mister T. (prononcez “ti” comme tyrannosaure !) ,qui l’a lu aussi, commente ainsi de manière plus virile : « Mais ça ne veut rien dire ! Ils se lâchent, ça fait plaisir ! ».
Sous ses airs ludiques, cet ouvrage cache naturellement une critique notre société actuelle, et nous pousse à méditer sur ce que l’on pourrait faire pour éviter le pire et léguer à nos descendants autre chose qu’une poubelle peuplée d’égoïstes querelleurs…
C’est donc un OVNI (Objet Vaillant Nettement Indispensable) au ton impertinent et ne ménageant ni la chèvre ni le chou qu’il vous faut absolument acquérir dans les plus brefs délais si vous avez envie de vous remettre au sport (sans quitter votre canapé) ou d’une transformation physique non irrémédiable (poule, dindon, autruche, qui sait ce qui peut se produire ?). Si vous êtes fauchés, comptez sur le Père Noël, qui saura se montrer généreux cette année, vu que vous avez été sages comme les images qui illustrent ce livre !
Allez, quelques extraits parmi mes préférés :
Photo ci-contre : L’Effrayante Petite Fille qui hante plusieurs pages : “Ecoutez mes problèmes, ou je vous étrangle !” (p. 87, crédit photo : Photothèque Hachette).
Dans le Futur : “ »Votre troisième testicule a une taille tout à fait normale », nous rassure notre médecin.”” (p. 7)
Collège : « Les profileurs de la police mexicaine sont formels : c’est souvent au collège que se manifestent les premiers symptômes de comportements déviants, comme les réveils difficiles ou l’acné. [...] » (p. 46)
“Les trois choses que les Français aiment le moins : – Le changement – La routine – Croiser d’autres Français lorsqu’ils sont à l’étranger” (p. 80)
La Corée : « En 1950, suite à une dispute pendant un match de ping-pong, le pays s’est retrouvé divisé en deux entités : à l’Est, la Corée du Nord, et à l’Ouest, la Corée du Sud. » (p. 100)
La Corée du Sud : « Devise nationale : « Un bon teckel est un teckel mort« ». (p. 101)
Mille mercis et bravos à Emmanuel Vincenot et à Emmanuel Prelle pour leur humour irrévérencieux !
L’avis de : Cathulu
Ed. Mille et une nuits, sept. 2010, 128 p.