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Qu’il était beau mon Meccano ! Jacques Gaillard

3 juin 2009

Envie de quelques douceurs d'antan sans prendre de poids ? J'ai ce qu'il vous faut : dans Qu'il était beau mon Meccano, l'auteur (que je ne connaissais ni d'Ev de Camélia-Jordana ni de Soan (mettons-nous à la page)), vous fait monter une vague de nostalgie à l'âme, y compris pour des objets que l'on n'a jamais connus, c'est vous dire tout son talent.

En "21 leçons de choses", Jacques Gaillard évoque tour à tour des objets aussi hétéroclites que l'anti-monte-lait, le berlingot Dop, et l'Isetta, aussi indignes que la laisse pour enfant ou le slip Kangourou, ou des trésors disparus comme les beaux buvards ou le silence. Mais avant tout, son érudition est baignée dans un coulis d'humour fort réjouissant. Ainsi :

"Au bout de cent soixante-quatre épisodes, Rintintin disparut sans aboyer gare. On espéra pendant plusieurs semaines son retour à l'heure habituelle, comme s'il était parti courir la chienne en chaleur, à la manière banale des médors du quartier. Mais non, il s'était envolé, et Rusty avec lui, sans doute renvoyé dans son collège après ces aventureuses vacances dans l'Ouest."

ou encore sur la laisse pour enfant :

"Je vais vous dire le fin mot : la laisse était un truc de ménagère, qui autorisait le port d'un cabas dans l'autre main, et de longues haltes bavardes devant la boulangerie. A l'époque, élever un enfant, jusqu'à l'âge de la maternelle, c'était surtout empêcher qu'il meure de la typhoïde ou se fasse écraser. La laisse réglait la moitié du problème. De plus, elle évitait de laisser roupiller dans la poussette un feignant de trois ans capable de marcher tout seul." (n'est-ce pas ?!!)

Mais loin d'être un catalogue, ce livre contient bon nombre de réflexions sur la société, son rapport à la consommation et la fulgurante progression de la science appliquée aux arts ménagers qui fait changer nos comportements et perdre la mémoire sur les précédents.

Le dernier chapitre est un post-scriptum (1964, signes des temps) plus pointu, dans lequel l'auteur y va de ses métaphores et digressions pour mettre en exergue des concepts et des idées (comment l'arrivée du poste de télévision a entraîné la réorganisation des living-rooms autour d'un meuble : le canapé).

Distrayant, intéressant, mixant légèreté et une véritable analyse de sujets moins futiles qu'ils n'y paraissent, ce recueil de leçons ne demande qu'à trouver place dans vos cartables, à côté des véritables petits biscuits secs…

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

Merci à Babelio et sa nouvelle édition de l'opération Masse Critique grâce à qui j'ai découvert ce chouette ouvrage !

Ed. Mille et Une Nuits, avril 2009, 178 p.

Le Petit Nicolas - Le Ballon, Goscinny & Sempé

1 juin 2009

Une ultime (?) régalade avec ces 10 histoires encore inédites du Petit Nicolas. Que dire de cet incontournable petit garçon (qui fête ses 50 ans cette année, mine de rien*… cf. l'exposition qui lui est par exemple consacrée à l'Hôtel de Ville de Paris jusqu'au 4 juillet 2009) ?

Accompagné de ses copains (quelqu'un cherche des idées de prénoms originaux ?!) : Clotaire le dernier de la classe, Agnan le chouchou de la maîtresse, Rufus au papa policier, Alceste le bâffreur, Eudes le costaud, Geoffroy le gosse de riche, et enfin Joachim, le petit Nicolas vit de drôles aventures dans la cour de récré ou dans le terrain vague du quartier. Parfois, ses parents sont victimes (en partie volontaires) des bêtises de leur rejeton. Dans un style très reconnaissable et délicieusement désuet, le petit Nicolas est une madeleine de Proust littéraire, dans laquelle on croque avec bon appétit, même si les histoires de ce recueil ne sont sans doute pas les meilleures (ce qui peut entraîner une réflexion sur la nécessité de publier TOUT ce qu'un auteur disparu a écrit dans sa vie, jusqu'à ses listes de courses… fermons la parent-thèse).

* 50 ans et l'air toujours aussi juvénile ?? J'aimerais bien connaître le nom de sa crème de beauté, à celui-là ! ;-)

IMAV éd., mars 2009, 163 p.

Elles se rendent pas compte, Boris Vian

23 janvier 2009

De Boris Vian, j'avais lu ("comme tout le monde", allais-je presque écrire), L'écume des jours, étudié au collège ou lycée. Et depuis, rien, malgré l'oeuvre prolifique de ce fascinant personnage. Heureusement que Co (sans blog mais elle va peut-être craquer cette année !) est passée par là (merci encore, miss !).

Présentation de l'éditeur :

"Que Gaya s'apprête à en épouser un autre, Francis, son ami d'enfance et amoureux d'occasion, aurait peut-être pu l'admettre à la rigueur. Mais que le fiancé lui fournisse de la drogue, non ! Surtout qu'il appartient à une drôle de bande, ce fiancé. Et qu'en plus il n'aime pas les filles. Et là, ça devient carrément louche. Parce qu'elle est d'une famille très riche, la petite Gaya. Alors il fonce, Francis. Beaucoup de bagarres, pas mal de sexe, quelques morts. Il faut ce qu'il faut : sans ça, elles se rendent pas compte ! Un " Vernon Sullivan " percutant, qui classe sans conteste Boris Vian parmi les classiques du polar noir."

J'ai énormément aimé me plonger dans l'univers loufoque de ce roman qui mêle intrigue policière, comédie de moeurs et nostalgie des années 60 (euh, pour ceux qui les ont connues ;-p ), époque à laquelle les filles s'appellent des "souris"… Et où les garçons sont tous prêts à jouer le chat ! Tous, non, en fait, puisque dans ce polar, la communauté homosexuelle est en bonne place. Trafic de drogue, belles voitures, déguisements, revolvers et cadavres animent le récit et l'on ne s'ennuie pas une seconde !

Le style de Vernon Sullivan, alias Boris Vian, fait un peu penser à celui de San Antonio… Le récit est au présent, ce qui lui donne un rythme effréné et confère au lecteur l'impression de vivre l'action en même temps que Francis, le narrateur. Ce dernier a un langage très vivant et un humour décapant qui font de ce récit un moment de plaisir gredin !

Je pense replonger prochainement dans l'oeuvre riche et variée de Boris Vian, puisque ces retrouvailles ont été très réussies.

Extrait (p. 35) :

"J'empoigne le sac de Gaya. C'est une jolie feinte. Et je fonce vers l'escalier. Il faut autre chose que trois lopes pour venir à bout du petit Francis.

Ouais. Seulement, sur l'escalier, il y a un nouveau genre de malabar.

Un type horrible. Il est roux, il a le crâne en pointe ; il est velu, il a l'air d'un ours ; il pèse au moins deux cents kilos et il est très méchant ; ça se voit à ses petits yeux de cochon enfoncés dans son lard."

Ed. Le Livre de Poche, 123 p. réédition d'août 2007.

Sous la dalle, Henri-Frédéric Blanc

30 avril 2008

Acheté sur un coup de tête, ou plutôt sur un coup d'oeil à la première et quatrième de couverture, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en ouvrant ce roman d'Henri-Frédéric Blanc. Eh bien, je peux dire que l'auteur a pondu un livre aussi original que son prénom.

Enterré vivant par mégarde, un homme doit affronter sa terreur, ses angoisses les plus enfouies (!) et surtout ses pertes de mémoire (ceux qui me connaissent comprendront que là, je ne peux que compatir ! ;-) ). Il ne souvient plus de son nom ni de ses dernières années de vie avant qu'il ne se trouve dans cette fâcheuse posture… Et cela est particulièrement handicapant, d'autant qu'il s'aperçoit assez rapidement qu'on l'a mis en bière avec son téléphone mobile, qui a tout l'air de fonctionner sous terre (hélas, l'auteur ne mentionne pas l'opérateur fournissant ce service, pour ma part, je capte déjà mal chez moi et à mon bureau, j'aurais bien changé de fournisseur…).

Pour en revenir à notre pseudo-mort, sachez qu'il tente de succomber à la folie, mais malheureusement, sa lucidité semble au contraire s'affûter, le plongeant dans des affres de douleur et d'impossible espoir… En effet, il parvient à joindre différents interlocuteurs, à commencer par la police, mais personne ne le croit !

S'ensuivent alors des dialogues improbables avec les "viandeux d'en haut", de longues réflexions sur la vie et son passé en particulier, et plus la Mort approche, plus le futur cadavre se sent un amour immodéré pour la Vie et les choses insignifiantes du quotidien.

La plume d'Henri-Frédéric Blanc est particulière : grinçante, jouant avec les mots et l'humoir noir, tout le monde n'aimera pas… Pour ma part, j'ai plutôt aimé - malgré quelques longueurs du texte - et particulièrement la scène du pince-fesses avec les morts du cimetière : un chapitre très réussi !

Extrait (p. 144) :

"Il était sur le qui-vive, les défunts qui l'entouraient semblaient tous un peu jaloux du reste d'existence qui palpitait encore en lui, de l'odeur de réalité émanant de sa personne. Eux seuls pouvaient l'aider à survivre, mais les noyés se moquent bien du naufragé agrippé à sa planche, leur unique plaisir c'est qu'il y ait un noyé de plus.

L'orgue se déchaînait, accompagné à la cornemuse par le tué du remonte-fesses, tandis que défunts et défuntes, exaltés par un requiem de plus en plus frénétique, se montaient l'occiput et criaient vengeance en pointant leurs os vers le "plancher des lâches" où végétaient ces sales debout aux faces de mardi gras, ces emmachinés, ces temporeux rosâtres, ces existouilleurs, ces vivants d'eau douce, ces respirateurs téléguidés, ces puceaux de la mort, ces bitumeux ingrats, ces vivantards bouffis, tous ces "viandeux d'là-haut" qui possédaient encore des oreilles pour écouter le chant des oiseaux et les vagues de la mer, mais qui préféraient les inepties et les mensonges de la télévision."

Ed. Le Serpent à plumes, coll. Motifs, 193 p.

Lucie le chien, Sophie Bienvenu

12 mars 2008

Lucie le chien est arrivée chez moi un bon matin (hélas, je n'ai pu l'accueillir chez moi que le soir venu, la trouvant grelottant au pied de mon immeuble).

Lucie est une petite chienne québécoise (enfin, française d'origine russe - dit-elle - vivant au Québec) qui n'a pas la langue dans sa poche (d'ailleurs, elle n'a pas de poches, comme tout chien qui se respecte).

Elle nous fait partager 5 années de sa vie de chien dans son journal intime (le format original de ce livre était un blog !). Dans ces courtes chroniques, un humour canin et un ton enfantin m'ont bien amusés. Lucie a des pensées simples mais pertinentes (pour la plupart ! Sur la recommandation de Cathulu, je n'ai pas lu la dernière chronique) et elle vit sereinement auprès de "ses humains", Dale et Sof, jusqu'au jour où une chatte débarque… bientôt suivi d'un "nours", alias Georges le gros chien. Il va alors falloir se battre pour défendre ses nonos et son territoire !

Extrait de "Général Lucie le chien, à la tête de l'armée qui vaincra les fortifications du lit" :

"J'essaie depuis plus de deux mois maintenant de dormir sur le lit, parmi mes humains qui m'appartiennent à moi (et que je prête, parce que je le veux bien… Tiens, la portée philosophique de la pub L'Oréal vient de me sauter à la gueule), DEUX MOIS ! (vous remarquerez aisément l'accent sur le deux mois).
J'ai tout d'abord tenté de m'y glisser comme si de rien n'était, comme si j'avais tout le temps eu le droit mais que je voulais juste pas.
Dale m'a sommée de descendre.
J'ai ensuite acheté le silence de Sof par des câlins et, grâce à son aide, j'ai passé quelques heures à couvert, sous les draps.
J'ai finalement été découverte, et j'ai été faite prisonnière. Même pu le droit de rentrer dans la chambre
."

Le livre en lui-même est d'un format agréable et contient de jolies photos et illustrations, cela rajoute au plaisir de le lire !

A noter, parce que c'est bien : tous les livres de la collection HAMAC (comme Lucie le chien) sont imprimés sur du papier recyclé, traité sans chlore et contenant 100 % de fibres postconsommation [...]. En respectant les forêts, le Septentrion espère qu'il reste toujours assez d'arbres sur terre pour accrocher des hamacs.

Les avis de : Frisette qui a envoyé ce livre à Cuné qui l'a fait suivre à Cathulu qui me l'a fait suivre ! Merci mille fois !

Et Lucie le chien reprend sa route de livre voyageur : il est parti chez Catherine du 31 !

Le petit livre des gros câlins, Kathleen Keating

1 mars 2008

Quatrième de couverture :

Les scientifiques sont d'accord : les câlins agissent miraculeusement sur notre bien-être physique et notre équilibre affectif. Ils rendent heureux, sèchent les larmes, donnent confiance en soi, apaisent les tensions, évitent les insomnies, ralentissent le vieillissement, facilitent les régimes… Alors, pourquoi s'en priver ? Réapprenons à nous parler avec les mains.

Après un peu de vocabulaire et un peu de science, place aux mille et une bonnes raisons de faire des câlins à son prochain ! Avec de rigolotes illustrations pleines d'ours blancs qui font d'admirables démonstrations de câlins (softs, les câlins, ceci n'est pas un kamasutra pour ours mais un livre tout public !), il est démontré que faire un câlin :

"-rend heureux

- dissipe la solitude

- sèche les larmes

- aide à surmonter la peur

- permet de construire l'estime de soi-même ("Doux Seigneur, elle a vraiment envie de me câliner !")

- ralentit les effets du vieillissement. Les adeptes des câlins restent jeunes plus longtemps.

- est excellent en cas de régime amaigrissant. Nous avons moins besoin de manger quand nous sommes gavés de câlins. De plus, nos bras sont occupés." (extrait p. 14-15)

Ce petit livre amusant et léger est à feuilleter en cas de petit coup de blues : il vous donnera le sourire… et l'envie de faire un gros câlin à votre bon vieux nounours !

Merci à Virginie de m'avoir offert ce livre (Lotobook) !

Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? Georges Perec

25 février 2008

En voilà, un drôle de petit livre !

Un appelé du contingent, le Pollak Henri, et ses amis de Montparnasse essaient avec beaucoup de mal de faire réformer un autre appelé (Karamanlis ou autre, puisque son nom varie selon la fantaisie de l'auteur) pour lui éviter d'avoir à servir en Algérie pendant la guerre d'indépendance. Ils envisagent ainsi par exemple de lui rouler dessus…

Mais toute cette farce n'est qu'un prétexte de l'auteur pour s'amuser, dans ce court texte complètement déjanté, avec la très large panoplie de figures de style et autres jeux de mots qu'offre la langue française.

Cela m'a beaucoup déroutée car je ne m'attendais pas à cela, et je ne comprenais pas tout dans ce roman… Mais il s'avère que c'est NORMAL ! Ce "récit épique en prose" est bourré de tournures de langage que je n'ai jamais apprises à l'école (mais que fait l'Education Nationale ? ;-) )…

C'est pourtant fort réjouissant, une fois qu'on a compris l'intention de Georges Perec, véritable artiste du cirque littéraire : jongler avec les mots !

Et pour notre culture générale, il nous offre un index à la fin du livre présentant les dizaines de procédés littéraires utilisés : abrégé, alexandrin, allusion, anaphore, antonomase, antonymie, apocope, calembour, chiasme, circonlution, diaphore, ellipse, épiphrase, euphémisme, métathèse… 

Un auteur que j'ai eu plaisir à découvrir et qui m'a fait fortement penser à Raymond Queneau !

Jugez par vous-même :

Extrait p. 29 :

"Et le lendemain, à peine la douce Aurore aux doigts boudinés eut-elle tiré du lit, non sans difficulté, le gars Phoebus, que le Pollak Henri, redevenu margis chez les tringlots, dévalant les boulevards périphériques de toute la vitesse de son pétaradant petit engin vélomotorisé dont les garnitures de frein venaient d'être entièrement révisées, alla porter la bonne nouvelle à son brave copain Karawurtz, à savoir que lui Pollak Henri et ses potes à lui (c'était nous ses potes à lui), on allait y casser le bras tous en choeur et en douceur un jour prochain qu'il viendrait en ville et qu'ensuite il n'aurait qu'à raconter qu'il a glisssé sur la peau de banane du grand plongeoir mécanique de la station de métro Tourelles et que, même si l'on en doute, la section psychothérapeutique du bataillon prendra l'affaire en mainet qu'il serait tranquille pour un bout de temps et que les Français, ils sont rejetés à la mer, les femmes et les enfants d'abord, les veuves ramenées dans leur douaire d'origine et l'armistice c'est dans la poche et la paix elle est signée."

Extrait p. 43 :

"Le lecteur qui voudrait marquer ici une pause, le peut".

Merci à Géraldine de m'avoir envoyé ce livre pour le Lotobook (n°1, je précise, maintenant que le second a eu lieu !).

Anticyclopédie Universelle, Emmanuel Vincenot & Emmanuel Prelle

15 janvier 2008

Ce livre est arrivé entre mes mains samedi… et j'ai aussitôt été pliée en deux… non pas prise de coliques, mais de rire ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant gloussé avec un livre !

Mais je vais vous expliquer de quoi il s'agit : l'Anticyclopédie Universelle (Tout sur tout et son contraire) répond, dans différents domaines, à toutes les questions que vous ne vous êtes jamais posées (à tort !), avec d'abondantes illustrations et moult traits d'humour.

Ainsi, au chapitre Histoire, vous apprendrez ce qu'est un gorak, et qu'il est difficile - mais pas impossible - de s'en débarrasser… Vous vous souviendrez que "Les hommes du Moyen Âge pratiquent l'amour courtois (c'est-à-dire sans pénétration)", et vous y trouverez la recette du philtre d'amour !

Je me suis esclaffée tout au long du récit "Mon voyage chez Mao" par Philippe Solers !

Mais ce n'est que le début, car suivent :

- l'Education (dont "comment reconnaître un élève sans se tromper ?")

- la Spiritualité & Philosophie (notamment : en quoi les Hommes et les Femmes aimeraient-ils être réincarnés… poilant !)

- Arts & Spectacles (entre autres, quelques critiques de films bien senties !)

- Sciences & Techniques (une très scientifique explication du système solaire ; vous saurez enfin à quoi servent les nombres premiers et le corps humain n'aura plus de secrets pour vous !)

- Témoignages et documents : que fait la police ? et autres sujets de société…

Vous l'aurez compris, si une petite déprime hivernale vous étreint, plongez dans cette désopilante Anticyclopédie, c'est un excellent remède ! Les risques : crampes d'estomac et de zygomatiques à force de se gondoler… Les nombreuses illustrations et la conception graphique réussie confère à cet ouvrage un charme fou : au début je pensais le picorer, et en réalité je l'ai lu d'une traite !

Un chouette livre (126 p.) publié chez Mille et Une Nuits, qu'il serait dommage de ne pas (s')offrir !

Extraits du Corps Humain (p.102) :

"Les empreintes digitales. Elles sont absolument uniques, pour faciliter les enquêtes de police."
"L'intestin. Une fois déplié, il couvre 2600 fois la distance séparant la cuisine des toilettes."
"Les muscles. Très susceptibles, ils se froissent facilement."

Le mot des auteurs :

"De quoi parle l'Anticyclopédie Universelle ? C'est très simple : d'absolument tout. Depuis les dinosaures jusqu'à la Grande Muraille de Chine, en passant par l'Apocalypse, Pif-gadget, et la recette du philtre d'amour, chaque sujet est abordé en détail, dans un souci de rigueur scientifique qui force l'admiration. Comme les meilleurs spécialistes n'étaient pas disponibles, nous avons dû vérifier par nous-mêmes le nombre de poils de l'oppossum ou la distance entre la Terre et Pluton. Mais nous ne regrettons rien, car nous avons la certitude que cet ouvrage sera utile à nos contemporains : il s'agit là d'une étape considérable dans le progrès des connaissances humaines. " E. P. et E. V.

Les avis tout aussi positifs de Fashion victim, Gachucha et Laurence du Biblioblog

Special thanks : à Emmanuel P. , pour m'avoir fait tant rire ! Merci mille fois !

Vous plaisantez, monsieur Tanner ; Jean-Paul Dubois

21 novembre 2007

Attention, travaux !

J'ai commencé ce livre qui traînait depuis un moment dans ma PAL la semaine dernière, à l'occasion de travaux de peinture dans l'appartement où je vis. J'ai pensé que c'était un excellent moyen de voir les bons côtés de cette période, contrebalançant le froid glacial (fenêtres ouvertes obligent), la facture de gaz à venir (chauffage mis malgré les fenêtres ouvertes pour que la peinture sèche), le fait de devoir se lever 1h30 plus tôt pour accueillir les ouvriers forts matinaux, et les odeurs de peinture donnant mal à la tête.

Eh bien, le pari est gagné ! Car monsieur Tanner, le malheureux héros de ce roman, connaît des déboires épouvantables avec les ouvriers des différents corps de métier qui viennent l'aider sur le chantier de rénovation de la maison qu'il a reçue en héritage…

Entre les ouvriers qui ne se présentent pas, ceux qui gonflent leurs factures au dernier moment, ceux qui font le boulot n'importe comment avec la radio à fond, ceux qui prient au lieu de travailler, ceux qui n'ont pas d'assurance en cas de dommages et ceux qui volent monsieur Tanner, ce dernier en voit de toutes les couleurs !

Ces mésaventures sont à la fois désopilantes (pour tous) et décourageantes (pour ceux qui font construire ou rénover un chantier immobilier) ! Enfin, on se dit quand même que le pauvre monsieur Tanner a accumulé le pire des malheurs pouvant exister, et que normalement, on n'accumule pas autant d'ennuis, sous peine de péter un boulon et de griller les fusibles !!!

J'avoue qu'il y a un petit côté qui m'a énervée : Tanner est vraiment trop crédule et se laisse arnarquer presque sans broncher, cela me faisait bouillir !

Un livre drôle, qui se lit sans réfléchir et offre une bonne détente (peut-être un peu lassant à la longue), à recommander sauf aux personnes stressées sur le point de faire appel à des entrepreneurs du bâtiment !

Les avis de : Biblioblog ; ValdebazCaro[line] ; Fashion victim ; Clarabel et tant d'autres…

Le Magasin des Suicides, Jean Teulé

16 octobre 2007

"Vous avez raté votre vie ?

Avec nous, vous réussirez votre mort !"

Voilà la promesse commerciale du Magasin des Suicides, que tient la famille Tuvache. Le père, Mishima, et la mère, Lucrèce, ont trois enfants. L'aîné est anorexique, la benjamine est un peu grassouillette et se trouve moche. Ils sont donc bien malheureux et cela ravit leurs parents.

Hélas, le petit dernier, Alan, naît le sourire aux lèvres. Pire, en grandissant, il chantonne, rit et voit la vie en rose, au grand désespoir de ses parents. En effet, un si joyeux enfant fait mauvais genre dans une boutique accueillant des gens désespérés, qui viennent choisir un moyen sûr de se suicider.

Parce qu'en effet, le choix est large : cordes de chanvre pour se pendre, lames de rasoir rouillées (si vous ne mourez pas d'hémorragie, vous mourrez du tétanos, un produit 2 en 1 !), parpaings pour sauter d'un pont et ne pas remonter à la surface de l'eau…

Et les clients sont nombreux. Hélas, ils ne reviennent pas, et pour cause ! Les Tuvache se doivent donc de soigner leur clientèle et faire ainsi marcher le bouche à oreille.

Alan va peu à peu faire changer les mentalités dans sa famille…

Voilà un livre amusant et bien écrit qui se lit facilement en moins de 2h. Il permet de se distraire de façon agréable et sans provoquer de mal de tête. Le sujet pourrait paraître glauque, mais il est ici traité avec humour (noir !), sans jugement ni leçon de morale.

En revanche - à mon avis - n'en attendez pas plus, ce n'est pas à hurler de rire, ni d'une écriture bouleversante… Sur la couverture, les critiques annoncent pourtant : "éblouissant", "bouleversé", "chef-d'oeuvre" et "génie"… Pour ma part, je n'irais pas jusque là ! C'est un roman sympa et on sourit volontiers à l'idée originale de Jean Teulé.

Un extrait :

"- Alan !… Combien de fois faudra-t-il te le répéter ? On ne dit pas «au revoir» aux clients qui sortent de chez nous. On leur dit «adieu» puisqu'ils ne reviendront jamais. Est-ce que tu vas finir par comprendre ça ?
Lucrèce Tuvache, très fâchée dans le magasin, cache entre ses mains crispées dans le dos une feuille de papier qui tremble au rythme de sa colère. Penchée sur son petit dernier, debout en short devant elle et qui la regarde de sa bouille réjouie, elle le sermonne, lui fait la leçon :
- Et puis cesse de chantonner (elle l'imite) : «Bon-zou-our !…» quand des gens arrivent. Il faut dire d'un air lugubre : «Mauvais jour, madame…» ou : «Je vous souhaite le grand soir, monsieur.» Et surtout, ne souris plus ! Tu veux faire fuir la clientèle ?… Qu'est-ce que c'est que cette manie d'accueillir les gens en roulant des yeux ronds et en agitant les index dressés en l'air de chaque côté des oreilles ? Crois-tu que les clients viennent ici pour contempler ton sourire ? Ça devient insupportable, ce truc-là. On va te mettre un appareil ou te faire opérer !"

D'autres avis (positifs !) : Arsenik (Biblioblog) ; Bernard ; Elfique ; Lhisbei ; Emeraude et … Cathulu ;Bluegrey ; Yueyin

Special thanks : merci à Nathalie de me l'avoir prêté ! Bye

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