tamaculture

Une parfaite journée parfaite, Martin Page

11 juillet 2010

Parfaite journée parfaite Envie d’un petit livre drôle et décalé pour l’été ? Je vous suggère de passer Une parfaite journée parfaite (titre inspiré de la chanson de Lou Reed, A perfect day) avec le narrateur dépressif de Martin Page. Sourires garantis !

Cet homme, dont on ne sait pas grand-chose à part qu’il a la cinquantaine et vit seul, nous décrit sa vie – d’une triste banalité – avec un humour noir décapant que j’adore. Attention, il ne se met aucune barrière et ce genre d’humour peut sans doute heurter la sensibilité de certains. Ainsi, lorsqu’il se rend chez son médecin :

“- Vous voyez là ? dit-il en pointant une énorme forme dans mon corps.
- C’est un cancer ?
Ca m’aurait embêté d’avoir un cancer : un collègue venait de nous annoncer qu’il souffrait d’un cancer des poumons. Il y a une telle compétition que tout le monde aurait pensé que je le copiais. Cela aurait été très gênant, comme de s’apercevoir au bal costumé de fin d’année que quelqu’un d’autre a aussi eu l’idée de se déguiser en Batman.”
(extrait p. 26)

Et encore, un passage qui fait mon bonheur :

“J’ai décidé d’arrêter de fumer. Cela est d’autant plus facile que je n’ai jamais commencé. Mais il est bien vu d’arrêter de fumer, car c’est le signe d’une grande volonté, d’une attention à sa santé et une preuve de respect à l’égard de son entourage, j’ai déclaré que j’arrêtais de fumer. La direction a félicité mon courage.
IL vaut mieux être un fumeur repenti ou repentant qu’un non-fumeur. Un non-fumeur, personne ne remarque son exploit de n’avoir jamais commencé, et il n’arrête pas de se plaindre de la fumée, il éternue, enfin, c’est un vrai rabat-joie. Le fumeur qui veut arrêter est un héros.”
(extrait p. 65)

Comme l’auteur s’est fendu d’une postface, je serais bien bête de ne pas citer son auto-analyse : “Une parfaite journée parfaite est un roman sur le désespoir mais aussi sur les mécanismes compensatoires à mettre en œuvre pour ne pas sombrer : la création, l’humour et la musique.”

L’avis de : Cathulu (qui, je m’en suis rendue compte après-coup, a aussi repris l’explication de texte de l’auteur… les grands esprits paresseux se rencontrent ! Light bulb).

Du même auteur, j’avais déjà grandement apprécié son premier roman : Comment je suis devenu stupide.

Edit du 19.07.10 : ce billet a été sélectionné par les éditions Points (que je remercie au passage !) et vous pouvez le retrouver ici sur leur nouveau site Le Cercle Points.

Ed. Le Manuscrit, 2002 et Points 2010, 107 p.

Les confessions de Victoria Plum, Anne Fine

10 avril 2010

Les confessions de Victoria Plum Extirpé par hasard de ma PAL par un Mister T. bricoleur, ce roman a été aussi vite englouti que les œufs de Pâques… Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, si l’on excepte l’indice donné dans le titre… Indice trompeur, si comme moi, vous ne saviez pas jusqu’ici que Victoria Plum est une marque de linge de maison (une sorte de Geneviève Lethu britannique, en somme).

En fait, le narrateur est Oliver Rosen, philosophe de métier, et ex-mari de Constance, la femme avec laquelle il a vécu seize ans en Angleterre et qui a élevé leurs deux filles. Celle-ci l’a quitté pour leur jardinier (une autre “femme au foyer désespérée” !) et depuis, Oliver est parti enseigner aux Etats-Unis.

Il revient pour les vacances d’été dans son ancien foyer (un nouveau mari occupant ses pantoufles), et alors qu’il écrit son autobiographie intellectuelle du fin fond de la lingerie (seule pièce où il peut avoir la paix), il ne peut s’empêcher de résumer en quelques phrases insensibles sa vie maritale. Comme Constance le connaît bien et qu’en bonne mère de famille, elle change régulièrement les draps, elle tombe sur le manuscrit de son mari planqué dans des taies d’oreiller (Victoria Plum, donc, si vous m’avez suivie), et, femme de caractère, s’autorise à rectifier “sa” vérité des moments partagés avec son taciturne et distrait philosophe d’ex-mari.

Ce roman croque avec une justesse étonnante la vie de couple et les aspirations de chaque personne qui le compose, tout cela avec un humour british jubilatoire. Les situations ne sont pas systématiquement drôles, il y a forcément des tensions et des coups bas, mais la façon de les raconter est particulièrement savoureuse ! Et avec un narrateur philosophe, le propos est inévitablement intelligent (même s’il n’est pas objectif), et mes méninges ont été mises à l’épreuve, lorsque j’essayais de suivre certains raisonnements (avec succès, ma foi… même si la question des anges dont l’un dit toujours la vérité et l’autre ment systématiquement a failli me refaire friser les cheveux – ce qui m’aurait arrangée, quelque part, ma permanente n’en ayant que le nom).

Un fort agréable moment de lecture, en somme !

Special thanks : à Bladelor, qui m’avait envoyé ce livre quand j’ai gagné le Lotobook de 2007 ! (tu vois, miss, il ne faut pas désespérer, même avec une vieille PALourde ! ;-)

Ed. Seuil (Points), avril 1995, 272 p.

Tu m’envoies un mail ?

7 avril 2010

tu m envoies un mail Une journaliste, pigiste rêvant d’un boulot plus stable, arrive pour la première fois dans le monde de l’Entreprise au sein du département Communication. Elle décrypte, en se servant de son humour comme arme de défense, les aberrations du système.

Vivre avec des chefs qui se contredisent les uns les autres, quand ce n’est pas eux-mêmes, suivre des procédures interminables de validation qui ralentissent (voire font disparaître) un projet, se voir réduit à accomplir des tâches inintéressantes ou inutiles, subir les menaces – à peine déguisées – les insultes, les dénigrements, les contradictions d’une supérieure à moitié folle (en tout cas, manipulatrice et jalouse), devoir participer à d’innombrables réunions superflues, passer une demi-heure à expliquer un point pour finir par s’entendre dire “tu m’envoies un mail”, voilà ce que découvre Emmanuelle Friedmann en débarquant dans l’Entreprise.

Pour moi, rien de cela n’est nouveau ni étonnant, je me suis donc ennuyée face à cette énumération de tableaux qui me sont apparus comme des clichés. La narration choisie pour ce témoignage, sous la forme de courts chapitres, a un peu sauvé la mise, mais je n’ai guère dépassé la moitié du livre, l’humour et l’ironie qui truffent les lignes finissant par être lourd et, à mes yeux, décrédibilisent le propos, dont le fond est finalement une situation tristement banale de harcèlement moral et d’organisation entrepreneuriale contre-productive contre lesquelles il est difficile de lutter.

Les avis de Cathulu et Esmeraldae, plus emballées.

Ed. Privé, mars 2010, 252 p.

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer

3 avril 2010

Quand souffle le vent du nord L’idée d’un livre constitué d’un échange d’emails n’est pas nouvelle. Cependant, j’ai été agréablement surprise par ce roman e-pistolaire écrit par un auteur viennois (jusqu’ici inconnu en France… il faut dire qu’il n’avait jamais été traduit en français avant cette année).

Emma veut résilier son abonnement à un magazine féminin régional : elle se trompe d’adresse email et l’envoie par erreur à un certain Leo Leike. Elle s’agace naturellement de ne pas recevoir de réponse et de continuer à recevoir le magazine incriminé. Finalement, Leo Leike répond et c’est le début d’un échange virtuel qui va s’étaler sur plus d’un an.

Paradoxalement, Emma (qui signe de son diminutif Emmi lorsqu’elle correspond avec Leo), est heureuse en ménage : elle vit avec Bernhard depuis près de dix ans et élève avec bonheur deux grands enfants de son mari, et pourtant, elle ressent un besoin toujours plus pressant de recevoir des emails de cet inconnu qui, au fil du temps, devient de plus en plus intime sans qu’ils ne se soient jamais rencontrés… De son côté, Leo, qui est assistant en psychologie du langage à l’université et vient de se séparer pour la énième fois de son ex, est attiré par cette femme dynamique, voire nerveuse, piquante, qui boit du whiskey et semble si parfaitement équilibrée dans sa vie.

En discutant de tout et de rien, en analysant leurs mots respectifs, en s’envoyant des piques ou des traits d’humour, ces deux individus qui n’auraient probablement jamais eu l’occasion de se rencontrer en chair et en os vont éprouver des sentiments l’un pour l’autre.

L’auteur a eu l’intelligence de ne pas polluer les échanges par des dates et heures, on a simplement l’objet de l’email et “trois jours plus tard” ou “30 secondes plus tard”… ce qui ne perturbe pas la fluidité de la lecture. Les messages sont écrits avec une psychologie parfaitement crédible de part et d’autre et l’humour et les personnalités d’Emmi et Leo sont très bien rendues par le seul biais des emails. On voit aussi combien il est difficile de se passer de messagerie électronique désormais : la plupart des gens sont complètement accros !

J’ai donc beaucoup apprécié ce roman et son virage final, qui n’était pas facile à négocier, mais l’auteur s’en est très bien sorti !

Les avis de : Cuné, Fashion, Celsmoon, Emeraude, Cathulu


Daniel Glattauer – Quand souffle le vent du nord (Trailer)
envoyé par hachette-livre. – Films courts et animations.

Ed. Grasset, traduit en 2010, 348 p.

Les silences du chat, Claire d’Aurélie & Fred Sochard

19 janvier 2010

Silences du chat C’est l’histoire, non pas d’un rat de bibliothèque, mais d’un chat de librairie. Ou plutôt, d’un chat libraire. “Ne soyez pas étonnés. Les chats ont souvent un métier. C’est d’ailleurs grâce à eux que certains métiers n’ont pas disparu et qu’il y a encore de bons libraires.” (p. 1)

Pour qui aime les chats, on en apprend de belles :

“Croyez-vous que c’est par hasard, en jouant, que votre chat a allumé votre transistor justement réglé sur France Culture ?”.

“Lorsqu’un chat libraire fait une sieste, c’est qu’il a lu un texte trop ardu ou ennuyeux. Celui-ci, par exemple, faisait une sieste chaque fois qu’il tentait de lire François Sourissier : il ne le supportait pas.”

Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire de ce chat libraire qui lisait la nuit pour aider le libraire à conseiller ses clients le jour. Ledit libraire, cet ingrat, en vint à jalouser le chat : bien mal lui en prit…

Ce très court conte moderne et amusant de Claire d’Aurélie est joliment illustré (à l’encre ou fusain, je ne suis pas très savante sur le sujet !) par Fred Sochard (connu en tant qu’illustrateur jeunesse). J’ajoute que ce chouette livre est publié par une petite maison d’édition : Paupières de terre, et il est accompagné d’un marque page assorti, la classe ! Dommage, je n’ai trouvé ni leur site internet, ni même de photos de la couverture de ce livre, que j’ai dû photographier moi-même (non, mais, franchement, ma bonne dame, ce qu’il ne faut pas faire en 2010 !!! I dont know)

Parfait pour les amoureux des chats dès qu’ils savent lire, et bien sûr, chat-leureusement recommandé par nos amis chats libraires !

Ed. Paupières de terre, réédition nov. 2009, 48 p.

 

Bien des choses, François Morel

19 septembre 2009

Bien des choses 

Voilà de quoi prolonger les vacances…

Qui n’a jamais, en effet, séché devant la énième carte postale à envoyer à Tatie Renée ou à un collègue de bureau auquel on se passerait bien de penser durant les vacances ?

En s’inspirant de sa pièce de théâtre du même nom, qu’il a interprétée sur scène avec Olivier Saladin, François Morel (oui, l’ex-Deschiens) réunit dans cet ouvrage la crème des cartes postales les plus caricaturales, et bien sûr, c’est drôle à souhait :

 

Tout au long du siècle dernier, le vingtième, l’une des traditions estivales consistait à s’adresser des mots écrits à la main sur des petits bouts de carton. […] Comme dans les romances, l’optimisme était de mise sur les cartes postales : le ciel toujours bleu, la mer toujours belle, les vacances toujours bonnes (quoique trop courtes). On ignorait les insolations, les méduses, les moustiques, les attentes dans les aéroports, les routes surchargées, les retards des trains, les locations décevantes, les grains de sable dans les chaussures et les fourmis dans la salade… Sur les cartes postales, simplement, la vie se rêvait idéale.

lettre-sofia-lorraine- bien-des-choses-françois-morel-futuropolis C’est ainsi que M. et Mme Brochon échangent des cartes postales d’une banalité qui serait affligeante si elle n’était pas amusante (parce qu’on est obligé de se reconnaître un peu dans ces lignes !) avec M. et Mme Rouchon. Mais  au travers de ces cartes postales, c’est une féroce critique de notre société qui transparaît.

Que penser des gens qui voyagent jusqu’ à l’autre bout du monde et se collent devant TV5 pour regarder Questions pour un champion (c’est valable pour Navarro aussi !) ? Quelle attitude faudrait-il avoir devant des enfants qui mendient des piécettes ou des bouteilles d’eau dans les pays les moins développés ? “Si on donne à un, on est obligés de donner à tous. C’est pas facile” dit M. Rouchon en se débarrassant ainsi de sa mauvaise conscience.

lettre-le-retour- bien-des-choses-françois-morel-futuropolis Et qui n’a pas connu un M. Dupuy, l’inénarrable joyeux drille (dit-on le premier jour, avant qu’il ne devienne “le gros lourd”) d’un groupe de vacanciers, lesquels supportent des jeux de mots affligeants tant qu’ils sont trop lâches pour lui dire ses quatre vérités ?

Les textes sont agrémentés de sympathiques dessins de Rabaté (dont j’ai parlé cette semaine), se lisent avec délice et donnent à réfléchir… A bon entendeur…

Ed. Futuropolis, août 2009, 180 p.

Toujours prêt, Jeeves ? P.G. Wodehouse

7 septembre 2009

J'avais lu une ou deux des aventures de Bertram Wooster dans ma vie "d'avant-blog" et c'est avec joie que je l'ai retrouvé dans cet opus. Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que ce gentleman anglais est célibataire, qu'il attire systématiquement et malgré lui une certaine intellectuelle quand elle est entre deux amours (et manque de peu de convoler en justes noces), et bien qu'il ne fasse rien de spécial dans la vie à part en profiter et fréquenter des clubs de gentlemen, il lui arrive toutes sortes de mésaventures. Heureusement, Jeeves, son fidèle majordome à la cervelle herculepoirotesque, est là pour le sortir d'affaire…

C'est étrange : les intrigues qui s'entrecroisent sontt plutôt minces (un fiancé jaloux, une tante qui doit absolument vendre son magazine à un vieux raseur…) mais l'exploitation parfaite de l'humour british et la galerie de personnages hauts en couleurs (tout est dans les détails : le fiancé à la tête de citrouille, la tante qui balance des Agatha Christie dès qu'elle s'énerve ou angoisse…) font de cette aventure pseudo-policière une lecture jubilatoire et très divertissante. J'adore l'ambiance très anglaise qu'on y retrouve dès qu'on plonge dedans, et j'aimerais beaucoup goûter au fameux "cocktail spécial" de Jeeves !

A tester d'urgence si vous ne connaissez pas !

Merci à Alinéa de m'avoir offert ce divertissement lors du Lotobook !

Ed. 10-18, 2007, 246 p.

Qu’il était beau mon Meccano ! Jacques Gaillard

3 juin 2009

Envie de quelques douceurs d'antan sans prendre de poids ? J'ai ce qu'il vous faut : dans Qu'il était beau mon Meccano, l'auteur (que je ne connaissais ni d'Ev de Camélia-Jordana ni de Soan (mettons-nous à la page)), vous fait monter une vague de nostalgie à l'âme, y compris pour des objets que l'on n'a jamais connus, c'est vous dire tout son talent.

En "21 leçons de choses", Jacques Gaillard évoque tour à tour des objets aussi hétéroclites que l'anti-monte-lait, le berlingot Dop, et l'Isetta, aussi indignes que la laisse pour enfant ou le slip Kangourou, ou des trésors disparus comme les beaux buvards ou le silence. Mais avant tout, son érudition est baignée dans un coulis d'humour fort réjouissant. Ainsi :

"Au bout de cent soixante-quatre épisodes, Rintintin disparut sans aboyer gare. On espéra pendant plusieurs semaines son retour à l'heure habituelle, comme s'il était parti courir la chienne en chaleur, à la manière banale des médors du quartier. Mais non, il s'était envolé, et Rusty avec lui, sans doute renvoyé dans son collège après ces aventureuses vacances dans l'Ouest."

ou encore sur la laisse pour enfant :

"Je vais vous dire le fin mot : la laisse était un truc de ménagère, qui autorisait le port d'un cabas dans l'autre main, et de longues haltes bavardes devant la boulangerie. A l'époque, élever un enfant, jusqu'à l'âge de la maternelle, c'était surtout empêcher qu'il meure de la typhoïde ou se fasse écraser. La laisse réglait la moitié du problème. De plus, elle évitait de laisser roupiller dans la poussette un feignant de trois ans capable de marcher tout seul." (n'est-ce pas ?!!)

Mais loin d'être un catalogue, ce livre contient bon nombre de réflexions sur la société, son rapport à la consommation et la fulgurante progression de la science appliquée aux arts ménagers qui fait changer nos comportements et perdre la mémoire sur les précédents.

Le dernier chapitre est un post-scriptum (1964, signes des temps) plus pointu, dans lequel l'auteur y va de ses métaphores et digressions pour mettre en exergue des concepts et des idées (comment l'arrivée du poste de télévision a entraîné la réorganisation des living-rooms autour d'un meuble : le canapé).

Distrayant, intéressant, mixant légèreté et une véritable analyse de sujets moins futiles qu'ils n'y paraissent, ce recueil de leçons ne demande qu'à trouver place dans vos cartables, à côté des véritables petits biscuits secs…

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

Merci à Babelio et sa nouvelle édition de l'opération Masse Critique grâce à qui j'ai découvert ce chouette ouvrage !

Ed. Mille et Une Nuits, avril 2009, 178 p.

Le Petit Nicolas – Le Ballon, Goscinny & Sempé

1 juin 2009

Une ultime (?) régalade avec ces 10 histoires encore inédites du Petit Nicolas. Que dire de cet incontournable petit garçon (qui fête ses 50 ans cette année, mine de rien*… cf. l'exposition qui lui est par exemple consacrée à l'Hôtel de Ville de Paris jusqu'au 4 juillet 2009) ?

Accompagné de ses copains (quelqu'un cherche des idées de prénoms originaux ?!) : Clotaire le dernier de la classe, Agnan le chouchou de la maîtresse, Rufus au papa policier, Alceste le bâffreur, Eudes le costaud, Geoffroy le gosse de riche, et enfin Joachim, le petit Nicolas vit de drôles aventures dans la cour de récré ou dans le terrain vague du quartier. Parfois, ses parents sont victimes (en partie volontaires) des bêtises de leur rejeton. Dans un style très reconnaissable et délicieusement désuet, le petit Nicolas est une madeleine de Proust littéraire, dans laquelle on croque avec bon appétit, même si les histoires de ce recueil ne sont sans doute pas les meilleures (ce qui peut entraîner une réflexion sur la nécessité de publier TOUT ce qu'un auteur disparu a écrit dans sa vie, jusqu'à ses listes de courses… fermons la parent-thèse).

* 50 ans et l'air toujours aussi juvénile ?? J'aimerais bien connaître le nom de sa crème de beauté, à celui-là ! ;-)

IMAV éd., mars 2009, 163 p.

Elles se rendent pas compte, Boris Vian

23 janvier 2009

De Boris Vian, j'avais lu ("comme tout le monde", allais-je presque écrire), L'écume des jours, étudié au collège ou lycée. Et depuis, rien, malgré l'oeuvre prolifique de ce fascinant personnage. Heureusement que Co (sans blog mais elle va peut-être craquer cette année !) est passée par là (merci encore, miss !).

Présentation de l'éditeur :

"Que Gaya s'apprête à en épouser un autre, Francis, son ami d'enfance et amoureux d'occasion, aurait peut-être pu l'admettre à la rigueur. Mais que le fiancé lui fournisse de la drogue, non ! Surtout qu'il appartient à une drôle de bande, ce fiancé. Et qu'en plus il n'aime pas les filles. Et là, ça devient carrément louche. Parce qu'elle est d'une famille très riche, la petite Gaya. Alors il fonce, Francis. Beaucoup de bagarres, pas mal de sexe, quelques morts. Il faut ce qu'il faut : sans ça, elles se rendent pas compte ! Un " Vernon Sullivan " percutant, qui classe sans conteste Boris Vian parmi les classiques du polar noir."

J'ai énormément aimé me plonger dans l'univers loufoque de ce roman qui mêle intrigue policière, comédie de moeurs et nostalgie des années 60 (euh, pour ceux qui les ont connues ;-p ), époque à laquelle les filles s'appellent des "souris"… Et où les garçons sont tous prêts à jouer le chat ! Tous, non, en fait, puisque dans ce polar, la communauté homosexuelle est en bonne place. Trafic de drogue, belles voitures, déguisements, revolvers et cadavres animent le récit et l'on ne s'ennuie pas une seconde !

Le style de Vernon Sullivan, alias Boris Vian, fait un peu penser à celui de San Antonio… Le récit est au présent, ce qui lui donne un rythme effréné et confère au lecteur l'impression de vivre l'action en même temps que Francis, le narrateur. Ce dernier a un langage très vivant et un humour décapant qui font de ce récit un moment de plaisir gredin !

Je pense replonger prochainement dans l'oeuvre riche et variée de Boris Vian, puisque ces retrouvailles ont été très réussies.

Extrait (p. 35) :

"J'empoigne le sac de Gaya. C'est une jolie feinte. Et je fonce vers l'escalier. Il faut autre chose que trois lopes pour venir à bout du petit Francis.

Ouais. Seulement, sur l'escalier, il y a un nouveau genre de malabar.

Un type horrible. Il est roux, il a le crâne en pointe ; il est velu, il a l'air d'un ours ; il pèse au moins deux cents kilos et il est très méchant ; ça se voit à ses petits yeux de cochon enfoncés dans son lard."

Ed. Le Livre de Poche, 123 p. réédition d'août 2007.

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