tamaculture

Gags, Mix & Remix

8 octobre 2011

gags Mix & Remix est le pseudo d’un dessinateur de presse suisse aussi célèbre en son pays que Plantu en France. On peut trouver ses dessins dans L’Hebdo, un magazine d’actualités helvétique, dans Courrier International, Lire, L’Express et dans les numéros de Siné Hebdo, journal satirique qui parut de 2008 à 2010 en France. C’est justement Siné qui préface en une double page “manuscrite” et très drôle ce nouvel album intitulé sobrement Gags.

En un peu plus de 150 pages de strips d’une efficacité redoutable, Mix & Remix brosse un portrait – parfois cynique – de nos sociétés occidentales. Le couple, la religion, l’artiste, le super-héros, la politique, l’automobiliste… le tour d’horizon est large et m’a beaucoup amusée.

Si la plupart des planches sont en monochromie, allant de pair avec le trait épuré qui caractérise le style du dessinateur, quelques planches en couleurs donnent un côté chic à ce bel album des Cahiers Dessinés.

Une lecture détente, dont on peut croquer sans peine quelques pages le soir pour s’endormir avec le sourire !

LibrairieMédias

Les Médias : “J’ai été enlevé par des extraterrestres qui ont fait des expériences sur moi…
                    – … Des expériences sexuelles ? …
                    – … Non ! …”

Ed. Libella, coll. Les Cahiers Dessinés, sept. 2011, 158 p.

Doppler, Erlend Loe

14 juillet 2011

doppler Erlend Loe est passé chez moi pour la première fois en mars dernier. Son originalité et son humour m’avaient enthousiasmée, et je m’étais empressée de lui rendre visite à mon tour au Salon du Livre de Paris. Là, j’avais fait l’acquisition de Doppler. Et sous vos yeux ébahis, qui n’en reviennent toujours pas que j’aie laissé ce roman mûrir moins de 4 mois dans ma PAL (on ne peut même pas le qualifier “d’entre-deux”, à ce stade), je vous présente donc l’incroyable Doppler. Ce type est quand même dingue. A la suite d’une chute de vélo, il réalise qu’il n’a que faire de la société consumériste et vénale dans laquelle il vit. Il quitte derechef maison, femme et enfant, et s’en va vivre dans la forêt d’à-côté (en Norvège, les forêts jouxtent les maisons, c’est fou, non ?). Il faut dire que la mort de son père lui avait fichu un coup. Non qu’il le connaissait particulièrement… La preuve, il a découvert post-mortem que son père avait photographié, durant les dernières années de sa vie, tous les waters dans lesquels il avait déposé son urine sacrée. Comme quoi, on ne connaît jamais véritablement les gens…

Au bout de quelques temps passé dans la forêt, Doppler est devenu bien maigre. Il se résout à tuer un élan pour se sustenter. Las, il s’agissait d’une femelle, et son petit orphelin a décidé que Doppler serait sa nouvelle maman. Après avoir tenté en vain de se débarrasser de l’animal, puis, pris de pitié et de culpabilité, Doppler adopte le petit boulet, qu’il baptise Bongo. Ils vont vivre ensemble moult aventures sylvestres, et ils auront ensemble de très sérieuses discussions sur l’espèce humaine, l’imbécilité de rester “appliqué” toute sa vie, et la vacuité de la possession matérielle.

D’autres personnages vont entrer, plus ou moins contre la volonté de Doppler, dans ce monde déjanté, pour notre plus grand régal : un cambrioleur équitable, un maquettiste cinglé, et un “mec de droite” dont la vie va être complètement bouleversée après sa rencontre avec notre héros.

Outre l’originalité du récit, le style très frais et l’humour d’Erlend Loe m’ont remplie de joie. Doppler est, au final, une histoire un peu surréaliste qui a pour fond la paternité et le sens de notre présence sur terre.

Fort distrayant !

Ed. Gaïa, mars 2006, 203 p. (et en poche chez 10×18)

La septième vague, Daniel Glattauer

3 avril 2011

Septieme vague Si vous n’avez pas été ébouriffé l’an dernier par Quand souffle le vent du nord, je vous laisse d’urgence rattraper votre retard avant de lire la suite de ce billet. Car voici (déjà, allais-je dire, tant on a l’habitude de devoir patienter plus d’un an pour lire les tomes deux) la suite tant désirée (par certaines, mais par souci de discrétion, je ne dénoncerai personne) de ce roman e-pistolaire.

On s’en souvient (oui, même moi !), à la fin du précédent roman et après plus d’un an d’échanges d’emails, Emmi proposait à Leo une rencontre en chair et en os. Mais Bernhard, le mari d’Emmi, avait découvert sa “liaison virtuelle” et avait contacté Leo en l’autorisant à rencontrer et même à coucher (une fois) avec sa femme, afin de mettre fin à cette illusion de perfection dont elle rêvait à travers cette relation épistolaire. Sans rien dire à Emmi, Leo avait décidé de fuir à Boston.

La septième vague commence quelques semaines plus tard. Emmi envoie un email on ne peut plus synthétique “Bonjour”. Elle reçoit une réponse automatique du manager système. Elle renouvelle son essai trois mois plus tard. Avec un peu plus de succès : Leo est rentré de Boston. Même si leur situation sentimentale respective a changé, les deux correspondants s’aperçoivent vite que leur histoire n’a pas encore connu sa FIN. Et leur délicieux ping-pong virtuel reprend, mêlant toujours humour, double sens, interrogations, sentiments en tous genres, ironie et auto-dérision, avec une vraie interrogation de fond sur les relations amoureuses et tout un kit d’à-côtés : le sens du devoir, l’auto-persuasion, le refoulement, l’acceptation, la quête du bonheur (encore faut-il savoir à quoi il correspond exactement).

J’ai particulièrement aimé :

1. Le cadeau que fait Emmi à Leo
2. Les rôles de la thérapeute et du conseiller financier d’Emmi
3. La réapparition des whiskeys d’Emmi et des amis de bordeaux de Leo.
4. Toute la psychologie du roman, Daniel Glattauer n’a rien perdu de sa justesse en la matière.
5. Les listes d’Emmi, ses provocations… et bien sûr, les réponses de Leo. Du genre :

Objet : Dis-moi seulement…
… ce que tu fais de mes mails.
a. tu les effaces sans les lire.
b. tu les lis et tu les effaces.
c. tu les lis et tu les gardes.
d. tu ne les reçois pas.

Cinq heures plus tard
REP :
c

Le matin suivant
Objet : Bon choix !
Le meilleur choix possible, Leo ! Et cette façon si détaillée de le décrire, de le justifier, de le mettre en forme ! Ah, ta réponse t’a-t-elle donné une crampe et une tendinite au poignet, ou vas-tu ajouter quelque chose ? Amicalement, Emmi.

Cette fois encore, l’auteur a su faire battre mon cœur au rythme des réceptions de messages, à me faire surfer sur le haut et les creux des vagues de la relation si, si, si compliquée de nos deux amoureux des mots. Alors, vont-ils finir par se voir en chair et en os ? Vont-ils mettre définitivement fin à leurs échanges ? Continuer à se tenir à distance respectable ? Laisser sortir leurs sentiments de l’armoire ? Ne comptez pas sur moi vous dévoiler quoi que ce soit… et sautez les yeux fermés sur cette suite réussie, qui se dévore à toute allure ! (NB : si j’ai entendu plusieurs lectrices dire que la fin les avaient déçues, pour ma part, munie de cet avertissement et craignant le pire, je ne l’ai pas été, finalement ! Mais je crois comprendre que c’est seulement le dernier chapitre, d’à peine douze lignes, qui a pu sembler superflu à certaines, et je suis plutôt d’accord… sans que cela n’enlève rien au charme de ce roman. AH, Leo !)

Les avis de : Bladelor, Leiloona, (à suivre !)

Ed. Grasset, avril 2011, 348 p.

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