tamaculture

Autobiographie d’une fille gaga, Diglee

15 février 2011

Diglee Profitant sans doute de la vague de succès de ses aînées parisiennes, Pénélope Bagieu et Margaux Motin, une nouvelle surfeuse lyonnaise prénommée Diglee arrive en librairie (à ne pas confondre avec Dugly, qui appartient à la race canine).

Si le dessin est tout aussi maîtrisé, on sent que Diglee a encore un pied dans l’adolescence… et qu’elle est en train de construire sa personnalité d’adulte. C’est tout à fait normal : elle a 22 ans ! Mais cela explique que je me sois moins retrouvée dans ses aventures que dans celle de Margaux Motin, trentenaire et maman. Il y a parfois des points communs dans leurs planches, par exemple celle où elles posent avec leurs mère et sœur respectives (si j’ai bien compris, Diglee a été prise sous l’aile de Margaux, elle a donc bénéficié de ses conseils) et elles ont toutes une passion commune pour les chaussures (je ne leur jetterai pas la première pierre, héhé).

Diglee présente donc sa petite sœur, plus “”poitrinée” qu’elle, c’est énervant, sa mère, plus belle que jamais, c’est énervant aussi, son artiste de boyfriend, sa BFF (best friend forever) et raconte ses folies (de shopping), ses conversations de filles (à la recherche de l’acteur qui ferait un mari parfait… celui qui mesure au moins 6 cm de plus que soi, parce que bon, quand on veut porter des talons, faut pas avoir l’impression de sortir avec son petit frère), sa passion pour Lady Gaga.

Un album aussi pêchu que sa couverture, qui fera très certainement le bonheur de nos adolescentes et sourire celles, plus âgées, qui ont envie d’un petit bol de fraîcheur !

Le blog de l’illustratrice Diglee. pour suivre ses aventures au quotidien (ou presque).

Ed. Marabout (coll. Marabulles), jan. 2011, 144 p.

La théorie de la contorsion, Margaux Motin

21 novembre 2010

Théorie contorsion Margaux Motin n’aime pas être étiquetée, telle une chemise blanche basique Zara de la collection automne-hiver.

C’est un personnage complexe, lunatique et qui évolue sans cesse. Elle n’est pas illustratrice. Elle n’est pas mère. Elle n’est pas épouse. Elle n’est pas fille. Elle n’est pas copine. Elle est toutes ces femmes à la fois, et c’est ce qu’elle démontre à travers les quelques cent cinquante planches de ce second tome de ses aventures (je n’ai pas lu le premier, J’aurais adoré être ethnologue).

Les scénettes sentent le vécu et font mouche : c’est plutôt drôle, et elle pousse le bouchon plus loin que ce que j’aurais imaginé. Evidemment, ça parlera plus aux fashionistas, parce que la dame est quand même bien accro aux tendances de la mode, surtout aux chaussures. Mais ça touchera aussi les mères, les filles, les copines… Bref, un public féminin assez large, somme toute !

L’auteur occupe l’espace avec originalité, opérant en noir et blanc ou par touches de couleurs, allant jusqu’à incruster des photos dans ses dessins.

Sans révolutionner le genre, cela reste un album distrayant, agréable à feuilleter et qui donne le sourire !

NB : il semble que les fans qui suivent le blog de l’auteur aient été déçus : peu de nouveautés dans cet album par rapport à ce qui a déjà paru en ligne.

Ed. Marabulles, sept. 2010, 176 p.

 

Blacksad t.4 : “L’Enfer, le silence” – Diaz Canales & Guarnido

2 octobre 2010

Blacksad T4 ENFIN ! Près de cinq ans d’attente pour les fans de Blacksad, c’est bel et bien l’Enfer, ce silence, messieurs Canales et Guarnido !!! Je relis avec un brin de nostalgie mon billet sur les 3 précédents tomes (un billet parmi les premiers de ce blog, qui remonte à 4 ans et demi !)… Si Blacksad n’a guère changé, j’ai l’impression d’avoir un peu progressé depuis !

Bref, j’enchaîne avec cet album tant guetté dans les rayons des libraires (les tomes précédents remontaient respectivement à 2000, 2003 et 2005, je savais qu’il faudrait prendre son mal en patience, mais 5 ANS, quand même !!!). John Blacksad est toujours ce grand chat détective privé au regard vert acéré et portant aussi bien le costume que Barney Stinson. Il se rend avec Week, son ami reporter du What’s News, dans le célèbre berceau du jazz : La Nouvelle-Orléans des années 50. Ils doivent démêler une embrouille dont ils n’ont pas toutes les cartes en main.

Ambiance meurtres, drogue et jazz, bien sûr !

L’enquête est passionnante, le rendu des bas-fonds de la ville parfait, l’action virevolte entre bars sordides et maisons coloniales ombragées, on passe du carnaval au désespoir d’un musicien drogué… Les dessins et couleurs sont superbes, les traits puissants, l’effet percutant. 

Pour mémoire, les personnages sont tous des animaux anthropomorphes : chiens, rhinocéros, chèvres, singes… sont représentés comme dans le dessin animé Le Tour du Monde en 80 jours… (d’ailleurs, Week me fait penser à Passe-Partout !), ce qui permet de créer une distance pour traiter de sujets très humains comme un scandale de santé publique…

Une seule question me taraude l’esprit : combien de temps devra-t-on attendre le tome 5 ?!!

Ed. Dargaud, sept. 2010, 54 p.

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