tamaculture

Le Sauveteur, Jirô Taniguchi

27 avril 2008

Présentation de l'éditeur :

Shiga est gardien de refuge dans les Alpes japonaises. Il y a treize ans, son ami Sakamoto lui a demandé, avant de mourir, de veiller sur sa femme et sa fille. Une tâche dont Shiga n'a pas eu à s'acquitter jusqu'au jour où l'épouse de Sakamoto vient solliciter son aide pour retrouver sa fille disparue. Shiga quitte alors sa montagne et se retrouve rapidement à Shibuya, l'un des quartiers chauds de Tôkyô. Là se dévoilent le vrai Visage de la jeune Megumi et un monde la nuit aussi dangereux que sordide…

Jirô Taniguchi promène ici son lecteur des grands espaces à la jungle urbaine, jusqu'à un final magistral. Une nouvelle démonstration du talent de l'un des grands de la BD nippone.

Mon avis :

Cette histoire en treize chapitres est agréable à lire, mais elle ne m'a pas transcendée. Une histoire d'amitié sur fond de culpabilité, de jolis paysages de montagne puis l'animation des quarties chauds de Tôkyô, un héros plus vrai que nature et une jeune fille à sauver… Un scénario assez classique ! Le graphisme m'a plu, même si Shiga, le héros, a toujours un peu la même expression avec ses sourcils froncés (cf. la couverture !).

Il y a certainement un reflet de la réalité quant aux moeurs de la jeunesse japonaise, et cela est bien inquiétant : des jeunes filles encore lycéennes ont des "souteneurs" qui leur payent le karaoké et des consommations en échange de quelques faveurs…

Le Sauveteur est un manga plaisant, facile d'accès, que vous pouvez découvrir tranquillement si vous tombez un jour dessus !

Ed. Casterman, 2007, 334 p.

Chéri Bibi, t.3 - Bertho & Boidin

26 mars 2008

Après Fatalitas et Le Marquis vient de paraître le dernier tome de la bande dessinée Chéri-Bibi : Cécily.

Bertho et Boidin achève leur adaptation de l'oeuvre de Gaston Leroux par un volume à la hauteur des deux premiers. Un dessin soigné, ambiance très XIXème s., des couleurs chaudes… Car la violence est omniprésente, entremêlée d'amour, bien sûr…

Chéri-Bibi, forçat évadé du bagne où il avait été envoyé après une condamnation (injuste) pour meurtre, rentre en France. Mais nul ne va le reconnaître, puisqu'il a pris les traits du Marquis, l'époux de Cécily. Or cette dernière déteste son mari. Chéri-Bibi, toujours amoureux fou de son amour de jeunesse, va devoir reconquérir Cécily avec son nouveau visage et les défauts du Marquis en prime.

Parallèlement, Chéri-Bibi, heureusement secondé de son fidèle La Ficelle, doit faire face à des intrigues politiques et à des jalousies d'admirateurs de Cécily… De sanglantes scènes seront la preuve que malgré les apparences, Chéri-Bibi n'a rien perdu de sa combativité…

Cécily n'est pas tendre, mais s'achève comme il se doit… Fatalitas !

 

Le combat ordinaire, T.4 - Manu Larcenet

20 mars 2008

C'est avec un peu de tristesse que j'ai refermé le dernier tome de cette série qui a fait mon bonheur depuis que je l'ai découverte en janvier (cf. les tome 1, 2 et 3).

Notez bien que j'ai attendu 11 jours après la sortie officielle de Planter des clous (le titre de ce quatrième volume) avant de l'acquérir, bel exploit, non ? Wink

Evidemment, je l'ai lu le soir même, faut pas pousser mémé dans les orties, non mais !

Marco, toujours photographe et un brin déprimé, est l'heureux papa d'une petite fille. Mais ô, surprise, il ne s'attendait pas à voir son vocabulaire se réduire à un seul mot : "NON !". Pas facile, le métier de parent… mais c'est aussi la source de beaucoup de joies !

Du côté du chantier naval, c'est la crise. Les ouvriers se mobilisent pour tenter d'éviter le rasage des hangars. Ils font appel à leur ami Marco pour tenter de médiatiser leur combat…

Beaucoup d'autres choses sont à découvrir dans Planter des clous, notamment l'explication du titre, et un passage très sombre (et en même temps réaliste !) sur la politique actuelle française. Ah, et puis, surtout, je note enfin le retour d'un félin dans cette série, je quitte donc les personnages sereine !

Voilà une bande dessinée à la fois simple (il n'y a pas de "héros") et profonde (quant aux sujets abordés), attendrissante et intimiste, souvent amusante et parfois mélancolique… Un graphisme travaillé qui donne l'impression de pureté, de belles couleurs et le style très personnel de Manu Larcenet comblent mes goûts côté dessin.

Je décerne par conséquent au Combat Ordinaire le Prix d'Excellence de Tamaculture - section BD ! Innocent

Ma vie est tout à fait fascinante, Pénélope Bagieu

3 mars 2008

Pénélope Bagieu, jeune Parisienne qui ne craint pas l'auto-dérision, vit des "aventures de fille" - tribulations et interrogations typiquement féminines - qu'elle présente sur son blog en dessinant son double virtuel : Pénélope Jolicoeur. Et l'on peut désormais retrouver ses dessins dans un livre : Ma vie est tout à fait fascinante !

Chacune d'entre nous pourra se retrouver dans la cuisine express, les heures de papotage au téléphone avec sa meilleure amie ou les sorties shopping complètement déraisonnables… mais qui font tellement de bien !

Les dessins sont sympathiques, modernes, et les histoires d'un réalisme étonnant - ça sent le vécu ! D'ailleurs, je parie qu'au moins l'une de ses mésaventures vous est arrivée à VOUS ! 

Ces quelques sourires dans un monde pas toujours rose feront du bien aux adolescentes comme aux plus vieil grandes !

Les avis de : Caro[line] (merci pour le prêt !) ; Gawou et Stéphanie

Aya de Yopougon, M. Abouet et C. Oubrerie (T.1)

29 février 2008

Aya est une jeune fille de 19 ans qui habite à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Elle habite un quartier populaire (Yopougon) mais c'est une élève sérieuse, qui rêve de devenir médecin. En revanche, ses copines Bintou et Adjoua sont beaucoup plus coureuses ! Elles se font inviter par des jeunes hommes aux poches pleines (des "génitos") et vont danser au "maquis" (restau-boîte de nuit en plein air).

Cette bande dessinée aux couleurs chatoyantes est vraiment dépaysante ! Entre les expressions linguistiques locales (cf. le lexique en fin d'ouvrage) et le mode de vie des habitants, on se croirait transporté en Afrique.

Mais les thèmes abordés dans ce tome sont finalement les mêmes que dans les pays occidentaux : entre insouciance (sorties et amours des jeunes gens) et interrogations sur l'avenir, seules les solutions choisies pour régler les problèmes sont peut-être différentes, du fait des cultures…

C'est une BD à découvrir si l'on aime voyager, rire et s'attendrir !

A noter : la préface est d'Anna Gavalda. Le tome 2 est paru en 2006 et le tome 3 en 2007.

Attention ! A ne pas confondre avec l'autre Aya, asiatique celle-là : Aya, conseillère culinaire (manga).

Les avis de : Laure ; Florinette ; Yueyin et Hervé

Le retour à la terre, T.1 à T.4 - Manu Larcenet

6 février 2008

Delphine a eu pitié de moi ! Pour me faire patienter jusqu'à la sortie du tome 4 du Combat ordinaire, prévue le 7 mars 2008, elle m'a approvisionné avec l'autre série "autobiographique" à succès de Manu Larcenet : Le Retour à la Terre. Et là, il y a déjà 4 tomes ! :-) 

La vraie vie (t.1) ; Les projets (t.2) ; Le vaste monde (t.3) et Le déluge (t.4)

 

Au travers de mini-histoires (des strips, pour les puristes), le lecteur découvre l'arrivée de Manu et Mariette Larsinet, ex-banlieusards parisiens, à la Campagne. Ô, doux silence de la Nature ! Petits chants des oiseaux et air pur ! Oui, mais bon, les deux tourtereaux vont vite déchanter en découvrant le coq matinal, les vaches à affronter pour aller acheter le pain au village, et surtout… la terrible mémé-voisine !!!

 

"Le retour à la terre", ou comment transformer le stress du citadin en stress de l'apprenti campagnard !

Le ton est beaucoup plus léger et drôle que dans le Combat Ordinaire… Il est tout aussi tendre et déborde d'auto-dérision. On y rend hommage (ou presque !) à la chanson française, avec Francis Cabrel et Eddy Mitchell… On y fait pousser des légumes bio… et des bébés.

Une chouette BD pleine de vie, dans laquelle on n'est pas à l'abri des intempéries !

  

Ces aventures de Larsinet ont été scénarisées par Ferri, un ami du dessinateur Manu Larcenet… Une entente cordiale pour un résultat très réussi ! 

A mettre d'urgence dans sa bédéthèque, juste à côté du Combat Ordinaire (qui garde ma préférence… pour son côté poétique et un peu plus sombre).

Le combat ordinaire, T.3 - Manu Larcenet

22 janvier 2008

J'ai craqué.

Le tome 3 de cette fantastique bande dessinée est tout aussi réussi que les tomes 1 et 2.

J'ai adoré retrouver les personnages qui m'avaient tant émue, et qui continuent de le faire ici. Marco est décidément en proie à des questions existentielles, mais l'important est de ne pas oublier Ce qui est précieux (sous-titre de ce tome).

Une sensibilité à fleur de peau se dégage de ces images, des silences aussi précieux que de l'or, des photographies d'autrefois… Un magnifique tableau magnanime, mêlant tendresse et réflexion.

Que dire de plus ? J'aime, j'adore, je chéris Le Combat Ordinaire, c'est mon plus gros coup de coeur BD de ces derniers mois !

Et le tome 4 Planter des clous paraîtra le 7 mars 2008 !

Le combat ordinaire, T.2 - Manu Larcenet

12 janvier 2008

Aussitôt acheté, aussitôt lu ! Si ce n'est pas malheureux d'être aussi faible !! ;-)

Dans Les quantités négligeables, le second tome du Combat ordinaire dont j'ai parlé récemment, Marco le photographe vit avec son amie vétérinaire (c'est elle qui a emménagé dans sa petite maison de campagne) et il a un projet d'exposition dans une galerie. Il choisit comme sujet les ouvriers du chantier naval où son père a travaillé durant toute sa vie… L'occasion de rencontres et de souvenirs…

Je n'en dirai pas plus afin de vous laisser découvrir toute la saveur de cette histoire, qui m'a terriblement émue (ce qui est rare pour une bande dessinée). Je ne peut que féliciter l'auteur pour la justesse des sentiments qui transparaissent à travers ses dessins : je me suis véritablement attachée à la famille de Marco, j'ai un peu l'impression de les connaître… La qualité du scénario est irréprochable, touchant l'âme humaine avec beaucoup de pudeur. Des grandes difficultés de la vie aux petits bonheurs quotidiens, de la politique au politiquement correct, de l'apparence à la profondeur des gens, tous les thèmes abordés le sont avec délicatesse et sans jugement. Un art subtil que maîtrise parfaitement Manu Larcenet : bravo, bravo, bravo ! Ce tome est encore meilleur que le premier.

PS : il faut que je résiste à acheter le tome 3 tout de suite, le tome 4 ne paraissant qu'en mars… 

Kitaro le repoussant, Shigeru Mizuki

8 janvier 2008

Après l'immense plaisir que j'ai eu à découvrir Nononbâ, j'étais un peu réticente devant ce classique de Mizuki : Kitaro le repoussant. C'est Mister T. qui a reçu 3 volumes de cette série de mangas très populaire au Japon. Voyez donc : c'est l'histoire d'un petit garçon… ultime descendant d'une tribu de morts-vivants, né borgne en rampant hors du cadavre de sa mère !!!

Mais surtout, il ne faut pas s'arrêter à cette description peu ragoûtante : comme le dit l'éditeur (Cornelius), "Kitaro le repoussant est une série pétillante de drôlerie. Les tribulations de ce gamin chargé de résoudre les conflits opposant les humains aux yôkaï sont un plaisir rare mariant subtilement la noirceur à la légèreté."

Et j'avoue que passés quelques frissons de répulsion (je vous laisse découvrir l'apparence du père de Kitaro, gloups !), j'ai complètement succombé au charme inouï de ce manga : autant les monstres et quelques morts-vivants qui traînent dans les pages me font froid dans le dos, autant le charisme de Kitaro agit malgré son apparence, et sa volonté de lutter contre les méchants, qu'ils soient humains, yokaïs ou sorcières, en fait un héros hors du commun. Par ailleurs, les différents récits de ce tome regorgent d'humour et de facéties, il serait grand dommage de passer à côté !

Comme dans Nononbâ, les dessins de Mizuki sont géniaux, poussés dans le détail et les expressions des personnages retranscrivent parfaitement les émotions, et les éléments naturels jouent un rôle non négligeable… En bref, je suis fan ! (Chouette, il me reste encore 2 tomes à lire, et ils font tous plus de 200 pages Smile)

Le combat ordinaire, Manu Larcenet

4 janvier 2008

Comme une bonne BD ne vient jamais seule, après Robin des Bois, voilà un autre chef d'oeuvre de Manu Larcenet : Le combat ordinaire. Le Père Noël m'ayant apporté le premier tome de cette série, je n'ai pas mis longtemps à dévorer les 54 planches de cette histoire "d'un photographe, d'une fille patiente, d'horreurs banales et d'un chat pénible" (4ème de couverture).

Comment cette histoire de la vie banale d'un trentenaire photographe un peu déprimé peut-elle agir avec autant de magie sur le lecteur, voilà bien le mystère ! Car on plonge immédiatement dans l'univers de Marco, ses relations avec sa famille, son coup de coeur pour une mignonne vétérinaire et l'on s'interroge avec lui son détachement (provisoire ?) pour son métier de photographe…

C'est une bande dessinée toute en empathie, en douce émotion - gaie ou triste - et qui amène à réfléchir sur la vie : qui suis-je ? où vais-je ? que veux-je réellement faire de ma vie ? comment distinguer l'important de l'accessoire ? Outre le fond, les dessins sont très chouettes, ils n'ont pas toujours besoin d'être mis en parole, même si l'humour souvent présent est appréciable pour faire oublier les moments tristes.

J'ai hâte de découvrir la suite des aventures de Marco (il y a pour l'instant 3 tomes du Combat Ordinaire, et le 4ème est prévu pour mars 2008) !

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