Instavis (5) : la BD s’en va-t-en guerre 2


Ce cinquième épisode de mes chroniques façon Instagram rassemble des albums dont le récit se déroule sur fond de guerre. Une autre manière de voir l’Histoire, qui contribue à la mémoire collective.

© Flammarion, 2012.

© Flammarion, 2012.

#SecondeGuerreMondiale #souris #Shoah #Auschwitz #père #intégrale #incontournable 

Maus a enfin rejoint ma bibliothèque ! Les deux volumes dans lesquels l’auteur de bande dessinée Art Spiegelman met en images les souvenirs de son père, Polonais juif rescapé des camps de concentration, ont été traduits de l’anglais et publiés en France en 1987 et 1992 chez Flammarion. Puis ils ont reparu dans cette intégrale en 2012, à l’occasion du 25e anniversaire de l’édition française. (Je m’étonne au passage qu’il reste quelques coquilles (« kms » par exemple, « 1ère », ou encore p. 152 « Ecoutez ! Je partirais le premier » – mais là peut-être que l’erreur est faite à dessein, pour respecter la traduction du yiddish de la bulle ?)

Œuvre magistrale de près de trois cents pages, Maus est la BD sur la Seconde Guerre mondiale à mettre entre toutes les mains des ados (et des adultes qui y auraient échappé !), tant le récit est riche. Les personnages sont représentés par des animaux : tous les Juifs sont des souris (« Maus » en allemand), les Polonais non juifs sont des cochons, les nazis des chats… Un choix qui a permis à l’auteur de rapporter les atrocités de ce pan de l’Histoire avec un certain décalage (qui n’enlève rien à l’horreur des faits, bien évidemment). Une lecture dont on sort secoué et qui reste gravé dans la mémoire.

L’intégrale Maus, d’Art Spiegelman, éd. Flammarion, janv. 2012, 295 p., 30 €.

 

© éd. Glénat, 2017.

© éd. Glénat, 2017.

#SecondeGuerremondiale #Varsovie #ghetto #IrenaSendlerowa #Résistante #enfants #juifs

Autre série qui se déroule en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale : Irena. Dans Le ghetto, on fait la connaissance de l’héroïne qui donne le nom à cette trilogie. Cette femme à l’imperméable brun et chapeau assorti travaille pour l’aide sociale à Varsovie. Chaque jour, elle se rend avec un collègue dans le ghetto où on été entassés les Polonais juifs. Seuls les membres de l’aide sociale, munis de papiers en règle, peuvent franchir les murs barbelés qui séparent ce quartier du reste de la ville. Les enfants, maigres et dépenaillés, accueille Irena avec des cris de joie, guettant la distribution de soupe et de vêtements raccommodés. Un jour, une jeune mère mourante supplie Irena de s’occuper de son petit garçon. Celle-ci doit prendre une grave décision : peut-elle risquer des vies en essayant de faire sortir l’enfant du ghetto ?

Pour ses dessins, David Evrard a choisi des plans très rapprochés, qui plongent le lecteur au cœur de l’action, aux côtés d’Irena. Le trait est légèrement ondulant, et l’encrage semble fait avec un crayon gras noir (pardonnez-moi si je n’emploie pas les bons termes techniques !), ce qui donne renforce l’aspect irrégulier des contours. Un choix graphique qui se veut « léger et poétique », pour contrebalancer la gravité du sujet.

Et de fait, c’est un album émouvant et instructif, qui esquisse le destin d’une Résistante polonaise qui a réellement existé : Irena Sendlerowa (1910-2008). J’ai hâte de lire la suite : le tome 2 (Les Justes) est prévu pour mars 2017, et le dernier tome (Varso-vie) pour 2018.

Irena – Le ghetto (1/3), de Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin) et Walter (couleurs), éd. Glénat, janv. 2017, 72 p., 14,95 €.

 

© Futuropolis, 2016.

© Futuropolis, 2016.

#1919 #soldats #PremièreGuerremondiale #partir #Mexique #Amérique

Après Notre mère la guerre (série que je n’ai pas lue), une nouvelle série nous entraîne dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale. 1919 : le jeune soldat Julien Varin fait la connaissance de l’Alsacien Max Brunner. Ils décident d’embarquer à Rouen dans le Libertad, un vieux bateau censé les emmener jusqu’à Hambourg. Mais Julien découvre des armes dans la cale, une Mexicaine de 20 ans détourne le bateau : cap sur l’Amérique !

Des personnages bien campés, un dessin aux couleurs délavées, douces au regard, et pas mal d’action : ce premier des quatre « mouvements » prévus pour la saga est assez prometteur, attendons la suite !

Notre Amérique – Quitter l’hiver (1/4), de Kris (scénario) et Maël (dessin), éd. Futuropolis, oct. 2016, 64 p., 16 €.

 

© Presque lune, 2016.

© Presque lune, 2016.

#1980 #Liban #bombes #terreur #enfant #mémoires #fantaisistes

En 1980, Barnaby Richards avait 6 ans. Cet auteur britannique nous raconte l’arrivée de sa famille à Beyrouth (« Beetroot » pour lui, autrement dit « betterave » en anglais), en pleine guerre du Liban.

Ses souvenirs d’enfant sont représentés avec un graphisme mêlant onirisme et fantastique. Des êtres surprenants peuplent la planète-betterave et la vie de Barnaby. Le danger rôde (un maître nageur lui donne des leçons avec un pistolet à portée de maillot de bain), mais le petit garçon ne semble pas s’en émouvoir… La palette de couleurs ne manque pas non plus d’originalité. Un univers étonnant à découvrir !

Beetroot, de Barnaby Richards (traduit de l’anglais par Ariane Bataille), éd. Presque Lune, oct. 2016, 64 p., 14 €.


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