Neruda, Pablo Larraín 2


nerudaComment bien commencer l’année au ciné ? Ma suggestion : avec Neruda, le film du réalisateur chilien Pablo Larraín (qui a réalisé Jackie en 2016, avec Natalie Portman).

Pablo Neruda (Luis Gnecco à l’écran) était un poète, écrivain et homme politique chilien. Le film raconte de manière romancée, façon polar, un épisode important de sa vie. En 1948, en pleine guerre froide, Neruda est un sénateur qui s’oppose au gouvernement, notamment en ce qui concerne la chasse aux communistes lancée par le président Videla. Agacé, ce dernier charge la police d’arrêter Neruda : c’est l’inspecteur Peluchonneau (Gael García Bernal), qui est investi de cette délicate mission.

Mais on n’attrape pas un poète comme ça. Avec la complicité son incroyable seconde épouse, l’artiste Delia Del Carril (Mercedes Moràn) et d’amis fidèles – politiques ou prostitués -, Neruda file entre les doigts de Peluchonneau. Jouant avec le feu, il va même jusqu’à lui laisser des messages personnels dans des livres déposés dans ses différentes planques.

Une traque subtile et poétique, dont les principaux protagonistes sont incarnés par un trio d’acteurs épatants. Delia Del Carril est une très belle femme (et Mercedes Moràn a 60 ans, avis aux réalisateurs…), dont l’amour pour son drôle d’époux ne semble pas avoir de limites dans le film. Pour couronner le tout, les dialogues sont savoureux, et les livres et la poésie ne sont jamais loin.

Le film ne fait qu’effleurer le personnage charismatique de Neruda, poète-sénateur amoureux des femmes, mais cela suffit à en saisir toute la complexité, tout le charme. Ainsi, lorsqu’il n’a pas d’argent pour faire l’aumône, il offre un câlin… Il est pourtant loin d’être un canon de beauté, surtout face à Gael García Bernal ! Ce dernier excelle dans le rôle d’un inspecteur « mi-abruti, mi-con » (dixit Neruda), personnage secondaire mais indispensable de ce polar politique, (ATTENTION SPOILER SUR CETTE FIN DE PHRASE : dont une des scènes est aussi belle que Le Dormeur du Val, d’Arthur Rimbaud – l’une de mes poésies préférées.)

Sur l’aspect esthétique, on ne peut qu’admirer le magnifique travail autour de la lumière, qui sublime les plans, les paysages, les visages. Elle prend la forme de contre-jour, de rayons du soleil, de réverbération sur la neige, des phares de voiture, ou encore du néon rouge d’un hôtel…

J’ai beaucoup aimé ce film. Dernière précision : il n’est nécessaire de connaître le personnage réel de Neruda pour en apprécier toutes les saveurs.

J’espère que vous aurez l’occasion de voir ce long-métrage, chers lecteurs, et je profite de ce premier billet de l’année pour vous souhaiter le meilleur (pas moins) pour 2017. Pluie de paillettes sur vous ! 

 

Neruda, film réalisé par Pablo Larraín, avec Luis Gnecco, Gael García Bernal, Mercedes Moràn… Sortie : le 4 janvier 2017. Durée : 1h48.


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2 commentaires sur “Neruda, Pablo Larraín