Madumo – Premier, seul & unique, Fabrice Erre


© éd. Vide Cocagne, 2015.

© éd. Vide Cocagne, 2015.

#maîtredumonde #mégalo-man #loser #drôle #caricature #politique #impitoyable #finesse 

« Elle est très bien, cette BD », a jugé ma fille de 4 ans en examinant d’un air sérieux la couverture rose illuminée de rayons argentés (ses deux couleurs préférées). J’opine du chef (sauf que moi, j’ai lu toutes les pages à l’intérieur, vu le prix du papier, il ne faut pas gaspiller !).

Aujourd’hui est un grand jour. Le maître du monde va enfin dévoiler son visage à sa face (= à la face du monde. Vous suivez, un peu ?) Avant cela, il passe chez ses parents, qui ne reconnaissent pas leur fils. Il faut dire qu’ils ne l’ont pas vu depuis 27 ans et qu’entre temps, il a pris de la bouteille (comprenez : du bide, des rides et de la dégarniture capillaire).

Bref, Madumo – car tel est le nom du dictateur mégalomane (je frôle le pléonasme, ça me donne des frissons) – veut offrir le scoop à ses parents : le maître du monde, c’est Lui. Mais sa mère l’envoie acheter une baguette de pain, il doit donc reporter son annonce… Là-haut, dans le ciel, tous les chefs d’État sont réunis dans la Baleine (un vaisseau spatial super cool) avant la cérémonie officielle d’annonce de Madumo. Certains complotent pour éliminer les proches du maître…

Côté dessin (en rose et gris, donc), Fabrice Erre ne s’encombre pas de détails inutiles : les décors sont rendus à leur plus simple expression, tandis que celles des personnages sont très travaillées. Et pour cause : ce sont leurs interactions qui, en plus des nombreuses scènes d’action, donnent le rythme au récit.

Farce co(s)mique et politique truffée de références historiques et personnelles (le prof d’histoire réjouira les fans d’Une année au lycée), cette histoire se lit comme on regarde un film avec Jason Bourne : avec plaisir… et dans l’attente des explosions – sauf qu’ici, elles sont de rire. De l’agent Pissenlit (père : Matrix, mère : Mission impossible) aux jouets qui prennent vie (Playmobil, en avant les histoires de ouf !), en passant par les ex-potes de lycée défraîchis et les rancunes franco-allemandes, les prétextes à sourire sont nombreux.

Seule incohérence dans ce scénario par ailleurs tout à fait crédible : la baleine qui pond un œuf. Que voulez-vous, on ne peut pas être fortiche en histoire et en SVT ! 😀

Madumo – Premier, seul & unique, de Fabrice Erre, éd. Vide Cocagne, mars 2015, 168 p., 22 €.

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