Instavis (4) : rions un peu, beaucoup, passionnément et puis c’est tout


Suite de mes chroniques express (sous peine de mourir étouffée par ma pile d’albums qui menace de s’écrouler à tout instant).

Cette année, deux petits nouveaux sont venus s’ajouter à mon panthéon des auteurs qui me font mourir de rire (les « anciens » se cachent pas très loin dans ce billet !). Le premier est Guillaume Meurice, pour ses chroniques sur France Inter et son excellent one-man show « Que demande le peuple ? » Le second est Marc Dubuisson, auteur de bandes dessinées (j’en profite pour remercier ma copine Carine, grâce à qui je l’ai découvert au festival SoBD).

ab-absurdo

© éd. lapin, 2016.

#dérision #ironie #critique #politique #société #strips #bonhommes

Cela m’épate que l’on parvienne en trois ou quatre cases, à souligner l’absurdité de notre monde avec simplement un ou deux petits bonhommes à tête de bille ! Marc Dubuisson a ce talent : ses textes et les situations qu’il dénonce sont extrêmement bien vus.

Résultat : ce recueil Ab absurdo – un nom que je ne retiendrai hélas jamais ! – est ultra drôle, on se bidonne du début à la fin. In-dis-pen-sa-ble.
N.B. : ces strips d’humour sont repris de publications sur les réseaux sociaux et dans le supplément week-end des Échos, vous pouvez donc en avoir un aperçu sur Twitter en suivant @Unpied ou sur la page FB dédiée.

Ab absurdo, de Marc Dubuisson, éd. lapin, oct. 2016, 208 p., 16 €.

 

© éd. Rue de Sèvres.

© éd. Rue de Sèvres, 2016.

#dessins #légendes #humournoir #cynisme #régal

Après Bonne journée (que j’avais loupé), Olivier Tallec revient avec un second tome de dessins humoristiques. Sur chaque page, une peinture en couleur met en scène des personnages de différentes époques, des animaux doués de parole… Des paroles rapportées en légende, qui, associées à l’image, donnent des traits d’humour noir absolument délicieux.

J’ai trouvé à ce livre un goût de madeleine datant de l’époque où enfant, je dévorais les albums de Sempé empruntés à la bibliothèque municipale de Marseille. Un régal !

Bonne continuation, d’Olivier Tallec, éd. Rue de Sèvres, oct. 2016, 56 p., 14 €.

 

 

© éd. la Cafetière, 2016.

© éd. la Cafetière, 2016.

#désopilant #autodérision #autobiographie #attendrissant #intégrale

Après le succès planétaire de Zaï Zaï Zaï Zaï (éd. 6 Pieds sous terre) en 2015, trois des anciens albums de Fabcaro parus entre 2005 et 2009 aux éditions la Cafetière ont été réédités en un gros album intégrale. Steak it easy regroupe ainsi Le Steak Haché de Damoclès, Droit dans le Mûr et Like a Steak Machine.
Comme je l’ai écrit dans cet article : un concentré de rire garanti avec ces planches en noir et blanc d’inspiration autobiographique, dans lesquelles se retrouveront tous ceux qui fuient l’âge adulte assumé et les conversations mondaines, sans oublier ceux qui ne savent pas dire non (et le regrettent amèrement). Parfait pour se détendre au coin du feu/du radiateur, loin des gens !

Un conseil : commencez par la troisième partie, Like a Steack Machine, qui raconte les souvenirs de jeunesse de l’auteur en s’appuyant sur une chanson de l’époque par planche. En effet, j’ai trouvé cet album moins drôle que les deux premiers (qui sont désopilants !), j’ai donc été un peu déçue. Alors que s’il avait été mis en premier dans l’intégrale, on n’aurait fait que monter vers le sommet de l’humour !

Steak it easy, de Fabcaro, éd. la Cafetière, oct. 2016, 144 p., 19 €.

 

 

© éd. 6 Pieds sous terre, 2007.

© éd. 6 Pieds sous terre, 2007.

#roux #FFR #discrimination #capillaire #communauté #poilant

Jadis, les roux étaient les mal-aimés de la société. Tout le monde les regardait de travers, se moquaient d’eux, bref, on ne les aimait pas. C’était en 2007, bien avant que « les migrants » leur volent la vedette. Pierre Leroux était l’un de ces innocents : pour dénoncer l’injustice capillaire dont il était victime, il créa la Fédération française des roux (FFR). Mais des courants dissidents commencèrent à se former parmi les adhérents…

Simplicité du trait et efficacité graphique, avec un orange du plus bel effet sur la palette de gris, pour l’un des premiers albums de Fabrice Erre (qui a changé de couleur de cheveux depuis lors, je dis ça, je ne dis rien.)

Une histoire qui ne sent pas le roussi pour son auteur : c’est fin comme un cheveu sur la soupe, ça grattouille la conscience, bref, c’est poilant, même si la chute est un peu tirée par les cheveux !

Le Roux, de Fabrice Erre (couleurs : La Quamb), éd. 6 Pieds sous terre, sept. 2007, 48 p., 13 €.

 

 

 

© éd. Fluide glacial, 2014.

© éd. Fluide glacial, 2014.

#spationautes #exploration #Mars #mission #foireuse #comique #onvousment

Les deux auteurs susmentionnés se sont associés pour créer cette bande (organisée) dessinée, sobrement intitulée Mars ! (Enfin un titre à ma portée). Trois spationautes français, André, José et Jean-Michel – rebaptisés Jim, Mike et John pour que ça soit plus vendeur au J.T. – décollent dans une fusée à la pointe de la technologie (pour preuve : son moteur de Twingo, que nous envient les Russes, les Américains et les Chinois (enfin, pour les Chinois, on n’est pas sûr)).

Le hic : nos trois héros pensent avoir décollé, alors qu’un problème de joint de culasse a retardé l’opération. S’ensuivent de réjouissants malentendus entre la base et les (presque) astronautes, sans parler de la retransmission télévisée complètement truquée (on ne va quand même pas avouer aux Français que leurs impôts servent à financer des missions bidon, haha !).

Une farce co(s)mique à mettre entre toutes les mains, surtout celles de Thomas Pesquet, que cet album devrait bien faire rigoler depuis la Station spatiale internationale.

Mars ! de Fabcaro (scénario), Fabrice Erre (dessin) et Sandrine Greff (couleurs), éd. Fluide glacial, août 2014, 64 p., 15 €.

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