La Loterie, Miles Hyman 1


© Casterman.

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Parfois, il suffit d’un prénom et le charme opère ! Je ne connaissais pas Miles Hyman avant d’aller feuilleter ses albums au festival America de Vincennes , début septembre. Un auteur américain qui a étudié à Paris et vit en France : il parle très bien notre langue (donc inutile de vous lancer comme moi dans des phrases improbables en anglais !).

La Loterie est l’adaptation graphique d’une nouvelle d’horreur écrite en 1948 par Shirley Jackson, la grand-mère de Miles Hyman. Une nouvelle publiée à l’époque dans le New Yorker Magazine, et qui avait suscité des réactions indignées, voire hostiles, de la part d’un grand nombre de lecteurs. Certains pensaient que l’histoire racontée par Shirley Jackson était inspirée de faits réels… Or, elle est particulièrement glaçante.

Imaginez un petit village de la Nouvelle Angleterre, comptant 300 âmes à peine. Tout le monde se connaît et s’appelle par son prénom. Un jour par an, le 27 juin précisément, tout les habitants se rassemblent sur un terrain du village. C’est le jour de la Loterie.

Quelle intensité dans ce récit ! Au début, tout paraît si tranquille, chacun vaque à ses occupations alors qu’un doux soleil se lève sur la campagne. Mais très vite, le malaise s’installe. Que se passe-t-il ? À quoi va servir cette vieille urne en bois, transmise de génération en génération et conservée dans un coffre-fort ?

Le bon sens paysan... (extrait p. 85 © Casterman.)

Le bon sens paysan… (extrait p. 85 © Casterman.)

Un récit dont la lenteur, habilement mise en scène par le découpage des actions et la rareté des paroles, ne fait qu’accentuer la tension palpable qui règne sur la communauté. La vérité est d’abord rejetée par notre cerveau, qui cherche en vain une autre issue à ce qui s’amorce…

Les dessins aux tons ocres et mats, très réalistes, forment une galerie de tableaux de l’Amérique profonde, de ses croyances et traditions dont l’origine s’est perdue dans les limbes. Morbide et fascinant : un album effrayant dont on ressort sonné. Ce serait dommage de passer à côté !

La Loterie, Miles Hyman, éd. Casterman, sept. 2016, 168 p., 23 €.


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