Talk show, Fabcaro 2


© Vide Cocagne.

© Vide Cocagne.

Vous voyez ces tests hautement scientifiques qui fleurissent sur la Toile, du genre « Quel alcool de soirée es-tu ? » (n’ayant pas fait le test, je ne peux donc pas répondre « le rhum »). Eh bien, s’il existait un test « Qui te fera mourir de rire ? », nul doute que je tomberais sur Fabcaro (qui s’en tirerait sûrement avec quelques contusions).

Prenez Talk show. Le concept est simple : une présentatrice blonde au brushing choucroute (toute ressemblance…) accueille un invité sur le plateau télé de son émission. Au bout des huit cases du strip, vous éclatez de rire. Pourquoi ? Cela tient au comique de répétition – l’invité est systématiquement doté d’un nom composé de trois prénoms mal assortis, par exemple – mais surtout à l’absurdité des dialogues et à la justesse de la critique dénoncée dans chacune des histoires.

Il va sans dire que les émissions télévisées débiles (pardon pour le pléonasme) sont en ligne de mire… mais plus encore. En prennent également pour leur grade les associations sans but (ni lucratif, ni tout court), les « experts » de tous poils (100% synthétique, 0% authentique), les gens aux métiers improbables ou qui collectionnent des trucs chelous (les Apéricubes !), les personnalités au charisme de navet bouilli, le racisme « décomplexé… Et je n’en dis pas plus pour ne pas déflorer ces gourmandises de l’esprit.

À chaque fois, on se dit qu’on ne se fera pas avoir à la page d’après… et bim ! Fabcaro parvient encore à nous surprendre avec une chute décalée. Comment ne pas s’extasier devant un humour aussi brillant et inventif ? (Je l’ignore, alors je m’extasie.)

Mais c'est tellement ça ! (extrait p. 28, © Vide Cocagne.)

Mais c’est tellement ça ! (extrait p. 28, © Vide Cocagne.)

Comme tout pince-fesses a son pain surprise, ce plateau télé offre quelques planches surprises qui viennent interrompre le flot des émissions. Comme cette page météo où la dépression ne rôde pas que sur le massif pyrénéen… Une efficacité redoutable, vous dis-je. Pourtant, les décors sont minimalistes : pas de fioritures inutiles dans le dessin (hormis les drôles de seins des femmes en forme de radis noirs, qui semblent avoir une vie indépendante de leur propriétaire, haha).

C’est typiquement le genre d’album dans lequel on est censé picorer d’un coup de bec élégant et distingué. Évidemment, je me jette dessus comme une ogresse affamée sans pouvoir m’arrêter avant d’avoir lu que cet ouvrage est imprimé en France par Cloître (29) sur du papier certifié PEFC.

Un livre à acquérir de toute urgence, qui vous permettra de retrouver le sourire en toutes circonstances (oui, même un lundi. Et même si un homme est élu président des États-Unis mercredi. Foncez en librairie dès demain, sait-on jamais…).

Talk show, de Fabcaro, éd. Vide Cocagne, mai 2015, 60 p., 14,50 €.


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2 commentaires sur “Talk show, Fabcaro