Dans la forêt sombre et mystérieuse, Winshluss 4


© Gallimard BD.

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C’est le cauchemar de tout parent : oublier son môme sur une aire d’autoroute. (Enfin, officiellement, car c’est aussi un fantasme qui nous a tous effleuré quand le petit dernier braille depuis une heure et que l’aîné a déjà demandé 458 fois : « Quand est-ce qu’on arrive ? »). <= Note à l’attention des services sociaux : ceci est de l’humour (synonymes : lol, haha, PTDR.)

Pour Angelo, un petit gars pris en sandwich entre ses grosses lunettes carrées et son sac à dos, c’est aussi l’occasion d’affronter ses peurs. Débarrassé de son débile de grand frère adolescent et de petite sœur baveuse, il part explorer les bois qui s’étendent derrière les toilettes autoroutières. Dans la forêt sombre et mystérieuse se cachent d’incroyables créatures, dont certaines vont venir à la rescousse d’Angelo, et d’autres essayer de le bouffer tout cru (pardon pour cet écart de langage, mais on a rarement vu un ogre déguster sa nourriture).

Une bande dessinée qui détourne les codes du conte de fée pour le plus grand bonheur des petits… et des grands lecteurs. On y trouve des princesses, des ogres et des grenouilles, mais aussi beaucoup de références piochées dans la culture populaire : Lucky Luke (haha, l’excellent élixir du Dr Monkey !), Les Gardiens de la galaxie (de Goouh à Groot, il n’y a qu’un pas de géant vert), L’Âge de glace ou encore Tomi Ungerer (j’ai pensé au Nuage bleu, pas vous ?).

C’est d’abord un récit initiatique dans lequel un enfant qui a du mal à trouver sa place – pas facile d’être au milieu d’une fratrie – devient un superhéros en essayant de trouver un remède pour sauver sa mamie très malade (bisou au Petit Chaperon rouge). C’est aussi une histoire pleine d’humour (les jumelles de l’araignée !), qui croque l’enfance avec finesse. Ah ! cette période où l’on passe en une seconde d’une émotion à l’autre : trouille, joie, larmes, insouciance… Et comment ne pas s’attendrir sur ce petit garçon qui engloutit son paquet de bonbons avant de pleurer sur sa bêtise (so me!) ?

La fratrie, cette plaie dont on ne saurait se passer. (extrait p. 6, © Gallimard BD.)

La fratrie, cette plaie dont on ne saurait se passer. (extrait p. 6, © Gallimard BD.)

Sans compter que Winshluss, le talentueux auteur rochelais de cette bande dessinée, joue avec le lecteur en lui offrant une fausse fin. Il s’attelle également à faire passer des messages sur l’écologie, ou encore sur le respect, notamment avec le personnage du petit écureuil (rejeté par ses parents parce qu’il se sent oiseau). Un album aux mille couleurs qui séduira les 8-12 ans mais aussi les adultes, et que l’on aura plaisir à relire pour y dénicher de nouveaux trésors.

Impossible de bouder son plaisir devant ces planches qui sortent des sentiers battus !

Dans la forêt sombre et mystérieuse, de Winshluss, éd. Gallimard BD, oct. 2016, 160 p., 18 €.


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4 commentaires sur “Dans la forêt sombre et mystérieuse, Winshluss