Watership Down, Richard Adams 3


© éd. Monsieur Toussaint Louverture.

© éd. Monsieur Toussaint Louverture.

Au premier chapitre, on est un peu surpris. « Ha, ha, original, de commencer le récit avec des lapins qui savourent des primevères au crépuscule », se dit-on, en attendant de découvrir de quoi il retourne vraiment.

Le titre du chapitre suivant, « Le Maître », nous laisse à penser que l’on va faire connaissance avec le paysan qui possède ces terres situées dans la campagne de Sandleford (Hampshire, Angleterre). Pensez donc ! On découvre qu’il s’agit du Padi-shâ, le plus vigoureux et le plus sage lapin du groupe. C’est lui qui dirige la Hourda, sa garde rapprochée, et qui prend les décisions.

Comme les chapitres sont courts et qu’ils débutent tous par une exergue intéressante, on en lit un de plus, histoire de vérifier qu’il s’agit bien de ce qu’on l’on pressent : ce livre ne parle que de lapins de garenne ?! Eh oui, de lapins et de hases (les femelles).

Sauf qu’à ce stade, il est trop tard. On est déjà ferré, impossible d’interrompre la lecture. Car cette histoire de lapins est géniale. Vous aussi, vous verrez, vous allez adorer Fyveer, petit lapin chétif à l’intuition exacerbée, et son grand frère Hazel, fort et courageux. Et tous les autres : Bigwig, Dandelion, Silvère, Rubus…

Aussi incroyable que cela puisse paraître, on se glisse très facilement dans une peau de lapin pour accompagner les héros de Watership Down dans leurs péripéties. Et elles sont nombreuses : ce récit haletant est plein de rebondissements (on s’en doutait, avec toutes ces pattes musclées), de galères, d’amitiés improbables (avec Keehar la mouette, par exemple), de pièges à déjouer et d’ennemis à affronter.

On découvre le langage des lapins sauvages (sfar signifie ainsi « paralysé par la peur »), leur mythologie (les aventures du grand Shraavilshâ s’immiscent régulièrement dans le récit), leur mode de vie…

Ne pas confondre lapin de garenne et lièvre ! © Pixabay.

Ne pas confondre lapin de garenne et lièvre ! © Pixabay.

L’écriture est fluide et empreinte d’odeurs, de paysages, de couleurs : la campagne est là, sous nos yeux. « Quelque temps avant krik-zé, en pleine chaleur, Silvère fit halte dans un petit buisson épineux. Il n’y avait pas un souffle ; l’air embaumait le parfum doux, voisin du chrysanthème, qu’exhalaient les fausses camomilles, mille-feuilles et tanaisies de ces hautes terres sèches. Hazel et Fyveer s’approchèrent, Silvère regardait le terrain découvert qui s’étendait devant eux. » (extrait p. 283)

Une quête passionnante, inventée par Richard Adams, 52 ans, pour ses filles qui lui réclamaient une histoire sur la route des vacances. C’était en 1972. Depuis lors, l’histoire est devenue roman de quelque 500 pages, vendu à plus de 50 millions d’exemplaires dans le monde. Paru en 1976 chez Flammarion, le livre n’a pas eu grand écho en France. Ce sont les éditions Monsieur Toussaint Louverture qui ont décidé de lui donner une nouvelle vie : qu’elles soient ici remerciées, j’ai passé un merveilleux moment de lecture !

Watership Down, de Richard Adams (1972), trad. Pierre Clinquart, éd. Monsieur Toussaint Louverture, sept. 2016, 544 p., 21,90 €.


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3 commentaires sur “Watership Down, Richard Adams