[Angor], Franck Thilliez


© Pocket.

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Allez savoir pourquoi, je n’ai toujours pas rattrapé mon retard dans les polars de Franck Thilliez. Je crois même ne pas en avoir lu depuis La Chambre des morts, L’Anneau de Moebius, La Forêt des ombres et La Mémoire fantôme (les deux derniers étant juste évoqués dans un billet de la rentrée… 2012 !).

Pourtant, j’y retrouve des qualités que j’apprécie : une enquête qui démarre sur les chapeaux de roue, des policiers usés par leur métier mais toujours passionnés, des intrigues qui se complexifient au fil des pages, un suspense bien mené et un style percutant.

[Angor] ne déroge pas à la règle. J’ai retrouvé avec plaisir Lucie Henebelle, qui a quitté le Nord pour la région parisienne. Visiblement, j’ai raté plusieurs épisodes importants dans sa vie personnelle, puisqu’elle est désormais maman de jumeaux de deux mois. Le papa est un lieutenant de la police criminelle, Franck Sharko, ancien commissaire de 51 ans, rétrogradé à sa demande pour retourner bosser sur le terrain.

L’enquête démarre à la suite d’une tempête, durant l’été 2012. Des gardes forestiers trouvent sous un gros chêne déraciné une femme encore vivante, mais presque aveugle à moitié folle. Elle semble être prisonnière depuis des mois. La Crim, dirigée par le jeune et séduisant commissaire Nicolas Bellanger, va chercher à savoir qui l’a enfermée là, et surtout pour quel motif.

Parallèlement, une femme gendarme du nom de Camille Thibault, récemment greffée du cœur, s’inquiète de cauchemars qui viennent régulièrement hanter ses nuits. Elle rêve d’une femme tsigane enfermée, qui l’appelle au secours. Et alors qu’elle n’avait jamais fumé de sa vie, elle est prise d’une envie subite d’acheter des cigarettes. Sa seule explication : son donneur était fumeur et impliqué dans un drame. C’est plus fort qu’elle : Camille doit trouver cette personne, malgré la protection des données médicales autour du don d’organe.

Naturellement, les chemins de la police et de la gendarmerie vont finir par se rejoindre… et croyez-le ou non, ça va faire des étincelles ! Les développements de l’enquête vont prendre un tournure particulièrement tragique, avec des ramifications internationales… Le plus terrible, c’est que la vérité est sans doute proche de la fiction.

Si Franck Thilliez avait déjà utilisé l’artifice du cauchemar prémonitoire dans L’Anneau de Moebius, il revient sous une autre forme dans [Angor] : celle de la mémoire cellulaire. C’est ainsi que Camille Thibault reçoit des bribes d’information grâce au cœur de son donneur. Si ce n’est pas médicalement prouvé, l’idée est séduisante d’un point de vue psychologique. Cet opus est d’ailleurs truffé de personnages torturés, moralement ou physiquement… mieux vaut avoir le cœur bien accroché !

Un thriller hatelant de près de 640 pages : quel dommage, si j’avais su, je me serais inscrite au challenge Pavé de l’été chez Brize ! 😀

(Bon, cette fois, il faudra vraiment que je lise la suite sans trop tarder, d’autant que cet opus s’achève sur un cliffhanger alléchant.)

[Angor], de Franck Thilliez, éd. Pocket, oct. 2015, 640 p., 8,50 €.

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