Buck – La Nuit des trolls, Adrien Demont


@ éditions Soleil.

@ éditions Soleil.

Spin-off de l’album Feu de paille, Buck – La Nuit des trolls raconte les péripéties de Buck, l’étrange chien-niche.

Au crépuscule d’une nuit d’hiver, Buck est rejeté par les vagues sur une plage norvégienne. Après avoir traversé collines et forêts sous la neige, il aperçoit un village quand il tombe dans un trou… qui n’est autre qu’une immense empreinte. Suivant ces traces de pas de géant, le chien-niche arrive devant une grande demeure en bois, dont les fenêtres du rez-de-chaussée sont éclairées par un feu de cheminée.

À l’intérieur, un couple se lamente, penché au-dessus d’un berceau. La mère pleure des larmes-stalactites : sa petite Selma a disparu. Pire : un effrayant bébé troll a pris sa place. Une créature « laide et difforme », dégageant une « odeur de soufre propre à la progéniture obscène du diable »…

Buck apparaît alors comme le sauveteur inespéré : la mère le dote d’un petit tonneau d’eau-de-vie et charge ce faux Saint-Bernard d’aller échanger l’horrible mini troll contre leur petite « boule de beurre » chérie, avant qu’elle ne soit dévorée. 

Inspirées des légendes nordiques, ces aventures trollesques rendent hommage aux forces mystérieuses de la nature, aux créatures étranges et secrètes qui peuplent les forêts et notre imaginaire. Un monde où religion et sorcellerie se côtoient et se combattent, où seule la lumière rassurante du soleil préserve les âmes des dangereuses ténèbres.

Au crépuscule, avant la Nuit des trolls (extrait p. 7). © Soleil, 2016.

Au crépuscule, avant la Nuit des trolls (extrait p. 7). © Soleil, 2016.

Un album un peu difficile d’accès qui ne plaira pas à tout le monde (« J’ai rien compris ! » a conclu l’enfant de 8 ans qui trouvait le chien-niche bien sympathique sur la couverture). Le graphisme sombre, mi-réel mi-fantastique, laisse transpirer la peur. Pourtant, des liens d’amitié se créent entre les personnages au fil des pages… Le lapin unijambiste (unipattiste ?!) qui guide notre héros m’a fait penser à Alice au pays des merveilles, et le cheval qui finit en haut d’un arbre a des airs de Jolly Jumper ! Force est de constater qu’on s’attache – en dépit du bon sens ! – à ces animonstres (bon, sauf aux gros trolls). Et Buck n’est-il pas le plus craquant des chiens-niches ?!

C’est là toute la force de l’auteur, dont les histoires bousculent la raison, ravivent les cauchemars de l’enfance et offrent matière à réflexion. Un bon point aussi pour la jolie couverture, dont le cadre en « bois » ouvre un passage vers l’univers onirique d’Adrien Demont

Buck – La Nuit des trolls, Adrien Demont, éd. Soleil, coll. Métamorphose, mai 2016, 80 p., 17,95 €.

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