La vie est trop Kurt, David Snug


© Même pas mal.

© Même pas mal.

Lors de mon passage à La Rochelle, au mois de juillet, j’ai sélectionné ce titre alléchant dans la fabuleuse librairie de bandes dessinées Mille Sabords (j’ai même pris une carte de fidélité, ce ne sont pas les 500 malheureux kilomètres qui nous séparent qui vont me faire peur).

L’album était affublé d’un cœur du libraire, j’ai donc fait une confiance aveugle à ce présage. Il faut dire que les deux planches qui ouvrent les aventures de David Snug, l’auteur de la BD, intitulées « Alcool » m’ont bien fait rire (une sombre histoire d’auteurs de bédés qui picolent à Angoulême… pure fiction, naturellement 🙂 ).

La vie est trop Kurt raconte les mésaventures de Kurt, alias David Snug, auteur de BD et zicos, qui galère dans sa vie d’auteur de BD et de zicos. Il faut dire que quand tu ne touches que le RSA et que tu vis à Paris dans un 10 m2 à la Goutte d’Or, c’est difficile de positiver tous les jours. Heureusement, il y a des bars sympas, comme l’Omadis, qui acceptent que tu te produises en concert devant les quelques amis qui ne t’auront pas fait faux-bond.

D’une anecdote à l’autre, David Snug partage ses réflexions sur la vie de manière souvent abrupte, mais toujours avec un objectif pertinent : celui de faire entendre son point de vue (qu’on le partage ou non, là n’est pas la question. Au moins, il reste des artistes pour exprimer bien fort ce que d’autres pensent tout bas !).

Boulot, végétarisme, livres pour enfants, musique faussement « indie » des « petits » festivals de musique devenus grosses machines à fric… L’auteur à la longue barbe, au bonnet en laine, aux chaussettes hautes dans ses claquettes, ne se gêne pas pour passer à la sauce caustique ce qu’il estime être des dérives de la société dominée par l’argent et la surconsommation (« C’était mieux avant », comme chacun sait).

Les dessins en noir et blanc s’affranchissent des cases, peut-être pour renforcer l’impression de la liberté de penser. Ou alors, juste parce que les dessins ont d’abord été publié sur son blog, que j’ai exploré a posteriori ! Une lecture qui donne du grain à moudre pour les longues discussions au coin du feu (ou à l’apéro en terrasse, c’est selon !).

Attention, réservé à un public ayant de l’humour et du discernement (certaines comparaisons pouvant choquer les cerveaux dépourvus de neurones, ce qui n’est évidemment pas le cas des personnes qui ont le bon goût de lire ce billet, haha).

La Vie est trop Kurt, David Snug, éd. Même pas mal, avril 2016, 64 p., 14 €.

 

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