Sur quel pied danser, Paul Calori & Kostia Testut 2


© Rezo films.

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Julie est une jeune femme courageuse et pleine d’énergie. Et de l’énergie, il en faut pour trouver du boulot. Chaque matin, elle écume le journal et la Drôme à la recherche d’un trésor appelé CDI. En attendant, comme beaucoup de jeunes de sa génération, elle accepte une kyrielle de jobs précaires et ingrats pour pouvoir payer sa chambre d’hôtel.

Sa franchise et sa motivation attendrissent Françoise, l’une des doyennes de l’usine de chaussures de luxe Jacques Couture, qui la prend à l’essai. Malgré l’intransigeance de sa responsable et la pénibilité des tâches, Julie s’accroche. Emballer les escarpins à plusieurs centaines d’euros la paire, scotcher, étiqueter, transmettre au livreur… et recommencer.

Sa première journée va cependant être bouleversée par la une du journal local : on annonce une « modernisation » de l’usine. Les ouvrières pensent immédiatement à un plan social, et vont s’enquérir de la vérité auprès de leur patron, Félicien Couture, fils du créateur de la marque. Ce dernier les rassure, mais il s’empresse ensuite d’appeler « Paris ». Autrement dit, le PDG, Xavier Laurent, qui fait rimer « réduction des coûts » avec à peu près tout.

Et les rimes sont bel et bien présentes dans cette critique sociale qui prend la forme d’une comédie musicale. J’avoue que je l’ignorais avant de voir le film et que ça m’a surprise. Même si les scènes chantées et dansées sont insérées dans l’histoire et contribuent au récit, l’utilisation de ce format pour ce genre de film est un peu déstabilisante. Cela dit, je n’ai rien à reprocher aux chansons, écrites par de talentueux compositeurs et auteurs (Olivier Daviaud, Jeanne Cherhal, Olivia Ruiz…), et les chorégraphies sont magistralement orchestrées.

Sur le fond, l’histoire de Julie, prise entre son désir d’avoir un emploi stable et la solidarité qu’impose un mouvement social à l’usine, est intéressante et représentative de la réalité des délocalisations. Ajoutez à cela une sympathique romance et de très jolies chaussures (provenant du Musée international de la chaussure de Romans !), et il n’en fallait pas plus pour trouver grâce à mes yeux. Les comédiens sont attendrissants : Pauline Étienne (Julie), Olivier Chantreau (Samy le livreur), François Morel (Félicien Couture)… et l’alchimie prend. Non, le véritable problème, au fond, c’est que j’ai été prise d’une irrésistible envie d’acheter une paire de chaussures rouges de luxe en sortant de la séance… Vous voilà prévenues, mesdames !

Sur quel pied danser, un film de Paul Calori et Kostia Testut, avec Pauline Étienne, Olivier Chantreau, François Morel, Loïc Corbery de la Comédie-Française (Xavier Laurent)… Sortie : le 6 juillet 2016. Durée : 1h25.


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2 commentaires sur “Sur quel pied danser, Paul Calori & Kostia Testut

  • Elisabeth CAtteau

    Dommage que le genre de la comédie musicale ne soit pas davantage exploré! Sans taper dans les monuments (ahh les parapluies de cherbourg), on se souvinet aussi d’on connaît la chanson qui n’était pas si mal.

  • Tamara Auteur du billet

    @Elisabeth : je ne sais pas si cette frilosité tient à un trop faible intérêt du grand public ou des producteurs qui financent les projets !