Le Rapport de Brodeck – L’Indicible (t. 2), Manu Larcenet 3


© Dargaud.

© Dargaud.

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. La mauvaise, c’est qu’après ce tome, il n’y en a plus. La bonne, c’est que ce tome 2 comporte six pages de plus que le premier (on se console comme on peut) !

L’an dernier, dans L’Autre, nous avions laissé Brodeck chez Schoss, qui tient l’auberge du village. Ce dernier lui avait montré la chambre vide de l’Anderer. Comme si l’étranger n’avait jamais existé. Et pourtant, Brodeck va devoir finir son rapport. Il va devoir raconter ce qu’il s’est passé, sans juger, sans omettre aucun fait, sans en rajouter. Mais derrière ce rapport officiel se cache un carnet : celui où Brodeck écrit tout, et surtout ce qu’il pense. De quoi subir le même sort que l’Anderer si quelqu’un venait à tomber dessus…

Ah, mes amis, quel album extraordinaire ! Cela valait le coup d’attendre toute une année (ok, en fait je trépignais d’impatience depuis des mois). Comme le premier tome, celui-ci s’ouvre sur des paysages. La forêt enneigée, des gros plans d’animaux. L’ambiance, qu’on avait quittée à regret, est là dès les premières pages. On replonge avec des frissons de plaisir ; une inquiétude sourde nous étreint déjà. Des scènes terribles nous serrent les tripes, des moments de grâce nous serrent la gorge (à la fin, on n’est plus qu’un saucisson sec dans son filet).

Ces images en noir et blanc sont effrayantes de beauté. Honnêtement, je ne sais pas comment Manu Larcenet a réussi un tel exploit : jamais je n’aurais imaginé que le roman de Philippe Claudel puisse être adapté en version graphique, et surtout avec un résultat aussi bluffant. Tant de dessins, peu de paroles, et finalement, tout est là. (Je me demande si un lecteur n’ayant pas connaissance du roman a la même compréhension de l’histoire. Si vous êtes dans ce cas, n’hésitez pas à vous manifester dans les commentaires.)

C’est le genre de bande dessinée que l’on déguste, parce que l’œil prend le temps de parcourir chaque case, d’interpréter les ombres, de ressentir les émotions qui s’en dégagent. Difficile de trouver des mots à la hauteur de l’œuvre, mise en valeur dans sa jolie édition à l’italienne. C’est tout simplement magnifique ! Ce diptyque fait partie désormais des trésors de ma bibliothèque.

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Le Rapport de Brodeck – L’indicible (tome 2/2), de Manu Larcenet, d’après le roman de Philippe Claudel, éd. Dargaud, juin 2016, 168 p., 22,50 €.


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3 commentaires sur “Le Rapport de Brodeck – L’Indicible (t. 2), Manu Larcenet