220 Volts, Joseph Incardona 2


© Fayard noir.

© Fayard noir.

Comme beaucoup d’écrivains, Ramon Hill est confronté à l’angoisse de la page blanche. Voilà des semaines qu’il est coincé au chapitre 43 de son histoire d’espionnage. Francis, son éditeur, s’impatiente. Les deux précédents romans de son poulain de 37 ans se sont très bien vendus : il est temps de nourrir les lecteurs affamés (et son compte en banque, au passage).

Pourtant, Ramon est dans les meilleures conditions pour achever son manuscrit : il vit dans une belle maison avec Margot, sa jolie femme, et leurs deux jeunes enfants. C’est sa femme, justement, qui organise une virée dans sa maison d’enfance. Perdue au milieu des montagnes, elle est située à 4 heures de route de chez eux et à 2 km du plus proche voisin. Un isolement idéal pour favoriser la concentration de l’Auteur, d’autant que les enfants seront chez les parents de Margot.

Évidemment, le plan ne se déroulera pas tout à fait comme prévu. Il faut dire que la présence de deux objets incongrus dans la fermette fait douter Ramon de la fidélité de son épouse…

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé Joseph Incardona dans ce roman qui vous embarque dès les premières pages. L’auteur est aussi doué pour les descriptions que pour les dialogues : les personnages deviennent très vite familiers (Ramon est le narrateur), on veut absolument savoir comment ils vont se sortir de la crise qu’ils traversent. Leur histoire d’amour y survivra-t-elle ? Si vous avez suivi mon conseil et lu Derrière les panneaux il y a des hommes, vous ne serez pas surpris d’apprendre que les choses vont sérieusement se compliquer. Fans de lolcats, fuyez !

On est dans un pur roman noir qui envoie joyeusement valdinguer la morale. Ou plus précisément, la morale de l’histoire est parfaitement cynique. Mais comme c’est amené avec beaucoup de style (« somnambulisme mon cul » 😉 ), de livres et d’humour, ça ne fait pas plus mal qu’une petite décharge à 220 Volts : détendez-vous et laissez-vous faire !

Un extrait sur le métier d’écrivain selon Ramon Hill (p. 93) : « Quand les phrases se bousculent au portillon, lorsqu’elles lèvent chacune la main pour débouler la première de votre cerveau, lorsque vous faites du bon travail, qu’il faut juste mettre un peu d’ordre dans cette abondance et cette floraison de spontanéité créatrice, alors, oui, je peux dire que le métier d’écrivain vaut le coup, je ne vois pas ce qu’il pourrait y avoir de mieux. »

220 Volts, Joseph Incardona, Fayard noir, mars 2011, 198 p., 15,30 €.


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2 commentaires sur “220 Volts, Joseph Incardona

  • Laura

    Je ne connaissais pas du tout ce roman !
    Mais je vais me le noter dans un coin pour le lire prochainement !
    Merci de la découverte.

  • Tamara Auteur du billet

    @Laura : franchement, c’est un auteur qui mérite d’être découvert. Bonne lecture !