Rencontres à Quais du polar 2


quaisdupolarCette année, je me suis rendue pour la première fois à Quais du polar (12 édition), un festival lyonnais qui réunit aux premiers jours d’avril plus de 120 auteurs et attire quelque 70.000 amateurs du genre.

Ce que j’aime dans les festivals, ce sont les rencontres.

Les rencontres avec des auteurs du monde entier : ceux que l’on est venu voir, mais aussi ceux avec qui on discute par hasard sur les stands, comme Olivier Barde-Cabuçon, auteur de polars dont l’intrigue se déroule au XVIIIe siècle (marié à une prof), qui était assis à côté de Philippe Jaenada (first target).

Les rencontres avec des libraires intarissables dont la verve me convainc souvent au détriment de mon compte en banque. Ce qui explique que j’ai fait l’acquisition d’un polar de l’ex collection La Noire de Gallimard, datant de 1997, dont la couverture indique encore le prix en francs (105 FF).

Les rencontres avec des lecteurs passionnés avec lesquels on discute dans les files d’attente et avec qui on échange des conseils de lecture ou de conférences à ne pas manquer (Maryse, j’essaierai Deon Meyer ! J’espère que vous avez pu voir la conférence Joute de traduction avec Craig Johnson… pas moi, c’était blindé !).

Les rencontres avec des consœurs/confrères avec qui on improvise des déjeuners (coucou, Jennifer ! On redemande un peu de blanc ? :-)).

Les rencontres avec les bénévoles (merci, Rémi le juriste et Jérôme le prof !) souriant malgré leurs affreux T-shirts orange ! Et stoïques devant des situations parfois désagréables… Vous le connaissez, ce grincheux qui se plaint d’avoir fait la queue une heure dans la mauvaise file et qui exige de passer devant tout le monde ? Ou ceux qui arrivent pile à l’heure de la dédicace de Guillaume Musso et qui râlent quand on leur dit que la file d’attente est déjà complète depuis 20 minutes ?

Parmi toutes ces rencontres, une en particulier a marqué mon baptême de Quais du polar. Ça se passe lors de l’inauguration du festival, vendredi soir, dans la Chapelle désacralisée. Un très joli lieu, tout illuminé de rouge, où se pressent tous les participants précités.

Ayant perdu dans la foule la seule personne de ma connaissance, je me plante à côté de la pyramide de coupes de champagne (where else ?!). Je fais la connaissance de Jean-Michel, ex-éditeur devenu libraire, puis de Giuseppe, éditeur en Suisse, bientôt rejoint par l’un de ses auteurs, Joseph.

Joseph. © Tamaculture.

Joseph. © Tamaculture.

De fil en aiguille, je me retrouve chez Léon de Lyon à dîner avec ces inconnus apprivoisés (coucou Isabelle, Hachim et Nathalie !). Une soirée marquée par les récits de Joseph, souffrant d’hypocondrie et de la hantise du train de 7h57. J’ai tellement ri que j’en ai eu mal aux abdos ! (Cela semble peu charitable de ma part, la faute au narrateur dont les anecdotes étaient trop drôles pour qu’on s’apitoie). En se quittant, j’ai promis à Joseph de passer sur le stand où il dédicaçait le lendemain, afin de découvrir ses romans.

C’est là que je me suis rendue compte que ce sympathique auteur italo-franco-suisse, très drôle dans la vie, n’était autre que Joseph Incardona, dont j’avais adoré le roman (très) noir l’été dernier ! Heureusement que je l’ai pas su la veille, j’aurais sûrement été intimidée. Au lieu de ça, on s’est fait la bise comme de vieilles connaissances.

Ce que j’aime dans les festivals, ce sont les rencontres, ces jolies surprises que nous réserve la vie.

 

(N.B. : la galerie photos n’est pas accessible depuis la newsletter.)

 

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* Conférence sur l’espionnage :  tout à gauche, l’interprète d’Arnaldur Indridason, puis ledit Arnaldur (Islande), David Lagercrantz (Suède, auteur de Millénium 4), le passionnant Percy Kemp (GB), James Grady (USA), Jean Van Hamme (Belgique, auteur de XIII et Largo Winch), et le journaliste Hubert Artus (caché à droite).

Tous ont reconnu éprouver une certaine nostalgie de la guerre froide, en tant qu’auteurs écrivant de l’espionnage. Jean Van Hamme s’en explique : « On n’a plus un méchant, l’URSS, face à nous, les « gentils occidentaux ». Il ne reste plus que l’espionnage industriel qui subsiste, le reste s’appelle désormais du renseignement. » Et Percy Kemp d’enchaîner : « Aujourd’hui, on ne fait plus face à un ennemi mais à une menace ». Arnaldur Indridason estime qu’on vit dans un monde d’espionnage au quotidien, vu qu’on est filmé en ville, dans les magasins, et qu’on est géolocalisé par notre téléphone. Il regrette « le temps où deux espions devaient se rencontrer dans un coin noir ! ». Pour David Lagercrantz, à Big Brother s’ajoutent plein de little brothers and sisters : on s’espionne les uns les autres via les réseaux sociaux, entre autres. « Si je dis « bombe » ou « terrorisme », il y a sûrement une lumière rouge qui se met à clignoter quelque part », plaisante-t-il (à demi). Il est donc sain d’être un peu paranoïaque. Ce à quoi James Grady renchérit : « Un peu de paranoïa est nécessaire, mais s’il y en a trop, on va devenir le monde qu’on veut justement éviter. George Orwell avait tout à fait raison ! »


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2 commentaires sur “Rencontres à Quais du polar