Damned, Grant & Zeck


© Delcourt.

© Delcourt.

Mick Thorne sort tout juste de prison, après quatre années passées derrière les barreaux au pénitencier de Runacle. Cet ancien militaire, excellent boxeur, a fait une promesse à son codétenu Doug Orton, assassiné sous ses yeux. Il doit délivrer un message à la sœur de ce dernier. Encore faut-il pour cela qu’il échappe à la vigilance de son agent de probation.

Dans la petite ville de Covenant, aux États-Unis, les truands obéissent à Silver, un vilain méchant à queue de cheval et petites lunettes rondes. (Pour ceux à qui ça parle : tous les méchants ont des gueules assez caricaturales, comme ceux de la série animée japonaise Nicky Larson.) Et quand Mick Thorne débarque pour retrouver la sœur de Doug Orton, il se fait vite repérer (et pas seulement parce qu’il est beau gosse, avec ses longs cheveux d’un noir corbeau et sa barbe de trois jours). Il se trouve que feu Doug Orton est soupçonné d’avoir volé un gros paquet de fric à Silver, qui voudrait bien découvrir où est caché le magot.

Damned est sans conteste un polar sanglant où la morale brille par son absence. Règlement de comptes, faux amis et vrais roublards, voilà ce qu’on y trouve, sans compter quelques femmes de petite vertu. Le récit est découpé en cinq chapitres qui annoncent la couleur (« Sur son 31 pour une danse avec Silver », « Une chasse à l’homme en pleine ville »…), et l’action ne manque pas. Bon point supplémentaire, je ne m’attendais pas à ce dénouement.

Sortie de prison pour Mike. (Extrait p. 1) © Delcourt.

Sortie de prison pour Mickey. (Extrait p. 1) © Delcourt.

En revanche, je suis perplexe devant la volonté affichée par les auteurs (dans la préface) de faire un dessin « plus européen », c’est-à-dire « plus délié ». Pour moi, le dessin fait au contraire très « comics américain » ! Il faut dire que tout à été fait à l’ordinateur, ce qui donne parfois un petit côté trop parfait à mon goût, notamment sur les visages féminins.

On peut d’ailleurs voir l’évolution entre le premier jet de « crayon numérique » et la version finale colorisée dans les études proposées à la fin de l’album (une pratique devenue assez fréquente, que j’apprécie en tant que dessinatrice niveau maternelle moyenne section). Les ouvertures de chapitres sont à mon sens bien plus réussies que la couverture de l’album, d’autant que le mec ne ressemble guère au Mick qu’on trouve à l’intérieur.

Mis à part ces bémols, Damned reste un polar tout à fait recommandable, mes maudits !

 

Damned, de Steven Grant (scénariste), Mike Zeck (illustrateur) et Kurt Goldzung (coloriste), éd. Delcourt, mars 2016, 128 p., 15,50 €.

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