Nouvelles graphiques d’Afrique, Laurent Bonneau 4


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© éd. Des ronds dans l’O.

C’est un parfait inconnu qui m’a conseillé de me précipiter à la dédicace de Laurent Bonneau lors du dernier festival international de la bande dessinée, à Angoulême. Comme il avait l’air très enthousiaste et qu’il faisait comme moi la queue pour une dédicace de Fabcaro, je lui ai fait confiance et j’ai acheté ces Nouvelles graphiques d’Afrique sur le stand des éditions Des ronds dans l’O.

Le format de la nouvelle est plutôt rare en BD. C’est un genre que j’apprécie, j’étais donc curieuse de découvrir les onze récits dessinés présentés dans cet album. J’ai été agréablement surprise par leur variété. Textes en prose, poème, bulletin radiophonique et même deux histoires sans paroles se succèdent et parlent de thèmes tout aussi variés : la guerre et les enfants-soldats, la pauvreté, la corruption, l’exploitation économique par les étrangers, mais aussi le football, l’espoir, la nostalgie, l’amitié.

Ce sont des Africains dont on ne connaît presque rien qui partagent leurs sentiments et leurs points de vue. On perçoit au travers des témoignages qui sont exprimés dans ces histoires la sensibilité de l’auteur à ces sujets, son intérêt sincère pour l’Afrique, continent fascinant qui garde une part de mystère, qui souffre majestueusement.

Les magnifiques dessins de Laurent Bonneau servent merveilleusement le propos. Les couleurs sont parfaitement choisies et nous immergent dans les rivières, les villages, la savane. Des tons ocres et noirs lorsque la terre et la poussière se mélangent, le plus souvent, mais aussi des paysages verts, le rouge éclatant d’un tee-shirt ou du drapeau chinois… Parfois, le noir et blanc suffisent à exprimer la beauté des paysages, les traits d’un visage, les gestes du quotidien. Les traits sont fondus, les flous abondent. Les traitements graphiques sont hétérogènes et s’adaptent à chacune des nouvelles, cela va de la peinture acrylique au stylo Bic, en passant par les pastels. L’auteur a choisi une narration simple, avec deux cases par page, mais il casse régulièrement ce rythme avec de sublimes doubles pages.

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Seul petit défaut à signaler : deux coquilles sur la même image. « J’ai fais mon éducation dans le quartier » et « s’en est suivies pas mal de difficultés scolaires »… Mais à la réflexion, j’ai un doute : peut-être est-ce fait exprès ?!

Peu importe, cet album s’observe plus qu’il ne se lit. « Observer jusqu’à effleurer l’essence de cette terre hors du temps », comme le dit ce photographe revenu sur ses terres dans La Terre hors du temps, une de mes nouvelles préférées. Ce serait presque un documentaire dessiné (l’auteur réalise aussi des courts métrages), sans le côté brut. Cette BD pousse à la rêverie, à la réflexion, aux voyages imaginaires qui nous tirent loin du confort de notre quotidien trop matérialiste et égocentrique. Et il m’a donné drôlement envie de lire/d’admirer les précédents livres de Laurent Bonneau !

La BD expliquée par son auteur :

Et Noukette en parlait déjà lors de sa parution en mai 2015 !

Nouvelles graphiques d’Afrique, Laurent Bonneau, éd. Des ronds dans l’O, mai 2015, 164 p., 25 €.


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4 commentaires sur “Nouvelles graphiques d’Afrique, Laurent Bonneau

  • Tamara Auteur du billet

    @Framboise : tu disais déjà ça chez Noukette il y a neuf mois… Il est temps d’accoucher de cette idée ! 😀

  • Framboise

    Erf je sais…
    En plus on va vu à Angoulême, Olivier Bonneau, qui faisait des dédicaces sublimes, ahhhhh je regrette, mais je promets, un jour, je l’aurai !!!