Ce sentiment de l’été, Mikhaël Hers 1


affiche-cesentimentdeleteQuand elle se réveille par un beau matin d’été dans son appartement berlinois, Sasha se lève sans bruit, histoire de ne pas réveiller son compagnon Lawrence (un Américain). La jeune Française câline le chat, se prépare une tasse de thé et file à son atelier, où elle se met à travailler sur ses tableaux.

[Voix sépulcrale] Et là, c’est le drame.

Sasha meurt sans crier gare (ni aéroport, d’ailleurs). Du coup, ses parents et sa sœur Zoé débarquent de France pour s’occuper du rapatriement du corps. Ils proposent leur soutien à Lawrence, le petit ami abasourdi par ce bouleversement inimaginable de l’avenir tel qu’ils se l’étaient projeté à deux. À Berlin, l’été, cet insolent, continue de rendre les gens heureux. Lawrence s’occupe du chat et tourne en rond dans un appartement qui lui jette les souvenirs de Sasha en pleine figure.

Un an plus tard, c’est à Paris que l’on retrouve Zoé, la sœur. Entre sa vie de couple qui s’étiole et son boulot de veilleuse de nuit dans un hôtel, la visite de Lawrence est une véritable bulle d’air (pas négligeable pour une fille qui fume comme un pompier). Une complicité s’est créée entre les deux endeuillés. L’été suivant, c’est à New York qu’ils se reverront.

Trois étés, trois métropoles, trois personnages, dont l’un brille par son absence. De belles images et une réflexion autour du deuil, joliment portée par de chouettes acteurs, très naturels. Je n’avais pas vu Judith Chemla dans Camille redouble, mais je l’ai trouvée ici belle, touchante et lumineuse. Lawrence (qu’incarne le Norvégien Anders Danielsen Lie) est un garçon plein de charme dont on espère qu’il saura, le moment venu, émerger de la torpeur dans laquelle le décès brutal de Sasha l’a plongé.

Je n’ai pas le sentiment que Mikhaël Hers, le réalisateur, ait voulu faire passer un message à travers ce film. Pour moi, il s’agit plutôt d’un témoignage (la caméra pourrait être celle d’un documentaire) qui s’appuie sur des paysages urbains (une habitude de ce réalisateur français, d’après ce que j’ai lu). Une façon de montrer que chacun vit le deuil à sa manière. On peut pleurer toutes les larmes de son corps, rire en regardant de vieilles photos, fuir la réalité… avant qu’elle ne nous rattrape. Le chagrin demeure, mais on apprend petit à petit à l’apprivoiser. Ou pas.

 

Ce sentiment de l’été, de Mikhaël Hers, avec Anders Danielsen Lie, Judith Chemla, Marie Rivière, Féodor Atkine… Sortie : le 17 février 2016. Durée : 1h46.


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