Berlin 2.0, Alberto Madrigal et Mathilde Ramadier 3


© éd. Futuropolis, 2016.

© éd. Futuropolis, 2016.

Qui n’a pas un jour envisagé de partir vivre à Berlin ? L’attractivité de la capitale allemande ne se dément pas depuis la chute du Mur. Des jeunes venus du monde entier affluent, attirés par un mode de vie bohème, par la richesse culturelle et artistique, et attisés par un vent d’espoir : celui de réussir à percer dans leur domaine.

Margot est l’une de ces jeunes diplômés. Elle a un projet de thèse en philo, mais rien ne presse. À 23 ans, elle quitte Paris et son studio hors de prix pour chercher un boulot à Berlin, dans la communication ou l’édition. Elle parle allemand et prend des cours de perfectionnement, ce qui est un atout dans une ville où l’on peut se contenter de l’anglais ou du français pour vivre au quotidien. D’ailleurs, elle se fait très vite des amis, et partage un grand appart avec un libraire souvent en voyage.

Le problème est plutôt du côté de sa recherche d’emploi : Margot se rend très vite compte qu’elle va avoir le choix entre des stages et des minijobs, autrement dit, entre la peste et le choléra. Pas vraiment ce qu’elle imaginait en quittant sa fac française.

Avec ce témoignage sans concession sur la difficulté de sortir de la précarité en tant que jeune expatriée, l’album Berlin 2.0 montre la ville telle qu’elle est : à la fois accueillante – les parcs le jour, les clubs la nuit – et impitoyable. Si elle permet à certains de sortir du lot, combien s’englueront dans un système de petits boulots, sans sécurité sociale ni contrat de travail ?

Pour être allée quelques fois à Berlin, je trouve que l’ambiance est plutôt bien rendue : appart haut de plafond, respect des feux par les piétons, différences entre les quartiers de la ville… ça manque juste de Currywurst !

Tellement vrai, le coup des toilettes à enjamber pour se doucher ! © éd. Futuropolis, 2016.

Tellement vrai, le coup des toilettes à enjamber pour se doucher ! © éd. Futuropolis, 2016.

Côté graphisme, j’avoue qu’au premier abord, je n’étais pas particulièrement emballée par le rendu qui me paraissait comme voilé d’un film gris (la pollution ? 🙂 ). Le dessin est sympa, mais les couleurs sont un peu ternes, les visages souvent recouverts d’ombres. En fait, il y a là une cohérence avec le fond, puisque ce traitement renforce le propos… Normal que je trouve l’ensemble un peu tristoune ! La mise en page est très classique, sans beaucoup de variété (je ne me souviens que d’une seule pleine page, avec le feu d’artifice). Cela dit, au cours de la lecture, cela ne m’a pas vraiment dérangée, l’histoire étant suffisamment intéressante pour m’accrocher malgré ce bémol.

So… Willst du mit mir nach Berlin 2.0 gehen ? (Si un prof d’allemand passe par là, qu’il sorte son stylo rouge !)

Berlin 2.0, de Alberto Madrigal (dessin et couleur) et Mathilde Ramadier (scénario), éd. Futuropolis, févr. 2016, 96 p., 18 €.


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3 commentaires sur “Berlin 2.0, Alberto Madrigal et Mathilde Ramadier

  • alise

    Héhé, moi qui me dit justement que j’irais bien tester la vie à Berlin n’ayant rien à perdre à ce moment, pourquoi pourquoi pourquoi la réalité se rappelle toujours à nous???!!!

  • Tamara Auteur du billet

    @alise : les viennoiseries françaises ont la super cote, je te conseille un CAP boulangerie avant de partir et tu pourras faire ton beurre à Berlin ! 🙂