Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano 4


© Folio.

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Paris, 2010. Jean Daragane, écrivain sexagénaire, s’est peu à peu coupé du monde. Un jour, il reçoit un coup de fil d’un type à la voix légèrement menaçante. L’interlocuteur se nomme Gilles Ottolini et il veut rendre à Daragane un carnet d’adresses qu’il a ramassé à la gare.

Bien que légèrement mal à l’aise – sans trop savoir pourquoi -, l’auteur accepte un rendez-vous dans un café, près de la Madeleine. L’endroit rappelle à Jean Daragane des souvenirs d’enfance. D’ailleurs, cette rencontre avec l’inconnu au carnet marque le début d’une balade dans le passé. Un passé très lointain, remontant à l’après-guerre, qui revient par bribes. Des lieux qu’il a fréquenté enfant, comme le village de Saint-Leu-la-Forêt, des noms aux sonorités oubliées, à commencer par celui de Guy Torstel, des événements auxquels le petit Jean a assisté autrefois, sans en comprendre la signification. Et puis, d’autres souvenirs, quand il était jeune écrivain et que son premier roman venait de paraître. Mais pourquoi ce Gilles Ottolini fouille-t-il ainsi dans le passé de Daragane ?

Dans Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier – titre qui trouvera sa justification -, Patrick Modiano instaure insidieusement un suspense, sans toutefois satisfaire totalement la curiosité du lecteur. Beaucoup de questions, peu de réponses. Un peu frustrant, j’avoue ! J’ai découvert l’auteur avec ce roman – do not say anything! – et son style épuré, aux phrases courtes et sans détour, m’a plu. Des phrases trop longues auraient d’ailleurs été rédhibitoires, étant donné le nombre important de flashback à différentes époques et les informations délivrées au compte-goutte, deux facteurs qui tendent déjà à embrouiller le cerveau du lecteur !

Une première prise de contact avec le Prix Nobel de littérature 2014 qui m’a mise en appétit… et laissée sur ma faim. Je tenterai donc prochainement un autre de ses romans !

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, de Patrick Modiano, éd. Folio, fév. 2016, 154 p., 6,50 €.


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4 commentaires sur “Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano

  • Framboise

    ah pas lu celui-là et du coup tu me donnes envie !
    bisous demoiselle et absolument ravie de t’avoir croisé et tâté sous la pluie d’Angoulême 😉

  • Tamara Auteur du billet

    @Framboise : ravie aussi d’avoir pu te faire un bisou sous la pluie charentaise ! Tu me diras quel est ton Modiano préféré ? Histoire que je fasse une bonne pioche (même s’il ne doit pas y avoir grand-chose à jeter dans son œuvre, haha).

  • Elisabeth CAtteau

    Entièrement d’accord avec cette critique! Modiano me laisse aussi toujours sur ma faim. La comparaison est osée, mais un peu comme Breton, dont les romans « au goût d’inachevé, voir de pas commencé » (certes c’est le but) m’ont toujours déroutée.
    Pour Modiano une exception, Dora Bruder, mais peut être par ce qu’il s’inspire d’un fait divers. (j’aime beaucoup ce procédé qui consiste à s’inspirer d’un fait divers, dont De sang froid, de Capote est sans doute le plus bel exemple)

  • Tamara Auteur du billet

    @Elisabeth : ah, cela me fait bien plaisir ! Et vous n’êtes pas la première à me recommander Dora Bruder, il faut donc que je m’y colle prochainement pour me réconcilier avec Modiano (bien que je ne sois pas fâchée, en réalité 🙂 ). Je suis presque sûre d’avoir lu De sang froid, mais je ne le trouve pas sur ce blog, je confonds peut-être ou alors je n’avais pas eu le temps de le chroniquer. Il faut que je (re)lise le début pour vérifier !