California Dreamin’, Pénélope Bagieu 3


© Gallimard.

© Gallimard.

Déjà, ça commençait bien quand j’ai vu le nom d’Oldelaf dans les remerciements en page 4 (oui, je suis de ces personnes qui lisent les remerciements, les notes de bas de page et la date du dépôt légal… pas vous ?). Surtout qu’il était question du genre d’un nom, allusion que l’on comprend quatre-vingt-seize pages plus loin.

Bref, Oldelaf, c’est ma came, et cet album de Pénélope Bagieu aussi. Il raconte l’histoire d’Ellen, une petite fille américaine née en 1941, dont la famille, juive, a quitté le Vieux Continent pour Baltimore quelques années plus tôt. Ellen adore son papa + son papa adore l’opéra = Ellen adore l’opéra. Très jeune, elle décide qu’elle sera une star de Broadway. Et l’histoire lui donnera raison, puisqu’elle est devenue la célèbre Cass Elliot, chanteuse charismatique de The Mamas and the Papas.

Mais tout l’intérêt de l’histoire réside dans le chemin sinueux qu’a dû emprunter cette fille hors du commun pour arriver à ses fins, après avoir traversé des terrains vallonnés. Ce que Cass veut, Cass l’obtient ! (sauf le mec qu’elle aime). Optimiste, drôle et romantique, Mama Cass a une voix qui achève de charmer son entourage lorsqu’elle se met à chanter. Mais elle a aussi ses fragilités, et c’est ce qui la rend particulièrement touchante. Toutes ces facettes sont extrêmement bien rendu par le récit qui fait tourner l’objectif autour de Cass en donnant tour à tour la caméra à sa petite sœur, à son père, à ses amis, à sa première prof de chant, etc. Impossible de ne pas s’attacher à la petite Ellen !

© Gallimard.

La meilleure arme contre le harcèlement scolaire : l’humour d’Ellen ! © Gallimard.

Quant au dessin de Pénélope Bagieu, il est différent de celui de ses débuts bloguesques (je vous en parlais ici en 2008 !) dans Ma vie est tout à fait fascinante (dessin et humour que j’aimais bien, soit dit au passage). Ici, ce sont des dégradés de gris où l’on voit la trace du crayon, avec parfois des traits qui dépassent. Même le contour des vignettes et les bulles sont tracés à la main, sans règle, ce qui donne un petit côté tremblotant. Et ce côté brut est vraiment sympa. Mes planches préférées : les scènes pleine page de New York la nuit, quand il neige (tout est dans la dose de neige).

Une bande dessinée étonnante, enrichie d’une playlist à la fin… que je me suis empressée de créer dans Deezer. Et là, des souvenirs lointains sont remontés dans mes oreilles : je revois cette cassette audio (si vous avez moins de 29 ans, vos parents vous expliqueront) de The Mamas & the Papas que mon parrain m’avait offerte quand j’étais au collège. Sur la jackette, les quatres membres du groupe étaient habillés dans un camaïeu de marron avec des pattes d’éph, ça me faisait beaucoup rire. Autant que les chansons d’Oldelaf. Rien que pour ça, un grand merci à Pénélope Bagieu pour ce California Dreamin’ [California dreamin…].

Billet sponsorisé par Oldelaf. 😀

California Dreamin’, Pénélope Bagieu, éd. Gallimard, sept. 2015, 272 p.


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3 commentaires sur “California Dreamin’, Pénélope Bagieu

  • Solweig

    Première fois sur ton blog ! (Allez, on se tutoie, hein 🙂 )
    J’avais lu une critique de cette bédé sur un autre blog, qui n’était pas spécialement si flatteuse que ça si je me souviens bien. En revanche, là, ça m’a donné envie (surtout la description du style de dessin.) Pas sûre de l’acheter par contre, parce que bien souvent les bédés, je les trouve bien trop chères pour le plaisir que j’y trouve, et pourtant, je sais bien que c’est du gros gros boulot. Mais si je la vois à la bibli ou chez un ami, je la lirai !

  • Tamara Auteur du billet

    @Solweig : bienvenue ! Et oui, bien sûr, on se tutoie ! Je suis d’accord, le prix des BD est souvent un frein… surtout qu’on les lit vite, en général. Mais ce sont aussi des livres qu’on relit plus facilement que des romans, je trouve. En tout cas, en général, les médiathèques sont bien approvisionnées en Pénélope Bagieu, c’est une alternative gratuite ! 😉