La Grande Guerre, collectif


© Hachette romans.

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Ils sont onze auteurs. Ils sont anglais, irlandais, écossais, américains, australiens ou français. Et chacun-e a écrit une nouvelle sur la Première Guerre mondiale, avec un impératif : mettre en scène un authentique objet de la Grande Guerre. Résultat : des textes intenses et émouvants, dont on déguste les expressions et styles aux mille saveurs. Il faut dire que derrière les plumes se tiennent des poids lourds de la littérature, comme John Boyne (Le Garçon en pyjama rayé), Tracy Chevalier (La Jeune Fille à la perle) ou Timothée de Fombelle (Tobie Lolness, Le Livre de Perle), seul représentant de la langue française. (Le recueil a d’abord été publié en anglais en 2014.)

Plusieurs textes ont des enfants pour personnages principaux, et je crois que ce sont ce qui m’ont le plus touchée. Dans Capitaine Rosalie, Timothée de Fombelle raconte l’histoire d’une petite fille de cinq ans et demi, dont le papa est parti à la guerre et la maman travaille dans une usine. Rosalie a un secret : dans la salle de classe où la dépose sa mère chaque matin, elle est un soldat en mission. 

Dans Petites Guerres, Ursula Dubosarsky met en scène deux garçons qui jouent à la guerre avec des petits soldats de plomb. La petite sœur de l’un d’eux est jalouse, elle n’a pas le droit de se joindre à leurs jeux. Un jour, elle vole le Général sur le champ de bataille…

Et John Boyne, dans Le pays que tu appelais ta patrie, montre qu’il est compliqué pour un petit Irlandais de comprendre pourquoi son papa part combattre aux côtés des Anglais, avec lesquels ils sont pourtant en conflit.

J’ai beaucoup aimé aussi Quand on en aurait le plus besoin, de Tracy Chevalier, qui raconte comment la Princesse Mary faisait confectionner puis envoyer aux soldats sur le front de petits colis pour Noël. 

Pour accompagner ces témoignages, de superbes illustrations de Jim Kay, en noir et blanc. Ces scènes de guerre (un raid de zeppelins, des femmes en train de souder, un cheval abandonné…) précèdent chaque texte sur une double page. Honnêtement, le livre ne m’aurait pas autant plu sans ces magnifiques dessins, qui contribuent tout autant que les nouvelles à raconter l’Histoire. Au dos, une courte explication historique est donnée sur ce que représente la scène. Un moyen de se remémorer des bribes de (lointains) cours du lycée !

Enfin, la solide couverture cartonnée élève cet objet au rang de beau livre. Un beau livre qui participe au travail de mémoire collective tout en nous procurant une bonne ration d’émotion. Si on a souvent le cœur serré, il y a aussi des moments où l’on a envie de sourire, d’autres où l’on admire simplement le courage des personnages et l’espoir qui se dégage des mots.

La Grande Guerre, histoires inspirées par des objets emblématiques de 1914-1918, collectif, éd. Hachette romans, oct. 2015, 320 p., 14,90 €.

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