La Douane volante, François Place 2


© Gallimard Jeunesse.

© Gallimard Jeunesse.

La Douane volante est un de ces romans impossibles à lâcher, tant ils nous emportent dans un monde loin du nôtre. Tout commence en Bretagne, à l’été 1914 – la guerre est sur le point d’éclater. À la pointe bretonne, dans la masure du vieux Braz, le rebouteux de la région, un jeune garçon à la santé fragile se demande ce qu’il va devenir : son maître d’apprentissage vient de rendre l’âme. Gwen le Tousseux, 14 ans et demi, n’avait déjà pas eu beaucoup de chance jusqu’ici : son père, pêcheur, est mort en mer, sa mère a du mal à joindre les deux bouts. Et son statut d’apprenti rebouteux lui attire l’animosité de tous, y compris de ceux qui avaient fait appel au fluide du vieux Braz (les gens ont la mémoire courte).

Un jour, après qu’il s’est fait rosser par deux grands adolescents du village, Gwen est emporté par l’Ankou, dans sa charrette noire qui mène vers des contrées inconnues. Là-bas, dans ces terres marécageuses éloignées de tout ce qu’il connaît, le jeune garçon va aller de découverte en découverte. Jorn, membre de la douane volante, le prend sous son aile… mais sa bienveillance cache de moins glorieux desseins.

Au cours des péripéties de ce roman qui flirte avec le fantastique, Gwen rencontre des personnages improbables (à commencer par le médecin Nez-de-Cuir, un de mes préférés), il affronte des ennemis à tous les coins de rue (les gens sont souvent sales et malintentionnés) , il doit lutter contre les forces de la nature, tempêtes et monstres marins compris. Et grand est le suspense, quant à savoir s’il pourra un jour retrouver sa terre natale de Bretagne, tant les dangers sont nombreux et les possibilités de s’échapper réduites.

Un récit terriblement prenant, d’autant que l’écriture de François Place est un régal, même si on ne fait plus partie de la catégorie « jeunesse », contrairement à ce roman ! J’ai été totalement transportée dans l’imaginaire poétique de l’auteur (dont c’est le premier roman jeunesse, même s’il a de nombreux albums à son compteur, à la fois comme auteur et comme illustrateur). En même temps, cela a fait remonter à la surface de ma mémoire d’autres histoires ou univers : il y a là un peu de Dickens, de Stevenson et de vieilles légendes bretonnes… De quoi nourrir tous les esprits en quête d’aventure. Notez au passage que La Douane volante a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2011.

Si vous n’avez pas d’adolescent-e à la maison (les gens ont parfois besoin d’une excuse pour acheter un livre estampillé jeunesse), c’est une chance : vous pourrez garder ce roman pour vous !

La Douane volante, de François Place, éd. Gallimard Jeunesse, janv. 2010, 337 p. (2012 pour l’édition de poche).


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2 commentaires sur “La Douane volante, François Place

  • Framboise

    uhhhhhhh ça me plait ce billet 😉
    je note et j’en profite pour te souhaiter de jolies fêtes de fin d’année et pour t’embrasser bien fort <3

  • Tamara Auteur du billet

    @Framboise : merci, ma jolie, joyeux réveillon à toi aussi ! Attention à ne pas avaler trop de pages, gare à l’indigestion. 🙂