Le Pont des espions, Steven Spielberg


©20TCF.

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« Dans un monde au bord du chaos. L’équilibre entre guerre et paix ne tient qu’à un seul homme. » Je ne sais pas pourquoi je m’embête à faire un billet : tout est dit sur l’affiche ! 🙂 Bon, en fait, j’ai deux-trois choses à rajouter sur ce nouveau Spielberg, inspiré de faits réels.

1960. James Donovan (Tom Hanks), un avocat new-yorkais spécialisé dans les assurances, se retrouve commis d’office pour défendre un supposé espion russe (Mark Rylance). On est en pleine guerre froide : autant dire que selon l’opinion américaine, cet espion mérite la peine de mort. Donovan va donc se mettre à dos l’Amérique entière, à commencer par le juge en charge du dossier, lorsqu’il prend à cœur son rôle et tente de défendre sérieusement le cas du Russe.

Mais l’histoire prend une toute autre tournure quand un pilote américain travaillant pour la CIA se fait surprendre en train de prendre des photos aériennes de l’URSS. La nouvelle mission de l’avocat Donovan, que lui confie la CIA (parce qu’elle ne peut pas admettre officiellement que son pilote est un effectivement un espion) : se rendre à Berlin – en pleine construction du Mur – et négocier un échange entre le Russe détenu par les États-Unis et l’Américain détenu par l’URSS.

Si l’histoire est intéressante, les faits clairement exposés et l’ambiance de l’époque bien retranscrite, j’ai regretté la longueur du film : le pauvre Tom met bien deux heures à atteindre le fameux pont… On peut aussi reprocher le côté manichéen (un gentil avocat de Brooklyn contre le reste du méchant monde), quelque peu atténué par la critique de la justice américaine.

D’autres grosses ficelles m’ont fait levé les yeux au ciel, à commencer par tous ces violons/pianos qui disent au spectateur quand il doit s’apitoyer… aussi horripilant que les rires enregistrés dans les vieilles séries télé ! Même impression de déjà-vu avec les scènes du journal dans le métro, ou encore quand les gamins américains sautent par-dessus le mur des voisins (oui, en Amérique, on peut le faire sans risquer sa vie, pas comme à Berlin).

Finalement, ce que j’ai préféré dans le film, c’est l’acteur anglais Mark Rylance, sobre et attachant dans son rôle d’espion russe présumé. Un gars qui reste zen et philosophe quand Tom Hanks lui demande s’il n’a pas peur : « Would it help? » rétorque-t-il.

Le Pont des espions est donc un film pacifiste qui montre qu’une négociation habile peut tout arranger. À condition que la balance penche en faveur des États-Unis, naturellement.

 

Le Pont des espions, réalisé par Steven Spielberg, avec Tom Hanks, Mark Rylance… Sortie : le 2 décembre 2015. Durée : 2h20.

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