Le Peuple de l’Ombre, Tony Hillerman 2


éd. Folio policier, 2015.

Éd. Folio policier, 2015.

Dans un western, vous êtes plutôt pour les cow-boys ou pour les Indiens ? Petite déjà, je penchais pour les Indiens, peut-être en raison de leurs tenues aussi chatoyantes qu’impressionnantes, des tipis, des totems, et de leur rapport avec la nature. Un intérêt sans doute suscité par les BD de Yakari, et renforcé quelques années plus tard par l’un des premiers films que j’ai vus au cinéma : Danse avec les loups. Un western où les Indiens ne sont pas d’affreux méchants !

Et voilà le point commun avec Le Peuple de l’Ombre : l’enquêteur est Jimmy Chee, un sergent navajo, qui fait partie de la Police tribale. S’il a un don de chanteur guérisseur qui lui ouvre une perpective importante au sein de son peuple, il a aussi réussi des examens lui permettant d’entrer au FBI. Quelle voie choisira-t-il ? Avant de se décider, Jim Chee suit le conseil de son oncle chaman : il étudie les Blancs, pour essayer de comprendre pourquoi ils sont gouvernés par l’argent et l’amour du pouvoir. Seule une bonne connaissance de cette société pourrait lui permettre de l’intégrer. À moins que l’amour de la Nature et ses racines ne soient plus fortes et l’incitent à rester parmi les siens.

Mais là n’est pas l’intrigue : il y a bel et bien une enquête policière, rassurez-vous ! Nous sommes à la fin des années 1970, au Nouveau-Mexique, juste à l’est de la Réserve indienne. La femme la plus riche de la région fait appel à Jimmy Chee, parce qu’un coffret plein de secrets appartenant à son mari a été dérobé dans leur maison. Chose étrange : rien d’autre n’a été volé dans la villa regorgeant d’argenterie, tapis et tableaux. Le policier est censé retrouvé le coffret avant le retour de l’hôpital de J.B. Vines, le mari. Mais le lendemain, J.B. Vines rappelle Jimmy Chee : il doit abandonner la mission confiée par sa femme, et il sera largement dédommagé pour le dérangement. Une attitude qui ne fait que renforcer l’intérêt du Navajo pour l’affaire.

L’auteur, Tony Hillerman (1925-2008), était un Américain passionné de culture navajo. Il a transmis son intérêt et ses connaissances au travers de ses romans policiers. J’ai beaucoup apprécié Le Peuple de l’Ombre, qui offre un dépaysement total sur fond de déserts, de chants rituels, de puits de pétrole et de morts mystérieuses… On découvre en effet quelques aspects de la culture navajo, l’état d’esprit des Américains envers les Indiens dans les années 1970, tout en s’offrant une bonne tranche de détente avec une enquête bien ficelée, avec du suspense et des fausses pistes, comme il se doit ! Pas de longues descriptions de canyons poussiéreux qui rougeoient sous un soleil flamboyant, mais au contraire, beaucoup de dialogues, qui donnent du rythme au récit. Une bonne idée qu’ont eu les éditions Folio policier que de remettre en avant des polars cultes ! Celui-ci, en tout cas, a fort bien vieilli.

Le Peuple de l’Ombre, Tony Hillerman (1980 pour l’édition originale), éd. Folio policier, oct. 2015, 259 p., 8 €.


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2 commentaires sur “Le Peuple de l’Ombre, Tony Hillerman

  • yueyin

    Je suis une archifan de Tony Hillerman 🙂 de Jim Chee et du sergent Leaphorn 🙂 l’année dernière j’étais totalement subjuguée que je suis entrée sur la réserve 😀