Adam Clarks, Lapone & Hautière


©Glénat.

©Glénat.

Ce qui frappe dans cet album, c’est d’abord sa taille. C’est comme essayer de lire Le Canard enchaîné dans le métro : pas pratique pour un sou (ni pour 1,20 €) ! Mais si vous êtes tranquillement installé chez vous, vous pourrez apprécier ce format XL atypique qui va de pair avec la narration originale (pas étonnant qu’il paraisse dans la collection Treize étrange !). En effet, l’histoire est raconté par un narrateur omniscient visible à l’écran… euh, pardon, sur les vignettes. Au départ, il est seul, mais plus loin, il n’apparaît en fond d’image que pour commenter une situation ou donner quelques explications, vêtu de gris au milieu des autres personnages en couleurs. Un traitement que je n’avais jamais rencontré jusqu’à présent (cela dit, je ne suis pas spécialiste en BD, loin s’en faut !).

Le scénario ? Un rubis énorme (le Long Star) exposé dans un hôtel, un gentleman cambrioleur, quelques agents du KGB – dont une séduisante Russe, cela va sans dire – des représentants de la CIA pour faire bonne mesure, et des voitures volantes futuristes (vous avez dit uchronie ?). Vous l’avez compris, tous les ingrédients d’un bon film d’espionnage sous la guerre froide (dont le héros, Adam Clarks, est un Arsène Lupin du futur) sont réunis. Si le scénario de Régis Hautière repose sur une base assez classique, son traitement plein de fantaisie le rend savoureux. Évidemment, je ne dévoile rien de la rivalité entre les personnages, qui usent de mille ruses pour atteindre leurs buts respectifs… En tout cas, on ne s’ennuie pas, on a plutôt le sourire aux lèvres !

Côté dessin, c’est tout aussi singulier. Antonio Lapone utilise beaucoup de plans rapprochés, de mélanges de bleus, noirs, gris et rouges, essentiellement, d’ombres faites de petits points (que les professionnels me pardonnent, je n’ai aucune idée du nom de cette technique !)… De quoi nous transporter sans douleur dans ce monde à part. Amusantes aussi, les fausses publicités qui parsèment le récit !

Une belle découverte en ce qui me concerne pour cette 4e BD sélectionnée pour le Prix SNCF du Polar 2016 que je vous présente sur ce blog. Allez, plus qu’une et je vous donnerai mon classement !

Ed. Glénat, coll. Treize étrange, oct. 2014, 64 p., 19,50 €.

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