Le Teckel, Hervé Bourhis


©Casterman et Arte éditions.

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Une plongée dans l’univers des visiteurs médicaux, ça vous dit ? Attention, on ne parle pas ici de n’importe quels visiteurs médicaux, mais de deux cadors de la profession : Jérémy Labionda et Guy Farkas. À première vue, ces deux-là sont aussi assortis qu’une Dr. Martens et un escarpin Louboutin. Jérémy est un fils à papa portant sur lui la panoplie complète : chemise blanche, costard, cravate, lunettes. Guy est un vieux de la vieille, un mec qui bosse à l’ancienne (« Visiteur médical depuis 1723 », se moquent ses collègues). Le genre qui prend une chambre d’hôtel à 17h30, dîne à 19 heures, reprend la route à 5 heures du mat’ (« Il n’y a pas de circulation à cette heure ») et se pointe en boîte de nuit à 22 heures (soirée lose en vue !). Sa réputation le précède : sur le terrain, on l’appelle le Teckel.

Autant dire que lorsque M. Merchon, leur patron à la tête d’un laboratoire pharmaceutique, les oblige à bosser en duo, ça fait des étincelles. D’autant plus que Jérémy est censé rapporter à son boss les faits et gestes du Teckel. Mais en affaires, on a parfois des surprises, surtout dans un milieu où autant de foies jaunes se côtoient… En effet, la mission de ce « magic duo » est de vendre aux médecins de campagne la v2 d’un médicament anti-douleur, en prétendant qu’il n’a aucun rapport avec le précédent produit du labo, un médicament coupe-faim ayant tué plusieurs personnes.

Cette histoire inspirée des scandales de santé de ces dernières années, Médiator en tête, est portée par des personnages moins insignifiants qu’il n’y paraît de prime abord. D’ailleurs, Jérémy et le Teckel ont des points communs, ils sont tous deux faits d’un cuir moins maléable que ce que leur patron imaginait. Physiquement, le Teckel m’évoque des méchants dans Tintin, genre Rastapopoulos. Mais les planches sont bien différentes de celles d’Hergé : moins de couleurs, par exemple, les bleus et beiges s’associant au noir dans la plupart des pages. Hervé Bourhis joue beaucoup avec les ombres, qui donne ce petit côté polar. Cet album, que j’ai trouvé plutôt sympa, fait partie de la sélection BD de la 16e édition du Prix SNCF du Polar.

Paru en 2013 dans Professeur Cyclope (magazine de BD en ligne), album coédité en 2014 par Casterman et ARTE éditions, 84 p., 16 €.

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