Les Beaux Étés t.1, Zidrou & Jordi Lafebre 3


©éd. Dargaud

©éd. Dargaud

« Cap au Sud ! » Qui pourrait résister à cet appel ? Pas la famille Faldérault, en tout cas. D’autant qu’ils sont Belges, que Pierre, le papa, est auteur de bédés (la caricature s’arrête là… à deux ou trois frites près), et qu’il trime toute l’année sur des histoires qui ne rencontrent pas le succès escompté en cette année 1973 (contrairement à « La maladie d’amour », le tube de Sardou qui squatte toutes les stations de radio). Qu’importe, le mois d’août, c’est sacré : direction le Sud de la France avec sa jolie petite épouse (vendeuse de souliers) et leur ribambelle d’enfants.

Tout ce petit monde s’entasse dans la vieille Citroën (comme je ne sais pas distinguer une voiture d’une autre, je ne m’avance pas sur le modèle, que des plus doués (plus vieux ! 😀 ) que moi reconnaîtront sans doute), et zou, c’est parti pour 56 pages de douceur de vivre. Enfin, douceur, c’est vite dit : le petit Louis, grand fan de Lucky Luke, oublie Tchouki sur une aire d’autoroute, les filles se traitent de noms d’oiseaux, et le couple formé par et Pierre et Mado n’est pas si solide qu’il y paraît…

Oh, que voilà une jolie aventure au bon goût de roudoudou ! (Si tu ne sais pas ce que c’est, lecteur, tu n’es pas au bout de tes surprises dans cet album… Figure-toi que dans les années 1970, on pouvait passer ses coups de fil grâce au téléphone filaire situé au fond du bar. Enfumé, le bar. Quant à la tente de camping, il fallait un peu plus de deux secondes pour la monter.)

Certes, il s’agit d’une histoire simple… mais racontée avec beaucoup d’humour, de tendresse, de petits détails qui donnent de la consistance et une saveur exquise au récit. J’aime beaucoup, par exemple, les postures de la petite Pépète quand elle dort, ou ses expressions détournées (« Pépète aussi veut un lit super osé ! »), les lunettes de mouche, les motifs du papier peint et des nappes, le fait qu’on puisse lire les titres des albums qui passionnent Louis.

Tous ces petits riens font de cet album une réussite : bravo à Zidrou (que je ne connaissais jusqu’ici que par L’Élève Ducobu) et à Jordi Lafebre (soulignons au passage que c’est loin d’être leur première collaboration). Les couleurs des planches m’ont aussi tapé dans l’œil : des camaïeux dont les nuances varient avec les moments de la journée, mais aussi avec l’humeur de la petite famille.

Un album tout en émotion qui plaira particulièrement aux parents et aux enfants qui ont joué aux Mille Bornes en Ardèche avant l’apparition des tablettes ! Bonne nouvelle : le tome 2 est déjà annoncé et remontera encore quelques années en arrière (1969, La Calanque). Et je compte bien le lire, même si je suis BEAUCOUP trop jeune pour avoir connu les années 1960. 🙂 

Cap au Sud ! page 13. ©Dargaud.

Cap au Sud ! page 13. ©Dargaud.

Les Beaux Étés, tome 1 : Cap au Sud !, éd. Dargaud, sept. 2015, 56 p., 14 €.


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3 commentaires sur “Les Beaux Étés t.1, Zidrou & Jordi Lafebre

  • Framboise

    Nan mais quoi QUOUI QUOIIIIIIIIIIIIII ?????!!!!! Tu conais pas Zidrou ???? ah mais ça …..
    toutes ces BD que tu vas devoir lire !!! passque Zidrou, tu vois, c’est un régal, tout tout tout 😉
    J’ai adoré cet album et tu en causes drôlement bien !
    bisous jeune fille

  • Tamara Auteur du billet

    Ouh là, Framboise et Noukette, je capitule devant tant d’amour… Oui, je vais m’empresser d’aller lire tout plein de Zidrou ! :-)))