Les Derniers Jours de nos pères, Joël Dicker 3


©éd. de Fallois.

©éd. de Fallois.

1940. Après la défaite anglaise à Dunkerque, Churchill imagine le SOE (Special Operations Executive). Le principe : recruter des volontaires dans différents pays européens, leur fournir une solide formation par les services britanniques au Royaume-Uni, et les renvoyer en mission dans leurs pays respectifs. Des agents britanniques… pas britanniques, donc plus discrets pour agir incognito, en résumé.

Un an plus tard, parmi les Français qui se retrouvent dans le premier des quatre centres de formation qui attendent les jeunes (et moins jeunes) recrues, il y a Pal, un Parisien d’une vingtaine d’années. Paul-Émile, de son vrai nom, a longuement mûri sa réflexion avant de s’engager : ayant perdu sa mère alors qu’il était enfant, il a eu beaucoup de peine à laisser seul ce père qu’il adore et qui l’a élevé tant bien que mal. À ses côtés, il y a Gros, un garçon sensible, sympathique… et gros, ou encore Key, un Bordelais de 24 ans ayant la double nationalité franco-britannique, sans oublier Claude le curé, 19 ans à peine ou Faron, « un colosse redoutable ». Dans leur groupe, on trouve aussi une jeune femme, Laura, dont les parents habitent un quartier bourgeois de Londres.

La formation est extrême : physique, technique (la plupart n’avait jamais touché une arme de leur vie), mais elle crée aussi des liens forts entre les apprentis espions. C’est là qu’ils se donnent des surnoms qui resteront à jamais leurs noms de guerre. Ce n’est pas tant l’Histoire qui est racontée ici, mais une histoire d’amitiés et le cheminement d’hommes et de femmes « ordinaires » qui ont choisi de défendre leur patrie, puisqu’il faut bien que quelqu’un fasse quelque chose… Pendant qu’un vieux père, dans son petit appartement parisien qu’il ne ferme jamais à clé « au cas où le fils reviendrait », dépérit et se lamente. Un père qui sera l’enjeu majeur de ce récit, mais ça, je vous laisse le découvrir.

Ce récit à l’angle original m’a séduite dès les premières pages. On sent qu’on va s’attacher à ces gars, parce qu’ils tous des défauts et des faiblesses qui les rendent communs. Et pourtant, ce sont des héros, dont certains paieront leur courage de leur vie. Ce premier roman de Joël Dicker m’a tout autant convaincue que le suivant (La Vérité sur l’Affaire Harry Québert). Il m’a même tiré quelques larmouillettes vers la fin… mais chut, ça reste entre nous !

Les Derniers Jours de nos pères, éd. de Fallois, mars 2015, 456 p. 8, 20 €.


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3 commentaires sur “Les Derniers Jours de nos pères, Joël Dicker

  • La chèvre grise

    Aaah, je me demandais ce qu’il valait justement et j’étais étonnée d’en entendre très peu (voire pas) parler. Je le regarderai du coup à l’occasion !

  • Karine:)

    J’ai les deux… et je ne sais pas par lequel commencer. Des copines m’ont dit que c’était un peu « facile » et depuis j’ai peur…

  • Tamara Auteur du billet

    @La chèvre grise : franchement, ça vaut le coup de tenter, selon moi ! 🙂

    @Karine : comme les thèmes sont très différents, à toi de voir quand tu te sentiras plutôt d’humeur polar ou plutôt historique… Quand à « facile », je ne comprends pas bien ce que cela signifie : intrigue trop prévisible ? Langue trop simple ? Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup aimé les deux !