Derrière les panneaux il y a des hommes, Joseph Incardona 7


©Finitude.

©Finitude.

Elle avait raison, ma libraire ! Et je me réjouis d’avoir été contaminée par son enthousiasme. Ce roman est atypique, inclassable (entre le polar et le roman noir) et bluffant. Rien que sa couverture imprimée en relief donne un aperçu de son originalité !

Il fait très chaud, c’est l’été. On est sur l’autoroute, avec Pierre. Cela fait six mois qu’il vit dans sa bagnole et qu’il parcoure les kilomètres de bitume, qu’il visite les aires d’autoroute, à la recherche du meurtrier de sa fillette de huit ans. Désespéré, obnubilé, déterminé. Sa seule raison de survivre, c’est de tuer.

Il fait chaud, on est dans un de ces restoroute où l’on sert des saucisses-frites, avec Pascal. Enfance malheureuse, sourd, solitaire, il est comme invisible dans son uniforme de cuistot. Quand le Mal le prend, il enlève des fillettes.

« Ébullition. » On est sur l’autoroute, « les chemises des gendarmes sont mouillés de sueur. Cuisses poisseuses sous les pantalons. Pieds humides dans les chaussettes. » Une petite Marie, 12 ans, a disparu un quart d’heure après s’être un peu éloignée de ses parents. Julie Martinez est capitaine de gendarmerie, c’est elle qui porte la responsabilité de l’enquête. Tout doit aller vite, très vite, car les chances de retrouver l’enfant vivant s’amenuisent avec les minutes qui passent.

Ils ne se connaissent pas, et pourtant, tous ces personnages sont liés. Les scènes s’enchaînent sans qu’il y ait de moment de répit, le lecteur omniscient est en sueur, puis son sang se glace. Il s’émerveille au passage du style haché au couperet, hyper réaliste et imagé, d’une force romanesque incontestable. Les faits sont terribles – voire trop crédibles, pour les parents -, et pourtant la lecture est délicieuse. Ça vous prend aux tripes, et puis, tous ces personnages secondaires fragiles, fracassés pour certains, sont décrits avec tant de sensibilité et d’humanité qu’on se prend vite d’affection – ou de pitié – pour eux. J’ai aimé Lola, j’ai aimé cette histoire, et surtout la narration de Joseph Incardona.

Un roman à découvrir (sur la bande d’arrêt) d’urgence ! 

Ed. Finitude, mars 2015, 277 p., 22 €. Imprimé entre les autoroutes A28, A81 et A84.


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7 commentaires sur “Derrière les panneaux il y a des hommes, Joseph Incardona

  • Framboise

    Moi les polars, je peux pas, ça me fout bien trop la trouille, et après je dors plus pendant des nuits ! Mais voilà qui ferait un excellent kdo pour les miens, les fans de sensation brrrrrrrr 😉 alors je note héhéhé
    merci demoiselle pour cette découverte atypique …
    bizzzzzzzzzzzzz

  • Tamara Auteur du billet

    @Framboise : c’est vrai que là, tu aurais plusieurs raisons de flipper… Dans un autre registre, je m’aperçois que j’ai oublié de préciser dans mon billet (parce que ce n’est pas ce que j’ai retenu, un mois après ma lecture) que certains passages sont assez crus (sexuellement parlant), au point de choquer certains lecteurs, sans doute.

  • Framboise

    ah oui, tu fais bien de me le dire 😉 du coup, suis moins sûre pour ma belle-mère mouarf !