N’oublier jamais, Michel Bussi 2


©Pocket.

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Bluffée par Nymphéas noirs il y a quelques mois, j’espérais alors autant aimer les autres polars de Michel Bussi. Espoir un peu déçu avec N’oublier jamais, même si j’y ai retrouvé certaines qualités : implantation du décor, pistes multiples et (par conséquent) suspense tenace.

L’histoire se déroule en 2014, à Yport. Jamal passe quelques jours dans cette belle région de Haute-Normandie pour s’entraîner à la course à pied : avoir une prothèse en guise de jambe ne l’empêche pas de viser haut, et plus précisément le mont Blanc et sa célèbre course d’endurance, l’Ultra-Trail. Alors qu’il gravit une côte en bord de mer, il trouve une écharpe rouge qu’il ramasse (j’aime bien la couverture Pocket, au passage !). Quelques instants plus tard, il aperçoit une très jolie jeune femme qui s’approche dangereusement du bord de la falaise (oui, comme dans la chanson de Renan Luce). Il essaie de la convaincre de ne pas sauter tout en lui lançant l’écharpe pour la tirer vers lui, en vain.

Deux autres témoins affirment avoir vu la fille tomber, et pourtant Jamal est soupçonné d’avoir précipité sa chute. Sans compter que l’état de la victime fait penser à deux autres crimes semblables, datant de dix ans : deux étudiantes avaient été violées puis étranglées avec une écharpe à quelques semaines d’intervalle, en 2004. Alors que Jamal est au premier abord le témoin fortuit d’un accident, les événements prennent très vite une tournure bien plus compliquée, d’autant que des témoins disparaissent – mais ont-ils jamais existé ?

J’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans le récit de Jamal, narrateur peu fiable : lui-même ne semble pas très sûr des faits au fur et à mesure que la police sème le doute dans son esprit et que de mystérieuses enveloppes marron lui parviennent régulièrement, avec des documents relatant les affaires des deux jeunes femmes assassinées il y a dix ans. Jeunes femmes qu’il ne connaissait absolument pas, mais pour sauver sa peau, il se jette à corps perdu dans sa propre enquête (sans toutefois creuser ses intuitions, hélas).

Je suis restée longtemps incapable d’assembler les différentes pièces du puzzle disséminées ici et là par l’auteur (comme d’habitude, ha, ha !). Une fois encore, Michel Bussi se révèle maître dans l’art de manipuler le lecteur. Le dernier tiers du bouquin m’a davantage emballée, malgré un dénouement un peu trop mélodramatique et ma difficulté à m’attacher à des personnages trop caricaturaux pour être crédibles. Quelques détails restent sans explication : au lecteur de faire des efforts d’imagination !

N’oublier jamais ne sera définitivement pas le polar que je conseillerais pour découvrir Michel Bussi, mais on aurait tort de le bouder si on est fan de suspense et d’intrigues retorses.

N’oublier jamais, Michel Bussi, éd. Pocket, mai 2015, 544 p.


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2 commentaires sur “N’oublier jamais, Michel Bussi

  • Tamara Auteur du billet

    @Noukette : je n’en ai lu que deux, et comme tu l’as compris, mieux vaut éliminer celui-ci, qui a plusieurs défauts (même s’ils ne sont pas rédhibitoires)… Reste « Nymphéas noirs », qui a obtenu plusieurs prix littéraires à sa sortie, et qui te surprendra vraiment (et si tu aimes Monet, c’est un argument en plus).