La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker 5


©Editions de Fallois.

©Editions de Fallois.

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, c’est tout simplement le bouquin parfait si vous avez quelques jours de vacances devant vous et que vous aimez la littérature et les polars.

Octobre 2008. À même pas 30 ans, Marcus Goldman est déjà un auteur célèbre, situation dont il jouit depuis son nouveau loft de Manhattan. Après un premier roman qui a suffi à le propulser en  tête des ventes deux ans auparavant, son second livre, qui vient de paraître, est déjà le sujet de conversation de toute l’Amérique. Et pourtant, Marcus a connu entre temps « la maladie des écrivains », autrement dit, le blocage devant la page blanche. Ce qui l’a débloqué ? Un vieux cadavre retrouvé dans le jardin de meilleur ami, Harry Quebert, qui fut son professeur de littérature lorsqu’il était étudiant, celui qui l’a aidé à devenir écrivain (et à affronter un adversaire sérieux à la boxe).

Or, ce cadavre n’est autre que celui de Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, disparue le 30 août 1975 à Aurora, une petite ville du New Hampshire. Un endroit dans lequel Harry Quebert s’était réfugié deux mois avant les faits pour écrire ce qui deviendra un chef d’œuvre de la littérature américaine : Les Origines du mal, qui raconte une histoire d’amour impossible. Et il se trouve qu’Harry, 34 ans à l’époque, était amoureux de la jeune Nola… et que celle-ci a été retrouvée enterrée avec le manuscrit des Origines du mal. Des faits qui désignent le professeur comme coupable.

Ce roman raconte l’enquête que Marcus Goldman va mener durant plusieurs semaines pour découvrir la vérité sur cette sordide affaire. Il y a urgence, Harry étant accusé de meurtre et risquant la peine de mort. Marcus nous entraîne à la rencontre des habitants d’Aurora, au Clarck’s, le meilleur restaurant de burgers où Nola travaillait comme serveuse les samedis, à la bibliothèque où Ernie Pinkas l’aide à retrouver de vieilles coupures de journaux, au commissariat de police où le sergent Perry Gahalowood le rabroue avant de devenir son allié… Des personnages très fouillés dont j’ai apprécié la compagnie (bon, mis à part la mère de Marcus, insupportable, mais qui m’a bien fait rire).

Non seulement l’intrigue est construite avec habileté et force de rebondissements, mais en plus, elle imbrique le récit de Marcus avec l’écriture de son second livre – sur son enquête en cours -, des récits d’événements qui se sont produits lors de ce fameux été 1975, et des conseils du professeur Harry Quebert à son élève Marcus quand il était encore un étudiant prétentieux qui n’exploitait pas son talent. Tout cela donne un roman foisonnant, passionnant et déroutant, qui m’a tenu en haleine durant plusieurs jours… Et si je parlais de vacances en introduction, c’est que La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert compte quelque 850 pages, ce qui en fait un pavé de l’été idéal !

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Psychologie des personnages, suspense, style, souci du détail, enquête labyrinthique et voyages temporels : Joël Dicker, auteur suisse de tout juste 30 ans, maîtrise tout sur le bout des doigts. Et ceci n’est son deuxième roman (oui, comme pour son héros Marcus). Le succès est déjà au rendez-vous, puisqu’il a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens en 2012, ainsi que le Grand Prix du roman de l’Académie française. On ne peut qu’être impatient de lire ses prochaines œuvres ! En attendant, j’ai acheté son précédent roman (Les Derniers Jours de nos pères) en version électronique pour mon prochain voyage. 🙂

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, de Joël Dicker, éd. de Fallois/poche, avril 2014 (2012 pour la version brochée), 855 p. 


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5 commentaires sur “La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker

  • Tamara Auteur du billet

    @La chèvre grise : as-tu lu le premier roman de l’auteur ? J’attends un peu, histoire de ne pas trop comparer à celui-ci que j’ai adoré, comme toi.

  • Emilie

    Un bon roman pour l’été effectivement, une affaire rondement bien menée pour un pavé qui se lit sans difficulté.

  • Nicolas

    Roman bien agréable à lire, mais aux rebondissements parfois un peu tirés par les cheveux non? ça m’a pas mal refroidi à vrai dire. Mais en tout cas, le style, sans être sensationnel, rendre très fluide la lecture.