Une putain d’histoire, Bernard Minier


©XO.

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Pendant la lecture de ce quatrième roman de Bernard Minier (challenger dans mon top d’auteurs de polars), deux souvenirs de lecture sont remontés à la surface de ma mémoire.

Le premier d’entre eux est la série du Club des Cinq d’Enid Blyton, qui a fait mon bonheur de jeune lectrice à l’école primaire. Quand on a 7 ou 8 ans, qu’une enquête policière sont menée par des « grands » de dix à treize ans (et un chien) paraît tout à fait plausible. Dans Une putain d’histoire, ce sont des adolescents un peu plus âgés qui se retrouvent confrontés à un meurtre. Ils sont cinq, liés comme les doigts de la main depuis plusieurs années : il y a Charlie, un mec très drôle, Johnny et sa petite amie Kayla, la jolie rousse, Naomi la brune, bonne élève, qui sort avec Henry. Henry est le principal narrateur de l’histoire. Il aime les films d’horreur et Nirvana, et il est élevé par les deux mamans qui l’ont adopté quand il était petit.

Ces cinq ados vivent sur l’île de Glass Island, au nord-ouest de Seattle, non loin de la frontière canadienne. Chaque jour de la semaine, ils doivent prendre le ferry pour se rendre au lycée, sur la côte. Un soir d’octobre, Naomi et Henry se disputent sur le bateau, alors que la tempête se lève. Le lendemain, Naomi manque à l’appel. Son corps est retrouvé quelque temps plus tard. Comme Henry semble être le dernier à l’avoir vue vivante, il est interrogé par la police. Loin de se résigner face à sa position de suspect n° 1, il décide de trouver lui même qui a assassiné sa petite amie, aidé du reste de la bande.

Des aventures qui s’ensuivent, je ne dirai rien. Seulement que le récit est drôlement bien mené, et qu’il a fait ressurgir un deuxième souvenir de lecture : les romans de Stephen King, et notamment la novella intitulée Le Corps dans le recueil Différentes Saisons (mon premier Stephen King ! L’adaptation ciné de Rob Reiner, Stand by me, fait d’ailleurs partie de mes films cultes d’adolescente). Comme lui, Bernard Minier est un excellent conteur : il a le don de créer des personnages auxquels on s’attache très vite, de planter les faits et une bonne dose de suspense… Au début, on ne se méfie pas… Mais ensuite, il instille – selon son bon vouloir – le doute, la peur, l’horreur dans l’esprit du lecteur. (Lequel en redemande !)

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir plus loin dans le livre que Bernard Minier faisait lui-même allusion au King et au Club des Cinq ! Pas étonnant que j’aime ses polars, on a les mêmes références, haha ! Il qualifie Une putain d’histoire (ça me fait mal au clavier de devoir écrire ce mot que je trouve horrible et que vous ne m’entendrez jamais prononcer… m’enfin, c’est un détail) comme un hommage au roman américain, un roman sur le passage à l’âge adulte. Et c’est exactement ça. Une période de la vie difficile, parfois cruelle, que l’auteur avait déjà mise à l’honneur dans Le Cercle (avec des jeunes un peu plus âgés). Avec une grosse différence ici : contrairement à Marsac, ville française du Sud-Ouest, l’île de Glass Island est tout le temps sous la flotte ! J’ai eu peur de m’enrhumer au fil des pages, entre la pluie, la bruine, les averses, les tempêtes ! Un bon conseil : lisez ce polar à l’abri !

Une putain d’histoire, de Bernard Minier, éd. XO, avril 2015, 525 p., 21,90 €.

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