Le Cercle, Bernard Minier


Le Cercle

©Pocket.

Marsac, petite ville tranquille du Sud-Ouest. Enfin, pas si tranquille que cela : alors que la tension est palpable en ce 11 juin 2010, soirée d’ouverture de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, Hugo, un étudiant en khâgne, est retrouvé en état de choc au bord de la piscine d’une propriété privée. À la surface de l’eau flottent des poupées… et à l’intérieur de la maison, une femme est allongée dans la baignoire. Ses yeux sont fixes, sa bouche éclairée de l’intérieur, son corps enserré dans un cordage : elle est morte.

C’est ainsi que commence l’enquête du commandant Martin Servaz, découvert dans Glacé, le premier roman de Bernard Minier. La victime est rapidement identifiée : Claire Diemar était professeur en classe préparatoire littéraire. Hugo était son élève. Le commandant a l’impression de faire un bond dans le passé : il a été élève en prépa dans le même établissement, un quart de siècle plus tôt. Il y retrouve d’ailleurs l’un de ses ex-meilleurs amis, devenu prof. Dès le départ, Martin Servaz sent que l’ambiance est lourde, tendue. Dans une petite ville, tout se sait… mais les secrets sont aussi bien gardés ; le Cercle en est un exemple. (Certains penseront au Cercle des poètes disparus : il y a certes quelques points communs, mais bien des différences également.)

Cette nouvelle enquête dans l’univers particulier d’une classe prépa m’a autant emportée que la précédente : Hugo a-t-il tué sa prof ? Pourquoi les autres élèves, dont la propre fille de l’enquêteur (en hypokhâgne), ne semblent pas coopérer avec la police ? Que vient faire Hirtmann (cf. Glacé) là-dedans ?

J’aime que les faits soient insérés dans le monde tel qu’il est réellement, avec des références comme celles de la Coupe du monde, qui rendent encore plus crédible le récit. L’univers du lycée est parfaitement rendu, tout comme le comportement des élèves, à la fois matures et paumés, toujours soudés…

J’ai adoré retrouver les flics et certains personnages clés de Glacé, dont on découvre d’autres facettes. Quant aux nouveaux protagonistes, ils sont tout aussi bien campés, je ne m’étonnerais pas de les croiser dans les rues de Marsac si je m’y rendais ! Une autre qualité de ce polar : sa longueur. Oui, 790 pages, cela peut en effrayer plus d’un, mais je vous assure que quand on est plongé dans ce bouquin, on ne les voit pas passer !

Avec cette suite, Bernard Minier conforte son talent dans le genre policier : il allie sens du rythme, une intrigue à la fois plausible et ardue, une psychologie fine des caractères de chacun, des dialogues qui sonnent juste… et il sa plume n’a rien à envier à la littérature blanche. Bref, vous comprenez pourquoi il est très vite monté dans mon top 10 de mes auteurs de polars préférés !

 

Le Cercle, éd. Pocket, nov. 2013, 790 p.

 

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